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OUVERTURE DU CRANE

Les organes Ihoraciques et abdominaux mis à jour^ puisexaminés avec soin^ on s'occupera du crâne. — Avant de procéder à cette opération, on a quelquefois, même en dehors des cas de médecine légale, à considérer Télat du cuir chevelu, ?on adhérence anx os, ses tumeurs (2), les ulcérations syphilitiques ou autres, etc,

Instruments . — Les instruments nécessaires à Touverture du crâne sont un scalpel, des ciseaux, le couteau à autopsie, tous instruments déjà connus, et en tin un marteau.

Il faut ajouter le rachitome, dans les cas où Ton prend du même coup 1 encéphale et la moelle : nous en parlerons au chapitre suivant.

Le marteau dont on se sert se distingue des autres, en ce que Texi rémité du manche est terminée par un crochet dont l'axe est perpendiculaire à la tête du marteau. La longueur de Pinstrument est de 19 à 28 centimètres; il est d acier, le manche est quadrillé de manière qu'il soit bien solide dans la main (fig. 25, 26).

Opération, — En médecine légale, on coupe ou mieux on rase les cheveux (3), ce qu il faudrait bien se garder do faire dans nos hôpitaux (voyez p. 3, Hègljment). Ollivier, d'Anger?, et Béclard (article Cadavre, du Dictionnaire^ en 30 vol.) font cependant cette recommandation pour les recherches de médecine pratique.

(1) Voyez notamment Bull. Soc. anat., 1852, p. hM,

(2) On a cité des productions cornées sur le derrière de lu tète, sans adhérence avec le crâne [Bull. Soc. anat., 1853).

(3) Renard, Gtiau'^sier, Deverçie, etc.

ÔOtËBTUHE OU CRANE* S7

Le sujet élant couché sur le dos, on place, soub la partie postérieure du cou, un de ces corps volumineux, plus ou moins cylindriques, qu*on nomme biUotSy et qui se trouvent dans tous les

Fig. 26.

Fig. 27.

amphithéâtres : ils sont souvent é vidés de manière à loger le cou. L'opérateur se place à Textrémité do la table.

Le couteau tenu de la main droite, on fait une incision circulaire allant de l'os temporal d'un côté à celui du côté opposé, en passant par le vcrtex (4). Celte incision intéresse toutes les parties molles d'un même coup, téguments, aponévroses, muscles.

(1) Si l'incision était faite d'avant en arrière^ comme le conseille, par exemple, Ghomel ( « 2 centimètres au-dessus des sourcils, jusqu'à

38 Ouverture des cavités splanchnkJues.

On ramène ensuite, sur la face, la partie antérieure incisée, pour bien découvrir le frontal : on déchire, à cet effet, les adhérences du lissu cellulaire à Taide du couteau, de son manche, ou môme du crochet qui termine le marteau, en prenant garde d'intéresser la peau du front pour ne pas s^attirer des désagréments. La région postérieure de Tincision sera abaissée de même sur la partie inférieure et postérieure du crâne.

Les téguments ainsi rabattus seront examinés, s'il y a Heu, notamment en médecine légale, (plaies, épanchements sanguins ou purulents, loupes, adhérences anormales avec les os, etc.); on note l'état du péricrâne ou des os et de leurs sutures, — décollement du péricrâne, céphalématome, épanchements, ramollissement des os tel qu'ils se laissent facilement enfoncer par la pression des doigts (hydrocéphalie), état rugueux des os (os-* téite), etc. (chap. VII). — Pour reconnaître une fêlure du crâne, il suffit, d'après Devergie, d'enduire d'encre la région soupçonla bosse occipitale supérieure », dernière édition, 1863), et, avant lui, en cas médico-légal, l'auteur de l'art. Cadavre du Dictionnaire de 1821, le garçon pousserait les hauts cris, parce que la suture ciu'il aurait à faite serait trop apparente pour la famille désireuse de voir une dernière fois la figure du sujet avant T ensevelissement.

Les auteurs de médecine légale sont presque tous d'accord pour prescrire une incision cruciale du cuir chevelu, allant de la racine du nez u la protubérance occipitale externe, ou un peu au-dessous, et d'autre part d'une oreille à l'oreille opposée : on renverse ensuite les quatre lambeaux (Devergie, 1829, Dictionn. de mèd. et do chir.; Devergie, Méd. lég.; Renard, 1819; Ghorael; Briand et Chaude). — OUivier (d'Angers) et Béclard (art. Cadavre du Dictionnaire en 30 vol.), dont l'opinion vient d'être remise au jour par l'auteur de l'art. Cadavre du Nouveau Dictionnaire lexicographique et descriptif des sciences médi^ cales ^ 1863, ordonnent même pour les hôpitaux cette incision cruciale qu'il faudrait bien se garder d'y faire.

Le procédé suivi dans nos hôpitaux est de rigueur en Prusse, dans les expertises médico-légales, et nous ne voyons pas pourquoi on s'en écarterait jamais en France.

« L'ouverture du crâne, dît la loi prussienne ( § 12 du règlement du 12 nov. 1858; Gasper, traduct., t. II, p. 70), se fait en traçant une incision des téguments d'une oreille à l'autre, et, lorsqu'il n'y a pas de blessure à ménager, on découvre ces téguments à la partie an* térieure, puis postérieure, et on les examine. Ensuite on examinera la surface osseuse mise à nu; on scie horizontalement, on regarde la surface interne de la voûte osseuse, on coupe les hémisphères par tranches ; on examine la consistance du cerveau, les ventricules, les réseaux vasculaires, le pont de Varole, le bulbe; on dissèque le cervelet, la base du crâne et les sinus. »

OtrVBHTURE ùtS CRANE. 39

née, puis de ressayer : la fêlure, si elle existe, se trouvera (racée par rintroduction de la matière colorée. — Dans les recherches judiciaires, il faudra parfois modifier l'ouverture du crâne telle que nous Tindiouons : ainsi, existe-t-il une blessure sur le côté gauche de la tète, ou soupçonne-t-on un épanchement de ce côté, on n'ouvrirait d'abord que la partie opposée du crâne.

DeuxidnM tempe, -*- Les os mis à nu, les muscles temporaux coupés, on dessinera, avec la pointe du couteau, sur le péricrâne, une calotte sphérique circonscrivant la portion osseuse qa 'il Y aura à enlever ultérieurement. Ce tracé conducteur commence^ en général, au milieu du frontal, un peu au-dessus des bosses sourciiières, et il s'étend circulairement autou .' du crâne, en passant sur l'occipital au niveau de la ligne courbe supérieure : beaucoup d'opérateurs se dispensent de le pratiquer.

On commenciit autrefois, en cas d'expertise judiciaire (Renard, Chaussier), par appliquer des couronnes de trépan, de distance en distance, aQn de décoller préalablement la dure*mère : cette précaution est, non sans raison, abandonnée de nos jours. Les auteurs de médecine légale (4) conseillent, après avoir fait soulever la tèle, de scier les os en suivant le tracé que nous avons indiqué : ils insistent sur l'usage de la scie, qui donne une coupe beaucoup plus nette, et font observer que les ébranlements, les secousses produites par le marteau pourraient altérer le cerveau, étendro les fractures, modifier les lésions qu'on a intérêt à bien constater. Mail les avantages de la scie sont assez peu réels pour que nous lui préférions le marteau, pour l'adulte du moins, voire dans les recherches nécroscopiques prescrites par les tribunaux : il est d'un emploi plus commode ; il permet d'ouvrir le crâne plus rapidement ; les secousses qu'il peut produire sont minimes aufondi enfin il n'expose pas, comme la scie, à déchirer la duremère ou même la substance cérébrale. — La hachette anatomiquo de Bichat (fig. 28) n'est plus employée, à notre connaissance.

Le marteau ainsi préféré il faudra frapper successivement sur tout le trajet de la ligne indiquée. De la main droite, on prend, à cet effet, Tinstrument par l'extrémité du manche, sans trop le serrer ; et l'on donne, perpendiculairement aux os, un certain nombre de coups sèoi, rapides, assez forts pour casser compiélement, chaque fois, nne portion d'os aussi étendue que le bord tranchant du marteau, Ces coups doivent ètro plus violents en avant et en arrière, parce que les os sont plus résistants à ces

(1) Ei^ d'après eut> le Nouveau Dictionnaire lexicôgraphique et descriptif des scientti médicales et vétérinaires, 1863.

/jO OUVERTURE DES CAVITÉS SPLANGHNIQUBS.

Fig. 28.

Fig. 29.

OUVEBTUBE DU CRANE. Ai

niveaux; on aura égard, au contraire, an peu d'épaisseur de la i^on temporale, pour ne pas blesser la dore-mère. Les coups seront portés à intervalles é^aoi, JQsqu*à ce que le crâne soit fracturé dans Umie l*éiendoe du contour dont nous avons parlé. On commence ordinairement par le frontal. 11 faudra, d*aiUeurs, ne pas frapper trop brusquemenr, dans la crainte d'ébranler ou d'alléreT le cerveau, suHout si un ramollissement avait été diagnostiqué, et pour éviter de projeter autour de soi des esquilles ou des liquides.

On achève avec le couteau de sectionner les portions du péricrâne qui font adhérer encore la cnlotte crânienne. Reprenant le marteau de la main droite, on introduit son crochet sur le fronlal entre les parties divisées, la tète de Tinslrument étant tenue dans la paume de la main , le manche situé entre l'index et le médius. Le marteau sert ainsi de levier pcmr agrandir l'ouverture par des tractions et des mouvements obliques : il devient dès lors facile, en tirant avec une force suffisante , de détacher et de renverser sur soi la calotte crânienne (I).

Il ne faut pas agir trop brusquement en arrachant cette voûte du crâne, car, entre les os et la dure -mère, il peut exister des adhérences, des épanchements , des décollements, des corps étrangers, dont il sprait nécessaire de constater soigneusement la nature, comme nous le dirons à nouveau dans notre Seconde partie, chapitre VII.

Avant de mettre de côté la calotte ciânienne, ii y aura parfois à envisager l'épaisseur el Tétatdes os, le nombre et la disposition des os wormiens, leur enfoncement avec ou sans fissures, les fractures, les points nécrosés, les perforations (2), etc. Dans

(1) Après la séparation de lavoùtc du crànc, Ghaussier et Renard. Olli\1er (d'Angers) et Béclard, enfin jusqu'au Souvean dictionnaire lexicographique des se. méd., 1863, conseillent de faire une autre soi'lion osseuse, allant des apophyses mastoïdes aux premières lames vertébrales,, pour niellre à nu Toriginc de la moelle et le cervelet. Cette incision nouvelle, en V, difficile à exécuter, nous parait inutile.

Dans certains cas, cependant, il sera bon d'extraire en bloc l'encéphale et le cordon* rachidien. 11 deviendrait alors indispensable de pratiquer cette sectiuu osseuse en V pour enlever Toccipital, et de la reliera la coupe du rachis (p. 147 et suiv.). (Vovez Sappey, Anatom., t. II, p. A2.)

(2) Ces perforations, quand elles sont pathologiques, siègent surtout au niveau de l'artère méningée moyenne : elles peuvent être devenues le siège d'encéphalocèles. — Quant à Tamincissement partiel, des pariétaux par exemple^ on aura à rechercher s'il est dii à l'absorption de la table externe ou interne, et du diploé (voy. chap. VII).

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