VINGT-UNIÈME ET VINGT-DEUXIÈME RÉGIONS
TIBIALE ANTÉRIEURE. — TIBIALE POSTÉRIEURE.
Muscles de la partie antérieure et postérieure de la jambe.
Les muscles de la partie antérieure sont : le jambier antérieur , l'extenseur commun des orteils, l’extenseur propre du gros orteil, et le péronien antérieur. Les muscles de la région externe sont, les deux péroniens, distingués en long et en court : ceux de la partie postérieure sont plus nombreux; on est même dans l’habitude de les distinguer en plusieurs cotehé: placées de la manière suivante : 1° les jumeaux où gastrocnémiens; 2 le plantaire grêle; 3° le soleaire et le poplité; 4° Le fléchisseur du gros orteil, be fléchisseur commun des orteils, et le jambier postérieur.
A diministration anatomique.
La préparalion des muscles de cette région ne présente que de médiocres difficultés. I/habitude qu’on a acquise de la dissection à cetie époque de la myologie, doit en être considérée comme la principale cause : élève trouve faciles alors des préparations qui lauraient singulièrement embarrassé, s’il avait voulu commencer ses travaux anatomiques par elles. Ilest vrai cependant qu’il doitune partie de cette facilité à la disposition des muscles eux-mêmes, isolés
2e | MANUEL |
les uns dés autres dans presque toute leur étendue’, n'ayant qu’un volume peu considérable , dépourvus de cette masse de graisse, qui rendait si incommode la préparation des muscles de la cuisse ; ceux de la jambe, au contraire , présentent, sous ce rapport, les circonstances les plus favorables pour leur dissection.
Les muscles de la partie antérieure et de la partie externe étant peu nombreux , doivent être préparés les premiers. Divisez donc la peau de la partie antérieure de la jamhe depuis le genou jusque sur le dos du pied, et renversez fortement, en dehors sur-tout , les lambeaux. Une aponévrose épaisse et serrée reeouvre immédiatement les muscles ; il faut la laisser en place, pour prendre une idée de ses rapportsavec eux : on l’enlève ensuite , en commençant par la partie inférieure, et en poursuivant sa dissection le plus haut possible ; mais elle adhère si intimement aux muscles dans leur partie supérieure , qu’il est impossible de les en débarrasser: il ne faut pas l’essayer. Les muscles ainsi mis à nu, le premier que l'étude réclame, est le jambier antérieur.
Du jumbier antérieur. Placé à la partie interne des muscles de cette région, on le reconnaît facilement à son volume, qui est plus considérable que celui des autres muscles ; à son insertion supérieure , qui se fait également au tibia et péroné; et au fort tendon, qui le termine inférieurement. Pour voir la trace qui le sépare des müscles voisins, commencez par en bas, où l'isolement est bien tranché , el poursuivez cette séparation le plus haut que vous pourrez; mais ne cherchez pas à la pousser jusqu’à la partie la plus élevée de la jambe, où lPunion des divers muscles de cette
région est tres-intime. .
De l'extenseur commun des orteils. Quoique celui-ci soit placé plus en dehors que l’extenseur propre du pouce , il doit être préparé ayant ce dernier, qui est caché et recouvert par lui et le jambier antérieur ; dans la préparation de lPextenseur commun des doigts , ayez soin de bien isoler ses tendons inftrieurement; ménagez le ligament annulaire au-dessous duquel ils passent, et n’oubliez pas de distinguer et de séparer le péronien antérieur de lextenseur commun; ils franchissent |ensemble le ligament annulaire, et'souvent les fibres des deux muscles se confondent d’une
maniere très-intime : mais l’insertion différente de leur extrémité inférieure fournit les moyens de les distinguer, l’extenseur commun seterminant aux orteils, et le péronien à la partie supérieure et postérieure du cinquième os du métatarse. |
De l’extenseurpropre du gros orteil. Ce muscle , comme je l’ai dit, est entièrement recouvert , dans sa partie supérieure, par le jambier et l’extenseur des orteils : il faut écarter l’un et l’autte, pour le voir. L'insertion de son extrémité inférieure à la dernière phalange du pouce, sert de moyen pour le reconnaître.
Du péron'en antérieur. J'ai déja observé que ce muscle est s@uvent uni d’une manière assez intime à l’extenseur des doigts, pour qu’on ne puisse le séparer de ce dernier qu’à l'endroit de son insertion inférieure; on n’a alors que ce moyen pour le recon-. naitre. Les muscles de la partie antérienre de la jambe, le jambier excepté, sont d’ailleurs si minces quelquefois, qu’il est prudent de ne pas trop chrcher à les séparer , pour faire parade d’une vaine habileté dans la dissection. $ .
Des deux péroniens. Placés au côté externe de la jambe, ils sont dans cet endroit tellement r:pprochés l’un de l'autre, qw’ils ne peuvent être bien isolés que dans leur partie inférieure , où leurs tendons respeciifs s’éloignent pour se porter à des points différens d'insertion. L'un, en effet, le long péronien , franchit la jambe pour aller s'attacher au premier os du métatarse , en passant obliquement sous la plante du pied; lautre, au contraire, borne sa marche au cinquième os du mélitarse, auquel il se fixe. 1l ne faut point, pour le moment , chercher à poursuivre la terminaison du long péronien : on doit remeltre ce travail, lorsqu'on fait les muscles de la plante du pied, et se borner à éludier seulement la portion du muscle qui marche le long de li jambe.
Après la préparation et l’étude des péroniens , on passe aux muscles de la région postérieure de Ja jambe, pour lesquels il suffit de poursuivre l’isoletient de la peau en arrière, et d’en débarrasser alors complètement la totalité de la jambe.
Des gastrognémiens. Ces muscles, immédiatement placés sous la peau, soul ceux qui forment le mollet, sur tout [a portion
246 1 MANUEL interne. Déjà une partie de ces muscles a Été mise à découvert lors de la préparation de ceux de la région postérieure de la cuisse ; flne s’agit plus que de poursuivre la division de la peau, jusqu’audelà du talon!, et d’en porter les lambeaux fortement en dedans et en dehors, où même d’en débarrasser complètement la jambe. À Gimme je viens de le dire , beaucoup de tissu cellulaire graisseux se trouve à la partie supérieure de ces muscles et dans le creux du jarret; une quantité non moins grande se voit également à la pertie inférieure , et entoure le tendon d’Achille : enlevez tout ce tissu cellulaire , mettez les muscles jumeaux bien à découvert, et ne touchez pas aux aponévroses qui les couvrent en haut et en bas. Ne cherchez pas, non plus, à isoler ces muscles du soleaire et du jambier grêle, qui sont placés au-dessous, avant de les avoir exactement éludiés , et conservez , si vous le np est les vaisseaux poplités, logés dans l’écartement que ces muscles ofrent supéricurement; leur présence ne nuit point à leur étude,
Du soleaire et du jambier grêle. Coupez en travers les jumeaux vérs leur tiers supérieur , et renversez en sens contraire les lambeaux, pour découvrir le soleaire et le jambier-grèle, placés immédiatement au-dessous : une très-petite quantité de tissu cellulaire recouvre ces muscles ; vers la partie supérieure se trouve également le petit muscle on Le jambier grêle n est remar- : quable que par son extrême petitesse et la longueur excessive de son tendon : 11 mançue quelquefois, quoique rarement. On le trouve couché le long de la partie interne du soleaire , intimement uni, dans sa partieinférieure, au tendon d'Achille; quélquefois cependant il n’y adhère pas : ses fibres charnues n’occupent supérieurement que trois ou quatre travers de doigt.
Le soleaire est trop volumineux et trop distinct, pour qu'il soit nécessaire de donner ici les caractères qui peuvent Je faire reconnaitre. Il adhère fortement, dans sa parue supérieure, aux OS äibia et péroné, qu’il abandonne bientôt pour se rétrécir et con-
| courir, avec les jumeaux et le jambier- grêle, à la formation du tendon d'Achille, où $ER trois muscles sont absolument GOn= fondns,
À la préparation du soleaire et du jambier grêle, se rapporte celle du muscle poplité, uni dans presque tonte son étendue aux partis dures, sur lesquelles il est placé. On le voit à la partie postérieure de larticulation de la jambe et de la cuisse, Il suffit d’enlever le peux de tissu cellulaire qui le couvre : n'étant pas susceptible de pouvoir être détaché de la place qu’il occupe, il
n'exige ancune préparation. ,
(| Du long fléchisseur commun des orteils, du long fléchisseur du,
gros orteil , et du jambier postérieur. La préparation de ces trois muscles doit être faite simultanément, au moins pour la portion qui répond à la jambe. Une seule circonstance la rend un peu embarrassante : c’est qu’il faut ou sacrifier presque tous les muscles du pied pour voir de suite la terminaison inférieure de ceux de la jambe , ou bien il faut se borner à n’étudier d’abord que la portion deces mascles qui marchele long de la partie postérieure de la jambe, et remetire la préparation de ce qui reste à faire, après celle des muscles du pied. Je conseille de suivre ce dernier procédé : on s’écarte, il est vrai, de l’ordre anatomique le plus généralement adopté dans les ouvrages de cette science , mais on se rapproche davantage de la vraie maniere de disséquer. Commencez d’abord par le long fléchisseur des orteils, qui est en dedans , pour passer ensuite au long fléchisseur du pouce, qui est en dehors. Le jambier postérieur est en partie caché par le précédent. Pour ne point se trompersur ces muscles , et ne pas prendre lun pour l’autre, il faut alternativement agir et tirer sur leurs tendons respectifs, et examiner quelle est la partie qu’ils mettent en mouvement, Tous trois passent également dans la grande cou isse du calcanéurñ pour se rendre au pied : dans cet endroit, ils sont enveloppés d’une assez grande quantité de tissu cellulaire graisseux , dont il faut se débarrasser. Nous reviendrons sur cet ehjet après la préparation des muscles du pied,
pÜ JAMBIER ANTÉRIEUR.
| ( Tüibio - sus- tarsien. )
Situation et figure. Allongé, aplati en divers sens ; situé à la partie antérieure de la jambe et supérieure du pied. Etendue. Du tibia, au premier os cunéïforme. Division. En partie antérieure , recouverte dans toute son étendue par la peau, en partie interne , appliquée sur le tibia ; en partie externe , unie en haut à l’extenseur commun des orteils, et en has à l’extenseur du pouce; postérieurement, ce muscle contracte des adhérences avec le ligament i imter-osseux. En extrémités : la supérieure s'attache à la tubérosité externe de l’extrémité supérieure du tibia ; l’inférieure, à la face je dire du premier os cunéiforme. Direction. Verticale.
* Structure et usages. Un long tendon Île termine inférieurement, il est charnu dans le reste de son étendue. Il fléchit le pied sur la jambe, et celle ci sur le pied. Dans son action sur le pied, il soulève particulièrement son bord interne, et entraîne sa pointe en dedans. |