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Les quatre Docteurs de VKglise. Ce sont, en haut

saint Grégoire, en habits pontificaux ; — saint Jdrôme, vêtu on cardinal et tenant un livre; — en bas : saint Ambroise, en évoque, tenant une croix pastorale dans la main gauche et un fouet dans la droite; — saint Augustin, avec une crosse dans la main gaucho et un livre dans l'autre.

Ces deux superbe» plats décoraient la rcliuro d'un évangéliaire offert au pape Paul II par Jean Balue, le fameux ministre de Louis XI, après son élévation au cardinalat en 1467. Les armoiries, répétées huit fois, sont bien celles de cet orgueilleux parrenu, à qui des flatteurs trouvèrent une (iliation noble. La date de l'exécution de cette re'iure peut être circonscrite dans des limites assez élioites. Elle est postérieure au 18 septembre 1467, qui est celle où Balue reçut la pourpre romaine, et antérieure au dernier quart de l'année 1849, où il fut enfermé, par ordre du roi, pour crime de haute trahison, dans une cage au cliAteau de Loches, dont il ne sortit qu'en 1480 D'ailleurs son protecteur, le pape Paul 11, à qui l'évangéliaire revêtu de celte reliure fut offert, mourut le 23 juillet 1471. Elle fut donc probablement exéentée dans le cours do l'année 1468. Le cardinal Balue, en raison de son avarice, ne s'adressa point à un artiste de premier ordre ; c'était cependant l'époque des grands orfèvres, de Maso Finiguerra, de Verrocchio, de Baldini, etc. L'art dans ces plaques est bien llorcntin (a celle date, l'orfèvrerie niellée n'était pour ainsi dire pas cultivée à Rome), mais les exécutants n'en étaient pas des plus excellents.

La Salutation nngélique est empreinte d'une grAce particulière, et dénote une main exercée, tandis que les autres sujets portent encore le cachet du gotbicisme : une certaine raideur dans les figures, le manque de proportions et l'absence de perspective. Pour le Baptême du Christ, par exemple, nous sommes loin de celui de Verrocchio, un contemporain pourtant (né en 1435), également célèbre comme peintre, orfèvre et sculpteur. Toutefois, l'ensemble de ces plaques niellées, les plus grandes que l'on connaisse en ce genre, est imposant, et le coté décoratif est plein do charme.

C'est Cicognara (Memorie, p. 60) qui a signalé le premier cette belle reliure, mais la description qu'il en donne n'est ni parfaitement exacte, ni suffisamment détaillée. Elle tigurait alors dans la galerie Manfrin à Venise. Ces plaques niellées (avec d'autres objets de la même col'cctionf furent vendues à l'amiable, en 1802, à M. Barker, de Londres, qui les céda, deux ans plus lard, h M. le baron Anselme de Rothschild. Après la mort de celui-ci, elles passèrent entre les mains de M. le baron Nathaniel de Rothschild, de Vienne, qui a daigné nous permettre de les reproduire héliographiquement, et de les faire ainsi connaître aux studieux des choses de l'art.

233-242. Dix plaques niellées, décorant la reliure en velours d'un Livre d'Heures, manuscrit florentin du seizième siècle. De chaque côté se trouve au centre un médaillon rond, et aux angles une plaque ayant la forme d'un quart de cercl*, offrant l'image d'un saint ou d'une sainte, en demi-flgure.

IMdaillont ronds : di.m., 20 millim. Le. totres plaques t coté da l'aigle droit, S6 millim.

PLAQUES NIELLÉES 55

Nielles du plat de dessus :

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