ANTIQUITÉS
Les Eaux d’Aix ont été appelées successivement Acjuœ Allobmgum, Aquœ Domitiœ,Aquœ Gratianœ. Leurs qualités précieuses et leur situation dans une vallée riante et fertile , entre Chambéri (Lemnicum) et Genève , sur un embranchement des grandes voies romaines qui traversaient les Alpes/ furent sans doute les motifs qui
* Les Alpes étaient divisées à cette époque . eu trois parties ; la î.ère ou Alpes pennines , s'étendait depuis le Grand-Saint- Bernard jusqu’au Simplon ; elle avait une grande voie romaine qui traversait la Suisse et finissait à Mayence. La 2.ème ou Alpes graiennes , occupait l'espace compris entre le Mont-Cénis et le Grand Saint-Bernard. L’Itinéraire d’Antonin y place une voie militaire qui conduisait de Milan à Vienne en Dauphiné, capitale de l’Allobrogie, Celle-ci passait par Yvrée , la Citéd’Aoste , la Tarenlaise ; arrivée à Conflans elle se divisait en deux branches ; l'une se dirigeait à droite, traversait le Col-de- Tamié , Faverges , Talloires et Genève ; l’autre suivait la rivière d’Isère, passait à Montmeillan , à Chambéri et aboutissait à Lyon par le Mont-du-Chat. La 5.ème ou Alpes cotiennes , s’éj tendait du Mont-Cénis au Mont-Viso. Elle avait deux voies militaires , l'une qui conduisait de Milan à Arles par le Mont- Gcnèvre, l’autre à Genève par Suze , Chambéri , Aix et Albens.
enrayèrent les anciens à y ériger les monuniens dont nous admirons les vestiges.
Au rapport de Cabias , ce fut un des proconsuls de Jules-César , nommé Domitius, qui y lit construire les premiers bains , après la victoire qu'il remporta sur les Allobroges , l'an 628 de Rome. 4 Ces bains furent successivement embellis et restaurés par les Préfets de la
- Il esl difficile de déterminer avec exactitude les limites de l’ancienne Allobrogie ; toutefois il est généralement reconnu qu elle comprenait la partie septentrionale du Dauphiné , les provinces de Savoie- Propre , du Genevois , de Carouge . le Chahlais occidental, le Bas-Faucigny et la portion du Canton de Geuève qui est située sur la rive gauche du Rhône.
La ville d’Aix se trouvait donc dans l’ancienne Allobrogie > dont elle dut subir les révolutions. Après la mort de Julius- Cottius , dernier Roi de ce pays, elle appartint à la Province Romaine , sous le règne de Néron , l’an 54 de l’ère chrétienne. A la chute de l’Empire des Césars elle fut comprise dans la Province Ecclésiastique \iennoise , dépendante du diocèse de Grenoble ; de-là vient que quelques auteurs du moyen âge l’ont appelée Aquæ gralianœ, c. a. d. . Aquœ gratianœ Uiœccsis. Elle lit partie de l’ancieu royaume de Bourgogne , passa ensuite dans la Bourgogue transjurane, lors du partage qui eut lieu en 855, entre les Fils de l’empereur Lothaire , et appartint successivement aux royaumes de Provence , d’Arles et d ltalie.
Aix avait alors ses Comtes qui , vers le 5.ème et le G.ème siècle , étaient souverains. Vers le îa.ème, ils relevaient des princes du Genevois , et au commencement du lô.èrne siècle , cette contrée passa au pouvoir des Ducs de Savoie qui l’érigèrent en Baronnie, puis en Marquisat relevant de leur couronne. Enfin, depuis 1792 , elle fut soumise à la domination française jusqu'à l’époque de la Restauration , en i8i5.