DE L'AORTE DESCENDANTE
Après avoir fourni les carotides et les sous-clavières, l'aorte s’enfonce dans la poitrine, va gaguer la diaphragme qu’elle traverse, parcourt la cavité abdominale » €t, arrivée vers la dernière ou l’avant - dernière vertebre lombaire, elle se divise en deux branches, qui portent le nom d’iliaques. Dans ce long trajet , elles fournit les coronaires , les inter-costales, les péricardines , Les œsophagiennes, les bronchiales, les médiastines, les diaphragmatiques , le tronc cœliaque , la mésentérique supérieure, les capsulaires , les rénales, les spermatiques et la mésentérique inférieure.
Administration anatomique.
Ld
Quelques personnes sont dans l’habitude de commencer létuce des diverses artères que nous venons d’énumtrer, par le tronc cœliaque; plusieurs traités d'anatomie débutent même par sa description dans leurs traités d’angéiologie. Cetie méthode n’est point dénuée de raison ; par ce procédé, on se débarrasse des parties molles contenues dans le Mentre, dont la putréfaction
450 MANUEL marche avec plus de rapidité que les autres parties du cadavres mais d’une autre part, la facilité qu'ont les élèves “ aujourd’hui, de se procurer une quantité plus que suffisante de sujets pour toutes les parties de lanatomie, les divers ingrédiens qui entrent dans
la matière de Pinjection, dont la nature s’oppose, jusqu’à un
certain point, aû développement de la décomposion, la saison même , peuvent autoriser à suivre une marche contraire , étane point interrompre sans besoin l’ordre anatomique. Ïl faut donc commencer par l'aorte thorachique où péctorale, dont la prépa = ration est des plus faciles. Faites, pour cela, l'ouverture de la poitrine à la manière accoutumée, si elle ne l’est pas déjà; mé-
nagez les côtes, et ne les brisez que dans une portion de leur
étendue, ou même laïssez-les intactes pour mieux voir la marche
des inter-costales ; soulevez, sans le détacher , le poumon du côté gauche ; renversez.le fortement du côté droit, et vous voyez, sans peine, l’aorte, qu’a beaucoup développé l'injection, descendre le lons de la colonne vertébrale, légèrement déjetée du côté gauche ; vous verrez également les petites artères, qui, de sa partie antéricure , se rendent à l’œsophage et au médiastin; de plus, de ses parties latérales , on en voit partir de plus considérables, placées, avec une sorte de régularité les unes au-dessous des autres, au nombre de neuf; elles sont destinées pour les neuf intervalles inter-costaux : on peut en suivre la marche, sans autre préparation que celle que nous avons indiquée pour voir l'aorte. Lorsqu'on veut les examiner d’une manière plus particulière , il faut enlever la portion de la plèvre qui les recouvre, ce qui se fait avec facilité. On observera qu’il n’est pas nécessaire de chercher à voir à droiïte les objets qu’on a très-bien sous les yeux à gauche, car l'éloignement de l’aorte du côté droit, dont on aperçoit à peine la trace, en dispense; d’ailleurs, ce sont absolument les mêmes objets. Si cependant où était jaloux de comparer la différence d’étendue des artères inteï-costales, qui ont un trajet plus long à parcourir à droite qu'à gauche, par suilé de la situation partiéulière de
l'aorte, qui sé déjette, d’une manière très-sensible, à gauche , pendant qu’elle est contenue dans là poitrine, alors il faudrait
alicnüre qu’où püt débarrasier complètement cette cavité, du
DE L’ANATOMISTE.. S 451 cœur et des poumons, ce qui ne peut guère se faire qu'après avoir, en srande partie , étudié les arières du ventre, ;
Du tronc cæliaque. Cette artère, profondément située , d’une étendue médiocre , n’est remarquable que par les DUR qui en partent; toutes, en effet, vont se rendre à des viscères importans, et leur RTE mérite elle- même une attention particulière, et présente bea ucoup d'intérêt, L’abdomen ouvert dans une grande étendue, cherchez l'intervalle qui se trouve entre le foie et les tomac ; débarrassez , avec lenteur et précaution, le tissu cellulaire lâche qui vous gêne ; plougez le doigt-vers la colonne vertébrale, cherchez l'aorte, et vous sentez facilement l'artère cœliaque , qui naît de l'aorte presqu’aussilôt après son passage à travers le diaphragme ; le plus difficile n’est pas de trouver le tronc cœliaque, il faut encore suivre les trois branches qui en partent, et qui sont destinées pour l’estomac , le foie et la rate, sous les noms de coronaire stomachique, d” roue ei de splénique C’est au moment de leur entrée dans chacun de ces viscères , qu’il faut les prendre, pour les suivre ensuite d’une manière rétrograde vers leur tronc commun. Pour rendre cette Préparation plus facile, on brise les dernières fausses côtes, ce qui donne la facilité de renverser également le foie et l’estomac en dehors, et de mettre à découvert un grand intervalle entre eux. Ménagez les coups de : scalpel , dans la crainte de couper les artères principales , qui sont ici en grand nombre. La première et la plus petite est la coronaire Stomachique : qui se porte vers le commencement de la petite courbure de l’estomac, da côté gauche , et qui la parcourt dans toute son étendue. me mieux apercevoir, d’une autre part, les divisions de cette artèr e, on souflle l’estomac, ce qui mn un coup d’œil Ann et instructif en même Lems. Une autre branche du tronc’ cœliaque se porte à droite vers le foie ; c’est 3 Docu qui en fournitune autre considérable , laquelle se rend
à la portion droite de l’estomac, vers sa grande courbure, ainsi qu'au pancréas, sous Le nom d’artère gastro-épiploique droite ; elle donne également une petite branche pour le pylore, sous le nom de pylorique. Quant à la splénique, qui et plus volumineuse des trois, elle se porte transversalement sous l'estomac pour
452 | MANUEL se rendre à la rate. En la suivant de ce dernier viscère vers le tronc commun, il faut prendre garde, en soulevant l'estomac pour la rendre plus apparente, de déchirer de nombreux vaisseaux qui se portent de la rate vers l’estomac, sous les noms de vaisseaux courts, ainsi qu’une branche assez considérable , qui va gagner la grande courbure de l'estomac, sous le nom d’artère gastro épiploïque gauche. C’est aussi à cette époque qu’il faut s'occuper des artères diaphragmaliques inférieures, qui ne demandent que la plus légère préparation. En effet, soulevez, autant que vous le pourrez, la partie antérieure de la circonférence du diaphragme ; abaissez d’une autre part l’estomac, le foie et la rate, et vous apercevez facilement des artères ramper sur la face inférieure du diaphragme: ce sont celies dont il s’agit. On peut , de cette manière , les suivre dans leurs distributions , et arriver sans peine au tronc qui leur a donné naissance. Il faut ensuite passer à la préparation des mésentériques, les rénales, les scapsulaires et les spermatiques devant terminer l'étude des artères du bas- ventre. Des mésentériques. Ces deux artères doivent être préparées en même tems, leur description pouvant se faire immédiatement après, à moins de renverser l’ordre d’origine des artères que fournit l’aorte abdominale. Des d’ux mésentériques, la supérieure naît très-près du tronc cœliaque, et ‘porte au loin ses nombreux rameaux, qui se distribuent à presque tous les mtestins. Il est assez difficile d'indiquer, d’une manière précise, les moyens de bien reconnaître les branches principales, et les rameaux remarquables que fournit la mésentérique supérieure. Ils sont nombreux, et cette circonstance seule en rend Pétude tresembarrassante. Il est indispensable, cependant, de ne pas négliger de voir la distribution des branches appelées coliques. Pour y parvenir , où soulève l'épip'oon, que l’on renverse sur les côtes , ainsi que le côlon transverse, et on porte en bas les autres intestins; on forme avec le côien une espèce de cercle, dont on entoure la cavité abdominale, et qu’on agrandit le plus possible ; dans l'intervalle sé trouvent le jéjunum et Piléum, qu'il faut porter un peu à gauche, et mettre à découvert, du côté droit, roi grosses branches qui naissent de la concavité de la mésenté-
rique. Ces trois branches sont les coliques, dont chacune se divise en deux autres principales , destinées à s’anastomoser les unes avec les autres. IL faut faire ensorte de bien voir la célèbre anastomose des deux mésentériques , qui se fait du côté gauche, entre la colique supérieure droite , branche de la grande mésentérique, et la colique supérieure gauche, branche de la mésentérique inférieure. Les rameaux nombreux (de 15à 20) qui naissent de la convexité de la grande mésentérique, n’ont point recu de noms particuli ers, malgré leur grosseur : ils se distribuent, en grande partie , au jéjunum et à l’iléum.
Quant à la mésentérique inférieure elle naît très-bas de l'aorte, et à peu de disiance de sa bifurcation ; beaucoup moins considérable que la supérieure, ses distributions sont beaucoup moins étendues et moins multipliées; mais, comme la supérieure, elle décrit une espèce de courbure, dont la convexité qui est à gauche, fouruit trois branches assez Fans , appelées coliques gauches : la supérieure s’anastomose , comme je Fai dit plus haut, avec la mésentérique supérieure. Il faut étendre le côlon, le tirer en dehors et bien isoler, de cette manière, et les coliques gauches et les rameaux qui partent de sa concavité, dont la distribution se fait absolument comme à la mésentérique supérieure Après ce travail, assez long et mêine embarrassant, on peut souffler le paquet intestin:l et l’enlever ensuite avec précaulion , ainsi que les deux mésentériques, mais laisser intactes les capsulaires, les rénales et les spermatiques : on peut également se débarrasser du foie , de la rate, ainsi que de l’estomaé.
Des capsubaires , des rénales et des spermatiques. Yes premières de ces arteres ont peu d’étendue, et leur volume est aussi peu considérable. On les voit naître de Paorte entre la mésentlérique supérieure et Es rénales, ponr se porter vers les capsules atrabilaires, dans lesquelles elles se perdent. fl suffit de les débarrasser d’un tissu cellulaire lâche, qui quelquefois les eache au premier coup d'œil. Le reste de leur étude ne demande aucune préparation.
Les rénales sont très-grosses et on ne peutles méconnaître. Elles sont l’une et l’autre accompagnées des veines du mème nom; de plus, l'artère rénale droite est, en partie, recouverte par la veine