‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 154 sur 281 · FEMORALES ANTÉRIEURE ET INTERNE · texte numérisé non relu

FEMORALES ANTÉRIEURE ET INTERNE

On ne trouve qu’un muscle à la partie externe de la cuisse, c’est le muscle du fascia-lata : ceux de la partie antérieure sont le couturier , le droit antérieur et le triceps crural. A la partieinterne,

, sont Île droit interne, le pectiné, les trois adducteurs et Pobturateur externe.

Quelles que grandes qu’aient été les difficultés et la longueur de la préparation des muscles de la partie postérieure de la euisse, on ne doit point s’attendre qu’elles le seront moins pour ceux de la partie antérieure et de la partie interne. La graisse et le tissu cellulaire ne sont pas, il est vrai, en aussi grande quantité qu’à la partie postérieure , mais les museles sont plus nombreux; ils se touchent par des points plus multipliés, et leur séparation réciproque est souvent impossible. Les grands vaisseaux de la cuisse se trouvent. continuellement sous la marche du scalpel, et le sang qu'ils laissent échapper de toutes parts contribue beaucoup à rendre la préparation de ces muscles ennuyeuse et fatigante. Malgré les inconvéniens qui en résultent , je pense que lélève qui n’a point encore la grande habitude des dissections , doit se débarrasser des vaisseaux cruraux, avant de passer à la préparation des muscles qu’ils avoisinent : pour cela , il faut, après les avoir coupé près de Vos des iles et sous le jarret, les emporter de haut en bas , en les isolant avec soin des parties. La dissection et l'étude dela myologie sont déjà assez longues et assez surchargées de détails, sans être

encore obligé d'étudier toutes les parties qui ont quelques rapports avec les muscles,

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Du couturier. Si, pour l’étude des muscles de la partie anté= rieure de la cuisse, on se sert du membre qui a servi pour ceux de la partie postérieure, il faut poursuivre la dissection de la peau

de derrière en devant, jusqu’à ce qu’on soit arrivé au couturier, et

continuer la préparatisn de ce muscle, comme nous allons l'indiquer plus bas ; dans le cas contraire, il faut procéder de la manière suivante : faites à la peau une incision qui se prolonge obliquement en dedans, de l’épine supérieure de l’os des iles, jusqu’à la partie

supérieure du tibia. Cette incision suit précisément la trace du

couturier ; en effet , en écartant en dedans et en dehors les deux lambeaux des tégumens, on voit ce muscle à nu dans toute son étendue : il faut le débarrasser de la graisse qui le recouvre; mais il ne faut pas l’enlever de celle sur laquelle il est appliqué, et au moyen de laquelle on voit très-bien sa position absolue et ses nombreux rapports; car la graisse une fois enlevée, et le muscle isolé des parties subjacentes , on ne peut avoir qu’une idée imparfaite de Vune et de l’autre de ces deux circonstances importantes,

Du droit antérieur. Déjà, par la préparation du couturier, une grande partie du droit antérieur est mise à decouvert. Placé immédiatement sous la peau comme le précédent, rien n’est plus facile

que sa dissection : il occupe la partie antérieure de la euisse, et se

porte de l’épine inférieure de l'os des îles à la rotule, sur laquelle son tendon s’épanouit en manière de capsule. On ne doit point oublier qu’il fournit en haut un tendon, qui va se perdre sur Particulation coxo-fémorale, qu’il faut bien voir avant de passer à la préparation des autres muscles de la cuisse. On ne doit point ignorer non plus qu'il ne faut pas chercher à le séparer trop bas du crural , auquel il est intimement uni dans sa partie inférieure.

Da crural ou fémoral. On a pu laisser en place le couturier pour faire le droit antérieur ; mais il faut néeessairement couper l’un et l’autre en travers pour passer à la préparation du crural ; c’est alors qu’il faut eniever la graisse abondante qui se trouve dans ces régions, sur-tout à la partie supérieure et interne de la cuisse. Là encore se trouvent les vaisseaux cruraux , les glandes inguinales et beaucoup de tissu cellulaire : emportez le tout avec précaution, et débarrassez-en les muscles le plus exactement que vous le

DE L'ANATOMISTE. 269 pourrez. Le crural occupe tout le corps du fémur, escepté en arrière, où se trouvent les trois adducteurs et le biceps; cette grande masse charnue férme trois portions bien distinctes, au moins dans la partie moyenne; cependant ce n’est pas une chôse rigoureusement nécessaire de considérer le crural comme composé de trois portions : il est des sujets chez lesquels cette distinction n’est rien moins qu’apparenie ; mais dans l’un ou l’autre cas, l’étude de ses diverses parties se rapporte à un seul et même muscle. Il est assez facile de faire en dehors ce qu’on appelle le vaste externe; mais la portion interne est beaucoup plus difficile, parce qu’elle est en partie cachée par les adductieurs, et tout-à-fait en haut par le pectiné. D’après cette observation, il ne serait peutêtre pas mal de ne faire le crur:l qu'après s'être débarrassé de tous les autres muscles de la cuisse.

Du fasciu-lata. Il est le seul qui occupe la région externe de la cuisse , à la partie supérieure de laquelie il est situé. Caché dans la duplicature de l’aponévrose du même nom, il ne peut que difficilement en être séparé, sur-tout à sa partie interne. Il faut donc se contenter d’en découvrir la surface externe , et le laisser appliqué sur le feuillet profond de l’aponévrose. N'ayant qu’une mé-* diocre étendue, et son volume n’étant pas considérable, de plus amples détails sur sa préparation seraient superflus,

Du droit interne. Ainsi que le couturier, ilest placé sous l’incision de la peau, quand on commence l’étude des muscies de la cuisse, dans toute l'étendue de laquelle le droit interne est situé, Comme pour le couturier , il faut d’abord se contenter de mettre à nu sa partie superficielle, et jeter alors un coup d’œil sur sa situation absolue et sur ses rapports. On peut ensuite l’isoler de la graisse et des autres parties avec lesquelles il a des connexions. On peut également , après ce travail , le couper en travers par la partie moyenne, pour passer à la préparation du pectiné et des adducteurs; mais il faut, avant cela, prendre une idée de l’irranzement des tendons du droit interne, du deémi-tendineux et du couturier réunis. [ls forment , sur la partie supérieure et interne du tibia, à quatre ou cinq travers de doigt de son extrémité supérieure, ce

qu’ou appelle la patte-d’oie , qui est immédiatement située sous la peau , et qui donne naissance à l’aponévrose tibiale.

Du pectiné. Ce muscle, ainsi que les trois adducteurs, occupe toute la partie interne et profonde de la cuisse. Comme ces divers muscles sont intimement unis les uns aux autres , leur préparation ; sous ce rapport, présente quelque difficulté. Le pectiné est le premier dont il faut s'occuper ; sa Situation le veut : il se porte de léminence iléo-pectiné, au-dessous du petit trochanter, placé derrière les vaisseaux fémoraux, les glandes et le tissu cellulaire abondant qui entoure ces'parties. Quand on n’a pas eu la précaution d'enlever préalablement tous ces objets, et qu'avec une éponge on n’a pas souvent abstergé le sang et Îles autres fluides épanchés , la préparation du pectiné et des adducteurs est des plus ennuyeuses et des plus rebutantes. Le pectiné est facile à reconnaitre en devant; mais il n’est pas aussi aisé de voir en arrière la ligne qui le sépare du premier adducteur. Ï] faut se ressouvenir seulement que Île pec-

tiné prend origine de la branche horizontale du pubis, et qu'il ne descend guère plus bas que le petit trochanter, tandis que le premier adducteur, qui s'attache en haut au corps même du pubis, se porte en bas jusque sur la lignè âpre du fémur.

Des trois adducteurs. Immédiatement au-dessous et derrière le précédent, se trouve le premier adducteur, qui est plus volumineux et plus long que le pectiné. Ce que nous avons dit, à Particle de ce muscle , de la difficulté de tronver la ligne qui le sépare da premier adducteur , s'applique très-bien à ce dernier et au second adducteur : tous deux s’attachent également au corps et à la branche descendante du pubis , et tous deux vont également se rendre à la ligne âpre du fémur, sur laquelle ils s’implantent conjointement avec letroisième adducteur, On peut, avec quelques précau-

tions, trouver en haut la trace de séparation des deux premiers adducteurs; mais on espérerait en vain d’avoir le même résultat en bas, où leur insertion commune au fémur est tellement confondue, que les trois muscles semblent 1à ne faire qu’une seule et même masse. Le troisième adducteur, le plus vaste des trois, et

l’un des plus considérables de toute Péconomie, est plus embarras-

sant par son volume et sa grande étendue, que par la difficulté d’en suivre la marche. Quand on a eu la précaution d'enlever à mesure la graisse qui enveloppait les autres muscles de la cuisse ; dont on s’est aussi débarrassé, après les avoir étudiés, excepté le triceps crural, qu’il faut conserver , on peut alors bien plus facilement faire les trois adducteurs. Le troisième s’étend depuis la tubérosité de l’ischion, la partie voisine du fémur , tout le long de sa ligne âpre, jusque près de la tubérosité interne du même os ; trèslarge et très-volumineux dans sa partie supérieure, il se termine en bas par une espèce de bande aponévrotique, à travers laquelle passe l’artère crurale à quatre ou cinq travers de doigt au-dessus du jarret. il ne faut pas manquer de bien voir cette disposition , ainsi que les connexions du troisième adducteur , avec la courte portion du triceps. |

On peut, après la préparation des trois adductears , les détacher alors le plus près possible du fémur , sans les enlever absolument, et revoir un moment l’arrangement des trois portions du fémoral, sur-toul supérieurement , où elles étaient en grande partie cachées par les abducteurs et le pectiné; enfin, ce travail Gni, on. doit alors procéder à la préparation des deux obturateurs, qu’il eût été difficile et même impossible de faire auparavant, sur-tout” pour l’externe.

Des deux obturateurs. Ces deux muscles occupent la fosse obturatrice, l’un en dedans, Pautre en dehors du bassin , mais on ne peut les bien préparer qu'après l’étude de tous les autres muscles de la cuisse, et après avoir exécuté une coupe particulière, qui consiste à séparer le bassin dans sa partie moyenne de devant en arrière; ou bien, on peut tout simplement diviser avec le scalpel la symphyse du pubis, et en portant fortement! en sens contraire les deux pubis divisés, déchirer en arrière la symphvse sacroiliaque du côté où l’on veut préparer les obturateurs. Ce travail préliminaire exécuté , on enlève exactement toutes les parties molles qui cachent en dedans l’obturateur interne, et on poursuit sa dissection jusqu’au grand trochanter. L'obturateur externe est très-profondément situé, et absolument caché par le pectiné et les premiers adducteurs, 11 faut donc euleyer sans ménagement

ÉT MANUEL tous ces muscles , ainsi que le droit interne et le droit antérieu# , si on ne l’a pas déjà fait. Telle est la manière la plus simple et la plus facile de préparer les muscles de la cuisse.

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