CICATRISATION DES PLAIES
même par les seules forces de la vie, lorsque, comme dans toute autre maladie, vous avez magnétisé. La vertu magnétique se fait sentir sur des plaies blafardes , indolentes. Elle va y porter l’excitant nécessaire et ranimer cette sensibilité si utile , sans laquelle rien ne peut se faire. Ne désespérez donc point avant d’avoir tenté quelques essais. Ce qui nous parait grave, incurable même , cède parfois plus promptement qu’un mal léger en apparence.
Combien d’affreuses maladies ont été jugées ne devoir guérir ! les instruments étaient préparés, on attendait le consentement du malade pour porter le couteau dans ses chairs , et pourtant, contre toute apparence, un mince délai, d’heureux changements dans le traitement ont été suffisants pour changer complètement les choses et faire mentir de funestes pronostics.
Je voudrais ici vous indiquer comment la nature procède. Voyez s’accumuler autour d’un ulcère des fluides qui s’altèrent aussitôt et qui , devenus impropres , stagnent dans ce lieu , sans être repris par la circulation générale. Qu’en ferait, au reste, la nature? Elle sait qu’en les promenant d’une partie à une autre, elle corrompt ou peut corrompre le tout; et elle laisse
320 MANUEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, s’accomplir lentement la destruction , car c’est encore gagner du temps; dans d’autres cas, elle lutte près du foyer purulent, elle le cerne , construit un rempart , et ne se retire enfin un peu plus loin que lorsque ses efforts sont devenus insufBsants. Aidez-moi , semble-t-elle dire , venez à mon secours ; je n’ai qu’une somme de force , hfttez-vous de diminuer le fardeau qui m’opprime. Mais le médecin ne sait pas ou ne voit pas. Magnétiseurs , vous n’avez pas besoin d’une haute intelligence. Donnez de votre vie... C’est un sacrifice sans doute; mais vous imagineriez-vous que l’on fait les choses difficiles sans de puissants efforts? Un fou seul peut le penser, direz-vous; montrez- vous donc raisonnables en exigeant seulement l’équivalent de ce que vous donnez.
Peut-on se faire remplacer dans un traitement ?
Il n’est que bien peu de cas où le magnétiseur puisse, sans faire souffrir son malade, le remettre en d’autres mains. C’est un fait d’observation qui fut saisi dès les premiers temps. Mesmer, et Puységur, à son exemple, prenaient des précautions infinies. Ils magnétisaient celui qui devait les suppléer, afin de lui communiquer le ton de mouvement qu’ils avaient eiix-mèmcs.
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Celte pr»5caution , alors que les pensées qui animaient les magnétiseurs étaient homogènes , pouvaitsufflre j car l’action, rendue uniforme par ce moyen, n’apportait que peu de différence, assez pourtant pour que les malades la sentissent. Mais aujourd’hui que chacun a des idées à lui , son système, sa doctrine j qu’il est venu à l’esprit de tous de se croire aussi grands, plus grands que les maîtres, et de chercher partout des phénomènes en dehors de ceux qu’ils ont fait connaître, il ne saurait en être de même, et ce changement d’action affecte le malade d’une manière différente.
Ceci , dira-t-on , est contraire aux principes que vous avez établis. Vous avez dit que le magnétisme se comportait à la manière des autres agents physiques; que son action était Gxe, et que , quelles que fussent la croyance et les idées de celui qui l’exerce, les résultats étaient identiques. Oui, je l’ai dit, je le répéterai souvent, et voici en passant un fait qui le confirme :
Mandé un jour à l’Académie de médecine pour y magnétiser des malades devant plusieurs membres de ce corps, au lieude malades, je n’y trouvai que ces messieurs qui me mirent dans l’obligation de lessoumettre, eux académiciens, à l’action du
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magnétisme. Je leur fis observer qu’il s’agissait de malades : « Mais nous le sommes tous, » répondirent-ils, et un rire ironique efileurait leurs lèvres. Poussé à bout par cette plaisanterie que je trouvais déplacée,' je me promis de tourmenter autant que je le pourrais le premier d’entre eux qui serait sensible à mon action. Je n’avais, je dois l’avouer, aucune bonne intention. La personne que je magnétisai dans cette disposition était un médecin célèbre, M. Itard. Je le mis bien vite dans un état qui rendit ses confrères fort sérieux, et le laissai ainsi. Mais quelle ne fut pas ma surprise ! le lendemain il vint me voir, m’assura que je lui avais fait beaucoup de bien, qu’une affection intestinale fort ancienne avait subitement disparu, et qu’enfin il était venu à pied, lui qui ne pouvait depuis longtemps sortir qu’en voiture. Je le félicitai, en lui avouant que tel n’était pas mon désir, et que j’avais voulu seulement lui faire sentir énergiquement l’action magnétique.
Plusieurs fois depuis, des gens m’ont avoué qu’en les magnétisant dans le seul but d’expérimenter, ils avaientéprouvé des modifications henreuses dans leur état habituel. Un jeune homme qui avait un tic douloureux en fut ainsi débarrassé.