XX INTRODUCTION
vérique et le défaut d'un guide sûr et fidèle ; mais il se pourr suivit néanmoins, par les soins notamment de certains maîtres français de la fin du dernier et du commencement de notre siècle. Si nous omettons les trayaux de Glossy (1763, Observations on some, etc. ), de Cheston [Pathological in" quiries^ 4 766), de Lieutaud [Historia anatomica-medica^ 1767), de Sdindïîori ( Observationes anatomico-pathologicœ , 1779 ), de Ludwig( Primœ lineœ anatomicœ pathologicœ, 1793)^ de Boerhaave, de J. Fred. Meckel, de Stoil et de de Haen, de Will. Hunter et de Matibews Baillie, nous rencontrons après Morgagni, un maître bien supérieur à Tanatomiste italien, notre illustre Bichat. Il fut enlevé trop jeune à la science pour compléter l'édifice , mais il y travailla activement. Son Traité des membranes, où il expose les altérations générales et particulières, surtout son Anatomie générale ou Anatomie des systèmes générateurs, « le plus bel ouvrage publié depuis la naissance de la médecine, en tant que fondé sur les connaissances du corps humain et de ses lésions pathologi* ques «r (1), étaient bien faits pour amener une rénovation dans ce qu'on ose à peine appeler la science médicale du temps. Les cent premières pages de cet immortel traité constituent un excellent résumé des idées nouvelles apportées par le créateur de Tanalomie générale. Toutes les maladies, y est-il dit, doivent ressortir de Tanatomie pathologique, sauf, ajoute l'illustre victime prématurée de la mort, les fièvres essentielles,
on s'était jusque-là contenté. Mais, en plein xviii* siècle, des jurisconsultes autorisés de l'époque ne s'élevaient-ils pas encore contre l'ouverture des cadavres, même au point de vue des expertises légales ? Témoin Bodin, De non acquirenda lethalitate vulneris in homicidio, 1703, et Leysep, De ftustranea cadaveris inspectione in homicidio, 1723. Le fameux philosophe Kant ne fut pas loin de leur prêter luimême appui.
(1) Nous empruntons cette appréciation du grand livre de Bichat à la clinique de M. le professeur Bouillaud à la Charité ( 24 novembre 1863 ).
« Par un trait de génie dont il n'existe pas d'exemple dans l'histoire des sciences, dit également M. Robin [Du microscope, p. 231, sq.), Bichat, cet homme émiuent, qui savait employer avec une telle supériorité'd'intelligence l'observation, l'expérimentation et la comparaison, aborda directement la structure des organes, l'étude des systèmes et des tissus, et il indiqua même celle des éléments anatomiques. » {Histologie.)