Résurrection. Le Christ, porté sur un nuage, s'élève au
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dessus du tombeau ; il bénit de la main droite et tient de la gauehe une bannière. Deux soldats endormis à côté du tombeau.
100. Descente aux limbes. Le Christ, vu de proûl, tenant sa bannière, s'avance à droite, foulant aux pieds les portes des enfers arrachées de leurs gonds, et il tend la main à un homme à grande barbe, autour duquel on voit des têtes et dos mains tendues. Audessus, un petit diable sonnant de la trompette.
Collection Cicognara, album n" 78-so, Zanetti (Calai, n** 77-79) rapporte que t ce* trois nielles, travaillas avec la plus grande liberté du burin, étaient incrustés dans le pied d'une croix en cuivre doré qu'on conserve au cabinet Cicognara et qui porte la date 15>9, avec l'inscription S. C. M. Abba. Suivant toute probabilité, cette croix fut exécutée par ordre de l'abbesse du monastère de Saint-Cyprien, à Murano, et on peut croire que ces nielles furent des derniers gravés a Venise. » Le Christ mort est une copie du célèbre bas-relief contemporain, par Jérôme Campagna, qu'où admire A Venise, dam l'église de Saint-Julien. Le Christ ressuscité rappelle singulièrement celui do la Résurrection, gravée par Mantegna, et la Descente aux Limbes offre beaucoup d'analogie avec le même sujet, gravé en toit, par Héalrizet, d'après Raphaël.
Le catalogue Santarclli (p. 2H, h* 20) signale des épreuves modernes de ces nielles, qui ne peuvent provenir que des copies.
— L'Agneau pascal. (Voir le n° 198.) j
— La Descente du Saint-Esprit. (Voir le n° 31. >
101. La Mort et V Assomption de la Vierge. Plaque niellée d'une Paix. Elle est divisée en deux compartiments horizontaux. Dans le bas est représentée la Mort do la Vierge : elle est couchée sur un lit, la tète à gauche; les apôtres l'entourent et le Christ reçoit son âme
figurée par un petit enfant. Ce sujet offre dix-neuf personnages. Au- < dessus est l'Assomption delà Vierge : debout, dansles airs, vue de trois quarts à gauche, les bras étendus, entourée d'une auréole et accompagnée d'anges, dont plusieurs tiennent des instruments de musique, elle est ravie au ciel; Dieu le Père, vu à mi-corps, émergeant des nuages, étend les bras pour la recevoir. Dans le bas, quatre anges à genoux. Composition de quinze personnages.
Plaque cintrée. Haut., 123 millim.; larg., 63.
Cotte plaque, non décrite, est enchâssée dans une monture semblable A la Paix décrite plus haut, n» 65, à laquelle elle sert de pondant. Elle e?t également aux armas des Neroni et des Pandolflni.
Beau travail florentin du dernier tiers du quinzième siècle.
A la vente Caslellaoi, u» 475, elle a été acquise au prit do S,<00 fr., par M. Ch. Stfin, et a la vente do la collection de ce dernier n° 1!)!H, clic a atteint 10,000 fr.
Elle a été reproduile en plu» petit dans le catalogue Stein, et nous en donnons une reproduction héliographiquo île la grandeur de l'original, grâce à l'obligeance de sou possesseur actuel, M. Fr. SpiUer.
C'est bien certainement a cette Paix et à son pendant que s'applique une courte notice de R. von Eitelberger, iiiM-rée dans le Repertorium fù* Kunstwitsm&tkaft, t. V 1 1882), p. !0j. Il en attribue le dessin à Antonio dol Pollajuolo, ce qui ne parait pas pouvoir être démontré, el il a cru que les armoiries qu'on y voit sont celles de la famille Pueci, ce qui n'est pas. I.e seul renseignement ù retenir de cette notice est que ces deui Paix proviennent de la petite église de. la Vierge, située pré» du llargello, à Florence.
102. Le Coirroiinr, tient de In Vierge. Sur un trône d'une riche architecture , surmonté d'un fronton cintre , Jésus-Christ , assis à droite, vu de profil, coiffé d'un bonnet ressemblant à celui des doges, pose dos deux mains une couronne sur la tête de la Vierge, qui est assise à eôté, vue aussi do profil, inclinée vers lui et les bras croisés sur la poitrine. Le devant du trône est orné de festons de feuillage. Deux anges debout, adossés aux pilastres, tiennent des vases avec des fleurs. De chaque côté, sur un gradin, trois anges debout, jouent des instruments à vont. Sur chaque bras du trône s'appuie un ange tenant une branche de lis, et, sur le même plan, aux deux extrémités, se trouve encore un ange. Au-dessus du fronton, quatre anges suspendus dans les airs tiennent deux banderoles séparées portant celle inscription : askvmita . kst . maria . i.ncklvm {sir) || gavdrt. kxkrcitvs. anoixorvm. Des deux côtés, et en avant du trône, sont groupés, étagés sur quatre rangs, des saints et des saintes. A gauche, se trouvent neuf saintes debout parmi lesquelles on distingue par leurs emblèmes sainte Madeleine au second rang, et sainte Agnès au troisième), et deux saintes agenouillées sur une marche au bas du trône, dont sainte Catherine avec sa roue. A droite, onze saints, dont deux à genoux, ayant à leur tête saint Jean-Raptisto, vu presque de face. Au premier plan, dans le milieu, sont agenouillés, à gauche, saint Ambroise; à droite, saint Augustin, vus de dos, les têtes de profil, et reconnaissables par les inscriptions : amrrvs et aoosti., sur les cols de leurs robes. Toutes les auréoles sont plates, cannelées. Le parquet est à carreaux ornés. (Duch., n" 129.)
Plaque ciiilnVî. Hanl., 129 millim.; Urjr., 88.
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PLAQUES NIELLÉES 29
C'est la célèbre l'aii ayant appartenu à l'église Sun-Giovanni de Florence, «l'on elle fut transportée d'abord dans la Galerie de» Offices, puis, il y a peu d'années, au musée spécial du Bargello.
Nous avons déjà dit que l'abbé Gori, prieur du baptistère de San-Giovanni, est le premier qui ait allribué l'exécution de celte Paix.en 1452, à Maso Finiguerra i Thésaurus relurum diptyckorum, t. III, 1750), dont le remarquable talent d'orfèvre-eisclcur nous était connu par de» témoignages enthousiastes de V osa ri et de Benvcnulo Celliui. Dans la première partie du tome I" de notre Manuel (pp. 4-21), on trouvera sur celte question des détails circonstanciés que nous ne ferons ici que résumer, en y ajoutant quelques renseignements nouveaux.
Sur quelles preuves Gori a-t-il appuyé celte attribution? Exclusivement sur la mention qu'il a trouvée, dans un registre de la Corporation des marchands, d'un payement fait en 1452 à Maso Finigucra pour une Paix ciselée et dorée, exécutée pour l'église de San-Giovanni. Celte appréciation personnelle de Gori a été acceptée sans examen, comme un fait acquis a l'histoire d>> l'art, presque comme un article de foi, par tous ceux qui ont écrit sur cette matière, pour ne citer d'abord que Zani, Lanzi, Barbcb, Ottley, Duchcsne et Cicognara. Les objections pourtant ne manquaient pas. Le baron de Humohr il'ntenuchung...; Leipzig, IH4I) les a formulées le premier. D'abord, dans le registre invoqué par Gori, le sujet de la Paix payée a Finigucrra n'est nullement indiqué; puis aucun écrivain n'avait attribué le Couronnement de la Vierge à cet artiste. Vasari, qui affirme qu'à l'église de Saint-Jean de Florence il y avait « quelques ■ Paix ciselées par Finigucrra, « représentant en très petit des scènes de la Passion », ne cite pas celle-là. Kenvenuto Cellini (né à Florence en 1500), orfèvreciseleur lui-même, et qui devait, en cette qualité, être encore mieux renseigné sur celte matière que Vasari, ne cile de Finiguerra qu'une seule Paix, conservée alors dans la même église, mais représentant le Christ en croix «lire les deux larrons. Passavant (t. I", p. 193} combat l'opinion du baron de Rumohr par un argument qui n'a que la valeur d'une hypothèse. « Puisque celte Paix, dit-il, surpasse en beauté tous les ouvrages de ce genre connus jusqu'ici, pour cela même on a le droit de l'attribuer au plus distingué entre les nie! listes florentins de celte époque. » La réclamation du baron de Humohr est restée sans écho, et l'on a continué à emboîter le pas à Gori et à ses partisans. M. E. Dutuit a remis la question sur le tapis, et il a fait valoir, contre la thèse consacrée, un argument nouveau et d'une grande importance : c'est que la Paix commandée à Finiguerra en 1452 pesait, d'après le registre cité plus haut, 55 onces II deniers, tandis que le Couronnement de la Vierge ne pèse que 41 onces. Ifi deniers et 23 grains, ou I kilogr. 180 gr., c'est-à-dire la plaque niellée 107 gr., et la monture en vermeil qui l'entoure 1 kilogr. 73 gr. S'il est vrai que cette monture n'est pas l'originale, mais postérieure d'un siècle environ, à plus forte raison ne saurait-on admettre que le cadre primitif eût pesé (pour tomber d'accord avec le poids indiqué dans la commande) I kilogr. 665 gr., c'est-à-dire qu'il eût encore été plus disproportionné. Au milieu du quinzième siècle, où le sens décoratif était si développé à Florence, on n'aurait certes pas commis la barbarie d'encadrer une plaque des dimensions de celle du Couronnement de la Vierge dans une monture d'un poids semblable. Dès lors la conclusion s'impose d'elle-même : la Paix commandée à Finigucrra en I15Î ne saurait être identifiée avec celle-ci, et elle a dfl disparaître en 1529
époque où Florence, ayatil eu à soutenir uuc guerre Irès périlleuse pour conserver su liberté, s'était vue dans la nécessité de lever des emprunts forcés el de faire porter a lu monnaie toute l'argenterie des églises, aussi bien que telle des particuliers, comme le constate Sismoudi. Vasari lui-même, après avoir parlé des scènes de la Passion gravées el ciselées par Maso Finiguerra et d'une foule d'autre» ouvrages de PoMajuolo, ajoute : « Mais de ceux-ci et de ceux de Pollajuolo un grand uombro ont été fondus pour les besoins do la cité à l'époque de la guerre. » \Ma di queste et di quelle di follajuolo, moite, per i bisojni <UHa ci'tit ml tempo délia guerra, nmo ttate dit fuoeo distruite, et gvatU). C'eût été, en effet, étrange que des érudits florentins postérieurs à Vasari, tels que Fr. Bocchi (Bdlezze di Firenze, toUI ). Baldinucci (né en 1624). F.-L. de Nigliorc \F trente Uluslrata, 16.14), Cinelli \Belleize di Firtnte, 167 7), n'eussent pas dit un mot de cette Paix, si la tradition l'eût attribuée & Finiguerra.
A quel orfèvre-nielleur la doit-on alors? Le baron de Huinohr estime que du moment qu'il semblait avéré que l'église de Saint-Jean de Florence n'a jamais eu que deux Paix niellées; que les registres de la Corporation des marchands constatent que cette même églbe en a reçu deux, dont l'une de Finiguerra el l'autre de Matteo Dei; qu'enfin au témoignage de Cellini celle de Finiguerra représentait un Crueiflemeut, on est naturellement amené à attribuer le Couronnement de la Vierge à Matteo Dei et a y voir la Paix commandée en 1 451). Passavant repousse ce raisonnement, attendu, dil-il, que quand on compare le travail A celui d'une Paix de Matteo Dei, représentant la Conversion de saint Paul, on trouve que le dessin en est bien différent. Cependant il ne faut pas oublier qu'à notre connaissance, aucun document posilif n'atteste que celle dernière Paix soit l'œuvre do Dei, et d'ailleurs Passavant n'a point comparé entre elles les plaques originales, mais seulement les épreuves qui en proviennent.
M. Mil.uicsi, dans l'article déjà cité plus haut (voir p. 18, n* 75), arrive, au sujet de la paternité du Couronnement de la Vierge, k la même conclusion que le baron de Kumohr, et à peu près à l'aide des mêmes arguments, sans avoir connu sa dissertation. « Dans cette composition, dit-il, les gracieuses attitudes des jeunes femmes, les putti. les draperies amples et richement disposées prouvent bien que Dei s'iuspira plus de fra Filippo l.ippi que d'aucun autre artiste. »
Cette attribution est-elle mieux fondée que l'autre? On est obligé d'avouer que non. La base en est, en effet, purement hypothétique, sans preuves à l'appui et même sans tradition. La vérité est qu'on doit regarder cette Paix comme une œuvre anonyme. L'argument tiré par Passavant de la beauté du travail on faveur de Finiguerra manque de solidité, attendu que d'abord la plaque du Crucifiement, décrite sous le numéro 75, peut être mise sur te même rang, et puis rien ne prouve que parmi les nombreux orfèvres-nielleurs du quinzième siècle, dont les noms seuls nous sont parvenus, il n'y on ait pas eu, en dehors de Finiguerra.de capables de produire une œuvre comme le Couronnement de la Vierge.
Nous donnons une excellente héliogravure de cette Paix qui n'a pas encore été décrite bien exactement.
Il en existe deux exemplaires en soufre cl une épreuve sur papier (voir plus loin)
102 bis. Le Couronnement de la Vierge. Sujet central d'une Paix composée do quatre nielles montés dans un cadre en cuivre doré.
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Assis sur un trône grandiose, dont la voûte est ornée de caissons, le Christ couronne la Vierge. Dix anges, disposés symétriquement, accompagnent le trône. Les quatre, dans la partie inférieure, avec de longues ailes, tiennent des instruments de musique ; deux autres viennent ensuite, dont l'un joue de l'orgue et l'autre du tambourin. Les deux qui occupent la partie supérieure tiennent des vases avec des lis ; enfin deux autres au-dessus du fronton déploient une banderole avec l'inscription: assvmpta .est. maria, in.cklvm. avk.(?) exerci .ange. — Dans le socle est un petit médaillon niellé avec le monogramme du Christ, et dans la frise un autre nielle avec l'inscription : pax.vobis.kvndamkntvm. — L'ornement qui couronne le tout renferme un médaillon avec les armoiries du pape Alexandre VI. (Passav., t. I'r, p. 304, n" 552.)
Dimension du nielle central : haut., 7fi millim.; I«rjr., *8. Hautror loUi«, tlu millim.; I»rg., 63.
D'après Passavant, Duchcsne vit celle Paix, en 1833, entre les mains du marchand Antonio Zen, qui possédait aussi une épreuve du nielle central (voir plus loin), biles ont appartenu ensuite, l'une et l'autre, à Edme Durand, et, à la vente faite après son décès (1836, n* 5), la Paix ci-dessus a été vendue 200 francs. Elle a passé depuis dans la coll. Debruge-Duménil, et a sa vente, en 1849 (a* 909), elle a été adjugée à 410 fr.
Le catal. Santarelli ip. 272, n* 32 f signale aussi une épreuve du nielle central.
On peut remarquer que la composition du Cmromenunt de la Vierge semble inspirée, sinon copiée, sur celle de la célèbre plaque du musée de Florence. Les armoiries d'Alexandre VI indiqueraient que celte Paix a été exécutée entre ilU2 et 1503, mais clic ne nous inspire pas une grande confiance, surtout eu raison de m faute : ave, pour GAUDftT, dans l'inscription.
— lAt Couronnement de la Vierge. (Voir le n" 42.)