CONCEPTION DE JÉSUS-CI1H1ST
reruut comprobata. Cette édition sans lieu ni date, ni nom d'imprimeur, dans le format in-i, en caractères gothiques, est la première qui soit pourvue d'un titre. Le texte commence ainsi : Hanc plcna (sic) gracia Salutare mente Serena. Elle est mentionnée par Hain (n° 0080), et figure aussi dans la bibliothèque de M. Hugh. Les figures sur bois sont des copies de celles des éditions de Reyser.
E. — De Virginitate Beatœ Mariœ figuralia scripta. Édition in-i, en caractères gothiques, sans lieu ni date, composée do vingt-neuf feuillets, ornée de cinquante-trois gravures sur bois, accompagnées de vers latins et allemands. Nous ignorons si c'est un titre factice ou non. Un exemplaire de cette édition, relié en maroquin vert par Trautz- Bauzonnet, et annoncé dans le catalogue de Techener, 1853 (n° 1083), au prix de 250 francs, a été acheté par le marquis de Morante, et fut payé à sa vente G10 francs, pour l'Angleterre.
On voit que, malgré son caractère puéril et la pauvreté de son illustration, ce livre a joui d'un très grand succès.
LIVRES XYLOGRAPHIQIJES
SPECULUM HUMAN.E SALVATIONIS (Miroir du salut humain.)
Bien qu'il ne se rattache que par un faible lien aux ouvrages xylographiques, ce livre est peut-être le plus important de cette classe. La remarquable exécution des gravures dont il est orné le place au premier rang, et il a aussi fourni la matière à des discussions passionnées, touchant le grand problème, non encore résolu, des origines de l'imprimerie. Nous reviendrons plus loin sur ce dernier point.
Le Spéculum est une sorte d'histoire moralisée de la rédemption du genre humain; la matière en est empruntée aux littératures grecque et latine, à l'Ancien et au Nouveau Testament, ainsi qu'aux légendes et traditions populaires de l'époque où il a été composé. Comme idée, le Spéculum ressemble à la Bible des pauvres, avec cette différence que le texte ici n'est plus l'accessoire, mais le principal de l'œuvre.
On trouve quarante-cinq chapitres et cent quatre-vingt-douze figures dans les manuscrits du Spéculum, lorsqu'ils sont complets. En tète il y a ordinairement un prologue et une table des matières.
Les chapitres I-XLII sont composés chacun de quatre sujets : le premier, qui est le principal, représente le type, les trois suivants sont les sujets correspondants ou les antitypes. Ainsi, dans le chapitre XXXI, le type est la Résurrection, et les antitypes, Samson enlevant les portes de Gaza, Jouas sortant delà baleine, et la Construction du temple de Salomon. L'auteur cherche ainsi à établir le rapport intime qui existe entre le Nouveau et l'Ancien Testament qui n'en serait que la figure.
Une espèce de supplément ou d'appendice est formé par les chapitres XLIII, XLIV et XLV. Il a été supprimé dans la plupart des éditions.
Le prologue, la table des matières même sont écrits dans une prose latine rimée. On n'y trouve ni mesure, ni quantité: des vers ont dix syllabes, et d'autres jusqu'à vingt-cinq. En voici un échantillon :
Inripit sprculum hunume salvacionis
In f/wo ptiM casus hotnini» et malus rrpararionis
ln hw speculo polest homo comiderare
Qtt'im <>b oimitm rrtutor omnium tlecrnit hominem rreart
Pater omnia vidcns quomodo per dyaboli fraudem sit damnatus Et quomodo per misericordiam Dei sit refnrmntus.
Heineckcn dit que le plus ancien manuscrit qu'il a vu (l'un des trois de la Bibliothèque impériale de Vienne) remonte au douzième siècle, mais il est établi que ce volume est du quatorzième siècle.
Guichard' fait observer avec raison que l'auteur de ce livre cite l'histoire scolastique de Pierre Comestor, mort en 1185; la Légende dorée de Jacques de Voragine, mort en 1208; saint François d'Assise et saint Dominique, dont le premier termina sa vie en 122C et le second en 1221. Ces citations prouvent que le Spéculum ne saurait remonter qu'au treizième siècle, au plus tôt.
Les manuscrits de ectto œuvre sont nombreux, soit avec, soit sans miniatures.
Guichard a le premier mentionné un manuscrit de la Bibliothèquo nationale (fonds latin, n° 9584), important en ce qu'il nous fournit la date de la rédaction du Spéculum. Il commence ainsi: Incipit prohemitim cujusdam noce compilationis édite sub anno millesimo CCC 24.
NOMEN NOSTRI AÎXTORIS HUMILITATE S1LETUR et tUulilS SWe nomm
opens est Spéculum humane salralionis, etc. Ce manuscrit est incomplet, ne contenant que dix-huit feuillets; c'est un petit in-folio. On y compte deux feuillets préliminaires, dont la première pape est ornée d'encadrements; suivent seize feuillets. Deux miniatures sont en tète de chaque pagre ; le sujet de chacune est indiqué au-dessus. Le recto du premier feuillet et le verso du dernier sont blancs; il y a en tout soixante miniatures non encadrées. Nous les trouvons beaucoup plus remarquables que celles du manuscrit de l'Arsenal que nous allons décrire; nombre d'entre elles peuvent être citées. Elles sont d'origine italienne, et ne paraissent remonter, ainsi que le livre, qu'aux dernières années du quatorzième siècle.
On trouve à la bibliothèquo de l'Arsenal un manuscrit, aussi sur vélin, portant la même indication de l'année 1324 comme celle de la composition de cet ouvrage. 11 semble complet, et se compose de quarante-deux feuillets. Le format est petit in-folio. Il commence par deux feuillets de texte sur deux colonnes, au recto et au verso.
1. Satire tnr le Spéculum humanx sili-alionU; Pari), Tocbernr, mn. lii-fi.
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Qnaranto feuillels offrent deux miniatures coloriées en tête de chaque page, ce qui en p >rti le nombre à cent soixante. Elles ont été exécutées par un artiste italien. Quoiqu'elles ne soient pas sans mérite, nous ne pouvons les attribuer, comme on l'a fait, a Taddeo Gaddi ni àGiotto. Toutefois, il a été exécuté en Italie, et les preuves s'en trouvent spécialement dans les miniatures suivantes : le Temple de Salomon, où l'on voit une - tour à créneaux dans le genre italien; Y Enfant prodigue : un des personnages porte le costume florentin ; Michol se moquant de David: le bâtiment qui y est représenté rappelle ceux de l'Italie; les Funérailles d'Abner, Hora prima et quarto, tristitia béate virginis : on y voit des costumes florentins du quatorzième siècle. Le caractère italien se reconnaît dans plusieurs autres sujets. Les miniatures do ce manuscrit n'ont aucune ressemblance avec celles du Spéculum xylographique. Quatre d'entre elles ont été reproduites dans les Arts somptuaircs de M. Louandre. Le livre parait avoir été écrit vers 1380, et même plus tôt.
La bibliothèque du Musée Britannique possède quatre manuscrits du Spéculum. L'un d'eux porte ce colophon: Anno dni mi/lesimo C°C*C Ixxviiij (1379) xcii kaV Même D'cèb's sunt' ë lib' iate p ulricâ sacerdote d'Ost'houè lib' q. dot' Chvxradi scriptoris public' auctoritatc Imj?îali nôri\ D'après cette note, ce manuscrit, acheté en 1379, était alors attribué à un nommé Conrad. Or, le célèbre abbé Tritheim, historien du seizième siècle, attribue la composition du Spéculum à Conrad d'Alzhoim {de. Altzeia), dans le diocèse de Mayence, qui florissait en 1370, et il ajoute que Jean Andréas, de Bologne, un jurisconsulte renommé, mort en 1348, flt des additions à cet ouvrage, sous le titre de Spéculum S. Marie Virginis (nous en décrirons plus loin une édition). Il en résulte que le Spéculum fiumanœ salcationis, forcément antérieur à 1348, a bien pu être l'œuvre de ce Conrad d'Alzheim, et remonter à 1324, comme l'indiquent les deux manuscrits de Paris. La chose a d'ailleurs peu d'importance pour nous.
Ce livre a été traduit, ou plutôt imité en prose française, en 1449, et, à part les éditions imprimées, on en connaît plusieurs manuscrits.
Le plus important est à la Bibliothèque nationale (f. fr., n° 0375), et il est intitulé : Miroir de la salcation humaine. On y trouve un très grand nombre de miniatures. La première, qui est double et très
grande, représente d'un côté l'auteur écrivant son livre; du côté opposé, Dieu dans les airs, armé d'un faisceau de flèches, montre un écrit à la Mort. La miniature suivante fait voir des hommes renversant et sciant un arhre mort, puis vient celle de la présentation du livre à un grand personnage. On compte pour le corps de l'ouvrage cent quatre-vingt douze autres miniatures. La dernière représente encore l'auteur écrivant. On lit après : Sensuil la lahle du miroir de la saluation humaine que frère Vincent De beauvais jacobin et maistre en théologie jadis confesseur du Roi de France Monseigneur Saint loys fist cl compila en latin rimes de doubleltes Lequel a este translate en cler français par Jo . mielot sans y Riens mettre du sien, l'an de grâce mil quatre cens quarâte-neufen la forme et stilequil appert cy dessus.
Un autre manuscrit en français se trouvait dans la bibliothèque de M. Cigongne, achetée en bloc par Mgr le duc d'Aumale. Il est ainsi décrit dans le catalogue fn° 2i) :
« Le Miroir de V humaine salvation, traduction française du Spéculum humanœ saleationis de Vincent de Beauvais. Grand in-folio, relié en bois, recouvert de veau fauve chargé d'ornements à froid, avec coins, clous et fermoirs en cuivre.
« Superbe manuscrit du quinzième siècle, sur vélin, à deux colonnes ayant en tète de chacune une miniature. En tout cent soixante-huit. Les quatre miniatures quo l'on voit, lorsque le livre est ouvert, représentent Tune un sujet du Nouveau Testament et les trois autres des faits analogues, presque tous tirés de l'Ancien Testament.
« Ce magnifique manuscrit a fait partie de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, et il est décrit dans la Bibliothèque pro typographique ou librairies des fils du roi Jean. . . par M. Barrois. » 11 venait antérieurement des cabinets Duriez et Bruyères-Chalabre.
Dans le catalogue de la vente Crozet faite en 1841, nous trouvons :
« te Miroir de l'humaine saleation. Traduction française du Spéculum de Vincent de Beauvais. In-folio, maroquin rouge. Manuscrit gothique du quinzième siècle, sur peau de vélin, orné de cent soixantehuit miniatures et quarante-trois lettres, décorées en or et en couleur, rpiarante-trois feuillets «à deux colonnes. Chacune d'elles est surmontée d'une miniature de 02 millim., tant en hauteur qu'en largeur. »
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Il était, si nos souvenirs sont exacts, inférieur à celui que possédait M. Cigongne. Vendu 1,199 francs.
On voit qu'il y a deux sortes do manuscrits de la traduction française : l'un possédant cent quatre-vingt-douze figures et les deux autres cent soixante-huit seulement.
L'attribution de ce livre à Vincent de Beauvais est erronée. Suivant l'opinion de M. Paulin Paris, le mot Spéculum, qui se trouve en tête des compilations du confesseur de saint Louis, a pu être cause de cette erreur, tant de la part des scribes que de celle du traducteur. Le Spéculum majus ou Bibliotheca mundi de Vincent de Beauvais a quatre parties intitulées : 1 . Spéculum naturale; 2. Spéculum morale; 3. Spéculum doctrinale; i. Spéculum historiale.
Le Spéculum humante salnilionis, très en vogue au moyen âge, comme l'atteste le nombre des manuscrits parvenus jusqu'à nous, a eu, par rapport aux autres ouvrages ascétiques célèbres, relativement assez tard les honneurs de l'impression, et encore sous une forme réduite. Il en a été publié beaucoup d'éditions tant dans le texte original, qu'en versions ou imitations en hollandais, en allemand et en français. Parmi ces éditions, les plus anciennes sont au nombre de quatre, deux eu latin et deux en hollandais, dont ni l'imprimeur ni la date ne sont connus, et autour desquelles se perpétue la discussion au sujet du berceau de l'art typographique proprement dit. Avant d'entrer dans les détails, nous ferons connaître l'économie générale de ces quatre éditions qui paraissent être sorties de la même officine.
Le livre débute par une préface imprimée à longues lignes. Le texte est réduit à vingt-neuf chapitres, dont chacun occupe deux pages se faisant face, et disposés sur deux colonnes. Au-dessus du texte, une gravure sur bois à deux compartiments séparés par un pilier très mince, faisant corps avec le cadre gothique général, offre deux sujets dont chacun se rapporte à la colonne respective du texte. Au bas de chaque sujet il y a une courte légende explicative. Il y a ainsi cent seize figures seulement, tandis que les manuscrits les plus complets en offrent cent quatre-vingt-douze.
Ces gravures étant les mêmes dans les quatre éditions précitées, nous en donnerons d'abord la table, avec les légendes respectives, que nous transcrivons sans tenir compte des nombreuses abréviations dont elles sont hérissées.
Ch. I»
t. Chute de Lucifer. Création d'Ève.
easus luciferi. deus creauit hominem ad ymaginem & «-