INTRODUCTION. XXIII
En uo mot, raoatoinie morbide n'est pas toute la médecine : il ne suffit pas d'étudier le côté statique ; il faut tenir compte du côté dynamique, cette abstraction qu'on nomme vie représentant un mouvement incessant. L'homme est une machine, mais une machiue auimée; la médecine est l'étude
physiologiques résultant de la vie indépendante des éléments auatomiques ( bien que MM. Jautet, dans leur Doctrine médicale matérialiste, 1866^ nomment « ces propriétés grefifées sur nos tissus » des «fétiches coopérant avec la matière organisée »^ et conçus par « un ontologisme spirite » ). L'être est multiple dans son unité. Aucun phénomène de la \ie n'est d'ailleurs ni exclusivement physique ou chimique, ni exclusivement organique ( vital ).
Nous nous rangeons ici complètement a l'opinion de Rostan. Tout le livre de ce mûtre, intitulé Organicisme { 3« édit., 1864), est consacré à la démonstration de cette première phrase de l'exposé des principes : « Le but de l'organicisme est de prouver qu'il n'existe pas, qu'il ne saurait exister de principe vital, de force vitale, de propriétés vitales^ indépendantes de la matière organisée, séparables de cette matière et pouvant exister sans elle^ hors d'elle^ surajoutées à elle^ et chargées d'accomplir les actes phénoménaux de la vie. » Nous le redisons plus d'une fois : sans organes, pas de fonctions, et, par conséquent, pas de vie ; pas de maladie, sans lésion organique, en faisant au moins rentrer sous ce titre les altérations de quantité ou de nature des éléments anatomiques, ce dont ne tiennent pas compte les organicistes exclusifs.
£n résumé, deux opinions contradictoires sont en présence, et il n'est pas indifférent d'admettre l'une ou l'autre comme guide dans ses études. La première, distincte du matérialiste métaphysique de Zénou, d'Ëpicure, de Lucrèce, d'Asclépiade, est à peu près celle de Sylvius, de Borelli^ de Broussais, de Cabanis, de tous ceux que le positivisme porte à écarter toute spéculation sur l'essence des phénomènes ; c'est la seule scientifique : elle représente la matière organisée active par elle-même, sans qu'on ait besoin d'admettre un être mystique pour la diriger. La vie n'est que cette activité immanente à la substance organisée et dont la manifestation la plus générale est la nutrition, c'est-à-dire un mouvement incessant d'assimilation et de désassimilation, dans lesquels les forces chimiques jouent seulement un certain rôle ( Koulakowski, de Saint-Péterbourg, Considérations générales ^r la vie organique, 1860 ; Robin, Dict. de Nysten, etc.). — Dans l'autre école, au contraire (Platon, Hippocrate, Aristote, Galien, Paracelse, van Helmont, Slahl, Grimaud, Bordeu^ Barthez, Fréd. Bérard, Lorda, etc. ), la vie est le principe d'activité de la matière, la cause des phénomènes de l'être, en dehors de toute qualité de structure. Cette entité, tour à tour nommée nature, âme, principe ^t^â/, ferment, a une essence insaisissable encore, mais dont la connaissance imparfaite ne nuit pas à la démonstration de cette force