VIII PRÉFACE
Tout le monde savait que si l'opposition triomphait, le gouvernement devait céder les rênes de l'Etat, que si le gouverneur prononçait la dissolution des chambres, la parole restait aux électeurs qui allaient décider du sort des ministres. Ces connaissances même étaient si générales, qu’on les traitait comme des axiomes et on ne cherchait pas à démontrer des vérités que personne ne contestait et qui avaient pour elles l’irréfutable logique des faits. Comme des traditions qui se transmettent de père en fils, on négligeait de recueillir ces principes, de leur donner une expression raisonnée. Du reste, les journaux faisaient journellement un cours de droit constitutionnel, ils formaient une sorte de tribune où ni les professeurs ni les auditeurs ne faisaient défaut et il n'est aucune question politique qu’on n'ait ainsi débattue sur tous les sens.
es considérations expliquent le manque presque absolu d'ouvrages de droit constitutionnel dans notre littérature nationale. (1) Et pourtant, la politique n'est pas la moins abstraite des sciences. Des hommes émi-
(1) Nous pouvons faire exception pour certains écrivains, entr’autres, M. de Montigny, dans son Catéchisme politique.
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