‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 141 sur 281 · DIX-SEPTIÈME RÉGION · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME RÉGION

CARPO-MÉTACARPIENNE.

Muscles des faces pulmaire et dorsale de la main.

On divise les museles de cette région en ceux de la paume et en ceux du dos de la main. Les muscles de la paume de la main sont distingués en ceux de l’éminence thénar et eu ceux de l’éminence hypothénar. Les noms de tous ces muscles, dans l’ordre de leur préparation et de leur étude , sont : le ceurt abducteur du pouce, son court fléchisseur , son opposant et son adducteur ; le court fléchisseur du petit doigt, son abducteur et son opposant: # on y comprend encore le palmaire cutané.

Les muscles lombricaux sont au nombre de quatre, que l’on distingue par les noms numériques de premier , deuxième, etc., en commencant par le pouce. Les muscles inter-osseux sont au nombre de sept, distingués en palmaires et en dorsaux. Les pre. miers sont au nombre de quatre, et les derniers de trois, en

eomplant par le pouce.

Administration anatomique.

Les muscles de la main sont très-multipliés, mais ils sont euxmêmes peu volumineux, et n’occupent que de très-petits espaces :

rapprochés les uns des autres, et se touchant par tous les points

de leur petite masse, ils présentent , sous ce rapport, quelques difficultés pour leur préparation; en effet, quelque soin qu’on prenne pour leur dissection, on ne peut point espérer de les isoler , comme on a fait pour ceux du bras et de l’avant-bras. La peau de la main , comme celle du pied, adhère fortement aux parties subjacentes , sur-lout dans la portion qu’on appelle la

DE L'ANATOMISTE. . 215 paume de la main , au-dessous de laquelle se trouve l’aponévrose palmaire, dont il faut prendre une idée avant de passer à la préparation des muscles, qui sont situés au-dessous, Si on se sert, pour faire les muscles de la main, de la même extrémité sur laquelle on a étudié ceux de l’avant-bras, les tégumens de la paume et du dos de la main ont été enlevés jusqu'aux doigts , pour suivre la terminaison tendineuse de la plupart des muscles de Pavant-bras, et une partie du travail des muscles de la:main est déjà faite; mais en procédant de cette manière, onsacrifie l’aponévrose palmaire et un très-petit muscle , appelé palñiaire cutané , que peu d'élèves voient , parce qu’ils n’ont point l’attention de conserver intact un des côtés dé la partie qu'ils préparent, pour éviter l’inconvénient dont ; je viens de parler. Servez - vous donc, pour faire les muscles de cette série, d’une main que la peau enveloppe encore de toutes parts, pour avoir d’ailleurs une idée juste et exacte de la dissection de chaque partie. Les choses ainsi disposées, commencez par diviser les tégumens de la paume de la main , jusqu’à Papônévrose palmaire, qu’ilne faut enlever qu'après lavoir étudiée, ainsi que le palmaire cutané , qui n’existe pas toujours , il est vrai, mais qu’il est agréable de bien conserver quand il existe, parce qu’il faut une certaine habileté pour ne point Pemporter avec la peau qui le recouvre. fl est placé sur l’éminence hypothéner, et ses fibrés, extrêmement pâles , en rendent la préparation assez d'fficile. Mais il faut tout faire pour le voir, et ne passer à la dissection particuliere de chacun des muscles de la main, qu'après l’avoir étudié.

. Du court abducteur du pouce. Ce muscle est le plus en dehors de ceux de l’éminence thénar; et quoique confondu avec les autres du pouce, on peut assez facilement le distinguer, en cheïchant avec précaution sa ligne de démarration , qu’indique une lésére trace de tissu cellulaire, placé entre ce muscle, l’opposant ét le court fléchisseur du pouce.

* De lopposant du pouce. I n’est pas aussi facile de trouver la séparation de ce muscle et du court fléchisseur, comme on a pu le faire pour le précédent, Îlest des'sujets sur-tout où ces deux muscles sant tellement unis et confondus ensemble, qu’il est impossible

de pouvoir les isoler l’un de Pautre. La seule manière de s’en former uneidée, quand cette circonstance existe, est de prendre pour l'opposant le quart , à-peu-près, de la masse charnue, placée audessons du court abducteur , et de conserver le reste pour le court fléchisseur.. Pour mettre encore moins d’entraves à son travail, on peut couper en travers le court abducteur, et en écarter les lambeaux. {’opposant est ordinairement placé sous le précédent, quoique le court abducteur recouvre également un peu le court fléchisseur , qui est le plus volumineux de tous ceux de l’éminence thénar.

Du court fléchisseur. Quand la nature indique elle-même la séparation de opposant et du court fléchisseur, ou que le scalpel a suppléé à cette omission , ce dernier muscle est très-facile à mettre à nu; car l’adducteur, avec lequel il a quelques rapports, a une direction et se trouve placé de manière à ne laisser aucun doute sur le lieu de leur séparation: Le court fléchisseur a de plus un caractère qui aide beaucoup à le faire connaitre, c’est l’espèce de gouttière qu'il offre dans sa partie moyenne pour le passage du ten- . don. du long fléchisseur du pouce , circonstance qu’on a dû remars quer déjà à l’occasion de la préparation de ce dernier. Les trois pets muscles du pouce, ayant leurs points d'insertion supérieure en partie au ligament anualaire antérieur du carpe , on est obligé de le conserver en entier, non-seulement pour les muscles précédens, mais pour ceux du petit doigt également.

De l’adducteur du pouce. Celui-ci est bien situé dans l’éminence thénar, mais il s’avance un peu dans la paume de la main; et pour le voir, il fant se débarrasser des tendons des grands fléchisseurs des doigts, et du tissu cellulaire, assez épais, qui le recouvre en partie. Le court fléchisseur du pouce le cache aussi un peu. La peau, dans l'intervalle du pouce et du doigt indicateur, adhère assez intimement à ce muscle; il ne sufit pas de le découvrir en devant, il faut aussi le préparer en arrière; enfin, pour le faire avec succès , il est convenable de porter fortement le doigt indica-s teur en dedans, et le pouce en dehors. En remplissant ces légères conditions, san étude alors devient très-facile.

De Pabducteur du petit doigt. Ce musele est au petit doigt ce

bi.

DE L’ANATOMISTE. 249 que le court abducteurest au pouce. l’un éca te le petit doigt des autres doigts, en le portant en dedans; lautre produit le même effet sur le pouce, en le portant en dehors : tous deux forment la partie la plus proéminente de cette esnèce de moilet qui se remarque en dedans de la main dans la direction de ces deux doigts. Les préceptes donnés pour la préparait n dun court abducteur du pouce s'appliquent donc parfaitement à celle de Pabducteur du petit doigt. Après en avoir reconnu la séparation par la trace du tissu cellulaire qui existe toujours , on le coupe en travers par la partie moyenne, et on passe à la PRépere ten des autres muscles du

même doigt.

Du court fléchisseur du petit doigt, et de son opposant. Ces muscles présentent à-peu-près , pour leur préparation , les mêmes difficultés que les muscles correspondans du pouce, avec cette différence cependant , qu'ici le court fléchisseur est situé presque parailèlement à l’abducteur , et que l’opposant est placé derrière ces deux muscles : ce dernier d’ailleurs, quoique attaché supérieurement aux mêmes parties que le court fléchisseur, ne descend pas aussi bas, car son insertion inférieure. a lieu au cinquième 6s du métacarpe , landis que les deux autres Yont jusqu’à la première phalange du petit doigt. Fr bn

Des lombricaux. Ces petits muscles tiennent aux tendons du profond : ils sont placés dans la paume de la main, et leur préparalion se réduit à bien isoler les tendons du muscle auquel ils sont attachés. On doit observer que leur terminaison inférieure abandonne ce muscle, pour aller se fixer à la partie postérieure et externe des premières phalanges des quatre doigts, qui suivent le pouce.

Des inter-osseux. La nature a disséqué ces muscles; le scapel de Panatomiste n’ajoute rien à leur préparation, mais il faut les débarrasser des objets qui les masquent au premier coup d'œil. La peau seule recouvre les inter-osseux dorsaus ;les palmaires le sont par les lombricaux el les muscles des éminences thénar el hypothénar, Ce travail, peu pénible, étant achevé, tous fe inter-0sseux restent parfaitement isolés dans l'intervalle des os du métacarpe, qu’ils occupent dans toute leur étendue, Un petit tendon qui les termine inférieurement , va se fixer, selon l’inter-osseux auquel il

250 MANUEL appartient , tantôt au côlé interne, tantôt au côté externe des premières phalanges des quatre derniers doigts.

DU COURT ABDUCTEUR DU POUCEF.

( Carpo-sus-phalangien du pouce. )

Situation ef figure. Allongé, légerement arrondi ; situé sur l’éminence thénar. Etendue. Du ligament antérieur du carpe, au premier os du métacarpe. Division. En face antérieure , recouverte par la peau ; en face postérieure, appliquée sur l’opposant du pouce, et une petite portion du court fléchisseur. En extrémités : la supérieure s'attache à la partie externe du ligament annulaire antérieur du carpe, et à l’os scaphoïde ; l’inférieure, au côté externe de l'extrémité supérieure de la première phalange du pouce. Direction. Oblique de haut en bas, et de dedans en dehors.

Structure et usages. Aponévrotiquo-tendineux a ses extrémités , charnu dans l'intervalle , il porte le pouce en dehors et en avant.

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