MANUEL
DE l'art
DES AUTOPSIÉS
Déflniiion et conditions admintotraUve^i.
Le terme autopsie (aùtô;, soi-môtne, ovJ;e;, vue), pris isolément, signifie inspection d'un objet que Ton fait par soi-même, rion absolument de plus. — Chaussier (art. Autopsie du Dicdonn. deft sciences médicales en 60 vol . <8I2) fait remarquer combien il convient peu d'employer ce mol seul comme synonyme d'autopsie cadavérique, d'ouverlure des cadavres, acception cependant accréditée dans le langage usuel et par be «ucoup do lexicographes.
On dit encore nécropsie (vcx,ob;, mort, o\|/t;, vue), ou nécroscopie, examen nécroscopique (vcxpoç, oxottccv, regarder), ouueWare.
L'autopsie cadavérique se pratique, soit pour chercher les alléralions pathologiques, soit, en médecine légale, dans le but 4° de déclarer si un enfant est né viable ou a vécu ; 2° de déterminer combien de temps s'est écoulé depuis la mort et quelle a été la cause de cette mort. — Nous n'aurons pas à parler de l'autopsie que le médecin sera parfois appelé à pratiquer sur un animal (rage, morve, etc.).
Dans le premier cas, le praticien ne procédera à l'ouverture du corps (même sur la réquisition des parents) que vingt-quatre heures après la mort reconnue par une vérification légale du dé^ ces (1). Il ne pourrait agir en outre qu'en présence du médecin
(l) pans beaucoup iVbopitaux, c'est le garçon d 'amphithéâtre qui va à 1«^ mairie porter la feuille du décès ?i^'ncc par le chef de service*
k COINSIDÉBATIONS PRÉLIMINAIRES.
• Les professeurs de clinique et les chirurgiens peuvent faire Tautopsiede tous les corps provenant de leur salle [i).
» Les autopsies ne peuvent être faites qu^en présence et sous la direction du chef de service dans la division duquel le malade est décédé (confirmé par Fart. 2 de V Arrêté du cons, génér. des hôpit., 28 août 1 81 9 ; Code administr, des hôpil., t. II, n° 3030). Les élèves ne peuvent séjourner à la salle des autopsies après le départ du chef de service : l'interno seul peut y rester pour rétablir le corps dans Tétat le plus convenable, aGn qu'au besoin il puisse élre reconnu par la famille (2).
voquer leur opposition à l'autopsie. Il est même à propos que vous vous efforciez, au besoin, d'exercer sur leur détermination une légitime influence, en leur faisant comprendre que les investigations médicales sont autant dans leur propre intérêt que dans celui de l'humanité et de la science. Insister avec mesure, mais sans rien exiger, ni imposer, sera souvent le moyen de vaincre des résistances, et de faire prévaloir les conseils de la raison. »
C'est ainsi que les directeurs disent aux parents, s'il y a des enfants, qu'il peut être utile pour ceux-ci d'apprendre si leur père avait une maladie héréditaire, etc., etc.
Voyez aussi Arrêté du 22 décembre 1841, n° 89 671.
On trouve, p. 120, n" 95, l'indication des personnes qui, en raison de leur degré de parenté, pourront s'opposer à l'autopsie {circui. du 31 août 1850 aux directeurs). Ce sont «les ascendants ou descendants en ligne directe, époux, frères et sœurs, fils, oncles, tantes, neveux, nièces. » « En tous cas, le directeur pourra exiger la justification de la parenté. Il s'efforcera d'ailleurs de bien faire comprendre la différeuce entre une mutilation par la dissection, et des recherches cadavériques. »
Si néanmoins l'autopsie est formellement défendue, le garçon d'ampbithéàtre reçoit un bon qui lui indique de ne pas livrer le corps : s'il enfreint cet ordre, il est renvoyé.
L'autopsie des juifs est prohibée. Les juifs sont réclamés à l'avance, une fois pour toutes, par le consistoire israélite.
Nous avons vu quelquefois, sur les autopsies prohibées, enlever, du consentement du garçon, certaines pièces ayant du rapport avec la maladie, ou avec une opération pratiquée sur le vivant : ainsi le larynx sur un enfant trachcotomisé, le rocher en cas de carie ou de fracture, le testicule en cas de cancer suppuré, etc.
(i) Il est, au reste, certaines maladies dont les professeurs de clinique s'abstiennent eux-mêmes trop souvent de constater les lésions cadavériques, phthisie, variole, etc.
(2) Cependant l'autopsie est le plus souvent faite par un interne, un externe, voire par un stagiaire, le chef de service se contentant de venir examiner le résultat du travail ou de se faire apporter les piècei