M A HUEE
à nous , nous ne voyons pas là amélioration sensible , nous y voyons seulement mode, changement, complication : rien ne nous paraît plus simple , pins commode, plus sûr, qu'un fusil ordinaire bien fait. Nous n'entendons pas toutefois parler des armes à procédé qUe nous examinerons plus tard. Cet avis , que nous émettons, sans prétendre Mim poser à personne , est , peut-être, le résultat de notre très-faible Savoir , et il pourra se faire que les armuriers en portent un tout différent : c'est ce* qui nous a déterminé à leur faire connaître en détail l'invention de M. Régnier.
191. La batterie d\ fig. €5 et 66 9 modèle de 1816, est une pièce de fer et d'acier trempé , d'une confection difficile pour la forge et pour l'ajustement; elle pivote sur k vis d l dont il vient d'être parlé, et est maintenue d'un côté par le corps de platine , et de l'autre par le bras du bassinet, qui forment une chape dans laquelle pivote la queue. Au dessous de l'œil par où passe le pivot d\ cette queue est divisée eu deux branches visibles, fig. 65 ;. l'extrémité de chacune de ces deux branches, dont une se nomme le talon, est en contact avec le ressort de batterie et pèse sur lui. C'est par ce moyen que sont assurées la parfaite fermeture du bassinet et la résistance aux chocs du chien, lesquels chocs, par le contact- de la piètre contre la partie trempée de la batterie , produisent les étincelles qui enflamment l'amorce. Le mouvement de la batterie doit être libre, résistant et calculé de telle sorte que le bassinet soit bien découvert par le choc du chien , et que la batterie ne reste point entr'ouverte et suspen* due entre ses deux points de contact ; ces condition! dépendent de la force justement -calculée du ressort debatterie. Dans le modèle de 1824, la batterie est renversée par le haut, afin que le pouce ne soit point fa* tigué lorsqu'il s'agit de la rabattre. La mise d'acier de la batterie est de 18 à la life.pour le fusil d'infanterie, de 20 à la livre pour celui de, cavalerie, de 2$ pour les pistolets de cavalerie , de 36 pour le pistolet de gendarmerie.
192. Ce ressort m', fig. 65, doit être en acier trempé revenu bleu , il est fixé sur la face antérieure du corps de platine au moyen de la vis m' dont l'écrou est en
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m\ fig. 67, et dont le bout n'est point visible à l'intérieur parce qu'il est caché par le grand ressort À et par l'étoquiau m" (188).
193.* A l'intérieur, cinq pièces fixent» notre attention, i° la noix, a° la bride de la noix, 3° le grand ressort , 4° la gâchette , 5° le ressort de gâchette.
194. La noix est une pièce de fer trempé au paquet, que nous avons représentée sur trois faces , fig. 69, 70, 7 1 . Vue par le côté qui touche à la bride de noix , fig» 69 ; vue par le* coté qui touche au corps de platine, fig. 70, et enfin vue. de profil par derrière, le chien étant abattu, fig. 71. g est .un tourillon qui s'engage dans le trou g delà bride de, noix dans lequel il pivote, (# . fig. 66.) À est l'endroit où appuyé le grand ressort/,/ est le cran dans lequel est placée l'extrémité de la gâchette lorsque le fusil est au repos , j' est l'autre cran où se trouve la gâchette lorsque le fusil est armé, c'està-dire lorsque 1e ressort est tendu ; le cran j étant plus profond ei plus incliné* il est impossible que la dé* tente ait lieu lorsque le bout y de la gâchette, fig. •72,7 est engagé et que le fusil est au repos : la dispositîo'n de ces -crans est très-ingénieuse, c'est un mécanisme simple, qui produit parfaitement bien son double effet. ^
Dans les fig. jo.etyi , A'est une partie circulaire, saillant sur le plein de la noix; c'est cette partie qui entre à frottement doux et exact dans le trou b* du corps de platine, fig. 67 : lasatttîe de cette partie doit être absolument égale à l'épaisseur du corps de platine, elle est eBMflte rendue carrée , ainsi qu'on le voit en b. C'est sur ce carré 6, saillant en dehors du corps de platine, que se place le chien , ainsi qu'il est représenté fig. 68. Dans le milieu de ce carré est un trou taraudé /profond de 10 à 1 a millimètres. servant d'écrouàla vis (, fig. 65 , dite le chu du chien., •
195. La bride de noix est représentée vue à. l'intérieur par g g* g" fig. d'ensemble 66 ,. vue par le côté touchant à la noix et au corps de platine, fig. 73 , vue sur champ et par*dessor.s, fig, 74, vue sur champ par. derrière , fig. 7 5. Cette pièce est également en fer trempé revenu bleu. L'explication a été faite en partie par ce qui précède , le trou g reçoit le tourillon de la
iJO MANUEL
noix, les trous g 1 et #", les vis de fixation dont lions avons parlé plus haut (187) , ce qui nous reste à faire remarquer c'est l'étoquiau g"' entrant dans le trou g" du corps de platine : cet étoquiau est placé sor une saillie qui touche au corps de platine et forme le pont sous lequel la noix est placée , ainsi que la gâchette qui forme appui, de l'autre côté g" : cette pièce et la précédente' se forgent dans desétampes.
196. La gâchette, vue en place, dans la figure d'ensemble 66, est également faite en fer trempé; nous l'avdns représentée a part, vue en perspective, fi g. 7». Elle pivote sur la vis g" passant par le trou g" , c'est par son couteau j qu-'elle s'insère dans les crans de la noix; quant au bras i' qui fait le retour d'équerre, c'est contre lui qu'appuie la détente, fig. 76. , 1971 Le ressort de gâchette i, fig. 66, en appuyant sur la gâchette, la force à se tenir sans cesse en contact avec la noix : ce ressort est fixé- par UL3 vis entrant dansl'écrout et par un étoquiau entrant dans l'entaille i', fig. 67. La tension de ce ressort est toujours à-peuprès la même dans toutes les positions du chien. Ce ressort est malentendu, il appuie sur la gâchette trèsprès de son pivot, ce qui nécessite de le faire plus robuste qu'il ne devrait être s'il appuyait contre le coude.
ï<j8. Quant au grand ressort À, fig.^36, ce que nous avons dit plus haut (192) lui est applicable ainsi qu'au ressort de gâchette; il se place avec un instrument qu'on nomme pince**ressort , il est fixé par la vis k' et par un étoquiau traversant le corps de platine dont la place est indiquée en A", fig. 65 et 67.
199. L'explication de ces pièces diverses donnera beaucoup de facilité. pour comprendre comment leur ensemble agit,* et il ne nous restera, à cet effet, que peu de mots à aire. Dans les figures 65 et 66, le chien est abattu et le coup parti. S'il s'agit de tirer un second coup, après avoir mis l'amorce, on rabattra la batterie d sur le bassinet e , elle suivra alors la ligne ponctuée courbe qui se fait remarquer dans la figure ; dan» ce. mouvement le talon de la batterie aura appuyé sor le tessort de batterie m et, l'aura fait fléchir, «t les d«n\ points d'appui de la batterie sur le ressort auront changé de place. Le talon marqué 1 aura pris la place
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de l'autre marqué 2 , et ce point d'appui a sera alors élevé au-dessus du ressort m et n'y touchera plus : # mais alors le talon 1, fortement poussé par le ressort, opérera la fermeture exacte du Bassinet en y faisant adhérer la batterie et le couvré-feu. La force de ce ressort doit donc être calculée de telle sorte , qu'elle isoit suffisante pour assurer ces iuouvemêns, et en outre, pour offrir une résistance au choc du chien lorsque la pierre vient frapper sur l'acier de la batterie, assez forte pour qu'il y ait production d'étincelles et assez flexible, cependant, pour que lu batterie soit renversée du choc r et que le bassinet demeure bien découvert. On n'estime pas une batterie qui ne découvre qu'à . moitié, c'est une preuve, ou que le. ressort m est trop roide , ou que le pivot et est trop serré, et que la longueur du talon n° 1 est mal calculée.
Le mouvement du chien est déterminé par le grand ressorte, fig; 66 ; dans- là situation où il est représenté, ce ressort est détendu : pour le tendre, on retirera le chien en arrière. Alors la noix qui communique avec le chien par le moyen du carré b r fig. 68 , 70 , 71 , obéira elle-même à ce mouvement en virant dans le grand trou b\ fig. 67, et dans le trou g de 1 à bride de noix, fig. 66> 73 , au moyen du côté du corps de platiné, de la partie ronde b* s fig. 70,71 > et du cQîé de la bride de noix au moyen d# son tourillon #, fig. 65,-69, 71. Dans ce mouvement'de -virement, le !brasae la noix a, fig. 66> 69» 70, 71 , s'élève et tend'le ressort h qui appuie surce bras. Arrivé au cran j 9 fig. 09, 70, 71 , la gâchette j } fig. 66, vue, à part, fig. 72, pousséepar le ressort « qui la fait virer sur son pivot g-" et qui fait cliquet , s'insère par son couteau j', fig; 7a, dans ce cran profond, et s'y engage tout entier, et n'en peut sortir c(ue par un mouvement en arrière du chien et par conséquent de la noix., Vainement appuyeràit-on alors avec la déieote, fig. 76, snrle.bras V, fig. 72, de la gâchette, le couteau j ne peut quitter le cran j. Dans cet état , l'arme est au repos, c'est4e moment où elle a -été dessinée, fig. 77 » 78.. Dans cet état, encore bien mêmequ'il serait possible de dégager la gâchette du cran J, l'arme ne partirait point infailliblement, i°, parce que le chien p'est pas assez éloigné de la batterie pour qu'il y ?"
élan, choc violent ; a°, parce qu'à ce degré de flexion le ressort k n'a pas encore acquis la force nécessaire. Il s'agit donc de vaincre ces deux obstacles et un seul* mouvement en arriére. du chien suffit * on dit que le fusil est armé lorsque le second mouvement en arriére a eu lieu. La noix a encore viré comme nous venons de le voir, son bras k est élevé davantage, le ressort est tendu plus roide , le chien s'est éloigné de la batterie; alors la gâchette, top jours poussée par je ressort «, s'est engagée dans le second cran J' nommé envi de bande, fig. 66 , 69 , 70 , 71 , et retient le chien dans ce degré d écartement et le ressort h dans ce degré de tension ; et comme ce second cran j' est peu profond et que, d'ailleurs, l'angle qu'il forme est plus ouvert, il ne faut qu'un léger effort de la détente sur le bras ï de la gâchette pour vaincre l'effort du ressort c, soulever le cliquet, et livrer le chien au puissant effort du ressort À qui le fait tomber avec force sur la batterie en appuyant sur le bras de la noix. , >
Ainsi se meut ce mécanisme simple et bien approprié à son objet.
Le Fût.
200. Le fût du fusil est en noyer , il est débité snr patrons dans des planches entre-taillées ; on choisit le boisa fil courbe autant que possible , le bois tranché est sujet à casser; nous ayqas peu de chose à dire relativement à la fabrication dès fûts , ils sont livrés tout préparés. à l'armurier qui n'a qu'à les ajuster.
Les considérations générales qui suivent sont cependant bonnes à rapporter ; les bois destinés à la fabrication des fûts -de fusil ne doivent point être mis en œuvre avant qu'ils aient au moins trois ans d'abattage. On doit choisir celui qui est bien de fil, sans nœuds ni gerces, car on n'y souffre, ni colle, ni pièces, ni mastic servant aboucher les crevasses. Les pins beaux bois sont bruns et veinés, ce qui dépend de leur âge et de la nature du terrain où ils ont crû.. Les noyers d'Auvergne sont particulièrement estimés lorsqu'ils sont bien de fil. 'Néanmoins les noyers blancs , coeur d'arbre et non de branche, lorsqu'ils sont sans nœuds, sont aussi de bon service. La meilleure manière de les conserver est de les frotter de tems en tems avec *ui morceau dé drap ou de serge imbibé d'huile. Les
•uvriers chargés de monter les fusils dans les manufactures d'armes s'appèlent monteurs, il y en a de deux espèces qu'on distingue sous les dénominations de monteurs en blanc et d' équipe ur s -monteur s.
Les premiers préparent et coupent simplement le» bois , creusent le canal où doit se loger le canon , celui de la baguette, le gîte où. doit se placer la platine,, celui de la plaque de couche ? etc. , et Téquipeur ajuste toutes ces. pièces sur le bois.
Le canal de la baguette exige beaucoup d'attention de la part du monteur ; comme ce canal est couvert
J>ar le bois dans une grande partie de sa longueur, 'ouvrier travaille ep aveugle; si la mèche cessait d'aller droit et s'écartait du côté de la platine r la baguette, en la remettant en place, pourrait y pénétrer et y causer des dérangemens , elle pourrait même occasioner des accidens.
Le gîte de la platine doit être coupé net et sans bavures, de manière que toutes les pièces intérieures qui y sont placées n'éprouvent aucun frottement , sans quoi le jeu serait gêné.
Quelque secs que soient les bois, ils travaillent tou-
Î "ours ; il faut avoir l'attention de né point trop serrer es vis, surtout les dejrx grandes qui tiennent la platine: autrement on trouverait,. après quelques mois, les boit» fendus. • ,
Pour mettre aisément le fusil en joue et bien ajusterl'objet qu'on vise * il faut que la crosse ait une certaine courbure qu'on appelle pente* On donne de la résonna n ce au fusil en tenant les garnitures un peu lâches». Celte résonnahee s'acquiert d'ailleurs naturellement par le retrait du bois , lorsqu'il est sec»
Le canon est joint au fût au moyen de la vis de culasse et à l'aide de douilles et d'anneaux brisés qu'on nomme embouchpirs , capucines et grenadiérçs; elles sont faites tantôt en fer, tantôt en cuivre, ce sontfiles qui retiennent la baguette' arec laquelle on bourre le fusil. Le bas de la crosse est garni d'une plaque de fer qu'on nomme piqque de touche et qui est maintenue dans son encastrement par deux vis.
aoi. Cette baguette dans les fusils de munition es* faite e*n acier faible ou en étoffe ,fer et acier. Leur f