XVII. Tableau des principales altérations
A. Du MÉSENTÈRE ET DU PÉRITOINE (pariétal ct \iscéral). — Péritoine ?ris, ardoisé (pblcgmasie chronique), rouge (avec injection des vaisseaux mésentériques), brun, noirâtre, bleuâtre (certaines péritonites chroniques), lavé et blanchâtre ; infiltré de sérosité, de pus, de sang, de graisse; épaissi, aminci; couvert d'exsudations plastiques (agglutinant les anses intestinales, les soudant au feuillet pariétal de la séreuse, etc.), de granulations disséminées; éraillé, chargé de matière noire (mélanose, etc.) (3), de noyaux cancéreux, de taches ecchymotiques (empoisonnement par le phosphore, etc.), décollé par du pus, de l'urine, etc., hernie, ratatiné, présentant des kystes séreux; atteint de vices de conformation (4). Vaisseaux mésentériques dilatés, flcxucux, oWîlérés, augmentés.
^- Du TISSU' CELLULO-GRAISSEUX SOUS-PBRITONÉAL , ET DES MUSCLES
J^ï LA CAVITÉ ABDOMINALE. — Mémcs aspccts divcrs que la séreuse; infiltrés de liquide séreux, de pus, de matière noire (mélanose) ; granulations sous-séreuses ; flasques, distendus, éraillés, etc.
C. Des ÉPIP1.00NS. — Épiploons adhérents aux organes voisins, ù la paroi abdominale, etc. ; rouges, violacés, lie de vin (péritonite herniaire, épiploïte) ; noirs, tuméfiés, épaissis, infiltrés de matières plastiques, de matière noire (mélanose), de sang, de pus, de graisse ; abcedés, gangrenés, surface tomenteusc ou granulée (péritonite aiguë simple)^ hernies.
(1) Les Bulletins de la Société anatomique, 1852, mentionnent la présence, dans le péritoine, d'un corps fibreux, blanc, dur, gros ^t>inme l'extrémité du doigt, provenant île la tunique vaginale. — On pourrait ajouter ici la présence de fœtus dans l'abdomen après rup- '"re de l'utérus.
(2) On a cité un cas où la mort avait été causée par Toubli, dans le Ptîritoine, d'épongés ayant servi ù l'ovariotomie (Serres d'Uzès, Con- "fiismnces médicales, 20 mars 1864).
(3) La matière mélaniquc s'observe surtout sur la tunique périlouéale de l'intestin, de l'estomac, du foie, du rein, de la paroi abdo- "linale antérieure.
(4) On a cité des cas d'absence du péritoine et des épiploons.
iUO SPLANGHNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANES. XVIIl. Tableau spécial pour la péritonite.
A. Péritonite aiguë simple (circonscrite, enkystée, ou générale). — a. Péritoine : sec, poisseux, humide; injecté, rouge vif (par bandes striées, points ou plaques sur la face antérieure des circonvolutions), noir; exsudations plastiques fibro-albumineuses faisant adhérer les anses intestinales, blanc jaunâtre, molles, remplissant les anfractuosites et organisées en fausses membranes. — h. Liquide (surtout dans les parois déclives) : blanc, jaunâtre, verdàtre, trouble et floconneux, séro-purulent ou purulent, mêlé de bile, de matières fécales ou de sang.
B. Péritonite puerpérale (concentrée souvent dans le petit bassin, ou autour de l'utérus et de ses annexes), — a. Péntoine et tissu cellulaire sous'périionéal : rouge, infiltré de pus. — b. Liquide : trouble et floconneux, sanieux et fétide, presque toujours purulent.
G. Péritonite aiguë consécutive. — a. Péritoine : rougeur moins vive, fausses membranes. — b. Liquide : sang, fèces, urine, bile, etc. (varie d'après la perforation).
D. Péritonite chronique. — a. Péritoine: fausses membranes faisant adhérer les anses intestinales aux parois de l'abdomen, épaisses, grisâtres, noirâtres, consistantes, molles, friables ; tubercules le plus souvent. — b. Liquide : séro-alburaineux, blanc, opaque, parfois purulent.
Nous ne saurions terminer avec le péritoine, sans appeler rattention sur sa portion pelvienne, et notanoment sur le cul de sac vésico-rectal de l'homme, uléro-rectal de la femme. Indépendamment des cas de péritonite pelvienne (pelvi-péritonile), consécutive aux phlegmons péri-utérins, à la fièvre puerpérale, à l'avortement, au traumatisme, aux diathèses tuberculeuse et cancéreuse, etc., cette portion du péritoine offrira parfois des lésions non diagnostiquées sur le vivant : kystes recto-utérins (pileux (1), purulents, hydaliques), grossesses extra-utérines, * hématocèle utérine, phlegmons péri-utérins, etc. Nous consacrerons quelques lignes à cette dernière lésion dans le chapitre Vf, réservé aux organes génitaux de la femme.
Le tissu cellulaire sous-périlonéal du petit bassin attirera également l'attention dans certaines affections des organes voisins,
(1) Voyez notamment Bull. Soc. anat., 1852, p. 298, communication de M. Lebert. Ces kystes reconnaissent la même origine que les kystes pileux de l'ovaire (chap. VI).
APPAREIL DIGfcSTIF ET SES ANNEXES. iOI
béffiûrrbagies péri-utérioe8, phlegmons et abcès pelviens, rupture de la vessie avec épanchement urinaire, etc. (cbap. IV et VI).
Quand il y a phlegmon des mailles conjonctives sous-péritonéalesdu petit bassin, de la fosse iliaque, du psoas, elles semontreroot infiltrées de matière jaune ou gris verdàtre, gélatineuse, albamino-purulente ; elles seront épaissies, dures, lardacées en quelques points, ailleurs friables et réductibles en grumeaux : VapoDé?rose d'enveloppe des muscles voisins pourra être éraillée, détrQi(e, et ces désordres se seront quelquefois étendus jus^ qu'aox fibres musculaires (chap. IX).
De» luietilBf .
Les poumons, le cœur et les intestins sont les organes qu'on a le pins souvent à examiner dans les autopsies cadavériques. ^iosi, indépendamment des cas de fièvre typhoïde, qui enlèvent tant de malades à Paris depuis quelque temps, on fait encore des recherches sur les intestins pour connaître les lésions produites par des perforations, des rétrécissements, des ramollissements, des étranglements ou des invaginations, des hernies, le cancer, ^a 8y^)hili8, l'alcoolisme, etc. (1 ). Il est donc indispensable de bien
(i) Dans les expertises judiciaires^ selon le règlement prussien déjà plusieurs fois cité d'après Casper :
* § 14. Pour ouvrir la cavité abdominale^ il faut inciser le péritoine ; on renverse les téguments de chaque côté^ de manière que Ton puisse voir la partie inférieure des côtes. Après Texamen général de ci'tte cavité, on doit examiner à part le foie, l'estomac, les intestins, l'épiploon, le mésentère, la rate, les reins, la vessie, les gros vaisseaux ^t; s'il est nécessaire, le péritoine ; chez les femmes, l'uténis et ses [annexes. Pour évaluer la quantité de sang contenu dans la veine cave inférieure, on doit soulever la partie supérieure du corps. Pour savoir où un vaisseau a été blessé, il faut introduire de Tair avec un tube. . " § 15. S'il y a soupçon d'empoisonnement, on doit faire une double %alure à la partie inférieure de l'oesophage et au milieu du duodénum, et l'on coupe l'œsophage et le duodénum entre les deux ligatures. On retire l'estomac avec la partie supérieure du duo<iénum, on exa- "^inc sa surface eiterne et interne, ainsi que ce qu'il contient; puis on ^et tout dans un vase que l'on donne au juge, afin qu'il en fasse faire 'examen chimique. Dans ce même vase on doit mettre l'œsophage, "près l'avoir lié à la partie supérieure, l'avoir coupé au-dessus de la %alure et l'avoir examiné anatomiquement. Enfin on doit mettre également à part d'autres substances, telles que du sang, de l'urine, des portions du foie, de la rate, etc., si l'on croit que l'on pourra y trouver ïies traces de poison.» (Casper, t. II, p. 70-71.)
connaître les procédés adoptés 'pour l'inspection de ces matières.
Comme nous le recommandons pour tous les organes, les intestins seront d'abord examinés sur place. On devra noter s'ils sont refoulés en haut, en bas, en arrière, comprimés par diverses tumeurs, météorisés, etc. Y a-t-il hernie, anus contre nature, étranglement, il sera bon de constater les rapports de la portion affectée avec la paroi abdominale, avec Tépiploon. — Dans certaines occasions, il aurait môme fallu ménager la paroi adominale correspondante. Ainsi, dans les cas de hernie, on n'ouvrirait dès Tabord qu'une portion de Tabdomen, comme pour la constatation des lésions résultant de blessures, en médecine légale (p. 34): pour arriver à la tumeur herniaire, il serait procédé alors comme dans l'opération de la hernie étranglée, couche par couche, en isolant successivement la peau, les fascia superficialis et profonds, etc. Le sac mis à nu, on examinerait soigneusement son contenu, l'aspect de l'anneau herniaire par ses faces interne et externe ; on cherchera la cause de l'étranglement, les points sur lesquels a porté le débridement de la kélotomie, la portion de l'intestin à laquelle appartient l'anse herniée, portion reconnaissable à sa couleur rouge foncé, et qui peut être perforée, gangrenée, etc. Enfin, il faudra tenir compte de la distension des viscères par des gaz ou des matières fécales au-dessus de l'étranglement, de leur retour sur eux-mêmes en forme de cordon audessous des parties herniées, etc.
Pour ce qui est du canal inguinal, rappelons, pour les cas où il deviendrait utile de le disséquer, que certaines affections spéciales y ont été signalées, migration d'abcès de la fosse iliaque, présence du testicule arrêté dans sa marche ou bien remonté à la suite de chutes, de coups violents, kystes hydatiques (1), etc. Le canal inguinal sera ouvert également quand on aura à examiner le cordon spermatique dans sa portion supérieure. Règle générale, il est toujours bon de mettre le doigt dans l'anneau inguinal, comme dans le crural et l'ombilical ; des hernies graisseuses ou autres, couvent inaperçues, seront ainsi con-
(1) Guyon, Mémoires de la Société anafomique, novembre 4861.— Le canal inguinal manquerait chez les anorcbides [Gnzzetta medicn deile provincie Vcnete, 13 février 18GA).
iOS
Fig. 46.
Canal inguinal et entonnoir crural, à l'état normal
(d'après Blandin).
^' Droit antérieur de l'abdomen dans sa gaîne. — 2. Pyramidal dans sa gaine. >— 3* Aponévrose du grand oblique.— 4. Bord inférieur de cette aponévrose détachée de l'arcade crurale. — 5. Arcade crurale. — 6. Orifice externe du canal inguinal. — 7. Pilier interne de l'anneau inguinal. — 8. Pilier externe. — 9. Expaosion fibreuse qui part du pourtour de l'anneau et se rend au cordon spermatique. — 10. Insertion de l'aponévrose fémorale sur l'arcade crurale. — 11. Insertion du fâscia transversaîis sur cette arcade. — 12. Fascia transversalis fonnant la paroi poftérieure du canal inguinal. — 13. Insertion du fascia transversalis sur la paroi postérieure de la gaine du muscle droit. — 14. Muscles petit oblique et transverse. — 15. Anses musculaires du crémaster. — 16. Fascia *uperficialis.— 1 7 . Aponévrose fémorale ouverte à sa partie antérieure pour laisser voir les rapports des vaisseaux au pli de l'aine. — 18. Ouverture pratiquée à Taponévrose crurale pour mettre \ nu le nerf crural et la gafne des psoas. — 19, Cri-
fice où passe la veine saphèiie inlcrue F. — A. Artère fémorale. — B. Artère sous- cutanée abdominale. — C. Veine fémorale. — D. Veioefl soaa-cutanées abdominales. — E. Veines génitales externes superficielles. — P. Veine saphène interne. — J. Ganglion lymphatique au devant de l'entonnoir crural. — H. Ganglion lymphatique engagé dans Torifice de cet entonnoir. — • K. Ligament suspenseur de la verge. — L. Ouverture da prépuce. — M. Méat urinairc.
Extraction. — Après avoir regardé l'intestin extérieurement et sur place, Popérateur mettra une ligature à l'extrémité pylorique de Testomac, et une autre à Textrémité inférieure du rectum. Souvent d'ailleurs, il se contentera de circonscrire ainsi le tube intestinal jusqu'au côlon descendant : on devrait^méme laisser TS iliaque et le rectum sur place, en cas de recherches à faire ultérieurement pour les lésions des organes du petit bassin, hématocèle péri-utérine (chap. VI), etc.
Une paire de ciseaux coupe Tintestin au-dessus de la première ligature : la main droite, avec ou sans scalpel, détache ou décolle ensuite les adhérences du mésentère, ce repli du péritoine qui Hxe le paquet intestinal à la colonne vertébrale. On sort alors Tinteslin en l'attirant et le déroulant successivement , pour le faire passer au fur et à mesure dans un seau plein d'eau placé près ou sous la table de l'amphithéâtre. Arrivé aux portions inférieures, on sectionne l'intestin avec le scalpel ou les ciseaux, audessous de la seconde ligature.
Examen extérieur. — L'intestin enlevé de l'abdomen, il faudra compléter la recherche des lésions que présenterait sa face externe. Ainsi, on est susceptible de rencontrer sur cette face des plaques ou des points rouges, bleus, noirs, parfois recouverts de fausses membranes, ou bien encore des pertes de substance dont il y aurait à noter le siège, la forme, les dimensions, Tétat du fond : les anses intestinales peuvent être réunies par du liquide glutineux, semblable à une solution de gomme, par une exsudation plastique, etc.
Ouverture de ^intestin. — Les lésions intestinales existant le plus souvent à la face interne, l'ouverture de l'intestin est indispensable. On se sert, à cet effet, de ciseaux particuliers connus sous le nom d'entérolomea (de cvrepov, intestin, et to/iq, section). Cet instrument diffère des ciseaux ordinaires par la lame destinée à être introduite dans l'intestin, qui est plus longue (4 6 à 20 ceniimèlres en tout), mousse à la pointe, recourbée de manière à former un crochet. La disposition de cet instrument, inventé (t baptisé par M. Jules Cloquet, permet de fendre rapidement le canal intestinal dans toute sa longueur.
La manière la plus commode pour ouvrir l'intestin est de le
dévider au préalable, ce qui permet en outre de coostater les points où peuvent siéger des brides pseudo membraneuses, un étranglement, une perforation, etc. Après avoir placé le seau contenant le paquet intestinal sur Tune des tables de l'amphithéâtre, Topérateur saisit un des bouts de Tintestiu, en relire la ligalare, le passe sous Tanse du seau, et y introduit Tenlérotome.
Fig. 47.
Il sectionnera de la sorte toute la longueur de Tintestin, Tame* nant successivement à lui de la main gauche : Tanse du seau ompéche le tube digestif de se nouer, et limite les parties qu'on . veut couper. Il faut avoir grand soin de faire l'incision, non pas sur le bord libre, où siègent les plaques de Peyer notamment, mais le long de Vinsertion du mésentère.
On évitera dans ces manœuvres de presser la face interne de l'intestin, car un simple frottement sur les villosités pourrait suffire pour déterminer posi mortem une injection sanguine ponctuée.
Nous avons supposé qu'on n'avait pas injecté de l'eau dans Tintérieur de l'inlestin, car il est quelquefois utile de recueillir )es matières qui en sortent, pour chercher si elles ne renferment pas des corps étrangers, des poisons, des entozoaires, du pus, ^Q sang altéré, etc. Si cet examen paraissait inutile, et il Test [réquemment dans nos hôpitaux, on devrait, avant de procéder à l'ouverture de la masse viscérale, enlever les ligatures, et, portant le seau dessous la fontaine de la salle d'autopsie cadavérique, fixer Fun des deux bouts de l'inleslin autour du robinet : il suffirait alors de tourner celui-ci pour laver le conduit tout entier à grande eau et pour en chasser toutes les matières fécaloïdes ou fécales. Il serait bon d'ailleurs de regarder les liquides expulsés ainsi de l'intestin, car ils pourraient contenir un tœnia, des substances fécales endurcies, des corps étrangers divers souvent non diagnostiqués pendant la vie.
106 SPLÀNGHNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGAINES.
Nous ajouterong en6n que, si Ton a intérêt à constater des perforations étroites, en pertuis, l'opérateur cherchera d'abord si la pression en fait suinler des matières fécalo!des, pais il insufflera sous Teau, avec un soufflet, la portion suspecte de l'intestin. L*eau sert encore quelquefois pour faire macérer plusieurs jours la muqueuse intestinale, quand on veut rendre plus apparente les plaques ou les élevures, et souvent aussi lorsqu'on se propose d'étudier les diverses tuniques au microscope.
Dans tous les cas, après avoir bien lavé l'intestin, il faut examiner la coloration de la muqueuse, — normalement rose foncé dans le jéjunum, rose pàledans l'iléon, blanc terne dans le gros intestin, — sa consistance, la facilité avec laquelle on la soulève, l'état de ses follicules, des valvules connivenles, et en général rechercher les lésions résumées dans nos tableaux ci-dessous, leur siège, leur étendue, leur forme, leur nature.
Les afl'ections intestinales reconnaissent souvent des causes variées. Prenons un exemple : Y avait-il obstacle au cours des matières fécales, étranglement interne, rétrécissement organique (distinct des contractures spasmodiques (1 ) , on devrait constater : 1° S'il est dû à un arrêt de matières fécales par engouement herniaire, boulettes stercorales, calculs biliaires, concrétions intestinales (entérolithes, etc.), corps étrangers venus du dehors, tumeurs tuberculeuses développées dans le canal (2). 2° Si les tuniques intestinales sont le siège d'une altération qui, en tuméfiant les parties, a rétréci d'autant la cavité : hypertrophie de ces tuniques, cicatrices d'ulcérations, de perforations, de plaies: constriction déterminée par les membranes après la réduction, d'une hernie; invaginations diverses, dont le nombre, l'étendue^ le mécanisme varient aussi singulièrement. — 3° La cause de l'obturation peut exister en dehors de l'intestin : tumeurs diverses du pancréas, de l'ovaire, de l'utérus, du mésentère ou de ses ganglions; déplacements de la rate, du pancréas; brides épiploïques (l'épiploon roulé en corde enlace une anse intestinale) ; processus cellulo-fibreux, résultant de phlegmasie ; diverlicules de l'intestin (3). — 4° L'arrêt des matières fécales peut résulter d'un
(1) Dans les cas de rétrécissement et d'atrésie, il sera bon, si le temps le permet, de pousser une injection dans l'artère méseutériqne pourvoir si le liquide pénètre librement dans les branches se distribuant ù l'intestin au-dessus et au-dessous de la partie étranglée.
(2) Voyez notamment, sur une tumeur tuberculeuse développée dans le duodénum, Mém. Soc. anat., 1853.
(3) Sur les diverticules de l'intestin, voyez, parmi les ouvrages récents, la thèse do M, H. Gazin, 1862, intitulée ; Etude anatomifie
àangemeni dans la sitoation on dans la mobilité de Tintestin ;
engagement d'une anse déplacée dans une ouverture trop étroite, dans rhialns de Winslow, dans une éraillure du mésentère, de iépipJoon, du diaphragme, dans un repli péritonéal de la fosse iliaqae; enroulement de Tintestin autour du pédicule d un kyste ovarique ou d'un fibrome utérin ; adhérences phiegmasiques entre deux portions de l'intestin , ou entre l'intestin et l'épiploon, Vintestin et l'appendice vermiculaire ; torsion d'une anse intestinale aalour de ses attaches mésentériques, etc.
Qoand Tinvagination de l'intestin est simple, une coupe perpendiculaire des parois, pratiquée dans le Heu affecté, fait rencontrer ordinairement ; 4" la séreuse de l'intestin invaginaht ; 2" deux surfaces muqueuses en contact; 3" deux surfaces séreuses; 4° la membrane muqueuse de l'intestin invaginé, formant au centre une cavité par laquelle les matières ont pu s'écouler encore au dehors. L'inteslin invaginant a subi quelquefois un ramollissement tel, que la partie invaginée rompt ses parois par suite du gonflement, et fait saillie extérieurement comme un moignon.
Nous compléterons noire tableau des principaïes altérations de fintesttn par l'énumération synoptique des lésions de la fièvre typhoïde (1), la fréquence et la gravité de cette affection sep-
et pathologique sur les diverticules de V intestin, montionncc honorablement au ministre de l'instruction publique et à la Société de chirurgie (13 janvier 1864). — Nous avons observé, sur un enfant de seize ans, un de ces diverticules situés sur l'iléon et correspondant à l'atrophie incomplète d'un des organes appendiculaires du fœtus, du conduit vitello-intestinal (Goubert). On a cité des cas d'atrésie intestinale, non inflammatoire, par une extension à l'intestin du proccssu>s atrophique qui produit la flétrissure de ces appendices de l'embryon (Garvev, British med. Journal, 11 août 1860).
(1) Le terme fièvre typhoïde a l'avantage de ne pas spécialiser sur la pathogénic de cette maladie, certainement encore discutable (voy. Union médicale de la Gironde, février et mars 1864 ; Mémoire de li.^dmondUovx sur l'affection typhoïde). Y.\\ créant le mot dothiénentérie, Brctonneau assimilait, avec Willis, Lccat, Petit et Serres, l'éruption intestinale aux fièvres exanthéniatiqiics, et, si ses élèves, MM. Trousseau, Leurct, Gendron, considèrent encore cet état général de l'organisme comme une fièvre éruptive interne, intestinale, beaucoup d'auteurs repoussent cette inaninro de voir. De mémo, M. Andral rejette avec raison les noms entérite folliculeuse, efitéro-méspnférite typhoïde, comme arrêtant trop exclusivement la pensée sur les désordres de l'intestin, qui ne paraissent qu'une fraction de la maladie, tout en pouvant devenir l'origine des symptômes ataxo-adynamiqucs.
108 SPLANCHMOTOMIB ET EXAMEN DES OBGANES.
tique nous paraissant exiger un examen spécial , même dans notre ManwL
XIX. Tableau des principales altérations qu'on peut rencontrer DANS l'intestin (indépendamment des cas de traumatisme).
A. Muqueuse. — a. Forme^ consistance, injection : épaissie^ rugueuse^ mamelonnée^ boursouflée et en bourrelets'; saillante notamment par suite 4e hernies de la tunique musculaire hypertrophiée ; granuleuse (psorenterie du choléra) ; présentant des vésicules ombiliquées (1); amincie^ ramollie^ ulcérée (2)^ abcédée (phlegmon stercoral, etc.), gangrenée (pustule maligne, etc.), détruite, sèche (péritonite herniaire, etc.), friable, flasque (gangrène herniaire, etc.), dépolie, ecchymosée (pustule maligne, fièvre jaune), piquetée^ injectée de sang, de pus ; cicatrices de fièvre typhoïde (3). — ô. Coloration : rouge (diverses entérites, choléra, etc.), livide, ardoisée, grisâtre, jaunâtre (empoisonnement par l'ammoniaque, etc.), noire (mélanosc, fièvre jaune, pellagre), brun noirâtre (hernie étranglée), feuille-morte (gangrène herniaire).
B. Changements dans la cavité. — a. Follicules (gi&ndes duodénalcs en grappe de Brunner, plaques de Peyer, follicules clos) : gonfles
quand il n'y a pas au début infection septicémique du sang. Andral, Louis, Chomel, Rilliet et Barthez, Grisolle, et beaucoup d'autres observateurs, ont cité des cas, rares il est vrai, de mort prompte avec simple tuméfaction des follicules, simple hypertrophie des plaques de Peyer, analogue à celle qu'on a constatée dans d'autres aflTections, choléra et érysipèle (Chomel, Clinique médicale), scarlatine (Louis, Fièvre typhoïde ; Forget, Entérite foUiculeuse), etc. Chomel a particulièrement établi qu'il n'y a pas toujours rapport entre les symptômes généraux et l'entérite folliculeuse.
Il faut reconnaître toutefois que les lésions des plaques de Peyer, autres que l'hypertrophie simple ou à pointillé noirâtre, ne se rencontrent absolument que dans la fièvre typhoïde.
(1) Voyez Bull, Soc, anat.^ 1853. Ces vésicules, de la grosseur d'une lentille en général, sont dues à un soulèvement de la muqueuse ; eUes sont transparentes et contiennent souvent des gaz.
(2) Dans la tuberculisation aiguë des ganglions mésentériques, la muqueuse intestinale présente quelquefois des anneaux ulcéreux â bords rouges et tuméfiés, à fond verdâtre.
(3) Gcndron, Louis, Valleix, Grisolle, Trousseau ont cité des cas de récidive de fièvre typhoïde. — M. Hardon a déposé au musée Dupuytren (n» 368, a : voyez 2« édition de la Pathologie générale de M. Houel, p. 864) une portion d'intestin d'un sujet mort de fièvre typhoïde et présentant des cicatrices d'une première affection dothiéuentérique entourant une longue plaque gaufrée.
(scarlatine^ fièvre typhoïde, choléra, érysipèle, empoisonnement par l'ammoniaque, etc.), orifices dilatés, ulcérés (fiè\re typhoïde, porfois choléra), tuberculeux, oblitérés, devenus le siège d'une éruption conflaente (diarrhée incoercible). — 6. Valvules canniventes : augmentées de volume, atrophiées, couvertes de taches ecchymotiques. — c. Corps étrangers^ i° développés dans le canal : matières stercorales durcies rubiuis de mucus glaireux concret (1) ; 2® venus du dehors: plaques inéialliiiaes diverses, billes à jouer ; couteaux, ciseaux, cuillers (chei les bateleurs surtout), balles de plomb, épingles ou aiguilles, verre pilé, cfaeTenx (égag^opilcs, bézoards, cntérolithes), noyaux de prunes^ de cerises ou d'autres fruits, graines de melon, etc. (2). — d. Liquides contenus : sanieux, puriforme, brun foncé (fièvre jaune, empoisonne- JDcntpar le phosphore, etc.), vert bleuâtre (mucus épaissi altéré), sérosité jaunâtre (étranglement herniaire), mucus glaireux (dysenterie)^ mucus rougeâtre, sang plus ou moins coagulé et mêlé de matières eicrémentitiellesj méconium.
C. Lésio?ïs diverses. — Rétrécissement (circulaire ou en diaphragme, moniliforme, etc.), stricture par ulcérations syphilitiques (M. Gosselin), atrésic intestinale, imperméabilité partielle, intestin terminé en cuL-de-sac, en cordon ; dilatation, anses distendues par des gaz ou des liquides (3), emphysème, hernies diverses et à divers degrés (4) ; réduction en masse du collet du sac herniaire, et de TintcsUn hernie ; pellicules pseudo-membraneuses, fausses membranes ; Itémorrha^ie et sang infiltré (entérorrhagie ; ramollissement et apoplexie du cerveau, embolie des artères mésentériques, etc.), ulcérations de différentes origines; perforations simples, multiples^ en pertuis, de
(1) Nous faisons allusion à ces productions pseudo-membraneuses nibanées, rougeâtres, faites de mucus concret et de cellules intestinales déformées que M. Vidal a notamment signalées dans son érysipèle intestinal (Soc. de biologie, 1862).
(2) Mémoire de M. Carron, Bull. Soc. anat., 1855. Ces corps sont parfois très-pesants et très-nombreux ; ils s'accumulent surtout dans Icceecum. — On a vu des calculs intestinaux atteindre 1000 grammes.
(3) M. Ghevreul, analysant les gaz recueillis dans les intestins de sujets atteints de météorismc, a trouvé :
Gaz deVintestin grêle : oxygène, 15 à 25 ; azote, 70 ; acide carbonique, 24 à 35.
Ciazdu gros intestin : oxygène, 5 à 50; azote, 50; acide carbonique^ 20 à 60 ; traces d'hydrogènes sulfuré et carboné.
(4) Les plus rares sont les hernies dans la poitrine, avec refoule** ment des poumons en haut, par suite d'ulcérations du diaphragme [Blancard, Hertod, Botenfeld), ou de défaut d'insertion vertébrale de ce muscle (Weyland, Diss. méd., 1831, p. 7; et Campbell), ou enfin âe rupture de la cloison thoraco-abdominale (Cavalier, thèse de Paris, *804, p. 18; Vecker, Brera sylloge. sélect, opusc, t. VU, p. 259; Saint- André, Gazette des hôpitaux, 23 février 1864).
110 SPLANGHMOTOMiE Et EXAMËM DES ORGÂÏ«ES.
nature typhoïde^ dysentérique^ tuberculeuse, cancéreuse, et dans la gangrène herniaire ; ouverture de l'intestin à la paroi abdominale^ rupture (par accumulation de matières fécales, etc.), éruption pustuleu8e> polypes et végétations, squirrhe et cancer, tumeurs cancéreuses adhérant à la face externe, tumeurs graisseuses, kystes hydatiques adhérents à l'intestin, entoEoaires, diverticules de l'intestin.