‹ Manuel de l'amateur de jetonsChapitre 67 sur 102 · CHAMBRE DES COMPTES · texte numérisé non relu

CHAMBRE DES COMPTES

Du temps des rois de Bourgogne, il existait déjà une chambre des comptes, mais elle était ambulatoire, Philippe le Long, par lettres données à Viviersen-Brie, en janvier 1319, rendit sédentaires toutes les chambres des comptes qui existaient alors en France. Celle de Dijon figurait au second rang et Philippe le Hardi la régla k l'instar de celle de Paris.

Nous savons qu'en 1 426, Jean Daast, orfèvre demeurant à Dijon, fabriquait des gectouers. Humbert Viard, maître de la Monnaie, pour le temps qui s'est

J3i CHAMBRE

écoulé à peu près de i 436 à 4 438, a consigné sur son rejiislre eu parchemin in-i", folio 1 i6 :

A Messieurs des comptes de Dijon, la somme de soixante-deux livres dix sols tournois pour cinq cents gectoirt d'argent fin de soixante-quatre au marc, qui poisent sept marcs six onces et demi, au prix de huit francs le marc, valant ladite somme de lxii liv. \ s. tournois, pour ce lïii I. x s.

Audit Thevenin, boursier, pour la façon des fers desdits gectoirs et pour ouvraige en monnoyaige d'iceulx Lïxvin s. ix A. t.

GKTOVIEIIS • VE L*

Pour saisir te sens de cette légende, il faut, dans le premier mot, intervertir l'ordre des lettres s et t. alors on a CHETONS (jetons). Si l'expression de jetoviebs ne s'applique pas aux gens qui faisaient usage des jetons, nous devons l'entendre de la tahie ou hureau dont ils se servaient, c'est-à-dire de Xabaque.

D'un côté on voit le briquet ou fmil de Bourgogne, et de l'autre les armes burgundo-flamandes

: «HA : PRAHCOV : RKX.

ECU (le France entre l'initiale et le chiffre de Louis XII.

PRO : GBNTIBS : COHFUTCS : BVRG :

Champ semé de fleurs-de-lis sani? nombre.

PRO GBNTIBVS COHFOTOBVH.

Ecu de France couronné et entouré du cordon de Saint-Michel.

. REGIS. DIVIONl t 1543.

Salamandre couronnée, emblème de François 1

PRO, GGNTIBVS. COMPÏTOBVII. 1556.

336 CBAHBRE

) -^ Le monogramme d'Henri et Diane accosté de quatre fleurs-de-lis couronnées, avec quatre petits croissants dans les cantons, nous montrerait, lors même qu'il n'y aurait pas de date, qae ce jeton est du temps de Henri II. Il en est de même du suivant.

PIBTAIE. ET JUSTITI*. —1569.

Deux colonnes enlacées soutenant ■

royale encadrée de branches d'olivier. Cette devise de Charles IX a été composée par le chancelier je l'Hospital.

La chambre des comptes de Dijon, dont les archives étaient d'une richesse immense, s' étant retirée à Autun, en 1636, voulut enlever de Dijon ses titres et papiers; mais cet enlèvement occasionna une grande

émeute dans la ville. Les voitures chargées de tonneaux, dans lesquels étaient renfermés les titres, furent arrêtées par le peuple sur la route de Dijon à Nuits, vis-à-vis de l'endroit où existaient jadis les fourches patibulaires, et ramenées à la chambre des comptes. On défonça les tonneaux, et leur contenu, versé sur le pavé des salles, y resta abandonné sans soins, en sorte que, lors du retour de la chambre à Dijon, une grande partie des papiers était gâtée et pourrie. Des soustractions puis l'invasion vinrent compléter le mal.

Quant à notre sujet particulier, un extrait de l'analyse des anciens journaux de la chambre des comptes de Bourgogne nous fournit les renseignements suivants :

Le 1 1 mars 1 603, résolut que les droits des festins, réglés à vingt écus pour chacun de ceux qui les avaient faits, seraient employés à des jetons.

Le 17 mars 1604. — Cinquante écus des épices de la réception d'un conveneur joints au fonds destiné pour les jetons d'argent. — Les épices de M. le maître des comptes Thomas, aussi réservés pour les jetons.

Le 18 décembre 1605, la chambre donne commission au conveneur Bernard de s'informer, étant à Paris, combien il coûterait de faire trois mille quatre cents jetons.

La chambre ayant été transférée à Autun (1625- 1627), résolut que, pour s'acquitter des dettes contractées pour l'obtension de la juridiction de la cour des aydes, il n'y aurait plus de buvettes jus qu'à ce qu'il en ail été autrement ordonné.

338 i:HAMBKt:

Le 1" mars 1647, la chambre délibéra que !p fonds provenant du versement des binettes serait employé à des jetoirs d'argent, dont les présidents, maîtres et gens du roi auraient chacun mie bourse, et les conveneurs et auditeurs chacun une demi-bourse, et pareillement le greffier et le receveur des épiées; les bourses doivent être chacune de cent jetons. Les conveneurs représentèrent à la chambre que c'était leur faire préjudice que de ne leur donner qu'une demibourse de jetons, et en dirent les raisons. La chambre ayant examiné ce qui s'était fait en 1606, résolut que la même distribution serait observée comme est dit ci-devant.

On trouve plus loin dans le même registre, p. 19 : Retranchement des buvettes et qu'il ne serait plus fourni que du pain et du vin pour les buvettes, et que le fonils serait employé à des jetons d'argent, suivant la délibération de la chambre du 1"mars 1647, etc.

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