FATALIS MACHINA MURIS
Henri IV ayant pourvu, par lettres du 13 novembre 1599, de la charge de grand-maître de Tartillerie Maximilien de Béthune, depuis duc de Sully et maréchal de France, Térigea en office de la couronne, au mois de janvier 1601.
Le grand-maître de l'artillerie faisait exécuter les travaux de Tarmée, tant en marche que dans les sièges ; il présidait à la confection des poudres et à Tapprovisionnement des arsenaux.
La juridiction de l'artillerie s'étendait dans tout le royaume; elle a tenu son siège au Louvre et a été transférée à l'arsenal en 1572. L'appel de ses jugements ressortissait du Parlement.
y i Ces machines de guerre étaient en grande partie celles des
Romains, la poliorcëtique n'ayant pas encore changé.
ET JURIDICTIONS
DUH MlTTilH IN HOSTEH.
Un dogue veillant, enchaîné à un arbre et attendant en repos.
FUCIS AHÀNg NEC BELLA TIHENS. — Un IMM|.
ET LOQiiOH ET SILEO PRO TEMFORE. — Une Irompetle Sur un aulul.
On remarquera le parfait rapport entre le corps de ces devises, lafigure ou représentation avec l'âme, c'està-dire les paroles.
C'est bien la même pensée exprimée sous diverses formes: le silence et l'éclat selon le temps, l'amour
ADHINI8TRATI0NB
de la paix sans ta crainte du combat, le repus en attendant l'action.
HaC. BELLVH. PACBIIQVB. GEHU, 1605. — QVO. JVSSA, lOVIS.
Ici le canon tonne, et, par l'ordre de Jupiter, l'aigle s'envole en emportant son foudre; !à, une lance, terrible arme offensive, porte suspendue à sa pointe la brancbe d'olivier, symbole de paix.
REVENCB r.ASiiEi.s. —On appelait revenus casuels, ou plus ordinairement parties cameUes. les recettes provenant de la vente des offices. Le premier trésorier des parties casuelles fut créé par Louis XII, en établissant la vénalité des offices comptables, mais il y en eut plus tard trois. Sous Henri IV, plusieurs offices devinrent béréditaires, à la charge de payer tous les ans un certain droit que l'on appelait lapaulette. Si un officier mourait avant d'avoir payé la pauletln et sans avoir résigné son office, les trésoriers des parties casuelles en disposaient au profit du roi.
Les revenus des parties casuelles étaient évalués. en 1665, à deux millions: mais il est évident qu'ils devaient être essentiellement variables, ainsi que l'indique le laboureur semant son blé qui multipliera suivant l'influence du temps et des saisons.
ET JURIDICTIONS
On pourrait encore voir dans la devise El. uctvra. V LVCBVM, un jeu de mots portant sur l'action du semeur qui jette le grain propre à produire, et le jeloir qui sert à compter les bénéfices.
aiGBS SVPBB 4DDlTit VOTIS. — CHAHBRE AUX BENIRUg. 17IÏ,
Deux vignerons portent, suspendue à une perche, l'énorme grappe de raisin de la Terre promise, signe d'abondance et de richesse.
Il est fait mention de la chambre aux deniers dans deux états de la maison du roi Philippe le Long, dont l'un est du â décembre 1316, l'autre du 48 novembre 1317. Il est parlé du maître de la chambre aux deniers dans des letU'es du même roi (avril 13^), ainsi que dans d'auti'es actes appartenant aux règnes suivants. On a encore les comptes-rendus en 1383 par Raymond Baguier, maître de la" chambre aux deniers. Cette chambre a été divisée en trois que l'on
i 74 ADMINISTRATIONS
nomme Vancien/ne, Valternative et la triennale.
Ceux qui possédaient ces charges assistaient au grand bureau de la maison du roi, lorsqu'ils adjugeaient les marchés pour les différentes fournitures ; mais celui qui était en exercice pour l'année entrait seul aux bureaux qui se tenaient trois fois par semaine, pour la police des officiers, les dépenses de la maison et les traitements extraordinaires.
Les charges de maîtres de la chambre aux deniers étaient héréditaires.
Outre les 3,000 livres de gages, 5,300 de livrées et plusieurs autres bénéfices, ces maîtres de la chambre aux deniers avaient 64 livres pour les jetons.
Leurs fonctions étaient de solliciter les fonds pour la dépense de bouche de la maison du roi et de payer les officiers pour cette dépense. Ils payaient aussi les livrées.
Il y avait deux contrôleurs généraux de la chambre aux deniers; il leur était également tenu compte par semestre de 64 Hvres pour les jetons. Lorsqu'il existait un Dauphin, dès qu'il atteignait sa septième année, on établissait sa chambre aux deniers dans laquelle alternaient les deux contrôleurs généraux.
Le contrôleur général contrôlait et arrêtait au bureau du roi, où il tenait la plume, toutes les dépenses faites dans la maison ; il rédigeait le rapport de tous les plans, mémoires et autres papiers adressés au bureau ; il délivrait les extraits des dépenses aux officiers et marchands fournisseurs, pour en être payés par le maître de la chambre aux deniers, auquel il
ET JURIDICTIONS. 175
remettait l'original du cahier qu'il devait tenir conformément aux articles de v à xv du règlement de Louis XIV pour sa maison.
Le contrôleur avait encore nombre d'attributions dont le détail est inutile ici ; nous ne parlerons pas non plus des employés subalternes. L'important pour nous était de constater l'emploi énorme qu'ils faisaient des jetons, si on doit en juger par le chiffre des sommes qui leur étaient allouées pour cet objet.
DUCBH REGEMQUE SEQUUNTUR. ~ SECRETAIRES DU ROT. 1731.
Dans le champ, une double personnification du chef de l'Etat; au haut, le soleil, puis, s'élevant vers lui, la reine des abeilles suivie de son essaim.
Pour connaître l'origine des secrétaires du roi, il faut remonter jusqu'à l'antiquité. Leur premier titre était celui de notaires, leurs fonctions répondant à celles des officiers qui, sous les empereurs romains, recevaient le nom de notarii, parce que les ordonnances commençaient ordinairement par ces mots notum facimus. Ils logeaient dans le palais du prince et en connaissaient les secrets, d'où leur vient la qualification de secrétaires. Le nombre en a considérablement varié aux différentes époques, et toujours ils eu-
rent des prérogatives considérables. Ils acquéraient la noblesse en mourant dans la possession de leur charge ou après vingt années d'exercice.
La principale fonction des secrétaires du roi était d'assister au sceau, expédier et signer les lettres présentées au chancelier, après lui avoir fait le rapport des lettres de rémission, de pardon et des autres grâces à accorder ou à refuser.
Les secrétaires du roi avaient, dès l'origine, Ife roi pour chef et souverain protecteur de leur compagnie; c'est ce qu'indique l'emblème de la ruche.
Nous avons dit encore que la vanité ou un légitime orgueil avait porté les dignitaires, les magistrats, etc., à confier au métal leurs titres, leurs armoiries, leurs devises, les emblèmes de leurs fonctions, etc. , et que leurs services étaient souvent récompensés par des pièces d'honneur frappées exprès pour eux; aussi y aurait-il d'importantes recherches héraldiques et généalogiques à faire dans cette longue série de pièces personnelles. Nous nous bornerons, comme nous venons de le faire ci-dessus, à quelques exemples.
CUVDE. FàVCHET. c. d. h. p. pkbs. bn. l. g. dkb. honnoies.
Fauchet a placé d'un côté ses armoiries, et de l'autre l'emblème de la devise, — sparsa. et. neglecta. COEGI, — qu'il avait toujours l'habitude de mettre en tête de ses ouvrages, comme nous le fait remarquer son petit-neveu Bouterouë, auteur de Recherches sur les monnaies, travail encore fort recherché.
SBB. CRitMOIST. DIR. DE. l'iHFR. ROTALB.
Une ancre posée en pal, au chef chargé de trois étoiles.
Une main tenant la règle, le fil à plomb et l'équerre, flans un ciel étoile. Ces instrument justifient la devise.
L'imprimerie du gouvernement, qui change de nom à chaque révolution, fut fondée par Richelieu et établie dans plusieurs salles attenantes au rez-de-chaus-
sée de la grande galerie du Louvre. Des hommes de mérite furent placés à sa tète. Sébastien Cramoisy, membre d'une ancienne et célèbre famille d'imprimeurs-libraires de la ville de Paris, en fui nommé directeur.
M. Aug. Bernard, que ses fonctions ont mis à même d'étudier tout ce qui a rapport à l'imprimerie, et qui a fait sur ce sujet ainsi que sur plusieurs autres de longues et savantes recherches, nous a initié à tous les' progrès de cet art depuis son invention. Après nous avoir dit ce que firent Louis XI et François I" en faveur de l'imprimerie du gouvernement, qui est une des gloires nationales, il nous montre cet établissement comme indispensable pour la publication des grands travaux religieux, scientifiques ou historiques entraînant des frais tels qu'aucun éditeur ne pourrait s'en chaîner; enfin, comme seul capable de composer, sur un seul labeur, jusqu'à deux cents feuilles sans entraver le reste du service, ce qui a lieu surtout pour les budgets de l'Etat.
Quand les armoiries n'étaient pas de fraîche date ou qu'on voulait les donner comme telles, on se dispensait de les accompagner de noms et de devises.
OOBPOBA'riOMS. H»
Celles-ci sont de Mcolas de^ Maretz, rnntrôleur général des finances en 1 708.
Le conseil royal àes finances, élabii au mois de septembre 1684, était composé du roi, des princes e1 de plusieurs grands dignitaires ou fonctionnaires. Le contrôleur général y avait le contrôle des quittances du trésor royal, des parties casuelles et autres dépendances du contrôle général des finances, les cahiers des pays d'Etats, les monnaies et la direction supérieure de tout ce qui concernait les finances du royaume.
)l fut un temps où les corporations jouèrent un grand rôle. Si elles présentaient des inconvénients, il fallait les réformer et non les abolir, car c'est une institution qui nous manque aujourd'hui. Nos pères avaient bien compris son utUité : ils symbolisèrent l'union parfaite qui doit régner dans une société par une ruche dont toutes les abeilles obéissent à une reine seule souveraine :
SOCIETATIS. BEHB. VNITS. — SIAT. MVTÏIS. ViniBVS.
Ils caractérisèrent la puissance de l'association par un groupe d'hommes dont les efforts réunis et combinés soutiennent le monde au-dessus de leurs têtes.
La prévôté dominait en quelque sorte toutes les corporations, car alors on s'associait dans un but de commerce et de travail, dans un but honnête et non pour conspirer oisivement.
Sous Louis XII, il y avait six corps de métiers; chacun était gouverné par six maîtres d'une réputation sans reproche. Ces maîtres veillaient à l'observation des statuts, au maintien de la discipline et à la conservation des privilèges. Dans les cérémonies publiques et dans l'exercice de leurs principales fonctions, ils avaient le droit de porter la robe de drap noir à collet et manches pendantes, parmentée et brodée de velours de la même couleur. A l'entrée des rois, lorsqu'ils portaient le dais sur les rois et les reines, le velours était de couleurs différentes pour chaque corps. C'était, à proprement parler, la robe consulaire qui leur servait à rendre la justice. Un autre privilège, auquel ils tenaient essentiellement, était de complimenter nos rois à l'occasion d'événements considérables. Dans leur sein se recrutaient les marguilliers, les commissaires des pauvres, les administrateurs des hôpitaux.
Les corps de métiers formaient entre eux une étroite alliance exprimée par une devise ayant pour corps un Hercule qui s'efforce inutilement de rompre un faisceau de six baguettes liées ensemble, et pour âme ces mots : tincit concordia fratrvm.
ronpoRAiroNS. <81
Le premier corps a toujours été celui des drapiers. La draperie a pour armoiries, suivant la concession de Christophe Sanguin, prévôt des marchands et des échevins, en date do 27 juin 1 629, un navire d'argent à bannière de France, au champ d'azur; un œil en chef, avec cette devise qui n'est pas spécifiée dans la concession, — vt C/ETERas dirigat , — pour donner à entendre que ce corps a le pas sur les autres. Quelquefois on a blasonné ainsi ses sjmes: d'argent, au vaisseau d'or à voiles et pavillon d'azur, voguant sur une mer de sinople.
Voici bien ce vaisseau''surnionté de l'œil vigilant.