‹ Manuel de l'explorateur, procédés de levers rapides et de détail, détermination astronomique des positions géographiquesChapitre 8 sur 132 · Î. — MESURE DES DISTANCES PARCOURUES · texte numérisé non relu

Î. — MESURE DES DISTANCES PARCOURUES

2. Dans les levers d’itinéraires. — La mesure des distances parcourues se fait en comptant le nombre de pas. Si l’on connaît la longueur du pas, il suffit de muluplier cette longueur par le nombre précédent pour avoir la distance parcourue.

[Il nous faut donc connaître :

1° La longueur du pas.

2° Le nombre de pas que l’on a faits pour parcourir la distance.

3. Mesure de la longueur du pas. — La longueur du pas varie assez sensiblement avec les conditions de la route, si elle est en pente montante ou descendante, si le terrain est dur ou sablonneux. L'action du vent n’est pas non plus négligeable dans la plupart des cas, de même que l’état de fatigue plus ou moins grande de l'explorateur, On ne peut donc mesurer qu’une valeur moyenne de cette longueur. On pourra pourtant multiplier cette mesure dans des conditions différentes et l’on adoptera comme valeur celle qui paraîtra la plus probable dans les conditions où l’on se trouvera placé.

Cette détermination se fait en mesurant sur le terrain une longueur de 100" et en comptant le nombre de pas que l’on fait en la parcourant. On recommencera plusieurs fois cette expérience et l’on obtiendra la longueur du pas en divisant 100% par la moyenne des nombres obtenus.

Lk. Instruments donnant le nombre de pas. — L'explorateur ne peut s’astreindre à compter mentalement le nombre de pas. En plus des erreurs possibles, c’est là un travail fatigant, nécessitant une attention soutenue -au détriment de celle que l’on doit apporter au lever des détails environnant la route.

Il vaudra donc mieux employer soit des podomètres qui donnent immédiatement en mètres la distance parcourue, soit des compte-pas. Ces deux instruments sont construits suivant le même principe, mais nous ne préconisons pas l'emploi des premiers qui doivent être soumis à un réglage préalable assez délicat et se déran-

gent souvent au cours du voyage. [1 vaut mieux adopter

Fig. 1.

les compte-pas ( fig. 1), dont la construction plus simple

et plus robuste résiste mieux.

Le principe de cet instrument est le suivant : un le-

vier, équilibré par un ressort, actionne une roue dentée à chaque pas. Une grande aiguille, fixée dans l'axe de la roue, fait sur le cadran un tour complet au bout de 100 pas. Deux autres aiguilles, mues par des systèmes d’engrenages, enregistrent sur des cadrans plus petits les nombres de centaines et de milliers de pas.

L’instrument a la forme d’une montre et doit se porter dans le gousset ou dans la ceinture, bien appliqué au corps, de manière à n’enregistrer que les mouvements de la marche et non les oscillations accidentelles qui se produisent lorsque l'appareil est simplement pendu à la boutonnière.

Il est bon de porter sur soi deux ou trois compte-pas et de prendre, s'il ya divergence entre elles, la moyenne

de leurs indications.

5. Dans les levers de cours d’eau. — Si l’on connaît la vitesse de l’embarcation, 1l suffit de mesurer le temps que l’on emploie à parcourir une distance pour en déduire cette distance. Elle sera égale au produit de la vitesse, c’est-à-dire de l’espace parcouru en une seconde

par le temps exprimé en secondes.

6. Mesure de la vitesse de l’embarcation. — Pour mesurer la vitesse, on choisit une portion de rive à peu près droite et ayant au moins 200" de longueur. On marque par deux jalons ses extrémités et l’on mesure la distance de ces jalons aussi exactement que possible, à l’aide de la chaîne d’arpenteur dont nous expliquons plus loin l’usage | voir dans le Lever de détail (Mesure

de la base) |.

Après avoir placé l'embarcation dans les conditions d'armement et de chargement qu’elle présentera en cours de route, on parcourt à diverses reprises la distance qui sépare les deux jalons.

On note les heures, minutes, secondes et fractions de seconde de la montre au moment du passage au droit du premier et du second jalon. On fait la différence de ces heures en secondes. Les chiffres ainsi obtenus seront sensiblement les mêmes et l’on adoptera, comme valeur de la vitesse en mètres par seconde, le quotient de la division de la distance des deux jalons par la moyenne des différences.

Cette manière de faire suppose que le moteur donne constamment la même vitesse. Lorsqu'il s’agit de rameurs, on peut remplir à peu de chose près cette condition, grâce à une active surveillance et en multipliant les repos d’une façon convenable.

Mais si le transport se fait en canol à vapeur, les variations de la pression dans le générateur influent sur le nombre de tours de l'arbre de couche par minute et par suite sur la vitesse.

On fera, dans ce cas, une série d'expériences de parcours de la base, en réglant l'admission de la vapeur de facon à donner chaque fois un nombre de tours différent, depuis la vitesse normale jusqu’à la vitesse minima.

De ces résultats on déduira facilement un Tableau donnant la vitesse en mètres par seconde correspondant au nombre de tours par minute.

On aura soin de prescrire au mécanicien d'enregistrer dans le courant du lever, à intervalles réguliers et aux

changements de pression, les nombres de tours par mi-

nute donnés par le moteur. On pourra ainsi appliquer chaque fois, à la mesure de la distance parcourue, la vitesse convenable.

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