‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 199 sur 281 · DE LA MOELLE VERTEBRALE · texte numérisé non relu

DE LA MOELLE VERTEBRALE

( Rachidienne. )

Situation et rapports. Elle porte encore le nom de moelle épinière , rachidienne; sa longueur est considérable : elle s’étend de la partie postérieure et inférieure de la protubérance , à la hauteur de la première vertèbre lombaire, Sa figure approche assez dela cavité dans laquelle elle ést 1enfermée; cependant elle paraît

DE L'ANATOMISTE, . 36g en général un peu aplatie d’avant en arrière. Constamment en rapport avec le canal vertébral, elle est séparée des os qui le forment, par la présence d’untriple rempart de membranes, prolongement de celles du cerveau. Division. En partie antérieure qui, dans son origine, présente les éminences olivaires et pyra= midales, séparées par un sillon qui règne sur toute sa longueur , et qui la fait paraitre comme le résultat de l’adossement de deux cordons médullaires. Cette opinion n’est point dénuée de fondement, et je suis souvent parvenu à isoler ces deux cordons dans une étendue de plusieurs pouces. La partie postérieure présente également un sillon moins profond que le précédent. Les parties latérales donnent naissance aux nerfs cérébraux qui, dans leur origine, présentent un faisceau antérieur et un postérieur , séparé par le ligament dentelé. En haut la moelle rachidienne répond à la protubérance cérébrale dont elle est le prolongement; en bas elle se termine à la première vertèbre des lombes, où commence la queue de cheval, qui se continue dans le reste du canal vertébral.

Structure et usages. Si on se contente du simple aspect extérieur dela masse encéphalique, on observe qu’elle est composée de deux substances diversement arrangées , l’une, plus abondante, blanche ou médullaire, l’autre, grisâtre. Le nom de corticale, qu’on a donné à cette dernière, ne peut lui appartenir pour toutes les parties du cerveau où elle se trouve, puisqu'elle est tantôt située au-dehors, , tantôt cachée dans Pintérieur. Quelques anatomistes ont prétendu , sans fondement, que sa couleur était due à la grande quantité de vaisseaux dont cette substance était four= nie : un examen aîtentif suffit pour détruire cette assertion, On ne peut rien inférer non plus de la diversité d’arrangement des

deax substances. Il paraît assez probable que la médullaire, qui

est aussi la plus abondante, possède des propriétés plus étendues. Une opinion nouvelle semble lui ôter ces propriétés pour les donner à la substance corticale. C’est le docteur Gall, qui, par de nouvelles recherches , paraît avoir démontré que les nerfs, dont la substance médullaire n’était que l'assemblage ; prenaient leur origine dans la substance grisâtre,

Il règne encore plus d’obscurité sur les usages du cerveau : il

est, comme on le dit généralement , l'organe du sentiment et du mouvement, sans qu’on puisse déterminer le mode d’action de ces phénomènes de la vie. Sa consistance molle et friable , extrême ténuité de ses parties expliquent, jusqu’à un certain point, la subuülité des opérations qui s’y exécutent. Voilà tout ee que la phy siologie peut expliquer sur les fonctions du cerveau: Mais chercher à connaître les usages des diverses parties contenues dans son intérieur , et sur-tout vouloir expliquer l’arrangewent de ces parties , ét une chose jusqu'ici entréprise sans succès.

L'opinion des anciens, sur la sécrétion d’un fluide cérébral , ädmise pendant des siècles, ensuite abandonnée, et reprise de nos jours, est loin d’être appuyée sur des faits constans et bien avérés. Espérons cependant que le temps, les travaux des anatomistes , les espériences des physiologistes, et l’observation répétée des dérangemens du cerveau , devoileront l’espèce de mystère qui dérobe à nos yeux ses merveilleuses fonctions.

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