‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 56 sur 281 · ARTICULATIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS

Les articulations sont ici très - multipliées et les Hgamens trèsnombreux, à cause de la grande variéié des mouvemens qu’ils exécuient. Ces articulations sont celles de l'épaule avec le bras, du bras avec l’avant-bras, de celui-ci avec la main et'les articufations de cette dernière. Je vais les examiner successivement, des parties nteurss a aux inférieures,

à Administration anatomique.

Ærticulation scapulo- humérale. Cette articulation nesecompose que d’unecapsule et d’un ligament glénoïdien oubourrelet cartilagineux. Aussi est-ce à ce petit nombre de moyenset à la grande laxité de la capsule,quesont dues les luxations assez fréquentes du membre supérieur. En effet, la tête de l’humérus dépasse de beaucoup, par son volume, l'étendue de la cavité glénoïde de l’omoplate,

DE L’ANATOMISTE, 85 dans laquelle cependant elle est reçue; c’est ce dont il est facile de se convaincre , en jetant les regards sur les surfaces réciproques de cette articulation. Avant d’en venir à cet examen, il faut mettre la capsule à découvert; pour cela, on doit enlever tous les muscles qui entourent l’humérus et l’omoplate, détacher complètement la clavicule, et ne laisser absolument de parties molles que les ligamens que l’on doit étudier. La pièce sur laquelle on à déjà préparé les ligamens de l'articulation scapuloclaviculaire , peut très-bien convenir; elle est même meilleure que ne le serait une nouvelle pièce , parce que déjà une partie de la préparation est faite , au moins pour ce qui regarde l’omoplate. Je dois faire observer seulement qu’il ne faut pas trop chercher à enlever les tendons des muscles sur-épineux , sous-épineux et sousscapulaire de la capsule , à laquelle ils adhèrent d’une manière très-intime.

Quand onu a mis bien à découvert la capsule de l'articulation scapulo -humérale, et qu’on l’a examinée avec soin pour prendre connaissance de ses rapports, on peut briser les deux apopliyses acromion et coracoide , qui gênent un peu pour l'étude , ainsi que pour la préparation de ce qui reste encore à connaitre.

En préparant les ligamens en question sur les deux membres à-la-fois, on n’a pas autant de ménagemens à garder, l’une des deux pièces devant être sacrifiée pour létude plus exacte de Pautre. Alors on peut aussi ouvrir dans son entier l’une des capsules , pour examiner l’intérieur de Particulation , et surtout pour voir la manière dont se comporte l’un des tendons du biceps qui pénètre dans l'articulation, en perforant ; pour ainsi dire , la cap-sule , pour aller ensuite se placer sur la circonférence du ligament glénoidien.

Articulation cubito-humérale. Cette articulation se compose des rapports de l’humérus non-seulement avec le cubitus, mais aussi avec le radius. Cependant le mode d’union n’est pas le même entre ces divers os. En effet, l’humérus s'articule, d’une part, avec le cubitus, de l’autre, avec le radius, et ces deux derniers ensemble , sans que les moyens d’union d’une de ces articulations. puissent convenir à l’autre, et vice vers.

11 faut les examiner toutes séparément. Leur préparation générale présente peu de difficultés, quand on veut se contenter de les mettre à découvert , en les isolant des parties molles qui les recouvrent ; mais il faut aussi pénétrer dans leur intérieur pour en voir

Parrangement particulier. :

Pour disséquer la capsule , il faut renverser de haut en bas le tendon commun des extenseurs , couper le ligament postérieur de VParticulation , et se débarrasser du paquet graisseux subjacent. En commencant à l’examiner en éet endroit, on la voit s’étendre de la cavité olécrâne à la partie supérieure du radius , descendre entre les deux os, se prolonger le long du col du radius, remonter ensuite devant l’articulation, pour revenir à lolécräne dont elle est supposée prendre naïssance.

Îl se trouve entre les deux os de l’avant-bras une bande ligamenteuse, appelée ligament inter-osseux , qui les unit , sans contiguité de surfaces , danstouteleur longueur. On doit également la mettre à découvert, pour passer ensuite à la préparation des ligamens de V’avant-bras avec la main, et à celle des moyens d'union des deux os de l’avant-bras Meur |

Ærticulation radio-carpienne. À mesure qu’on veut étudier les ligamens du membre supérieur , on s'aperçoit que les difficultés augmentent, à cause de la multiplicité des moyens d’union et du rapprochement plus intime des surfacés, ce qui sera plus sensible encore à la main, comme on va le voir daus un instant.

T’articulation ee est le résultat des rapports du radius avec les deux premiers os de la première rangée du carpe. Le radius présente également, comme je Pai dit plus haut , un rapport d'erticulation avec le cubitus; on ne peut même séparer Fa préparation ni l’étude de ces deux articulations. C’est aussi la conduite que l’on doit tenir à l’égard de toutes les articulations de la main, qui présentent : 1° celle de la première et de la deuxième rangées des os du carpe entre eux ; 2° celle de la deuxième rangée

avec la partie supérieure des os du métacarpe ; 3° celle de la tête de ses os avec les premières phalanges; 4° enfin, celle des phalanges entre elles. On ne peut donner sur la préparation de tous ces moyens d'union que des préceptes généraux, l'élève devant

DE L’ANATOMISTE. #7 siaider continuellement de la description de ces parties pour s’y reconnaitre. L’essentiel est d’enlever avec soin toutes les parties molles, ce qui constitue déjà un travail très-long et fort ennuyeux, mais dont il faut avoir le courage de s’occuper.

Les ligamens de l'articulation seapulo-humérale sont une capsule et le ligament glénoidien.

Ceux de larticulation huméro-cubitale sont un ligament. externe, un interne , des ligamens antérieurs et postérieurs, et une capsule, |

Les ligamens des deux os de l’avant - bras peuvent être divisés en ceux de l’extrémité supérieure et ceux de l’extrémité inférieure. Les premiers sont un ligament annulaire et portion de la capsule huméro-cubitale ; les seconds sont une capsule et une portion cartilagineuse intermédiaire aux deux os ; on trouve de plus, dans l'intervalle des deux os, de haut en bas , leligament inter-osseux , et le ligament rond.

Les ligamens du radius avec la main sont un ligament externe, un interne , un antérieur , un postérieur et une capsule,

Ceux des os du carpe sont des ligamens dorsaux, des palmaires, des inter-osseux et des capsules; de plus, pour l’ensemble des os du carpe, un ligament latéral externe et un interne, quelques fibres ligamenteuses , antérieures et postérieures.

Pour les os du carpe aveé ceux du metacarpe, des ligamens dorsaux , des palmaires et autant de capsules.

L’articulation générale des os da métacarpe avec les premières. phalanges, et de toutes les phalanges entre elles, présente des ligamens palmaires , des dorsaux , et autant de capsules ; de plus, pour les phalanges, des ligamens latéraux.

ARTICULATION HUMÉRO-SCAPULAIRE.

Capsule. Situation et figure. Sa figure , qui est celle d’un cône, entoure l'articulation de l’humérus et de l’omoplate. Etendue. De la circonférence de la cavité glénoide, à la base du col de

l’humérus. Division. Elle répond extérieurement à tous les muscles de l’épaule, dont les tendons, en partie confondus avec son propre tissu, augmentent son épaisseur et sa force. Dans l’intérieur , elle correspond à l’artieulation et au bourrelet ligamenteux , auquel elle adhère dans sa partie inférieure. Mais à l'endroit de la coulisse bicipitale , Pinsertion de la capsule est interrompue par une ouverture dans laquelle passe le tendon du biceps. Une gaine synoviale enveloppe ce tendon et Paccompagne dans l’intérieur de larticulation.

Structure et usages. Sa structure ne diffère point des autres capsules: on observe seulement qu’elle est très-mince en bas, ce qui favorise les luxations dans cet endroit. Bien différente des capsules que nous avons vues jusqu'ici, elle permet des mouvemens très étendus, que favorise sa grande laxité.

Ligament glénoidien, Situation et figure. De forme annulaire, situé dans l’intérieur de Particulation. Æéendue. Autour de la circonférence de la cavité glénoide. Division. Il adhère, par un de ses côtés, à la cavité glénoïde; par Pautre , il est contigu à la tête de l’humérus. En dehors, il correspond à la capsule. Ce ligament, composé de fibres circulaires ,a pour usages d'augmenter l'étendue et la profondeur de la cavité glénoide et de s’opposer par là au déplacement de l’humérus. La synovie épaisse dont il est abreuvé , le fait paraître comme cartilagineux.

On trouve , entre l’acromion ei l’apophyse coracoïde , un ligament de forme triangulaire , recouvert par la clavicule et le deltoïde supérieurement ; c’est lui qui concourt, avec les deux apophyses précédentes, à former la voûte qui fournit un point d’appus à la tête de l’humérus, el s'oppose à sa luxation en haut.

ARTICULATION CUBITO-HUMÉRALE.

Ligameni latéral externe. Situation et figure. Allongé, un peu aplati, situé au côté externe de Particulation. E£endue. De l'humérus au radius. Division. En dehors, il est recouvert par les muscles extenseurs de Pavant-bras; eu dedans, il est appliqué sur la capsule. I se fixe en haut à la tubérosité exterue de l’humérus ; il va, de là se perdre en divergeant; sur Le ligament annulaire

ei se confondre avec la capsule. H soutient la capsule et s’oppose au mouvement de la tête du radius en dehors.

Ligament latéral interne. Situation et figure. Plus fort que le précédent, aplati, triangulaire ; il est situé au côté interne de l'articulation. Ætendue, De l’humérus au cubitus. Division. Sa face superficielle répond aux fléchisseurs des doigts; sa face profonde adhère à la capsule. Il se fixe supérieurement à l’extrémité du coudyle interne de lhumérus ; inférieurement , il va , en s’épanouissant , s’insérer , d’une part, à l’apophyse de du cubitus ; et de l’autre , à son apophyse olécrâne. Il fortifie la capsule.

On trouve de plus , à la partie antérieure et postérieure de l’articulation , des prolongemens ligamenteux peu apparens, qui ne méritent point de description particulière , et dont les usages sont également de fortifier la capsule.

Capsule. Situation et figure. Elle entoure l’articulation. Etendire. Du cubitus à Phumérus et au radius. Division. Elle est recouverte en dedans et en dehors par les deux ligamens latéraux ; en devant , par le brachial antérieur ; et en arrière, par letriceps, et plus immédiatement par les épanouissemens ligamenteux dont je viens de parler. Elle se fixe, d’une part, dans les environs de Papophyse oléerâne, et de l’autre, en dessous de la grande cavité sigmoide du cubitus. Dans cet endroit, elle fournit un prolongement qui va se continuer avec le bord supérieur du ligament annulaire du radius , pour regagner ensuite la petite cavité sigmoïde et se termine à l’endroit d’où elle est partie.

ARTICULATION RADIO-CUBITALE.

Ligament annulaire. Situation et figure. Aplati, recourbé , de dehors en dedans, pour décrire autour de la tête du radius les trois quarts d’un cercle. Zéendue. Da radins au cubitus. Division. Sa partie superficielle est recouverte par Le ligament latéral externe ; sa face profonde répond dans l'articulation. Ses bords supérieur et inférieur n’offrent rien de remarquable. È

- L’articalation inférieure des deux os de l’avant-bras offre : 1° un cartilage inter-articulaire, mince ek de forme triangulaire. Il se

fixe, d’une part, à l’enfoncement qui sépare l’apophyse styloïde

go MANUËL

d'avec la surface articulaire du cubitus, s’unit dans son trajet aux fibres de l’articulation radio-carpienne , et maintient les deux os. de lPavant- bras en rapport eontinuel; 2° une petite capsule qui passe du radius au cubitus, et qui permet une grande liberté de mouvement par son extrême laxité.

Enfin , on trouve dans l'intervalle des deux os de Pavant-bras, le ligament inter-osseux et le ligament rond ou corde ligamenteuse de Weitbrect. Le premier est tres-considérable ; il se présente sous la forme d’une toile mince, recouverte en devant par les muscles fléchisseurs, et en arrière par les extenseurs.. Ses deux bords adhèrent, l’externe au radius, linterne au cubitus. IÏ se termine en pointe dans la partie inférieure ; en haut , il répond au ligament rond, et laisse dans cet endroit un espace libre pour le passage des vaisseaux inter-osseux postérieurs.

Le ligament rond n’est autre chose qu'un faisceau ligamenteux qui part de la partie externe de la tuhérosité du cubitus, et qux descend obliquement jusqu’au dessous de la tubérosité bicipitale du radius où il s'attache.

Ces deux ligamens maintiennent les rapports des deux os de lavant-bras et servent d’appui aux muscles de la partie antérieure

et de la partie postérieure de l’avant-bras.

ARTICULATION RADIO-CARPIENNE.

Un ligament latéral externe est placé au côté externe de l’artieulation; il s’atiache en haut au sommet de l’apophyse styloide du radius ; en bas, à la partie externe de l’os scaphoiïde.

Un ligament latéral interne est placé au côté interne de l’articulation. il s’attache supérieurement à Papophyse styloïdé du cubitus; inférieurement , à l'os pisiforme.

Ces deux ligamens sont composés de fibres parallèles, unies entre elles par un tissu cellulaire tres-serré. IÏs bornent les mouvemens latéraux de la main. |

Lc ligament antérieur ou palmaire recouvre toute la partie antérieure de Particulation dél’avant-bras avec la main, Eé postérieur ou dorsal répond en arrière aus mêmes parties,

DÉ L’ANATOMISTE: g1

La capsule se déploie sur la surface articulaire du radins » puis revêt la surface interne des deux ligamens latéraux, passe sur la convexilé des os du carpe , et se fixe sur la scaphoïde, la semi-

lunaire et le pyramidal.

ARTICULATIONS CARPIENNES.

Les os du carpe sont uais entre eux par des ligamens qu’on peut diviser en dorsaux ou postérieurs , et en palmaires où antérieurs. Chaque intervalle est occupé par un de ces ligamens ; de plus, nne peute capsule maintient les rapports de ces divers os, et assure Jeur solidité. Mais indépendamment de ces moyens généraux d'union, on trouve, sur les côtés du carpe, des ligamens latéraux, dont la structure et les usages sont les mêmes qu'aux articulations précédentes. Enfin , une capsule générale enveloppe ces petits os et $e confond avec tous les autres ligamens.

ARTICULATEONS CARPO-MÉTACARPIENNES.

L’articulation du premier os du métacarpe avec le carp2 differe des quatre suivans, qui ont un mode d'union uniforme. Pour la première de ces articulations, on trouve un ligament caysulaire, qui s'attache antour des facettes articulaires réciproques du premier os du métacarpe, d’une part, et du trapèze, de autre.

Pour larticulation des quatre mélacarpiens suivans , on trouve des ligamens dorsaux et des ligamens palmaires, dont la structure et fa disposition sont les mêmes. ils naissent de la partie inférieure de la rangée métacarpienne des os du carpe, et

vont se fixer à la partie voisine des quatre derniers os du méta-

carpe.

Les os du métacarpe ont aussi des rapports d’articulation eutre eux. On trouve, pour les assujétir, une espèce de bande ligamenteuse placée à la partie postérieure et antérieure de ces 05.

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