‹ Manuel de l'apprenti compositeurChapitre 9 sur 57 · LES BLANCS · texte numérisé non relu

LES BLANCS

On comprend sous le nom de blancs toutes les pièces qui, présentant moins de liauteur que les caractères, ne laissent sur le papier que des vides ou blancs.

Tous les caractères d'imprimerie ont une hauteur déterminée et invariable; les espaces et les cadrais sont fondus sur une hauteur toujours moindre; c’est celte différence de hauteur qui, à l’impression, produit la sépaiation des mots et les blancs.

La casse contient donc, outre les caractères,, diverses sortes non apparentes au tirage, qui font partie des blancs; ce sont les cadrais, les cadratins, les derni-cadratins, les espaces, dont nous venons de parler.

Les espaces séparent les mots; il en est de plusieurs forces ou épaisseurs.

LES HLA.NCS.

Les caclralins se placent en lêlc de chaque alinéa, et les cadrats à la fin de la ligne qui le termine, . quand cette ligne n'est pas complétée par le texte même.

Indépendamment de ces blancs, il en existe d'autres, les lingots et les plombs, réunis sous le nom de garnitures, parce que ces pièces, qui maintieunent les pages, sont destinées à les garnir. Elles sont de formes différentes (*t offrent plus de superficie; fondues systématiquement sur une échelle progressive de points, ])liis basses que le caractère, elles servent à séparer les pages, comme les espaces à séparer les mots.

On établit des garnitures dites gramls blancs et gel Us blancs, dont nous parlerons plus loin.

L’interligne fait pai tie des blancs; c’est une lame en plomb, moins haute aussi que le caractère, <]ui se place enti-e les lignes pour les séparer plus ou moins, selon le besoin; elle remplit le même - rôle que l’espace, avec cette différence que l’une sépare les mots x^erticalement, et l’autre sépare les lignes horizontalement; toutes deux sont fondues sur les mêmes forces de coi’ps, dont voici rcichelle ascendante :

Un point;

Un point et demi ;

LKS BLANCS.

Deux points;

Deux points et demi ;

Trois points ;

Trois points et demi ;

Quatre points.

Au delà de ce cliifTre, l’interligne prend le nom de lingot.

Quand il se présente une justification pour laquelle il n'existe pas d’interlignes assez longues, on en met deux au bout l une de l'autre, d’égale épaisseur, mais, autant que possible, de longueur différente; on alterne leur position à chaque ligne, pour que la page ne fléchisse pas au point de jonction.

C’est également par points que l’on indique la longueur de ces divers blancs; mais il faut remarquer ici que c’est le cadratin du corps douze qui sert d'unité pour indiquer la longueur d’une interligne ou d’une justification quelconque. Ainsi l’on ne dit pas une interligne longue de 1G8 points ou une justification de 96 points, mais bien une interligne de quatorze douze ou une justification de huit douze; ce qui veut dire que, lorsqu’il s’agit de l'épaisseur de l'interligne, on la désigne par points; et quand on parle de sa longueur, on l’indique par l'unité douze, soit autant de

Page 1