‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 67 sur 281 · PREMIÈRE RÉGION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RÉGION

TRACHÉLO-DORSO-LOMBO-SPINALE.

uscles de la partie postérieure du cot , du dos et des lontbes.

Les muscles de cette région sont : le trapèze , le grand dorsal, le rhomboïde, les deux petits dentelés postérieurs , le splénius, l’angulaire, les deux complexus , le transversaire , les petits et grands droits postérieurs de la tête, les petits et grands obliques, le long dorsal, le sacro-lombaire, les inter-transversaires et les inter-épineux,

Adininistration anatomique.

Cette préparation est longue et fatiguante par la grande quantité de peau qu’il faut détacher, et par l'obligation countinuelle de l’isoler exactement des muscles placés dessous. Pour y parvenir, faites une incision qui, de'la protubérance occipitale externe, se prolonge jusqu’au coccyx, en suivant la direction du ligament cervi= cal postérieur, des apophyses épineuses de toutes les vertèbres, du sacrum et du coccyx. À celte première incision, ajoulez-en trois autres transversales : la première, de l’apophyse épinease de la septième cervicale à lacromion; la deuxième » de Papophyse épi neuse de la douzième dorsale aux fausses côtes; ét la troisième, des apophyses épineuses du saçrum à l’épine antérieure et supérieure de l'os des îles. |

Pes trois lambeaux qui résulteut de ces incisions, Îe supérieur doit tre détaché obliquement de dedans en dehors, de bas en haut, de manière que l'instrument marche continuellement dans la direction des fibres du muscle trapèze, Les deux lambeaux inférieurs seront détachés également de dedans en dehors et de haut en bas. On suivra de cette manière la direction des fibres du grand dorsal, comme on l’a fait pour le trapèze, L'un et l'autre wruscles

” 138 MANUEL sont faciles à reconnaître; ils se terminent également, eñ dehiré, par un bord libre, qui fournit le moyen d’en connaître parfaite- | ment l'étendue et d’en apprécier plus exactement les rapports: Lorsque tout ce travail, qui est très-long, qui demandé de la patience et du tems, est fini, alors on à sous les yeux lés muscles trapèze et grand dorsal exactement découverts, et qui occupent à eux seuls la presque totalité de la partie postérieure du tronc. La portion du grand dorsal, qui se rend à l’'humérus , n’est point misé à découvert dans cette préparation; en poursuivant cette derniere portion, il faut éviter de gâter la préparation des muscles du bras: jy reviendrai à l’article de ces derniers. La peau de la partie postérieure du tronc présente cette différence, que depuis la protubérance occipitale externe , jusqu’au milieu du dos , elle est appliquée sur des muscles, et que dans le reste de son étendue elle repose sur des aponévroses; que sa disseclion demande plus de soins en haut , et que dans sa partie inférieure on peut porter l'instrument avec moins de précaulions , parce que dans cet endroit il se trouve toujours une couche très-épaisse de graisse et de tissu cellulaire qu’il faut emporter pour mettre à nu la surface extérieure des larges aponévroses des muscles du dos. On les reconnaît à leur aspect luisant et à la résistance plus grande qu’elles présentent à ‘l'instrument. !

Du trapèze. Avant de passer à l’étude de l’un des deux muscles superficiels du dos , il est convenable d’en détacher un de chaque côté, pour examiner les rapports qu’ils présentent à leur face interne. Le trapèze doit l’être le premier , puisqu'il recouvre une partie très-petite, il est vrai, du grand dorsal. Lauth et la plupart des anatomistes conseillent de le couper en travers, ce qui est un. procédé très-mauvais, parce que Île rhomboïde , Situé immédiatement au-dessous, est constamment intéressé par l’instrument. Il vaut beaucoup mieux détacher ce muscle, en coupant très. près de l’omoplate les fibres tendineuses qui y sont attachées; ensuite on le renverse progressivement de dehors en dedans, en suivant, autant que possible , la direction des fibres des muscles qui sont placés dessous , et qui n’en sont séparés que par une couche trèsmince de tissu cellulaire, |

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Du grand dvrsal. NW doit être enlevé d’un côté seulement, égas lement de dehors en dedans. Je conseille de le couper d’abord à l'endroit de son insertion à l’omoplate ; d’abandonner, par conséquent , la portion qui se rend au bras , et qu’on pourra étudier, d’ailleurs, du côté opposé. La dissection du grand dorsal exige qu'on le sépare avec précaution des museles situés dessous, à cause de la couche serrée et irès-peu épaisse du tissu cellulaire qui les sépare. Dès l'instant où l’on s’aperçoit que ce muscle devient aponévrotique , il faut en abandonner l’isolement; car son aponévrose est tellement confoudue avec celle des autres muscles du dos, qu’on s’efforcerait en vain de la déiaeher. Aussitôt que Lx préparation de ces deux grands muscles (ie trapèze et le grand dorsal} est achevée, on doit alors les étudier , pour passer ensuite à la préparation des muscles qui forment la couche profonde, et qui ne présentent plus que de légères difficultés,

En jetant un coup-d’œil rapide sur tous les objets que Pisolement de ces deux. premiers muscles laisse à nu et permet de considérer , on aperçoit, de haut en bas, Le splénius; plus bas et en dehors, l’angulaire; un peu plas bas et en dedans, le rhomboide; er dans un espace triangulaire , circonscrit par ces trois muscles, portion du sacro-lombaire, du long dorsal et du petit dentelé supérieur : au- dessous du rhomboiïde , la continuation du sacrolombaire et du long dorsal, recouverts par laponévrose mince des deux dentelés postérieurs ; sur les dernières fausses côtes, le petit dentelé inférieur ; entre ces dernières et la crète de l'os des îles , portion du grand et petit obliques da bas-ventre ; enfin, les six dernières fausses côtes restées en partie à nu, par suite de la dissection du grand dorsal.

Du rhomboide. C’est le plus superficiel et le premier dont on doive s’occuper après la dissection et l’étude du trapèze et du grand dorsal. Après en avoir bien examiné la disposition et la figure, il faut le couper avec précaution dans la partie moyenne, pour em renverser.les deux lambeaux , Pun en dedans et l’autre en dehors. On pourrait me reprocher de tomber ici dans lPinconvénient contre lequel je m’élevais tout-à-l’heure relativement à la manière d'isoler le trapèze ; l'épaisseur plus grande du rhomboïide , sa

fi

130 : . MANCEL moindre étendue, et la facilité de le soulever en passant le manche du scalpel au-dessous , sont les motifs qui m’autorisent à suivre ce procédé. | Des deux dentelés. Ceux-ci n’exigent pas une grande préparation, il importe seutement de bien voir l'aponévrose commune qui les unit, mais qui quelquefois est si mince , qu’on peut à peine en apercevoir quelques traces. Pour metire à nu le sacro-lombaire et le long dorsal, on peut indifféremment détacher les dentelés de leur insertion aux côtes et les renverser en dedans, ou les couper en travers , comme le rhomboïde , ‘après les avoir bien isolés d’un tissu cellulaire très-lâche qui les recouvre , sur-tout l’inférieur. Du splénius. Ce n’est qu'après avoir terminé la préparation et Vétude de tous les muscles de la partie postérieure du cou et supéricure du dos, qu’on peut passer à celles du sacro lombaire et du long dorsal, qui doivent être étudiés les derniers. Le simple isolement du lambeau supérieur de la peau à mis à découvert le splénius ; le tissu cellulaire interposé entre la peau et ce muscle, vers ‘l'apophyse mastoide , est très - serré; il devient également tresabondant sur les parties latérales du eou : deux circonstances qu’il ne faut pas oublier. Le splénius est assez difficile à bien découvrir et sur-tout à bien reconnaître, à cause de ses attaches aux apophyses transverses des premières vertèbres cervicales et au grand écartement qui se trouve entre cette portion qu’on appelle le splérius du cou, et celle qui s’attache à la tête, qui porte le nom de splénias de la tête. L'étude anatomique peut bien admettre cette distinction , mais la dissection ne doit pas la reconnaître. La suite ce cette préparation consiste à faire une incision oblique au splénius, qui, de son insertion au ligament cervical supérieur, aille se rendre à l’apophyse transverse de la quatrième vertebre cervicale ; ét de renverser le lambeau supérieur en haut et en dehors, et l’inférieur en bas et en dedans ; ce qui se fait avec facilité, excepté vers la tête, où le tissu cellulaire ‘est plus dense et plus serré. Le splénius enlevé , on voit, dans toute leur étendue, l’angulaire, le grand 'et le petit complexus, ainsi que le transversaire. De l’angulaire. En détachant le splénius, on voit très-facilement lPangulaire, qui est presqu’à nu sous la peau des parties latérales

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du cou. 11 suffit, pour le bien apercevoir, de le détacher, aveé

quelqu’attention, des parties voisines, et d’enlever le tissu cellu-

laire assez abondant qui l’environne de Loutes parts. Avant de le

séparer entièrement , il faut l’'examiner en place pour voir sa position absolue et ses rapports avec les objets environnans.

Du grand et du petit complevus. La préparation et l'étude de ces inuscles ne peuvent guère être séparées ; ils ont à-peu-pres la même origine, ils sont adossés dans presque loute leur étendue , et leurs attaches inférieures sont, pour ainsi dire, confons dues. J’ai toujours vu les élèvés très - embarrassés pour isoler et pour bien voir le petit complesus sur-tout: pour y parvenir , il faut d’abord détacher exactement et ccarter le splénius , principalement en haut et en dehors; ensuite, suivre avec précaution le bord externe du grand complexus ; sur lequel est couché le petit, qui s'attache , ilest vrai, comme le grand , à la ligne courbe supérieure de l’occipital , mais tout-à-fait en dehors, et qui ne descend

pas aussi bas : 1l est même inutile de couper le petit eomplexus pour faire le grand ; il suffit de le renverser en dehors après lavoir

disséqué : lun et l’autre sont reconnaissables aux portions bianches et tendineuses qui traversent et se mêlent à leur portion rouge. Qette préparation terminée, coupez en travers le grand complexus, portez linstrument un peu profondément , a cause de l'épaisseur du muscle et d’une assez grande quantité de tissu cellulaire, qui le sépare des petits muscles de la partie supérieure et postérieure du cou. Les deux lambeaux du complexus doivent être portés, l’un en haut et l’autre en bas, ce qui facilite beaucoup la préparation des muscles situés au-dessous.

Du transversaire. Ce petit muscle , très - long et très - mince, est un des plus difficiles à bien préparer; mais cette difficulté tient plus à la disposition très - compliquée des parties, qu’au defaut #’habileté du préparateur. Couché entre le sacro-lombaire et le lang dorsal en dedans, d’une part, et le peut complexus en dchors, de l’autre , le, trausversaire est tellement uni avec ces divers muscles à ses deux extrémites , qu'il.est à- peu-près 1n}p05sibl'eide l’en séparer. Je ne conseille même pas de l’essaver ; il faut se;contenter d'en suivre, autant que possible, le prolongement en

haut et en b:s, et l’abandonner au moment où l’on s’aperçoit que ses connexions intimes avec les muscles voisins en rendent la préparation trop difficile. Plusieurs anatomistes ne l'isolent pointdes grands muscles situés à là partie postérieure du tronc, que M. Chaussier a confondus sous le nom commun de sacro:spinal.

Des petits et grands droits postérieurs du cou, et d:s petits eë grands obliques de la même région. La préparation de ces muscles n’exige point qu’on les détache des parties sur lesquelles ils sont placés; mais comme ils sont recouverts par une très-grande quantité de tissu cellulaire, leur dissection demande un peu de patience et beaucoup d'adresse, En imprimant à la tête un mouvement de rotation , tantôt à droite, tantôt à gauche, on met tour-à tour les muscles droits et obliques dans un état d’allongement et de tension très-favorables à leur préparation : e’est d’après les mêmes vues qu'il faut p'acer la tête dans une grande flexion , ce que l’on obtient en la plaçant au-delà du bord de la table , et en Pabandonnant à son propre poids; ou bien en plaçant la partie antérieure du col sur un biilot , une pierre ou tout antre corps élevé et solide,

de manière à faire saillir sa partie postérieure : le grand droit, le petit et Le grand obliques, circonscrivent , par leurs bords respectifs, un espace triangulaire , dins lequel on voit le tronc de l'artère occipitale et la première paire cervicale. | .… Du sacro-lombaire et du long dorsal. {ls terminent les muscles. . dela partie postérieure du trone , dont là préparation successive a singulièrement facilité l’étude de ces derniers; la seule chose qui reste à faire, c’est de séparer en haut seulement , le sacro-lombaire qui est en dehors, du long dorsal qui est en dedans: pour Ÿ parvenir, on portera Île scalpel dans la direction d’une ligne, qui serait à-peu-près celle des apophyses transverses des vertèbres dorsales ; mais il ne faut pas pousser trop loin cette séparation, les deux muscles étant intimement confondus dans leur moitié inférieure , ct formant , à mesure qu’ils descendent , une masse commune tres considérable. La division indiquée plas haut permet -@ porter ‘en debors les portions du sicro-lombaire : alors se voient les nombreux t:n'ons qui s’attachentaux côtes, et qu’il faut laisser

en place. De plus amples détails sur la préparation de ces muscles

seraient parfaitement inutiles , par l'impossibilité d'en profiter. Je conseille de s’en tenir à cette courte exposilion, et de ne point s'engager dans un dédale de difficuliés dout on ne pourrait sortir; je ne conseille point non plus de vouloir trouver au dos beaucoup de muscles indiqués dans quelques ouvrages , et dont les plus habiles anatomistes sont forcés d’abandonner la recherche, par la confusion qui résulte de leur multiplicité, et sur-tout par Les fortes. connexions el le rapprochement de toutes leurs parties.

I n’en est pas de ces muscles, comme de ceux des membres, par exemple, où les lignes de séparation sont visibles et bien marquées : chacun de ces muscles exéeutant des mouvemens qui leur sont particuliers , il était indispensable qu’ils fussent bien isolés. Au dos , au contraire, le mouvement , borné à la flexion et à l’extension, est uniforme : les muscles qui s’y trouvent placés ont tous une direction parallèle , et pour ainsi dire la même ; l'union forte et serrée de ces muscles coïncide singulitrement avec leurs usages , et contribue beaucoup à les rendre plus parfaits. Tout ceci s’ap< plique sur tout à la préparation, comme à l'étude , du sacro-lombaire et du long dorsal , masse charnue, dont quelques anatomisies ont singulièrement multiplié les divisions , mais que le professeur Chaussier à sagement confondus en un seul muscle, auquel il à donné le nom de sacro-spinal: Pour ne pas trop w’écarter cependant de la division la plus généralement reçue, je diviserai cette masse charnue , que la dissection des muscles précédens a laissée à découvert, en deux muscles, connus sous Le nom de sacro-lombaire et de long dorsal. Le transversaire épineux, les inter-épineux du cou , du doset des lombes, sont tellement confondus avec les deux muscles précédens, que je n’ai pas cru devoir en faire la matière d’une préparation et d’une étude particulière.

Les inter-épineux dû cou , du dos et des lombes , ainsi que les ihter-transversaires , ne sont , d’ailleurs , autre chose que de très petites masses charnues, placées, les premières , dans lintervalle des apophyÿses épineuses des vertèbres, et les secondes, dans Pin: tervalle des apophyses transverses. Pour les mettre à découvert, il faut nécessairement eslever toute la masse du sacro-lombaire , du long dorsal, et de 1qus Les muscles imag' nés par les auteurs

sous les noms de long -épineux du cou , long -épineux du dos, de mulüfidus d’albinus , etc. ; encore ne parviendra-t- on que trèsdifficilement à voir ce qu’on appelle les inter-épineux du dos et des lombes. ,

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