‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 13 sur 281 · DES DENTS · texte numérisé non relu

DES DENTS

Situation et figure. Os pairs , irréguliers; cachés en partie dans les deux os maxilläires , en partie hors de ces os, et se touchant par leur extrémité libre, lorsque la bouche est fermée. | ! Division. En trois espèces : incisives , canines et molaires.

1°, Des incisives : au nombre de huit ; quatre à chaque mâchoire. On leur considère une couronne, qui présente une face externe

convexe , tournée en devant; une face interne concave , tournée en arrière ; deux côtés : une base , appelée le collet , confondue avec le reste de la dént ; un sommet formant un bord tranchant; -üñé racine aplatie sur les côtés, allongée, terminée en pointe, percée à son extrémité d’un trou qui laisse passer une artère et un “nerf dans l’intérieur de la dent. Un colet placé entire la couronne “ét la racine : sur lui s’applique d’une manière très-exacte le bord

libre des gencives. ; 2. Des canines : au nombre de quatre, deux à une mâ- -choire, placées entre les incisives endevant et les molaires en arrière. On leur considère, comme aux ‘incisives, une couronne; :élle présente une face‘externe, convexe , tournée en devant ; une face interne, légèrement concave , tournée en arrière ; deuxcôtés, ‘uné bäse confondue avec le reste de Pos, et un sommet iaillé en tête de diamant ; une racine lres-longue, aplatie sur les ‘côtés, te minée en safe ; également percée d’un trou, qui remplit les ‘mêmes usages qu'aux incisives. Le collet est embrassé par le bord libre des gencives. 2 :

Des molaires : ‘au nombre de dix à chaque mâchoire, cinq de €haque côté, distinguées en deux petites et en trois grosses. On leur considère une couronne aplatie sur quatre côtés ; une base

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{1} On trouvera l’histoire des ligamens et la manière de les préparer , à la fin de l’ostéologie.

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confondue avec le resie de la dent, et un sommet terminé par quatre tubercules séparés par deux petits enfoncemens en forme de gouttières. Ces tubercules, plus élevés en dehors qu’en dedans, sont le résultat du développement naturel des dents; mais ils s’usent par l’effet de la mastication , et finissent même par disparaître avec l’âge. La racine des molaires esi rarement unique, mais plus ordinairement double, triple, quadruple. L’extrémité de Chaque branche d’une même racine est percée d’un trou par où pénètrent dans la dent les vaisseaux destinés à la nourrir et à lui donner le sentiment. Le co//et offre les mêmes particularités qu'aux dents précédentes.

Structure et développement. La structure et le développement des dents présentent des différences avec les autres os , qu’il importe de faire connaitre. Des trois substances connues , elles n’ont que la compacte ; mais la portion placée hors des alvéoles est recouverte par une couche d’une substance particulière, qui porte le nom d’émail. Son organisation est peu connue, et cependant ses propriétés, très-multipliées , se manifestent d’une manière très- ‘énergique. Fo à |

D'une blancheur éclatante , l'émail résiste à l’action du tems et de la plupart des agens extérieurs, Une fois détruit, il ne se renouvelle plus : quoiqu’on ne puisse pas y découvrir de vaisseaux , on ne peut douter du sentiment exquis dont jouit cette substance ; on en juge par l’extrême sensibilité qu'y développent l’odontalgie et le contact instantané de certains corps , comme les acides, l’eau glacée , etc.

Chaque dent se développe par un seul point d’ossification , appelé germe. Par un effet singulier de ce développement , au lieu d’un seul germe, il y en a deux dans chaque aivéole , ce qui donne lieu à deux dentitions, qui se font dans des tems différens , mais avec des phénomèncs semblables. Voici la marche que suit chaque dentition.

De six à huit, dix ou douze mois, les deux dents incisives moyennes de la mâchoire inférieure se montrent les premières : elles sont bientôt suivies par les incisives parallèles de la mächoire supérieure. Ensuite les incisives latérales mférieures , laté-

DE L'ANATOMISTE. 29 rales supérieures, et les canines des deux mâchoires ne tardent pas à paraître. Alors la nature semble se reposer pour reprendre un travail plus pénible à l’occasion de l’éruption des molaires, qui a lieu depuis deux jusqu’à quatre ou cinq ans, toujours de bas en haut.

À cette époque , le nombre des dents , appelées dents de lait, ou de la première dentition , n’est encore que de"vingt-quatre ; là seconde dentition devant compléter celui de trente-deux. C’est à six ou sept ans que se fait la chute des dents de la première dentition, qui suit la marche de Fl'éruption. Une seule dent résiste et survit à cette espèce de bouleversement, c’est la grosse molaire. À neuf ans, les mâchoires sont garnies de vingt-huit dents , et à vingt ou vingt-cinq ans, de trente-deux, par l’effet du développement des dents de sagesse ou tardives , qui se fait à peu près à cet âge.

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