‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 148 sur 281 · DES INTER-OSSEUX PALMAIRES · texte numérisé non relu

DES INTER-OSSEUX PALMAIRES

( Aétacarpo-phalangiens-latéraux-palmaires. )

Situation et figure. Allongés ; situés dans la paume de la main, dans l'intervalle des os du métacarpe, comme les inter-osseux dorsaux. Ætendue. Dans l'intervalle des os du métacarpe , le pre= mier excepté, jusqu'aux premières phalanges des trois derniers doigts. Division. En partie postérieure , en rapport avec Île8 trois derniers inter-osseux dorsaux ; en partie antérieure, recouverte par les muscles des éminences thénar et hypothénar ; de plus, par les tendons du profond et les lombricaux. En extrémités : la supé= rieure s’attache à la partie la plus élevée des os du métacarpe correspondans ; l’inférieure, tendineuse , va se fixer sur les parties latérales des premières phalanges des doigts indicateur , annulaire et auriculaire. Direction. Elle suit celle des intervalles des os du métacarpe.

Structure et usagés. Un tendon long et grêle se remarque à l’extrémité inférieure ; ils sont charnus dans le reste de leur étendue, Le premier inter-osseux palmaire porte le doigt indicateur en de= dans ; le deuxième , le doigt annulaire en dehors; le troisième, le petit doigt en dehors,

DIX-HUITIÈME RÉGION. ù

6OXO-FÉMORALE.

Muscles de la partie postérieure du bassin at de La Partie supérieure

el postérieure de La cuisse.

Ces muscles sont : les trois fessiers , divisés en grand , en moyen et en petit ; le pyramidal, les deux jumeaux , les denx obtura-

& Le

256 MANUEL teurs et le carré; le biceps, le demi tendineux et Île demi-mem-

braneux.

Administration anatomique.

La plupart des muscles de la cuisse ont un point d'insertion au trone , et leur longueur , ainsi que leur masse, est tres-consi lé rable. Si on en excepte les muscles profonds de la fesse, tous les autres, dans leur préparation, sont plus embarrassans par leur volume que par leur situation. Enveloppés d’une grande quantité de graisse et de tissu cellulaire, ils font, sous ce rapport, Île désespoir des élèves , et j'en ai vu souvent qui enfabandonnoient létude, fatigués de l’importune obligation de w’avoir que de la graissse à enlever. Mais, je le répète, Ja patience est indispensable à l’anatomiste, et c’est sur-tout dans le commencement de ses études qu’il doit en être armé. L’habitude qu’on a prise de ne jamais se décourager , quels que soient les obstacles , fournit les moyens de n’en plus rencontrer.

La préparation générale des muscles de la partie postérieure du bassin et de la cuisse, demande que le sujet soit couché sur le ventre et que toute la partie inférieure du tronc soit soulevée , ce qui est indispensable pour la dissection des muscles de cette série, L'incision de la peau doit être faite de manière à former un seul et large lambeau , ayant la figure d’un lozauge, dont lan des angles aigus répond à la troisième ou quatrième vertébre lombaire, et Vautre se perd dans la peau du périné. Pour cela , on prolongera une incision , qui , de la troisième ou quatrième vertèbre lombaire, jra se rendre dans les environs de l’épine antérieure et supérieure de la crête de l’os des iles , et qui viendra se terminer au milieu de Ja partie postérieure de la cuisse. On en fait autant du côté opposé; alors on détache l'unique lambeau qui résulte de ces deux incisions , de haut en bas, et de dehors en dedans, de manière à avoir une espèce de capuchon, dont on se sert pour recouvrir à volonté les muscles que lon vient de préparer. Il faut avoir l’atiention de ne point laisser de graisse.et de l'emporter en détachant le lambeau en question. Il faut sur-tout Le bien isoler de la partie posté-

rieure et inférièure du sacrum et du coccyx, et ne point laisser de

praisse sur ces os, si cela est possible, Si la préparation générale

de la peau, telle que je viens de l’indiquer , est bien faite, elle -

facilite celle des muscles qui en sont recouverts.

Du grand fessier. Ce muscle est, sans contredit, celui que recouvre une plus grande quantité de graisse : eu effet, elle l’environne de toutes parts, en haut, en bas, en dessus et en dessous ; et si jamais on était tenlé de donner à quelqu'un le nom de dégraisseur de muscles , c’est bien à celui qui dissèque le grand fessier, ainsi que tous les autres muscles de la partie postérieure de la cuisse. Quoiqu'il en soit, avec la peau enlevez toute la graisse subjacente, et tâchez de suivre, dans cette préparation, la direction des fibres du grand fessier, en commencant par sa partie supérieure et antérieure, pour terminer en arrière el en bas. C’est sur-tout dans les environs de Panus et du périné que ce muscle exige le plus de soin et de patience, parce que dans cet endroit il n’est point soutenu et qu'il fuit sous l'instrument. Il est bien essentiel cependant de le mettre complètement à découvert avant de passer à son étude, car, en général, rien n’est si mal vu que ces dissections à moitié terminées , qui donnent beaucoup de peine, et d’après lesquelles on ne peut prendre qu’une idée très-imparfaite de la situation et des rapports des parties.

Dans l'intervalle des fibres du grand fessier se mêlent quelquefois des masses assez considérables de graisse; il ne faut point chercher à les enlever, elles fout partie du muscle; il suffit d’en avoir débarrassé , autant que possible, sa surface extérieure, et d'avoir bien isolé ses terminaisons. On peut alors, sur-tout si on a préparé les deux fessiers à-la-fois, couper celui d’un côté en travers, par sa partie moyenne. Un des lambeaux est relevé vers Pos des iles, et l’autre est renversé sur la cuisse. Comme ce muscle est très-épais, on peut porter herdiment le scalpel à travers son tissu, en procédant de dedans en dehors, jusqu’à Faponévrose qui Punit au moyen fessier en devant, et qu’il faut laisser en entier. fl vau-

drait peut-être mieux encore détacher le grand fessier à ses

attaches au sacrum et à los desiles. Beaucoup de tissu cellulaire, lâche , se trouve entre le grand et Le moyen fessier; il faut Penlever à

» 4 : 5 258 "1 dk MANUEL

ET ; : ; ‘ ; entièrement , pour passer ensuile à Îa préparation du moyen

; à fessier.

Du moyen fessier. Ce muscle, placé presqu’en totalité sous le précédent, occupe la plus grande partie de la fosse iliaque externe, dont il n’est séparé que par le petit fessier : sa dissection est d’ailleurs toute faite quand on a bien détaché les portions du grand fessier qui le recouvraient : c’est sur-tout vers le grand trochanter qu’il faut l’en séparer plus complètement, afin de le découvrir en entier.

Du petit fessier. C’est le dernier des muscles placés dans la fosse iliaque externe, Quand on le compare au grand fessier, on trouve qu’il y a entre eux une bien grande différence. Le petit fessier est entièrement recouvert par le moyen, et pour le mettre à nu, il faut couper ce dernier en travers par la partie moyenne, et relever les lambeaux comme on la fait pour le grand fessier , ou même le détacher, comme ce dernier, à ses points d'insertion supérieurs. De même que le moyen, le petit fessier est tout préparé quand

On a complètement enlevé le précédent ; on peut même le laisser pour l'étude des autres muscles de la partie supérieure de la cuisse, car il n’en gène point la préparation; sa présence , au contraire, contribue à faire mieux connaître Îles rapports de ces divers

. muscles.

Du pyramidal , des deux jumeaux et du carré. La préparation de ces divers muscles doit se faire simultanément : 1ls sont tellement rapprochés les uns des autres , et se touchent par des points si multipliés, que beaucoup d’analomistes les ont confondus et

décrits comme une seulé et même masse. Nous conserverons cependant la division de ces muscles telle que nous venons de l’indiquer plus haut. Fntièrement recouverts par le grand fessier , ils n’en sont séparés que par une grande quantité de üssu cellulaire , très-abondant dans ces régions. Tous ces muscles se rendent du bassin, dans la cavité digitale du grand trochanter : le premier qui se présente à l’étude est le pyramidal, dont une portion est renfermée dans l’intérieur du bassin. Il faut remettre à un autre

temps la préparation de cette portion : en dehoïs il occupe la

DE L’'ANATOMISTE. « SP 299 partie la plus élevée de la cavité digitale. Les deux jumeaux se trouvent au-dessous : l’un vient de l’épine ischiatique, et l’autre de la tubérosité du même nom. ils sont séparés par le tendon de l’obturateur interne, avec lequel ils contractent de fortes adhérences, qu'il faut détruire en partie, pour isoler les Jumeaux, mais sans les détacher entièrement. La préparation de l’obturateur interne, de l’obturateur externe et du pyramidal, ne peut être achevée qu'après celle de tous les muscles de la euisse, parce que, pour les bien voir, il faut désarticuler le bassin, débarrasser les premiers de beaucoup d’objëts dont la présence est un, grand obstacle à leur préparation. Le carré de la cuisse est le dernier et le plus bas de cette couche profonde, et on ne peut le voir , si On n'a pas eu la précaution de détacher complètement le grand fessier , qui le recouvre en entier. Il est parailèle, par son bord inférieur , au troisième adducteur de la cuisse , avec lequel il est quelquefois assez intimement uni. Cette circonstance est peu importante, et n'empêche point de reconnaître le carré, qui n’a jamais plus de trois travers de doigt d’étendue de haut en bas. On ne doit point oublier, dans la préparation de tous ces muscles : qu'il faut les laisser en place après avoir employé les moyens convenables pour les reconnaitre, et qu’on doit conserver également le grand nerf sciatique, qui se rend da bassin à la cuisse, couché sur la partie postérieure de ces muscles.

Du biceps, du demi-nerveux , et du demi-membraneux. Je place encore ces trois muscles dans la même préparation, parce qu'il est difficile de les faire séparément. I’incision de la peau prolongée jusqu’au-delà du jarret, renversez en debors et en dedans les deux lambeaux ; dans l’espace que vous mettez à découvert , se trouvent les trois muscles iudiqués, Le biceps en dehors, et les deux autres en dedans. Une large aponévrose, appelée fascialata, les recouvre presqu'immédiatement; il faut l’enlever avec les tégumens, pour passer à la dissection dés muscles. I eur partie supérieure élant cachée par une portion du grand fessier, il est indispensable d'isoler complètement ce dernier, pour voir les autres dans toute leur étendue. Il existe une énorme quantité de graisse sur ces muscles, ainsi que dans l'intervalle qui les sépare :

Là

le travailnécessaire pour l'enlever est aussi long que fatiguant ; néanmoins je ferai observer que cette graisse, toute abondante qu’elle est, conserve la forme des parties , retient les muscles dans leur position respective , et donne une véritable idée de leur situation absolue. En l’enlevant, on perd tous ces avantages. Il faut donc, avant d’y procéder, jeter un coup d’œil sur l’ensemble de son travail. Les muscles, une fois isolés de la graisse, ne conservent plus leurs rapports, et si on n’a pas pris les précautions dont je viens de parler , on ne peat avoir qu’une idée très-imparfaite de ces divers objets. Ces trois muscles ont une origine supérieure commune : le demi-nerveux et le demi-membraneux surtout sont intimement confondus, et il ne faut point chercher à les séparer ; leur extrémité inférieure , au contraire, se portant dans des directions différentes, ne présente pas la même circonslance.

il est assez facile de suivre et de bien voir inférieurement l’insertion du biceps et du demi-membraneux, parce qu’ils se fixent, le premier à l'extrémité supérieure du péroné, et le second à celle du tibia. En découvrant la peau dans cet endroit, l'insertion de l’un et Pautre est parfaitement mise nu, mais l’extrémité inférieure du demi-nerveux dépasse l'articulation de la cuisse et de la jambe, pour aller se porter à la pariie antérieure et interne du tibia, à cinq ou six travers de doigt de l'extrémité supérieure de cet os. On peut se contenter de préparer , pour l'instant, la portion du muscle qui occupe la partie postérieure de la cuisse, en abandonuant l’examen et lPétude de son tendon , lorsqu'on fera le couturier et le grêle interne, avec lesquels il contracte de fortes adhérences, et de plus contribue à former avec eux un épanouissement aponévrotique, appelé {a patte d’ue, el qui se voit à la partie supérieure et iuterue du tibia.

+ DU GRAND FESSIERe

( Sacro-fémoral. )

Situation et figure. Large , épais , aplati, quadrilatère; situé à la pariie postérieure du bassin et supérieure de la cuisse. Etendue. De l'os des îles , du sacrum et du coccyx, au femur, Division. En face postérieure , recouverte par la peau , au-dessous de laquelle se trouve une très-grande quantité de graisse; en face antérieure, qui couvre portion de l'os des îles, du sacrum , tous les muscles de la couche profonde , et la partie supérieure des trois muscles de la partie postérieure de la cuisse. En bords : le supérieur s'étend obliquement de l'os des iles au grand trochanter, en passant sur le moyen fessier; l’inférieur, le plus long ei le plus épais de tous, s'étend obliquement du coccyx , à la partie supérieure du fémur; l'externe est uni au moyen fessier, par le moyen d’une forte aponévrose , et il se porte de l’os des îles au grand trochanter; linterne marche de l’os des îles au sacrum , au coccyx, et s’unit fortement aux aponévroses du sacro-lombaire et du long dorsal. Des bords externe et inférieur résulte une pertion allongée, tendi« neuse, qui embrasse la totalité du grand trochanter. Direction. Oblique de haut en bas, et de dedans en dehors.

Structure et usages. A1 est aponévrotique à ses attaches à Pos des îles, au sacrum et au eoceyx; la portion qui s'attache au fémur présente un tendon large et épais, qui se continue avec l’aponévrose du fascia - lata; dans le reste de son étendue, il est composé de faisceaux charnus , que séparent des bandes de tissu cellulaire graisseux : il étend le bassin sur la cuisse, et la cuisse sur Le bassin, en portant fortement la pointe du pied eu dehors.

» de à * 262 2 MANUEL BU MOYEN FESSIER.

( Grand ilio - troehantérien. )

Situation et figure, Larbe, aplati, rayonné; situé à la partie postérieure du bassin, et supérieure de la cuisse. £éendue. De la fosse iliaque externe, au grand trochanter. Division. En face externe , recouverte par le grand fessier en arrière , et par la peau en devant ; en face interne , appliquée sur l’os des îles et le petit fessier. En bords : l’antérieur s'étend de l’épine supérieure de l’os desiles , au grand tronchanter ; le postérieur de l’os des îles, au grand tronchanter également , en suivant la direction du pyrami= dal; le supérieur, ou base, se fixe à la ligne courbe supérieure de Vos des îles; le sommet, au bord supérieur du grand trochanter. Direction. Les fibres sont convergentes de l’os des îles vers le grand trochanter,

Structure et usages. Aponévrotique à ses attaches à l’os des îles , un tendon large et épais le termine inférieurement , et dans le reste de son étendue il est charnu : il a les mêmes usages que le grand fessier. |

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