SAINT-EUSTACHE
A la vue de ce personnage à genoux devant un cerf, on croirait reconnaître saint Hubert; mais les initiales
du revers indiquent qu'il s*agit ici de saint Eustache, dont la légende abrégée va nous fournir le moyen d'expliquer les sujets qui figurent sur nos méreaux.
Sous Trajan, vivait Placide, -homme de guerre d'un grand renom, la terreur de ses ennemis, et doué des vertus les plus recommandables. Un jour, suivi de sa troupe, il se rendit à la chasse, et bientôt il vit un nombre considérable de cerfs, dont un surtout fixa son attention par une taille extraordinaire. Il s'acharna à sa poursuite, et, après une longue course, il se trouva seul au haut d'une montagne, en face de la proie qu'il convoitait. La Providence l'avait voulu ainsi, et, selon ses desseins, c'est le chasseur qui fut pris. Longtemps Placide contempla le cerf entre les cornes duquel étincelait une croix avec l'image radieuse du Sauveur; mais combien redoubla son étonnement quand il entendit une voix qui lui dit :
« Placide! pourquoi me suis-tu? C'est pour te sauver que je t' apparais au front de cet animal. Je suis le Christ dont tu observes les préceptes sans le savoir; les aumônes que tu prodigues aux pauvres sont montées jusqu'à moi, et si je t'ai mis à ma poursuite, c'était pour te prendre dans les filets de ma miséricorde. Il n'est pas juste que celui qui m'est cher par ses bonnes œuvres serve plus longtemps le démon. »
A ces mots, le guerrier s'élance de son cheval, se prosterne et s'écrie : « Je crois. Seigneur, parce que tu as fait tout ce qui est, parce que tu convertis les hérétiques et ressuscites les morts. »
La famille de Placide abjura Içs faux dieux et il reçut dans les eaux du baptême le nom d'Eu$tacke.
Le Douveau converti fut soumis à mille épreuves et à mille revers. Sur ces entrefaites, l'empereur célébra sa victoire sur les Perses : la place d'Eustache était marquée dans ces fêtes; mais ne voulant pas y paraître, il s'enfuit avec sa famille vers l'Egypte. Après avoir atteint la mer, ils s'embarquèrent sur un navire dont le commandant s'éprit aussitôt des charmes de la femme du fugitif, et la retint comme prix de la traversée qu'ils ne pouvaient payer. Force fut donc à Ëustache de s'échapper de nouveau, en entraînant ses deux fils. Accablé de douleur, il arriva au bord d'un fleuve dont les eaux étaient trop profondes pour y engager les enfants. Il en prit un sur ses épaules, le déposa sur la rive opposée et retourna chercher l'autre; mais à peine était-il au milieu du fleuve, qu'il vit un lion emporter le premier au fond des forêts; puis, détournant ses regards, il aperçut un loup ravir le second. Alors il se mit à lever les bras, à crier et à se désoler. C'est cette scène de désespoir qui est représentée par le méreau suivant.
Au revers, le cornet de chasse et les chiffres de la valeur représentative. La lettre M de l'un d'eux doit avoir la signification du mot matines.
m ORDRE ALPHABÉTIQUE
Un troisième méreau porte : messes de l'evvre, avec accompagoement de deux cerfs lancés.
Nous pensons que quand les pièces capitulaires cessèrent d'être employées, la Fabrique retint la représentation de l'apparition dn cerf mystérieux et les emblèmes de chasse. En tout cas, nous trouvons ici, chose assez rare, le nom du curé.
PABRigUB DE S KUSTACUK — COHXOVET ET LAUDAT.
SAINT-GEBVAIS.
s. GERVAia. 1650. —XII D.
Une variété plus petite est de il deniers parisis.
r)E VILLES.