Suture oecipito-pariétile, ou lambdolde
AA. Diamètre bipariëtal.
BB, Diamètre biteroporal.
Fig. 17.
On complétera cet aperçu par les autres constatations dont nous parlerons tout à Tbeure, au sujet de Tadulte.
Examen intérifur du fœtua ou nouveau- né, — Le médecin qui a accepté la responsabilité d'éclairer la justice devra, disons-le tout de suite, quand il ouvrira le cadavre par Tun des procédés que nous indiquerons ultérieurement, résoudre la grande question de l'infanticide en examinant avant tout les poumons. II placera doucement ces organes, ent ore unis au thymus et au rœur, à la surfdce de l'eau, pour voir .s'ils s*enfoncent plus ou moins (doctmasie pulmonaire hydronta tique ^ de Daniel, et selon le procédé ordinaire] (2) : il répétera cette épreuve avec les pouipons isolés du cœur et du thymus, puis avec chaque poumon séparément, avec chaque lobe, enfin avec chaque morceau de poumon. Il comprimera les poumons, sous Teau, entre les doigts, pour voir s'il s en échappe des gaz ou du sang. S il ne croit pas pouvoir conclure de celte inspection que Tenfant a vécu, et combien de
(1) On sait qu'à la naissance^ les deux testicules (ou au moins l'un d'eux) sont le plus souvent descendus dans les bourses.
(2) Sur la docimasie pulmonaire, voyez : Briand et Chaude; p. 218 et suiv.; Devergic, Gasper.
temps il a respiré, il devra songer à la docimasîe pulmonaire optique , ou examen microscopique des lobules , proposé par M. Bouchut à l'Académie de médecine, en 4 862.
Dans le cœur, on envisagera surtout le trou de Botal.
L'expert, passant à Tabdomen, étudiera Tétat de l'anneau ombilical, l^es vaisseaux ombilicaux, pleins de sang, vides, ou en partie déjà oblitérés, la perméabilité du canal veineux, la voussure du diaphragme, le liquide que peuvent contenir la vésicule biliaire et l'estomac. Enfin, il cherchera s'il reste dans les intestins des traces de méconium, s'il y a de l'urine dans la vessie, ou de l'acide urique dans les tubes urinifères, si l'extrémité inférieure du fémur présente le point d'ossification qui apparaît quinze jours avant la naissance.
Toutes ces recommandations n'excluent pas celles que nous ferons en parlant de l'ouverture des cavités ou de l'examen des organes Fplanchniques.
Lev(^.e du cadavre d'un adulte et examen extérieur (1). — Le médecin requis, pénétré de l'importance des fonctions qui lui sont confiées, et des conclusions qu'il tirera ou qu'on pourra tirer de son examen, décrira tout d'abord, sur le lieu môme et sans attendre que le corps soit transporté à la salle d'auiopsie, — dans le transport, les lésions, plaies, fractures, engorgements sanguins, pourraient s'altérer, — la situation, l'attitude, l'expression de la physionomie, la coloration de la face du sujet : la face est souvent violette et tuméfiée chez les strangulés et les pendus; dans les cas d'asphyxie, elle peut être livide, bouffie, les yeux restant injectés, saillants et fermés. Il indique ce que le cadavre tiendrait à la main (en songeant que les auteurs du meurtre ont pu lui mettre des armes entre les doigts pour faire croire à un suicide) (2), ce qui le touche et l'entoure, la disposiiion de l'endroit où il se trouve, les diflérentes substances, machines ou instruments, qu'on rencontrerait près du défunt, les traces on marques sur le sol, la proximité de lieux habités, de routes, etc. On tient compte de la température extérieure.
Si l'individu est inconnu, — et malgré la présence sur lui de papiers qui pourraient avoir été placés par les coupables pour détourner les soupçons, — il faudra noter le sexe, la stature, l'em-
(1) Consultez aussi sur ce sujet: Renard (p. 8Û-90), Gaspor (t. II, p. 73-161), Devergie (p. 549-558-24), Briand et Chaude.
(2) On verra avec intérêt : Esquirol, Remarques sur les signes donnés par les auteurs, comme propres à faire connaître si le corps d'une personne, trouvé pendu, l'a été après la mort ou pendant qu'elle vivait encore (p. 844 du tome 11 du Traité des maladies mentales^ 1838).
bonpoint, les tumeurs, marques, sigms ou lâches naturels , de naissaDce, accidentels (cicatrices), factices (talouage), ou de profession (durillons des mains, palpe des doigts, etc. ){\ ], la couleur et rétat des cheveux, de la barbe, des yeux, des dents, Tâge approximatif, — en un mot, tout ce qui peut servir à établir ridenlilé.
Dans tous les cas, on examinera, sans préjudice d*une vériScaVion plus attentive, Técume de la bouche, la couleur des lèvres, Vélat de la langue, — tuméfiée dans certaines asphyxies (2), — de la bouche^ du nez, des yeux, des oreilles (3), du cou, des ongles, — les ongles peuvent contenir du sable, chez les asphyxiés par submersion, — des mains, — écorchées, présentant des contusions, etc. — On indiquera la rigidité des membres et des articulations, Tempbysème du corps dû à la fermentation putride, les caractères de la putréfaction. S'il y a trace de liens ou de violences, taches de sang (4), ble^^sures (5), il faudra le constater sur les lieux, se réservant encore de compléter plus tard cette description superficielle. On cherchera également si les blessures paraissent faites par un instrument piquant, tranchant, contondant ; si elles ont été pansées, comment elles Tont été, combien de temps s'est écoulé depuis la mort ; quelle a pu èire la durée du séjour du cadavre dans Teau, dans les fosses d'aisances, etc. (6).
(1) Il nous faudrait passer ici en revue toutes les marques de profession : plaies sphacéliques avec induration sur les parties latérales des doigts ou des orteils et éruptions pustulo-ulcéreuses sur les bras chez les ouvriers qui travaillent aux chromâtes (Académie de médecine, 29 décembre 1863, M. Delpech); — eczéma des mains chez les chauffeurs par suite de la chaleur du foyer et du contact du charbon ; — piqûres multiples des doigts chez les couturières, etc.
(2) Et dans quelques cas de suicide par explosion d'arme ù feu dans la bouche.
(3) On a signalé la rupture de la membrane du tympan chez les pendus (Littré, Traité de chirurgie du docteur Wilde, p. 326); dans certains cas de pendaison, on a noté des hémorrhagies de l'oreille.
(à) Inspection des armes j des vêtements, des taches de sang, voyez Casper, t. II; examen des taches de sang, Briand et Chaude, p. 358; Devergie; Orfila, t. II, p. 609. Des taches au point de vue médicolégal, par le docteur Gosse, 1863.
(5) Examen médico-légal et classification des blessures, Briand et Chaude, p. 353; Orfila, t. Il, p. ^43.
(6) Voyez, pour ces dernières questions, Briond et Çhaudé, p. 372- 427; Casper; Orfila, Devergie.
22 CONSIDÉRATIONS PRÉLlMINÂIHES;
S'il y a plusieurs individus tués, il faut s'efforcer de préciser quelle a été la prmnère victime (1).
Examen oprés la levée, — Le cadavre, placé sur une civière, sera porté sans secousses, par des gens affidés et sous la surveillance de l'expert, dans une salle bien éclairée, où Ton procédera, s'il y a lieu, à un examen extérieur plus complet, avant de f^ire Touverture. C'est ici surtout que commence l'œuvre du médecin requis, une grande partie de l'inspeclion cadavérique dont il a été question jusqu'ici pouvant être dévolue à Tofficier judiciaire («).
L'expert fera déshabiller avec soin le ?ujet, notant l'état dés vêtements avant de les laisser mettre sous scellés ; autant que possible, il ne devra pas toucher aux scellés apposés, du moins sans l'indiquer dans son rapport.
Le corps mis à nu et lavé aux endroits où il pouvait être souillé, on considère à nouveau l'état de la peau, I impression des lien^ sur l'épiderme, les contusions, excoriations, piqûres, ou autres b'essures, — dont on déterminera soigneusen)enl le siège, la forme, la largeur, la direction, la profondeur, avec le do gt, une sonde, un stylet boutonné, et, ultérieurem^•nt, en disséquant la plaie.
Il faudra tenir c»>mpte de> lividiléa et vergetures cadavériques y — indiquant le côté sur lequel le sujet po «vait être appuyé au moment de l'accident et depuis, — stigmates de la mort qu'il est utile de bien savoir distinguer des ecchymoses dues à l'extravasation du sang dans le tissu cellulaire sous-cutané.
L'expert examinera ensuite la forme et l'état des membres ; il les palpe pour constater les fractures ou luxations possibles. Il vérifie la mobilité de la tète sur le cou et passe soigneusement en revue toutes les cavités de la face.
Il regarde attentivement le cou, le thorax, qu'il sulTfira par* fois de presser pour faire refluer certains liquides par la bouche ou le nez — On pourra parfois arriver au môme résultat en mettant le cadavre la tête en bas. — Il constate le volume et l'état des mamelles, cherchant si la pression en fait sortir du lait. Il note
(1) Voyez, sur ce sujet, une bonne notice d'Orfila, Diciionn, en 30, art. Cadavre, partie intitulée Médecine légale.
(2) Nous ne parlerons ni des cas d'exhumation, renvoyant aux traités précités, notamment à Orfila, t. II, p. 58>il4, ni des morts spéciales (asphyxies diverses), ni des empoisonnements et de la recherche des poisons (Briand et Chaude, p. 473 et suiv. et 581-724). On se reportera en général pour ces diverses questions aux auteurs classiques que nous avons déjà mentionnés dans cet aperçu médico«légal.|
OUVÊkTURE DES CORPS. 2S
la forme et l^aspect du ventre, les rides de l'abdomen, chez une femme inconnue particulièrement, les plicaiures de Paine. On termine enfin par fexamen de Tanus (1 ), ei surtout d^s organes génitaux externes, — chez la femme notamment, et chez les sujets qu'on soupçonne morts par strangulation, une demi-érection de la verge avec sortie de fluide prostatique ou spermatique ayant èlè signalée dans ce cas.
L'examen extérieur terminé, on pourra passer à l'ouverture du cadavre.