ISSOUDUN
Michel de Cotignon s'est trompé en attribuant à Charles le Chauve un fait qui appartient à Charlemagne. Après avoir opéré cette substitution de nom, nous pouvons reprendre son récit : « Le roy dormant et pensant estre à la chasse tout seul dans les bois, il lui sembla voir un grand sanglier furieux et fort es-:
Hii UHURB AIPUABÉTIUIË
chautîé, vetiaiit droit à lu; pour l'offenser, dont ayaiil grandpeurets'estant misa prier Dieu, s'apparut à luy un enfant nud qui lui dit que s'il lui vouioit donner un voile pour se couvrir, il le délivreroit du mal et de la mort que cette féroce beste atloit luy pointer. Ce que luy ayant promis, iceluy enfant prit le dit sanglier, monta dessus, luy mena et luy fît tuer de son espée.»
QSS>
Cet enfant était saint Cyr, patron de 1^ Cathédrale de Severs. Sur un méreau de l'église de Saint-Cyr
d'ISSOudun, MONETA SANCT! — CIRICI EYOLDVNI, noUS
le voyons seul, tenant le sanglier par les oreilles; puis sur un autre, dans la même position, devant Chariemagne qui se dispose à tuer Caniiiial farourhe qui lui a fait si peur.
LANdKKS.
sXbotvs ajiHHEs
ILUM LINGONBN.
DE VILLES. ÈiYS
Saint Maininès debout, une couronne royale sur la tête. De la main droite il tient un sceptre, de la gauche il soutient ses entrailles qui sortent de son ventre largement ouvert. A ses pieds est un lion accroupi, de la gueule duquel s'échappe une banderolle portant une inscription que l'état de conservation de la pièce ne nous a pas permis de déchiffrer.
La Cathédrale de Langres, primitivement placée sous le vocable de saint Jean TEvangéliste , passa sous celui de saint Mammès lorsque ses reliques y furent déposées.
Saint Mammès, né à Césarée de Cappadoce au temps de Tempereur Aurélien, fut privé, bien jeune encore, de ses parents qui périrent martyrs de la foi. Obligé plus tard de se réfugier sur une montagne pour échapper aux persécutions, il y vivait en anachorète, quittant quelquefois sa retraite pour aller enseigner à Césarée les divins préceptes de l'Evangile. Surpris dans une de ses excursions par le préteur Alexandre, il souffrit les plus grands tourments sans que la douleur fît faiblir son courage. En vain, on essaya sur lui le supplice de la fournaise, en vain on l'exposa aux bêtes féroces : saint Mammès sortit intact des flammes. Exposé dans l'amphithéâtre, une lionne furieuse, lâchée contre lui, se précipita à son ordre sur les assistants et ne se retira que lorsque l'homme de Dieu lui eut commandé de regagner son désert. Le proconsul, furieux de ne pouvoir ébranler la foi de sa victime et de voir les supplices auxquels il la condamnait tourner à la gloire du confesseur, le fit éventrer à coups
iOi ORDRE ILl'HlBÉTKjllE
de fourche. Alors saint Hammès prit ses entrailles
dans ses mains et, traversant le peuple assemblé, s'en
fut expirer à deux stades du lieu du supplice, dans
une caverne où une voix céleste l'appela au séjour des
bienheureux.
Le méreau est à peu de chose près conforme au blason donné en 4699 au Chapitre de Langres, qui se trouve décrit dans l'Armoriai manuscrit in-fol. dressé par d'Hozier et conservé à la Bibliothèque impériale. — D'azwr, à un saint Mammh martyr, tenant une palme de la main dextre et soutenant de $a sénegtrr les entrailles qui sortent de son ventre ; le saint debout sur une terrasse, adextré d'un lionposé regardant et contourné; le tout d'or. — (Généralité de Champagne; Langres, n" 7.)
La pièce que nous venons d'expliquer est d'un module peu usité et bien différent de celles publiées par Duby.
CAPITULUB LlIfGOHBN.
Gant d'argent au champ de gueules, rappelant que Roland, neveu de Charlemagne, donna k l'Eglise de Langres un de ses gants, en signe d'investiture de Roland-Pont.
Dans une autre variété, le gant est remplacé par la troix à branches égales.
Les comtes du Maine ayant eu, dès la fin du quatorzième siècle, une prédilection pour la résidence d'Angers, il est tout simple que cette ville ait vu naître plus de monuments métalliques que celle du Mans; aussi n'avons-nous rien trouvé d'antérieur au seizième siècle.
SIHON : TESTV ; RBCEVEVB : BV H
Monogramme de Testu accompagnant son écu :
d'or, à trois liom léopardés de sable, l'un sur l'autre, celui du milieu contre-pa$sant.
Au revers. — CLBRC : des : offices : ce : L09TEL : DV : ROT.
Ecu de France couronné, accosté à droite de la salamandre et à gauche de l'initiale de François I".
iOti ORDKE ALPHABÉTIQUE
Le domaine du comté du Maine élait fort considérable.
H. Hucher a cité plusieurs Jetoirs du Mans auxquels il assigne pour date les règnes de Philippe de Valois et du roi Jean. Nous nous contenterons d'en donner un beaucoup pluB moderne qui a l'avanta^je d'offrir les armoiries d'un trésorier général du Maine et en même temps celles de sa femme.
FI*. novLl^. Kc. T'. o". dv. m. hor. dbs. ordres, nv. hoi. ism
A la Cathédrale du Mans, on se servait de méreaux vers la fin du seizii'me siècle. On trouve, à la date du 28 août 1 577, dans les Extraits des délibérations capitulaires déposées à la bibliothèque de la ville : — n livres 6 sous sont alloués au receveur pour les méreaux qu'il a fait faire, et on lui ordonne de s'en servir.
Le 6 mars 1579, il est fait mention de méreaux pour les distributions dont se sert l'argentier.
Evèqiie, probablement saint Julien, debout, milré, nimbé, bénissant et tenant la crosse.
Revers. — Trois clefs posées en pal 2 eH , le pêne tourné à droite, alternées de fleurs-de-lis.
Nous voyons peut-être ici l'argentier qui serait représenté tenant son livre de compte dans la main gauche et une plume dans ia droite. — Au revers, le monogramme de Jésus et au-dessous celui de Marie.
Nous avons donné, page 94, un méreau de plomb comme le précédent, destiné au bas-cbceur.
Le jour de la Conception de la Vierge, se doit distribuer, avec les méreaus de VAve He.qina. à chaque r'hapelain, un sou.
Méreau d'argent. Buste mitre, épaules vêtues d'une chape : r.RRLO. gp. i.em.
Eglise à trois corps de bâtiment, celui du milieu
i08 ORDRE ALPHARÉTIOtE
surmonté d'uim croix avec deux portes et une rosaee :
— SANCTVS. STEl-HANÏS.
Zerlon, Gerlon ou Gillon, successeur il'Aldon, en 866, décéda le 1 â juillet 869.
La Cathédrale de Limoges, placée sous l'invocation de saint Etienne, ne fut réédiflée qu'en 1012, par l'évèque Hilduin. Il est possible (|ue ce raéreau représente le dessin de l'ancienne basilique élevée par saini Martial, sur l'emplacement du temple de Jupiter.
L'archange saint Michel tenant une croix à la main et terrassant le dragon.
Au revers, un évêque bénissant, accosté des lettres S-L, initiales de saint Loup, et d'une contre-marque au globe crucifère.
L'église de Saint-Michel-des-Lions fut bâtie sur l'emplacement d'un cimetière romain, non loin de l'acropole de Lemovicum. On y transporta, l'an 1158, les reliques du saint évêque de Limoges, Lupus ou Lopès, mort le 22 mai 632. Cette église fut rétablie en 136i, àcause de l'afllue*ce toujours croissante des fidèles qu'y attirait la relique, le chef de saint Loup.
Gérard du Cher (Hector), évêque de Limoges, fit la translation, en 1158, des reliques qu'il renferma dans un châsse d'argent. Une dernière translation qui eut lieu en 136* est peut-être la date du méreau.
Tête chauve nimbée, accostée des initiales ST, — Sanctiis Stephanus, et placée au-dessus du mot lbhov.
Revers. — Armoiries du Chapitre de Saint-Etienne (cinq fleurs-de-lis posées 3 et 2). La rose qui les accompagne serait-elle une allusion à la famille du Rosier qui a fourni deux papes et plusieurs cardinaux?
s : STEPE : OR* : pnO N0BI9 : H.
Buste de saint Etienne accosté de deux fleurs-de-lis, et au revers les armoiries du Chapitre.
La lettre H est sans doute l'initiale du nom de l'évèque Hélie de Talleyrand, mort en 1364, ou plutôt Hugues de Hagnac, mort en 1 41 2, qui donna tous ses biens aux Chapitres de Saint-Etienne et de Saint- Martial.
no ORDRE ALPHABÉTIOUK
Face de même. Le revers un peu fruste présente les armoiries de la famille Barton de Hont-Bas, qui sont d'azur, au cerf à la reposée, au chef échiqueté d'or et de gueules.
Ce méreau appartient à Jean Barton de Mont-Bas, chanoine de Saint-Etienne depuis 1448 et élu évêque de Limoges en 1457.
Armes du Chapitre et de Mont-Bas ; sa date de 1 559 est celle de l'année où mourut l'évêque César de Bourgonibus. Ce fut sans doute pendant la vacance du siège que le Chapitre fit graver ce méreau qui réunit son écusson à celui d'une famille illustre et bienfaisante dont il voulait consacrer le souvenir.
La même considération reproduisit probablement le même fait en 1582 (Rev. Num.).
L'un et l'autre portent pour légende : scvtvm eccle-
SI^ LEMOVICE^.
De villes. ili