‹ Manuel de l'apprenti compositeurChapitre 3 sur 57 · MOT PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

MOT PRÉLIMINAIRE

dislincles, savoir : la Composition, la Correction, [' Impression .

La Composition consiste à assembler les lettres pour en former des mots, des lignes et enfin des pages.

La Correction est la lecture laite sur une épreuve en vue de relever et d'indiquer les erreurs et les fautes de tout genre échappées au compositeur. C’est également l’action du compositeur qui fait dis{)araître ces fautes. Aussi dit-on corriger sur épreuve et corriger sur le plomb, 'parce que dans ce dernier cas on opère sur le caractère.

L’Impre.ssion est la fonction de reporter sur le papier, à l’aide d’une pression, la planche ou forme obtenue par la composition.

De ces trois opérations, qui n’ont entre elles aucune analogie, mais qui tendent vers le même but, la première seule fait l’objet de cet Abrégé.

Trois personnes concourent donc essentiellement à la fabrication matérielle d’un livre :

1° Le Compositeur, qui reproduit .sous la forme typographique le manuscrit de l’auteur;

2" Le Correcteur, qui relève les fautes en collationnant l'épreuve sur le manuscrit, pour s’assurer que le compositeur s’y est conformé;

3° Enfin l’Imprimeur, chargé de l’impression proprement dite, ou tirage.

MOT PRKLIMI.NAIllK.

11 y a bien une ({uatrième personne qui donne an livre sa dernière l'orme et dont la fonction est d’assembler, de plier et de coudre les feuilles imprimées : c'est le Brocheur. Mais le brochage, qui jadis était une annexe de l’imprimerie, n'en fait plus partie aujourd'hui , et constitue dans les grandes villes une profession particulière.

LE COMPOSTEUR

Disons d’abord quelques mots du composteur, ce petit instrument en fer qui, avec la casse, est plus particulièrement indispensable au compositeur. Comme son nom l'indique, il sert pour composer les lignes; il est formé de deux lames perpendiculaires l’une à l'auîre, et longues de 15 à 20 centimètres environ ; rexlrcmité de droite est fermée par une petite pièce qui offre plus d’épaisseur et fait point d'arrêt; l’extrémité de gauebe est libre et permet de faire glisser sur l’angle droit formé par les deux lames une clavette mobile pourvue d’une vis et d'un talon qui fait également point d’arrêt : on peut donc ainsi fixer à volonté la longueur des lignes qu’on se propose de faire. Cette dimension déterminée prend le nom de justification.

LE COMPOSTEUR

11 est nécessaire que cet outil soit fait avec précision et parfaitement ajusté

1. Nous avons cru devoir parler du composteur, parce qu’il est l’outil principal du compositeur; mais il n’entre pas dans notre plan de décrire les nombreux instruments de travail qui se rencontrent dans un atelier de composition. Les enfants sont dans cet atelier, ils voient, ils touchent chaque jour ces objets et s’exciTent à les manier. La condition parti ulièrement favorable à leur apprentissage est d’étre sous la direction immédiate d’un praticien exercé, chargé spécialement de leur instruction tj'pographique ; nous sommes donc, par le fait, dispensé d’entrer dans une multitude de détails qui seraient oiseux pour les personnes étrangères à l’imprimerie, et d’ailleurs nous n’écrivons pas pour celles-là. Ainsi ferons-nous à l’égard de certaines petites fonctions qui, bien qu’elles aient leur importance relative, nécessiteraient des dévelop|)(!ments hors de proportion avec l’objet traité. Ces développements, pour la plupart diffus, diffi-iles à comprendre et plus encore à retenir, ne profitent en rien aux élèves. Dans ces occasions, ce que nous ne dirons pas, ils l’apprendront mieux par la démonstration et en moins de temps qu’il n’en faudrait pour l’écrire.

LA CA SSL.

La casse est une boîte divisée Iiorizoïitaleineiit eu deux grandes parties, qui se subdivisent cllesinêiiies en cent dix-huit petits coinpartiincnts, dits casseiins; chacun d'eux est spécialement aiïccté à une lettre de, l'alphabet ou à un signe typographique quelconque; la l’orme et la dimension de ces cassetins, semblables dans la partie supérieure, cessent de l’être dans la partie inférieure; ces différences ont leur raison d’être : elles ont été calculées sur l’emploi plus ou moins fréquent de certaines lettres de la langue française. Ainsi la lettre a reparaît plus souvent que le b, le c plus souvent que le p, le t plus souvent que le v. La lettre e se représente dans une proportion beaucoup plus considérable qu'aucune autre de l’alphabet. De lù cette différence de capacité entre les cassetins.

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