‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 188 sur 281 · DES ORGANES RESPIRATOIRES ET CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

DES ORGANES RESPIRATOIRES ET CIRCULATOIRES

Considérations générales.

Ces organes sont contenus en grande partie dans la poitrine, dont la structure convient singulièrement à leur mode d’action.

338 : MANUEL Doués d’un mouvement alternatif et continuel, ils avaient besoin que la cavité, qui devait les renfermer, jouit à la-fois du degré de souplesse nécessaire pour ne point géner leurs mouvemens, et d’une résistance suffisante pour les mettre à l’abri de influence des corps extérieurs.

| Dans la poitrine se trouvent les organes de la respiration et ceux de la circulation. Les premiers se composent du larynx, de . la trachée Mère . des bronches et des poumons, auxquels il faut ajouter lethymus et la glande thyroïde. Le cœur forme à lui seut le grand agent de la circulation : les vaisseaux qui en émanent et . qui se divisent à linfini, à mesure qu’ils parcourent toutes les parties de l? individu , ne doivent être considérés que comme des moyens de transmission du fluide sanguin. Si les phénomènes les plus remarquables de la circulation ont lieu dans le cœur, les . résultats, le but de cette circulation. me peuvent s’apercevoir . qu'aux extrémités des tubes capillaires du système artériel. La gçonnaissance, même la plus exacte, de la marche et des princi- | pales divisions des artères, ne donne que l’idée du mécanisme grossier de cette fonction. Le plusi important échappe à nos regarus, et se fait hors des canaux , que le scalpel de l’anatomniste ne peut . mettre à nu.

Administration analomique.

Avant de passer à la préparation et ainsi qu'à l'étude des organes contenus dans la poitrine, et même avant de s'occuper du larynx, du thymus et de la glande thyroïde, il faut faire les mamelles qui ne peuvent , d’ailleurs, être bien étudiées que sur une femme. La préparation qu’exigent ces corps glanduleux est des plus simples, quand on veut n’en connaître que la forme générale, la situation et Les rapports. Mais on ne doit pas borner là l’étude des mamelles, dontilest indispensable d'examiner aussi l’intérieur et la structure particulière.

Ou trouve , au-dessous de la peau des mamelles , un tissu cellulaire abondant, qui fait partie de la glande; en portant ses regards plus avant, on voit qu’elle est formée de plusieurs tuyaux

repliés plusieurs fois sur eux-mêmes, plus larges à la base de la mamelle, et qui vont toujours en se rétrécissant vers l’aréole, où ils aboutissent au nombre de quinze seulement. Pour rendre ces tuyaux plus apparens, il est nécessaire d’injecter du mercure dans lun d’eux ; bientôt tous les autres en sont remplis, ce qui permette de les voir très-distinctement. Mais une circonstance plus favorable encore pour bien étudier l’organisation de la glande mammaire, ce serait de le faire, si cela était possible, sur une femme nouvellement accouchée, morte au deuxième ou troisième jour après l’accouchement. |

Du larynx, du thymus et de La g'ande thyroïde. La pièce: qui a servi pour étudier le pharynx, peut servir pour le larynx ; mais il vaut mieux étudier ce dernier.en place. Pour cela, on fait une incision longitudinale à à la peau du cou; dans la partie moyenne ; à-peu-près, se trouve le larynx, placé au- -dessous de los hyoide ,. au-dessus de la trachée -artère, qui en est la continuation. Quelques muscles, décrits dans la myologie, sont immédiatement appliqués sur le larynx; on peut ou les enleyer, ou les laisser en place, ils ne nuisent point à son étude : mais, de cette manière, on ne voit que l'extérieur du laryux, et il importe beaucoup d’en connaître l'intérieur, ce qui ne peut avoir lieu qu’en le détachant et en l’enlevant du lieu qu’il occupe : on ne doii le faire -cependant qu'après avoir mis à nu la glande thyroïde, qui embrasse le larynx dans sa partie inférieure. On la reconnaît à son volume ,à sa consistance molle et spongieuse, à sa couleur rougeâtre, et à sa division en deux parties d’une égale grosseur. Le thymus : n’est bien apparent que chez l'enfant; il existe à peine chez l’adulte. On le trouve , chez le premier, Lace derrière le sternum, à l’entrée de la poitrine, dans l’écartement du médiastin antérieur. Sa consistance est molle chez le fœtus et l’enfant ; mais elle augmente chez l'adulte et le vieillard. Sa couleur, d’un rouge pâle chez le fœtus, devient jaunâtre chez l’adulte. Quand on ne peut se procurer un très-jeune sujet pour l’étudier, il vaut mieux passer de suite à l'ouverture de la poitrine , comme on l’a imdiqué page 117, et s'occuper des organes qui s’y trouvent contenus. |

Des poumons et de la trachée-artère. Une bonne préparation

340 MANUEL des poumons exige qu ’on Îles étudie en place. il faut, pour éclas ouvrir la poitrine le plus amplement possible.

Il faut aussi, dans cette préparation, examiner la manière dont la plèvre s'arrange à la partie postérieure du sternum , pour former ce qu'on appelle le médiastin antérieur. Faites, pour cela, l’ouverlure de la poitrine, comme il a été dit page 1 :7. pour alors le sternum , soit de haut en bas, soit de bas en haut, et en le détachant successivement des deux prolongemens de la p'èvre qui adhèrent à sa partie postérieure, observez à mesure l'écartement qui en résulte, c’est le médiastin antérieur. Quand on a enlevé le sternum , on voit, devant le péricarde , les deux lambeaux des deux RTE R coupées suivant leur longueur, réprésenter assez bien la 6 figure d’un X, dont les branches inférieures sont plus écartées que les supérieures. On trouvera de plus amples détails &ur cet objet, à la fin de cet article. Je viens à la préparation des poumons.

Après avoir enlevé léterauer avec les cartilages inter-costaux , on brise les côtes le plus près possible de leur articulation avec la colonne veïtébrale; alors on enlève avec soin toutes les parties molles , muscles, vaisséaux ei Lissu cellulaire qui recouvrent tous les objets qu’on se dispose : à étudier. De cette manière, on voit très-bien SE ou du RU avec . trachée- artère, la SAN de re divisions de multipliécs des bronches dans la propre substance des poumons : : de cetie manière, on voit très- -bien encore la disposition et la distribution de l’artère pulmonaire, ses rapports avec l’aorte et la trachée-artère. On y parviendra mieux encore, si l’on a injecté l'artère pulmonaire avec la première substance , venue, telle que du suif, de la résine, de la cire, ete. Cette précaution la fait bien distinguer , et on ne court aucuns risques de confondre ses deux premieres divisions avec les bronches.

Si on voulait, avant d'ouvrir la poitrine , s'assurer qu’il n'existe aucun vide entre la plèvre pulmonaire et la plèvre costale , et qu'aucune bulle d’ air ne se trouve dans l'intervalle, on pourrail enlever, avec un peu de précaution, plusieurs muscles intercos: taux, jusqu’à la portion de la plèvre costale correspondante

DE L’'ANATOMISTE. 341 mais ne point intéresser cette dernière. 1l est facile alors de se convaincre que les poumons, que l’on voit très-bien à travers là transparence de la plèvre costale, sont appliqués, sans y adhérer, à celle-ci, et qu'aucun vide n’existe entre ces deux parties.

On peut faire, avec plus de succès encore, la même expérience sur un animal vivant, avec cette différence que lorsqu’on est parvenu à la plèvre costale , il faut la diviser dans un petit espace ; à l'instant même, la colonne d’air extérieur se précipitant entre la plèvre costale et Le poumon , jresse celui-ci , le refoule et laisse alors venir un vide qui, par conséquent , n’existait pas auparavant.

Du cœur. On ne doit point isoler la préparation du cœur de celle des organes de la respiration : eomme ces derniers il exige l'ouverture de la poitrine. Il est même l’organe qui se présente le premier à l’œil et aux recherches. Placé dans Pécartement des deux plèvres et dans l’intervalle des deux poumons, un peu à gaiche, le cœur est envelohpé dans une poche qui lui est particulière , appelée péricarde. Fendez cetie poche, et vous apercevrez le cœur à nu : vous pouvez alors en étudier lextérievr et les rapports. Toutes ces indications remplies, on peut reprendre en particulier chacun des organes qui ont d’abord été étudiés en place, et après les avoir détachés du lieu qu'ils en examiner toutes les parties avec le plus grand détail. C’est ainsi qu’il faut diviser le larynx dans sa partie antérieure , en écarter les deux portions divisées pour en voir lintérieur. On en fait autant pour la trachée et les bronches. On peut de même détacher les poumons de la cavité de la poitrine , les couper en divers sens, les presser sous Les doigts, en examiuer attentivement Porgani-

sation , et suivre, aussi loin qu'on lé pourra, les divisions des bronches.

Pour acqüérir une parfaite connaissance de la structure intime des poumons , il faudrait nécessairement injecter le canal aérien et les troncs principaux de ses vaisseaux artériels et veineux : avec des substances diversement colorées. Le cœur exige, plus qu'aucun autre organe, qu’on le sépare des gros vaisseaux qui en parlent; ces varsseaux sont au nombre de huit : on peut très-

bien les distinguer, lors même que le cœur est encore en place.

542 M ANUEL

Le plus gros et le dei extérieur est l’aorte, dont les parois sont. aussi plus épaisses ; au-dessous se trouve l'artère pulmonaire, qui. ne tarde pas à se diviser en deux branches principales ; à droite et en devaat sont deux grands vaisseaux bleuâtres, dont l’un est la veine cave supérieure ou ascendante , et autre la veine cave inférieure où descendante , qui se rendent également dans l’oreillette droite. En soulevant fortement le cœur par la pointe , on voit à gauche quatre vaisseaux , plus petits que les premiers , qui se rendent tous quatre dans l’areillette gauche : ce sont Les veines pulmonaires.

On peut examiner sans difficulté la disposition des deux veines caves relativement à l’oreillette droite, dans laquelle elles pénètrent , ainsi que l'étendue de cette dernière ; il n’en est pas de même des veines pulmonaires , et sur-tout de l'oreillette gauche, qui reçoit le sang que ces veines lui apportent des deux poumons. On pert, après avoir soulevé la pointe du cœur , comme je l’ai dit plus haut, fendre l'oreillette transversalement dans sa partie postérieure , etintroduire le doist dans sa cavité, pour en reconnaître l’étendue et la profondeur ; eu bien, après avoir coupé Vorte et l’artère pulmonaire à quatre travers de doigt de leur sortie du cœur, les renverser sur sa partie antérieure, et fendre alors l’oreillette gauche dans sa partie supérieure.

Lorsqu'on est décidé à enlever le cœur ; il faut couper ses vaisseaux le plus loin possible de leur sortie de cet organe , le laver et le débarrasser du sang. On peut alors le fendre dans sa longueur sur ses parties laterales; d’abord par les oreillettes qui sont en ‘haut, ensuite par les ventricules qui en occupent la partie inférieure. Ménagez le lieu de la démarcation intérieure des oreillettes et des ventricules; cherchez à bien distinguer les valvulés mitrales et.tricuspides , qui sont appliquées sur les parois des deux ventricules , et qu'on soulève en passant le manche du scalpel entre elles -etles ventricules. Ne perdez point l’occasion de voir les trois valvules sigmoïdes des deux artères aérte et pulmonaire, ce qui se pratique en fendant le tube artériel, de son extrémité coupée, vers le cœur, Ces valvules sont appliquées Le plus souvent sur les

DE L’ANATOMISTE. 843 Parois de l’artère : on les développe facilement avec le manche du. scalpel.

Il me reste à dire un mot de la Es et des due rÉraiass La plèvre est à la poitrine et aux organes qui y sont contenus , ce. que le péritoine est à l’abdomen. On peut sans peine détacher la, première des parois thorachiques, et ce seul procédé suffit pour sa préparation. Il w’en est pas ainsi des médiastins, qui ne sont autre chose qu’une suite de la manière dont la plèvre se développe dans la poitrine et sur ses organes. Pour les, voir, il:faut d’abord procéder comme si on voulait enlever le sternum., ensuite il faut détacher les côtes le plus près possible de la colonne vertébrale, en laissant le siernum en place, sortir les poumons de leur cavité respective, laver les parties:et les débarrasser du sang qui coule de toutes parts; alors, en soulevant le sternum, on voit qu'il donne attache à un double prolongement de la plèvre. L’intervalle forme le médiastin antérieur ; dans lequel sont contenus le cœur, les gros vaisseaux et le péricarde. Derrière lecœur,.les deux prolongemens s'appliquent l’un contre l’autre, pour s’écarter de nouvean sur la colonne vertébrale : ce second intervalle forme le médiastin postérieur , dans lequel se trouvent l’aorte, l’œsophage; les nerfs de la huitième paire , ou pneumo-gastriques, et le canal thorach: ique.

T'elles sont les préparations des diverses parties renfermées dans la poitrine,

Page 1