‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 4)Chapitre 22 sur 85 · VI. — Jacques Amyot [Meluu, 1513; f 1593, Auxerrej · texte numérisé non relu

VI. — Jacques Amyot [Meluu, 1513; f 1593, Auxerrej

1» Les Sources. — Roulliard, Histoire de Melun; — Bayle, dans son Dictionnaire, article A.myot; — Abbé Lebœuf, Mémoires sur l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre; — De Blignières, Essai sur Amyot, Paris, 1851 ; — Léon Feugère, Caractères et Portraits du XVI^ siècle, Paris, 1859.

2o L'Homme et l'Éokivain. — Une page de Montaigne sur Amyot [Cf. Essais, II, chap. iv|. — L'origine et la jeunesse d'Amyot; — ses études; — ses préceptorats; — sa traduction du roman d Héliodore, 1547. — Il est nommé abbé de Bellozane. — Sa traduction de Diodore de Sicile, 1554 . — Sa mission au Concile de Trente [Cf. de Thou, Hisf. universelle, t. VIII]. — Il est nommé

LA FORMATION DE l'iDÉAL CLASSIQUE 6^

Ils ont manqué de critique ou d'esprit de discernement; et, dans leur impatience de produire, ils n'ont pas toujours connu les conditions de l'imitation féconde. Mais leur exemple n'a pas été perdu. Dans une littérature qui ne connaissait ni l'art de composer ni celui d'écrire, dont les chefs-d'œuvre n'avaient guère été jusqu'alors que d'heureux accidents, ils ont fait entrer pour la première fois le sentiment du pouvoir de la forme, ou du style; et ce n'est pas là tout le classicisme, mais c en est bien l'un des éléments ou des « facteurs » essentiels.

Que si nous rassemblons maintenant tous ces traits, — sentiment de l'art, glorification ou divinisation des énergies de la nature, et développement de l'individualisme,

— on a déjà vu qu'ils se tiennent étroitement entre eux. L'idée même d'une perfection qui dépasse, ou qui achève

précepteur des enfants de France, lo5'i; — Grand aumônier, JSGl ; — • et cvèque d'Auxcrre, 1570.

De quelques traducteurs antérieurs à Aniyot; — Lefèvre d Elaples cl sa traduction du Nouveau Testament, J523; — Lazare de Baïf et sa traduction de l'Electre, 1537; — Pierre Saliat et sa Iraduclion à' Hérodote, 1537. — L opinion de Thomas Sihilel et de Du lîellay sur la traduction des anciens; — et (jue veulent-ils dire quand ils estiment que « les translateurs nous apportent pins de profit que leurs auteurs mêmes? » — La traduction des poètes tarées dans les œuvres de la Pléiade [Cf. (iandar, Itonsard imitateur d'JIomcre et de Pindare]. — Des li aductcms de Plutartjue antérieurs il Amyot.

Du choix <lc Plutarque; — et à ccl «'{^ard d«- lOpinion (!«• (inchpics modernes [Dacier, Villemain, Ch. (îraux, dans son édition des Vies de Démosthène et de (]ir<''ronJ sur l'anleni' des Vies Parallèles.

— Attrait du j^enre hiograj>hi(|nc ; — hahilclé singulière de Plutarque à mettre ses héros a en scène )> ; — tendance morale de son œuvre. — Que, comme auteur d<' ses OKuvres morales. Plntarqut? a fait le tour des i<lées de son temps; — et. à <<• propos, d une supériorité des contemporains de ri''mpir<' stir les (•crivains plus classiques de la littérature ^'recijue. — On ne pouvait donc mieux offrir que PInlar(pje an\ ]e(l«'nrs du temps de la Ilenaissance.

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la nature, ne saurait se tirer que de l'observation de la nature, et se réaliser dans l'œuvre d'art qu'avec et par des moyens qui sont eux-mêmes de la nature. On notera d'autre part que, tous ensemble, et un à un, ces nirmcs traits s'opposent aux traits caractéristiques de l'esprit du Moyen-âge. Non seulement le Moyen-age n'avait pas eu le sentiment de la forme; mais il s'était constamment défié de la nature comme d'une maîtresse d'erreur ou d'une puissance ennemie de l'homme ; et l'esprit de sa politique n'avait tendu qu'à emprisonner l'individu dans les liens de sa corporation, de sa classe, ou de sa caste. Et puisque toute chose créée porte en soi, dans les conditions même de sa naissance, le germe de sa mort future, on n'oubliera pas enfin de remarquer que, de même que le sentiment de la forme pouvait rapidement conduire à

La traduction d Amyot ; — et s'il a fait plus de « deux mille contresens > ainsi que le disait Méziriac. — Opinion de Ch. Graux : « la traduction d'Amyot possède une véritable valeur philologique ». — Que ce point est d'ailleurs ici secondaire; — et que ce qui nous importe, c est la forme du Plutarque d'Amyot. — Naïveté, naturel, grâce et force de la traduction d'Amyot. — Comparaison de quelques endroits d'Amyot avec les endroits correspondants de Rabelais [dans son Pantagruel, III, chap. xxviii, cf. Traité de la Cessation des oracles]; — de Shakespeare [dans son Jules César, cf. Vie d'Antoine\', — de Joseph de Maistre [Traité des délais do la justice divine].

Dernières années de la vie d'Amyot. — Sa traduction des OEuvrcs morales et mêlées de Plutarque. — Amyot aux états de Blois. — Son rôle pendant la Ligue. — Sa rentrée à Auxerre et sa moi t. — Idée générale du service rendu par les traductions. — Dans ciuolle mesure les circonstances de la vie d'Amyot ont profité à son œuvre. — Une page de Rivarol sur l'utilité des traductions [préface de sa traduction de Dante]. — Longue influence du Plutavquc d'Amyot, et raisons de cette influence.

30 Les Œuvues. — Théagène et Chariclée, 15'i7 ; — Les Sept livres des histoires de Diodore Sicilien, 1554 ; — Daphnis et Chloé, 1559 ; — Les Vies des hommes illustres grecs et latins, P*^ édition, 1559;

l'idée d'une beauté indépendante de son contenu, ainsi la glorification des énergies de la nature pouvait mener à la justification de l'immoralité même; et le développement de l'individualisme à la destruction de la société.

Chose assez surprenante! cène fut pas l'Kglise qui s'en aperçut d'abord, ni même la Royauté. Les Papes, — quelques papes du moins, — goûtèrent vivement le noble plaisir de faire de la capitale de la chrétienté la capitale de la Renaissance; et, chez nous, François P'", le a Père des Lettres, » ou ne comprit pas la nature de la révolution qui s'opérait, ou ne s'attacha qu'aux profits qu'il en

2<î édition, 1565; 3^ édition, 1567. — OEuvres morales et mêlées de Plutarque, 1'^ édition, 1572; 2° édition, 1574; 3« édition, 1575. On a encore d'Amyot (juclques opnscules, comme le Projet de l'Eloquence royale, compo.sé pour Henri 111; et V Apologie où il se disculpe d avoir trempe- djins lassassinat du duc de (Juise.

La meilleure édition de sou Plutarque est celle de Vascosan [.'{•^édition des Vies et 2*^ des Olùisres mêlées] formant 15 volumes in- 18.

VIL —Jean Bodin [Angers, 1530; -{- 1593, [.aon|.

1° Les SotHCKs. — Haylc, dans son Dictionnaire, art. Bodin; — Niceron, dans ses Hommes illustres, I. XVll ; — Haudrillarl, liodin et son temps, Paris, 1853.

2" L'HoMMi-: KT i,'K<:hivain. — Pauvreté des renseignements. — Elait-il d origine Israélite? [VA. Ant. Possevini de quihusdani scriptis... judicium, 1583J. — Premières études de Hodin. — Il d<l)ule par une traduction des Cynégétiques dOppien. — Sa Réponse il M. de Malestroit, et les origines de lécononiie pi)liti<pie. — Sa Méthode pour la connaissance de l'histoire, el sa (pierelle avec Cujas. — Comment sa protestation contre I autorité du droit romain, — est du même ordre que les protestations de ses contemporains contre la souveraineté d Aristote.

pouvait immédiatement tirer. Mais quand on commença de voir de quelle corruption générale des mœurs cet orgueilleux élan était suivi, quand on comprit que ce que la philosophie de la nature mettait en péril, c'était en un certain sens le fondement môme de la société des hommes, il sembla que ce fût payer trop cher les miracles de l'art; — et la Réforme éclata.

Rien ne saurait être plus erroné ni d'une philosophie plus superficielle, que de se représenter la Réforme comme analogue en son principe à la Renaissance; elle en est précisément le contraire ; et le seul point qu'elles aient eu de commun c'est d'avoir, un court moment, travaillé l'une et l'autre à l'émancipation de l'individu. Elles ont donc, un moment, rencontré les mêmes ennemis en face d'elles, scolastiques et théologiens, et, un moment,

Sa République. Originalité de Bodin; — sa conception de l'histoire; — et que, pour l'apprécier, il convient d'avoir sous les yeux l'Utopie de Th. Morus et le Prince de Machiavel. — Il essaie de concilier la morale et la politique. — Sa théorie de \ Esclavage, livre I, chap. v; — son chapitre de la Monarchie, II, chap. ii ; — sa théorie des Révolutions, IV, chap. m; — sa théorie des Climats, V, chap. I. — Mélange en lui d'érudition et de crédulité.

— Si l'on peut dire qu'il ait eu 1 idée du Progrès [Cf. Sa Méthode, chap. VII. Confutatio eorum qui.... aurea sxcula ponunt; et sa République, Y, chap. i] ; — De Bodin comme précurseur de Montesquieu.

Autres ouvrages de Bodin ; — et comment l'auteur de la République se trouve être celui de la Démonomanie des sorciers et de \ Heptaplomeres. — De la croyance de ses contemporains à la sorcellerie; — et que les protestants n'y croient pas moins fermement que les catholiques; — Comment Bodin concilie-t-il sa croyance aux sorciers avec son scepticisme religieux? — Histoire de \ Heptaplomeres. [Cf. Guhrauer, dans son édition, 1841, Berlin.]

3° Les CEuvres. — Traduction [en latin] des Cynégétiques d'Oppien, 1555; — Methodus ad facilem historiarumcognitionem, 1566;

— Réponse aux paradoxes de M. de Malestroit sur renchérissement de toutes choses, 1568; — Six livres delà République.^ 1577;

elles ont combattu le même combat. Disons encore, si l'on le veut, que, pour détruire un état de choses abhorré, l'une et l'autre, et Tune après l'autre, elles ont pris ou cherché leur point d'appui contre le présent dans le passé. Mais là s'arrêtent les ressemblances. Et, déjà, combien la seconde est-elle trompeuse si, tandis cpie la Renaissance ne tendait qu'à déchristianiser le monde pour le rendre au paganisme, tout au contraire, ce que la Réforme a tenté, c'est justement de ramener le christianisme à la sévérité de son institution primitive? Faut-il rappeler à ce propos les paroles si souvent citées de Luther? « Nous autres Allemands... nous sommes comme une toile nue, mais les Italiens sont peints et bariolés de toutes sortes d'opinions fausses... Leurs jeûnes sont plus splendides que nos plus somptueux festins... Si nous dépensons un florin en

— La Démonomanic des sorciers, 1582; — Amphitheatrum natiirx, 1596; — Ileptaplomcres. Ce dernier ouvrage est deineuré manuscrit jusqu'à l'édition qu en a donnée M. Guhrauer, en 1841.

Il n'existe pas d'édition moderne des œuvres de J. Bodin.

ir Lks Ohio im-s nu thkatui: cmass kju i:. Vin. — La première époque du théâtre classique [ 1532-1570].

1° Les SouKCi:s. — Les frères Paifaiel, Histoire du théâtre français; — L Ancien théâtre français, publié par VioUet-le-Duc :

— Ebert, Knlivicliclungsgeschichtc der franzôsischen Tragiidie, 1856, GoCha; — ICdelestand du Méril, Du développement de la tragédie en France, l'aris, 1869; — Kmile Faguet, I,a tragédie française au xv!*" siècle, Paris, 188l{.

2" Les Auteuhs i:t i.k u^ivki.oi'I'KMKNT i>i: i.a tha(;îI)Ii:. — L'arrôt du Parlement de Paris [17 novembre 15'i8] portant interdiction aux confrères de la Passion <le « jouer le Mystère de la Passion Notre Sauveur, ou autres Mystères Sacrés » ; — et si le Parlement, en rendant cet arrêt, a voulu sacrifier les Mystères « à lentliousiasme païen des poètes d<' la rs\)uvelle l'cole » ? — Origines italiennes du théâtre classique. — Les Triomphes de Pétrarque [Cf. notamment le Triomphe de l'Amour et le Triomphe de la lienom-

habits, ils en mettent dix à un vêtement de soie... Ils célèbrent le Carnaval avec une inconvenance et une folie extrêmes. » [Cf. Michelet, Mémoires de Luther \ et Merle d'Aubigné, La Ré formation au temps de Luther.] Comment pourrait-il mieux dire que ce qui l'a transporté d'indignation dans Rome, c'est le spectacle même de la Renaissance? Bien loin d'avoir aucune prise sur lui, les splendeurs des arts, la magnificence des fêtes, le luxe des habillements l'ont justement enfoncé dans le schisme. Et en prêchant la Réformation, ce n'est pas seulement la Papauté qu'il a combattue comme telle, ni le catholicisme, c'est l'esprit même de la Renaissance qu'il a voulu détruire et dont il a failli triompher.

Je ne sais si la même intention n'est pas plus manifeste encore dans Toeuvre de Calvin. Nous le comptons,

mee]; — La Soplionishe du Trissin, 1515; — La tragédie en Italie de 1515 à 1550 [Cf. Ginguené, Histoire littéraire d Italie, t. YI, ch. 19, 20 et 21] ; — les traductions de Lazare de Baïf [Electre et Ilécuhe] ; de Bonaventure des Périers [lAndrienne] ; de Ronsard [\e Plutus]; — les représentations dans les collèges; — la Cléopntre de Jodelle, 1552. — Hésitation de la Pléiade entre la tragédie et la comédie.

La tragédie l'emporte, grâce à la Poétique de Scaliger, 1561 ; — grâce à la popularité des tragédies de Sénèque; — et grâce enfin au succès du Plutarque d'Amyot,

La Mort de Jules César, de J. Grévin, 1560; — La détermination des caractères de la tragédie [Cf. Scaliger, Poetices libri septem. , livre I; ch. 5, 6, 8, 9, 11, 16]; — Le choix des sujets. — La règle des unités. — Jean et Jacques de la Taille. — De l'uiiilé de ton dans la tragédie de la Renaissance. — De l'avantage que l'on trouve à traiter des sujets connus, et même d«^jà traités. — L'emploi de l'histoire dans la tragédie. — D un mot d'Amyot sur les « cas humains représentés au vif ». — L'orientation de la tragédie classique est déterminée dès 1570.

3" Les Œuvres. — De Jodelle : Cléopdtre. Didon et \ Eugène; — de Jean de la Taille, Médée, 1554; — de Ch. Toutain, Agamemnon, 1556; — de Jacques Grévin, La Mort de César, 1560; — de Gabriel

avec raison, pour run de nos grands écrivains, et Vlnstitution Chrétienne est un des beaux livres du xvi'' siècle. Mais assurément on n'en imagine point qui puisse différer davantage du Pantagruel de Rabelais, et on n'en saurait nommer qui soit moins « confit en mépris des choses fortuites », ni qui respire moins de confiance dans la bonté de la nature. Personne, moins que Calvin, n'a cru qu'il fût possible à l'homme de se tirer, sans l'aide et le secours d'en haut, de son « ordure » native, ou de s'empêcher d'y retomber perpétuellement. Personne, moins que lui, n'a cru qu'il nous fût permis de nous abandonner à la liberté de nos instincts, et de borner à la joie de les rassasier Tunique ambition de notre destinée. Personne, moins que lui, n'a cru que la liberté même nous eût été donnée pour en user, et, au contrai te, il en a vu le véri-

Bounyn, La Sultane, 1561 ; — do F. Le Duchat, Agamemnon, 1561 ;

— de Jacques de la Taille, Daive et Alexandre, 1562; — do N. Filleul, Achille, 1563 et Lucrèce, 1567; — de Florent Cioslien, La fille de Jephté, 1567; — de Jacques de la Taille, Saiïl le Furieux,

Peu «le ces œuvres, à l exception de celles de Jodelle, ont été réimprimées de nos jours. Il existe cependant une l'dilion nxxlerne de la Mort de César, Marhurg, 1886.

IX.— Robert Garnier! La Ferlé-licrnard, la.T. :-]- I5'.K), LoMans;.

1* Les Solrcks. — Niceron, dans ses Hommes illustres, t. XXI ;

— A. Eberl, Ent^vickelun^sgeschichte des franzusischen Tra~ gOdie, Gotha, 1856; — l'niile Fagnet, La tragédie française au wi*^ siècle, Paris, 188:{: — P. Hernago, htude sur Itohert Carnier, Paria, s.d.

2" L lloMMK KT m: PoiVri:. — j-^xtraord inaire popularitt* des tragt'- <lies de (iarnier ; — plus de quarante éditions en moins de (piarante ans, de 1580 à 1616; — et ont-elles ét«'' représentt'cs .' — Ses tragédies romaines : l'orcie, Cornélie, Antigone; — <'t <pi'ell«'s sont de Ihisloire toute crue, mêlée <l intermèdes lyri<pies et descriptils (Cf. Les chœurs; et dans Porcic : Description des Enfers, v. 'i5-66. ; Description des figes de l'humanité, v. 725 et suiv. ; Les travaux d lier-

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table emploi dans son abdication. Voilà pour le fond. Mais quant à la forme, aucun livre n'est beau, dans sa sévérité monumentale, d'une beauté moins « esthétique », pour ainsi dire, ou plus logique que le sien. Dans aucun livre l'art n'a consisté plus manifestement à savoir s'en passer, et à se priver de tous les moyens, même les plus légitimes, d'intéresser la sensibilité du lecteur à la vérité de la doctrine que l'on enseigne. Dans aucun livre enfin une pensée d'ailleurs plus ferme n'a revêtu, comme dit Bossuet, un style plus « triste » pour s'exprimer; — et je pense qu'il veut dire un style plus capable de décourager le lecteur. C'est également ce que pensa Ronsard, heurté, choqué, blessé dans tous ses instincts d'art par ce sombre puritanisme ; et je me trompais tout à l'heure en disant que YInstitution Chrétienne ne diffère d'aucun livre plus

cule, V. 1076-lllOJ. — Abondance des traductions. — Influence de Sénèque. — Tragédies grecques : Hippolyte, Antigone et la Troade;

— Comment, dans celle dernière pièce, Garnier fond ensemble, l'Hercule dEuripide. ses Troyennes, et les Troyennes de Sénèque. —

— Analyse â'Hippolyte. — Kflbrt sensible du poète vers la psychologie [Cf. Ilippolyte, vers 5'i5-690; vers 1360 et suiv. ; vers 1963- 2150]. — La première tragi-comédie : Bradaniante. — Que la Bradamante de Garnier marque un moment décisif dans l'histoire du théâtre : la tragédie « recule » et cède la place à la tragicomédie. — Coup d'oeil sur l'état du théâtre en Europe à la môme époque. — Si cette éclipse de la tragédie est ou non un symptôme d'émancipation à l'égard des anciens? — Qualités des tragédies de Garnier : — noblesse de son imagination ; — son style est celui de l'école de Ronsard. — Comment d'ailleurs il s'est trompé sur la nature de l'action dramatique; — sur les moyens d'intéresser le public ; — et sur le choix de ses modèles.

3° Les Œuvres. — Elles se réduisent presque à ses tragédies : Porcie, 1568; — Ilippolyte, 1573; — Cornélie, 1574; — Marc- Antoine, 1578; — La Troade, 1579; —Antigone, 1580; —Bradamante, 1582 (tragi-comédie); — et les Juives, 1583.

On cite encore de lui une Épitre au roi (Henri III) ; — et son Elégie sur le trépas de Ronsard.

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que du roman de Rabelais : elle diflere pour le moins autant des Sonnets à Cassandrc, de VOde à Vlfospilal et de V Hymne de l'Or.

Mais c'est aussi pourquoi nous ne nous étonnerons pas de la résistance que la Réforme a rencontrée d'abord en France. La France ne s'était pas émancipée de la domination de la scolastique pour retomber aussitôt sous la tyrannie du puritanisme protestant. Elle n'avait pas goûté aux séductions de Tindépendance et de l'art pour s'en laisser désormais sevrer. Elle n'avait pas rejeté ce qu'elle trouvait de trop a germanique » dans sa constitution, sous les espèces du système féodal, pour y réintégrer, sous les espèces du protestantisme, quelque chose d'aussi « germanique )) pour le moins. Car c'est encore un point par où l'esprit de la Réforme s'oppose à celui de la Renais- Une excelleute édition du T/icdtrc de Bohert (jû rnier iv vlv dounôe par M. \Vcnd('lin Forstor, '» vol., Hcilhronn, 1882-188'i.

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