‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 2 sur 74 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

tumé de leur donner. Et il y en a enfin, tels que les Rollin et les d'Aguesseau, dont j'ai cru devoir « désencombrer » l'histoire. C'est un parti qu'il faut nous décider à prendre, de peur que l'attention ne se lasse, et surtout, qu'à voir ainsi défiler triomphalement tant d'auteurs, le sentiment des distinctions et des distances qui les séparent ne finisse par s'y abolir.

Ce livre étant un Manuel, — je dirais presque un Aide-Mémoire, — j'ai d'ailleurs disposé ces Notes de façon que chacune d'elles fût en son genre, et dans son cadre un peu étroit, mais aussi nettement délimité que possible, l'esquisse ou le « sommaire » d'une étude complète; et, naturellement, j'ai proportionné les dimensions de cette étude, aussi « mathématiquement » que je l'ai pu, à la véritable importance de l'écrivain qui en était le sujet. Je dis : mathématiquement, parce que nos goûts personnels, en pareille affaire, n'ont rien du tout à voir; et on n'écrit point une Histoire de la Littérature française pour y exprimer des opinions à soi, mais, et à peu près comme on dresse la carte d'un grand pays, pour y donner une juste idée du relief, des relations, et des "proportions des parties.

Et, — toujours afin que le livre fût plus utile, d'un secours plus efficace et plus constant, — j'ai donné à la Bibliographie une attention toute particulière. Qui scit ubi scientia sit, ille est proximus habenti :

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AVBKTISBEUENT VII

c'est un vieux proverbe qui n'a nulle part de plus juste application qu'en matière d'histoire littéraire. On trouvera donc, à la fin de chacune de CCS notices, l'indication presque complète des Œuvres, et des meilleures éditions des œuvres de chaque écrivain, avec leur date; et, en tête, l'énumération des principales Sources auxquelles on pourra, si l'on le veut, se reporter. Il faudra même que l'on s'y reporte : premièrement, parce qu'on ne saurait négliger ces sources sans s'exposera faire des découvertes qui n'en seraient pas; et puis, parce que les jugements mêmes que les contemporains et ceux qui les ont suivis ont portés sur les œuvres de nos écrivains se sont comme incorporés à l'idée que nous nous formons d'elles. La critique de Boileau, par exemple, et celle de Voltaire, sont inséparables de la notion de la tragédie racinienne. J'ai aussi essayé de classer ces sources, et de les distribuer d'une manière qui en fût la critique, mais cette classification est trop imparfaite encore, — et c'est pourquoi je n'y insiste pas.

Je n'ai plus qu'à m' excuser des erreurs que l'on ne relèvera que trop aisément dans ce livre. Je n'ai rien épargné pour qu'il ne s'y en glissât pas trop, ni de graves, ou de trop graves, car, en un certain sens, toute erreur de fait ou de date est grave, dans un Manuel qu'on s'était flatté de fonder sur

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une exacte chronologie comme sur sa base iné* branlable Mais le moyen de vérifier des milliers de dates et de contrôler des centaines de faits, que la mémoire ne s'y fatigue et que la vue même ne s'y brouille? Aussi acceplerai-je avec reconnaissance toutes les rectiflcations ou corrections que l'on voudra bien me faire passer. Un livre de cette nature ne devient tout ce qu'il peut être qu'à force de longueur de temps ; — et surtout qu'avec l'indulgence, et avec la collaboration du public.

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