LA MORT ET LA VIE FUTURE
{Texte allemand.)
Petit in-folio, de quatre feuillets imprimés d'un seul côté, à la presse, à l'encre noiro.
Sotheby fut le premier, croyons-nous, à signaler cette xylographie (t. II, p. 165), dont la Bibliothèque nationale possède le seul exemplaire connu, mais il l'a présentée comme formant deux suites d'alphabets illustrés à l'usage des enfants. Bien qu'il se soit amendé dans son Mémorandum, où il désigne cette œuvre sous le titre de « Vie de l'homme »» (Dos Leben des Menschen), et malgré l'avertissement de Renouvier,M. Deschamps, dans le Supplément au Manuel du libraire, la désigne encore sous la dénomination de deux alphabets historiés, parce que les nombreux personnages qu'elle nous montre sont marqués successivement de l'une des lettres de l'alphabet. Dans la description qu'il en a donnée, la partie exégétiquo est souvent à côté de la question, l'auteur ayant négligé de se faire expliquer les légendes allemandes dont la connaissance est indispensable pour comprendre le véritable sujet de cette oeuvre iconographique, où les initiales ne servent qu'à désigner les personnages.
Chaque feuillet est divisé horizontalement en trois compartiments. Celui du milieu du premier feuillet représente au centre la mort d'un juste (désigné par la lettre C). Au chevet du lit est une religieuse (A) tenant un bénitier et un goupillon; au pied, est un prêtre (B) avec la croix. Au-dessus, on voit cinq anges représentant autant de vertus dont les noms sont inscrits tout en haut; au-dessous, cinq diables symbolisant les vices ou les défauts correspondants, dénommés dans la partie inférieure. Les uns et les autres sont marqués par des initiales qui s'alternent, de manière qu'au vice désigné par la lettre D correspond une vertu indiquée par la lettre E, et ainsi de suite jusqu'à l'iV. Ces vertus mystiques sont : l'Esprit de consolation {Trostlichkait), la Sagesse {Weishait), la Vérité {Warhait), la Charité {Pamihersigkait), l'Esprit de concorde (Onmùttighait).
Les vices correspondants s'appellent: la Corruptibilité { Verweslichkait), la Sottise (DorhaU), l'Incrédulité {Onglauben), la Vanité
NOTICE SOMMAIHE
( Wantwffen ?), la Témérité ( Verwegenhait). Chaque ange et chaque démon tiennent un rouleau renfermant une inscription en deux vers allemands. Voici celle du premier ange :
Kurti pein ist Aie yut zu leydm Darnach volyt ewigs pleyben.
(Il est bon d'endurer ici une courte peine , Car ensuite vient la vie éternelle.)
Le premier démou s'exprime ainsi :
Ihi magst wol verzagen in den dot Denn pein die ist pitter und yross.
(Tu peux bien désespérer dans la mort, Car la peine est ici amère et grande.)
Dans le premier compartiment du second feuillet, on voit Dieu dans sa gloire, ayant à ses côtés deux anges, qui le sollicitent de secourir le mourant. Au-dessous, on voit trois pécheurs, n'ayant pour tout vêtement qu'une étolo (sans doute symbole de la mort); entre les deux premiers, se tient une sainte femme, munie d'un livre et qui paraît représenter la Religion . Au centre du compartiment inférieur, l'archange Michel pèse une âme ; à ses côtés, on voit le bon ange et le diable. Les dix personnages représentés sont désignés par les lettres 0 à Z.
Le troisième feuillet nous offre une sorte de Danse des morts. Dans la première partie la Mort présente à un homme nu une étole, tandis qu'un ange assiste à cette scène. Au-dessous, on voit la Mort et le pécheur revêtu d'une étole. Plus bas, la Mort entraîne violemment un hommo au moyen de l'étole, malgré les protestations de la victime qui déclare ne s'être pas préparée au trépas, tandis que le diable la guette. Tous ces personnages sont désignés par les initiales A à H.
Le quatrième feuillet nous fait assister au jugement des âmes. Dans le haut, Dieu couronne l'âme d'un juste à l'entrée du paradis, en présence d'un ange. Dans le compartiment du milieu, l'ange et le diable se disputent une âme ; à droite, est placé le purgatoire. Au-dessous, deux diables conduisent une jeune fille (jungfraw) en enfer. Les personnages de ces feuillets sont désignés par les initiales / à T.
Sotheby croit, à tort selon nous, que ces quatre feuillets ne sont qu'un fragment d'un livre plus considérable. Nous y reviendrons dans notre chapitre consacré aux Danses des morts.
V86 LIVRES XYLOGRAPHIQUES
L'impression est très nette et très soignée, et elle nous parait remonter aux années 1470 à 1480. Le filigrane du papier est une Tour donjonnée. La langue et l'art sont ceux de la haute Allemagne. Weigel en possédait les deux premiers feuillets, qu'il a présentés dans son catatalogue (n°237, vendu 754 fr.) comme un Arsmoriendi. Ils avaient été décrits par Passavant (t. I' r , pp. 43-44).
A la suite de cette xylographie, se trouve, dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, un feuillet divisé, dans le sens de la largeur, en deux compartiments, subdivisés, à leur tour, chacun en cinq cadres, ce qui offre dix sujets, représentant les Dix commandements de Dieu. Chaque sujet est accompagné de deux vers allemands. Ce feuillet xylographique, imprimé d'un seul côté, date à peu près de la même époque que la suite précédente. Le filigrane du papier nous montre deux mamelons dans un écusson.
LES nUIT FRIPONNERIES
(Die achl Schalkhciten.)
Volume petit in-octavo, de huit feuillets imprimés d'un seul côté, à la détrempe, avec de l'encre couleur de rouille. Chaque gravure est surmontée d'une explication en vers allemands, à longues lignes.
Les gravures représentent : 1. L'Entremetteur; — 2. Le Menteur;
— 3. Le Trompeur; — 4. L'Orfèvre en faux ; — 5. Le Marchand fripon;
— 6. Le Voleur d'église; — 7. Le Cordier trompeur; — 8. Le Quincaillier qui vend du fer pour de l'acier.
« Le dessin des figures dit Passavant (t. I", p. 54), est très faible, les têtes grosses hors de proportion, les jambes très courtes, comme on peut le voir dans le fac-similé donné par Falkenstcin (qui le premier a décrit ce livre). Le costume se rapporte à celui en usage peu après le commencement de la seconde moitié du quinzième siècle. » Weigel en place l'exécution au troisième quart de ce siècle.
Le texte est en dialecte d'IJlm ; en voici la première ligne : Ich kan die bl'ùssbàlg tretlen vnd red. . . Sotheby ( t. II, p. 155) a donné le facsimilé de la première page, d'après Falkenstein.
L'exemple unique de M. Weigel a été vendu 728 francs.
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