II. — Pierre-Jules-Théophile Gautier [Tarbes, 1811 ; f
Paris].
1° Les Sources. — Vte de Spoelberch de Lovenjoul, Histoire des œuvres de Théophile Gautier^ Paris, 1887.
Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, t. VI, 1863; — Emile Montégut, Nos morts contemporains, t. II, 1865; — Charles Baudelaire, l'Art romantique, 1868; — Emile Bergerat, Théophile Gautier. Entretiens et Souvenirs, Paris, 1877 ; — Emile Zola, Documents littéraires, Paris, 1881; — Maxime du Camp, Souvenirs littéraires, Paris, 1882-1884; et Théophile Gautier, dans la collection des Grands Écrivains français, Paris, 1890 ; — Emile Faguet, Études sur le xix® siècle, 1887, Paris; — F. Brunetière, Questions de critique, 1887; et l'Évolution de la Poésie lyrique, t. II, 1893; — Maurice Spronck, les Artistes littéraires, Paris, 1889.
2° L'Artiste. — Longue injustice de la critique à l'égard de Théophile Gautier; — et sur quoi fondée : — l'étendue et la diversité de son œuvre ; — son air de négligence ou d'improvisation ; —
de commun avec l'artiste ». Ou, en d'autres termes : la nature et l'histoire sont sous nos veux comme des modèles, et puisque notre « opinion » d'un jour ne les empêchera pas d'être ce qu'elles sont, ce qu'elles étaient avant nous, ce qu'elles seront quand nous ne serons plus, nous ne devons donc employer tous les moyens de Fart qu'à les faire vraies et ressemblantes. L'imitation, ou pour dire quelque chose de plus, la reproduction de la nature, tel doit être l'objet de l'art; la soumission au modèle, tel en est le moyen; et l'anéantissement de la personnalité de l'artiste dans la vérité de sa création, tel en sera le triomphe. Songe-t-on à Shakespeare quand Othello tue Desdémone, et les lecteurs de VOdyssée se
et le scrupule avec lequel il s'est renfermé dans son « métier » de poète et de conteur. — Indignation pédantesque d'Edmond Scherer à cette occasion; — et reproche qu'il fait à Gautier de « n'avoir pas eu d'idées ». — Qu'en effet Gautier n'a pas eu d'idées politiques ou théologiques ; — mais il en a eu sur son art, ou sur l'art en général; — de très précises, de très fécondes; — dont il a donné de très heureuses formules [Cf. ses Notices sur Balzac, sur Baudelaire, son Rapport sur la poésie, etc.]. — Et c'est pourquoi son rôle, dont l'importance pouvait échapper aux yeux il y a trente ou quarante ans, — est devenu considérable, — à mesure que l'on discernait mieux les rapports et les éléments communs ou contradictoires du romantisme et du naturalisme.
C'est ainsi qu'apparaissent et se déclarent ouvertement en lui f. les Grotesques et le Capitaine Fracasse] — les affinités du omantisme avec l'école, non pas de Ronsard, — comme l'a enseigné erronément Sainte-Beuve, — mais avec l'école des Scarron et des Saint-Amant; — et à cet égard, toute une partie de son œuvre n'est qu'une « illustration » ou une « démonstration » de la Préface de CromwelL — La grande ambition romantique a été de fondre ensemble le sublime empanaché du Cid-, — et le comique extravagant de Dont Japhet d'Arménie. — C'est bien encore Théophile Gautier qui a formulé la doctrine de « l'art pour l'art » ; — et, si la doctrine est d'ailleurs discutable, — les premiers effets ne laissent pas d'en avoir été excellents. — La doctrine de l'art pour l'art a enlevé le poète à l'éternelle contemplation de lui-même ; — elle
soucient-ils de savoir quel était Homère? Si les mots sont plus ambitieux, — depuis que le romantisme en a élevé le diapason, — nous n'avons pourtant pas de peine a recon* naître ici des idées qui furent chères jadis aux plus illustres de nos classiques; et en efTet, pour la simplicité du plan comme pour la force de l'expression, il n'y a pas de roman plus « classique » que Madame Bovary. Je ne sache pas qu'il y ait non plus de plus beaux vers que ceux de Leconte de Lisle : j'entends encore de plus « classiques ». Et quand je cherche dans l'histoire à quoi je pourrais comparer le Demi~Monde, je remonte le cours du siècle, je suis obligé d'en sortir, et je ne trouve à m'arrêter qu'aux environs du Barbier de Sés>ille ou de Turcaret,
l'a replacé en présence d'un « monde extérieur » dont le romantisme avait altéré le sens; — et elle a réveillé en lui le sentiment du pouvoir de la forme. — Que sous ce rapport, et en tenant compte de la différence des temps, — il y a du « Malherbe » ou du a Boileau » dans l'auteur à' Emaux et Camées ; — et qu'il a bien été le législateur d'un nouveau Parnasse. — Et c'est enfin lui, Théophile Gautier, non pas Hugo ; — ni aucun des autres romantiques ; — qui a opéré dans l'art de décrire [Cf. Espana ou, en prose, le Roman de la momie] — la révolution v pittoresque », annoncée ou pressentie mais non pas réalisée par Sainte-Beuve. — Il y a un art de voir ; — et, indépendamment de l'émotion qu'elles nous procurent, il y a dans les choses, — et surtout dans les choses humaines, — ce que d'autres, avant nous, y ont mis. — C'est ce qu'il y faut tâcher de voir; — et, sans nous soucier de nous ni de notre plaisir, — en savoir dégager « sous l'aspect de l'éternité ».
Que Théophile Gautier y a plus d'une fois réussi ; — et qu'à ce propos il est étrange que des nouvelles comme le Roi Candaule, ou Arria Marcella, ou le Roman de la momie, — ne soient pas estimées à l'égal au moins de Carmen ou de Colomba. — Les Voyages de Théophile Gautier; — et si l'on considère la date du premier : 1839, 1840, — qu'ils semblent avoir été pour lui-même la révélation de son genre de talent. — Ses trois recueils de Poésies : Alhertus, — Espana, — Émaux et Camées; — et que c'est là surtout qu'on s'aperçoit du « manque d'idées » qu'on lui reproche. — On remarquera que la même aventure était arrivée
Mais voici la diEFérence, et, — pour ne rien dire de la richesse et de la diversité de sens dont le mot même de « nature » s'est chargé depuis deux cents ans, — ce n'est plus le « sens commun », ni le « monde », ni « l'intérêt social », qui sont désormais juges de la vérité des représentations de l'art : c'est la science; et la même est un second caractère du nouveau naturalisme. La vérité n'est pas ce qui paraît, mais ce qui est; et, dans des conditions rigoureusement définies, un seul peut avoir raison contre tous. Qu'est-ce k dire? et le roman de Flaubert, la poésie de Leconte de Lisle, le théâtre d'Alexandre Dumas sontils donc « œuvre scientifique » ? C'est en tout cas ce que croient leurs auteurs, et ils le disent en termes exprès :
aussi à Malherbe, — dont nous avons quelques très beaux vers, comme il y en a de Gautier ; — mais dont la valeur de « critique » et de grammairien, — ainsi que de « versificateur », — dépasse de beaucoup la valeur d'écrivain.
3o Les Œuvres. — Les Œuvres de Gautier, — qui n'ont pas été réunies en Œuvres complètes ^ ni ne le seront sans doute jamais, à cause qu'elles ne rempliraient pas moins de soixante ou quatrevingts-volumes, — se composent :
1^ De ses Poésies, dont les premières ont paru sous ce titre en 1830; — pour être suivies d'Albertus, 1833; — de la Comédie de la morty 1838; — et réunies en 1845 avec Espana sous le titre de Poésies complètes. — Il y faut joindre Émaux et Camées, 1852;
2^ Ses Romans, Contes et Nouvelles, dont les principaux sont ; les Jeunes France, romans goguenards, 1833 ; — Mademoiselle de Maupin, 1835 ; — Fortunio, 1837 [publié sous le titre de VEldorado]; — ses Nouvelles, 1845 ; — ses Romans et Contes, 1857; — le Roman de la momie, 1858; — et le Capitaine Fracasse, 1863;
30 Ses Récits de Voyage, — Tra los montes [Voyage en Espagne], 1843 ; — Constantinople, 1853 ; — Italia ; — Voyage en Russie, 1867 ;
4° Ses Œuvres de critique : A. Critique littéraire, dont les principales sont : les Grotesques, 1853; — son Rapport sur les progrès de la poésie, 1868; — le recueil d'articles anecdotiques et biographiques intitulé ; Histoire du romantisme, 1874; — et diverses Notices, dont les plus intéressantes sont la Notice sur H. de Balzac et la Notice sur Charles Baudelaire; — B. Critique dramatique,
« L'art et la science, a écrit Leconte de Lisle, longtemps séparés par suite des efforts divergents de Tintelligence, doivent désormais tendre h s* unir étroitement y sinon à se confondre. L'un a été la révélation primitive de l'idéal contenu dans la nature extérieure ; l'autre en a été l'exposition lumineuse et raisonnée. Mais l'art a perdu cette spontanéité primitive; c^est à la science de lui rappeler ses traditions oubliées qu'il fera revivre dans les formes qui lui sont propres » [Cf. Poèmes Antiques^ 1852, préface de la première édition]. Et, de fait, s'il y a dans notre langue une poésie que l'on puisse appeler « scientifique » n'est-ce pas celle de Leconte de Lisle? Mais qui a mieux senti que l'auteur de V Histoire de la Littérature anglaise
doDt on n'a rassemblé qu'une partie, sous le titre d'Histoire de Vart dramatique depuis vingt-cinq anSy 6 volumes, 1858-1859, Paris ; — C. Enfin son œuvre de critique d'art.
On a encore de lui quelques essais dramatiques, notamment des livrets de ballet, et une foule de publications de circonstance.
m. — Emile Augier [Valence, 1820;+ 1889, Paris].
lo Les Sources. — Emile Montégut, Dramaturges et romanciers, 1878; — Emile Zola, Nos auteurs dramatiques, 1881; *— Hippolyte Parigot, le Théâtre d'hier, Paris, 1890; — René Doumic. Portraits d'écrivains^ Paris, 1892; — Maurice Spronck, Emile Augier, dans la Revue des Deux Mondes du 1^"^ octobre 1895.
On consultera de plus, pour Augier, comme pour les auteurs dramatiques de cette période, en général, les feuilletons de Théophile Gautier dans la collection du Moniteur; — Jules Janin dans le Journal des Débats', — et Francisque Sarcey dans le Temps.
Ceux de M. Jules Lemaître ont été réunis en volume sous le titre d'Impressions de théâtre.
2° L'Auteur dramatique. — Ses débuts. — Le « lieutenant » de François Ponsard et « l'École du Bon sens ». — Que s'il a plu à l'auteur de la Ciguë, 1844, de V Aventurière, 1848, et de Gahrielle, 1849, de se réconcilier sur ses vieux jours avec le romantisme, — toutes ces premières pièces n'en ont pas moins été dirigées contre les romantiques; — et Diane en particulier n'est que Marion Delorme refaite par un a homme de bon sens » ; — de même que
ce qu'il y a de poésie dans la science? Aussi Ta-t-il hardiment déclaré : « Pour atteindre à la connaissance des causes permanentes et génératrices, Thomme a deux voies : la^ première^ qui est la science, par laquelle dégageant ces causes et ces lois fondamentales il les exprime en formules exactes et en termes abstraits ; la seconde, qui est l'ar^ty par laquelle il manifeste ces causes d'une façon sensible, en s'adressant non seulement à la raison, mais au cœur et aux sens de l'homme le plus ordinaire » [Cf. Philosophie de VArt, t. I, 53]. Il se pourrait, après cela, que ces rapprochements fussent plus spécieux que solides, et n'y en eût-il qu'un à produire, on voudrait un exemple au moins de ces (c anticipations » de l'art sur la science.
Gabrielle n'est qu'une dérision bourgeoise des héroïnes de George Sand. — C'est comme adversaire du romantisme que les admirateurs d'Augier l'ont accueilli d'abord ; — et s'il a d'ailleurs paru un moment se réconcilier avec les romantiques, — en collaborant avec Jules Sandeau, — dans la Chasse au JRoman, 1851, la Pierre de touche j 185'*, et le Gendre de M. Poirier, 1854, — il n'a pas tardé à se trouver dépaysé dans ce genre de la comédie sentimentale et moyenne. — Et c'est finalement, en prenant position et parti contre le romantisme, — dans le Mariage d'Olympe j 1855, les Lionnes pauvres f 1855, et la Jeunesse, 1858; — qu'il a conquis son originalité.
Elle consiste essentiellement dans la verve un peu brutale qu'il a mise au service de certaines idées; — qu'on ne défend d'ordinaire qu'avec un peu d'hésitation ou de timidité; — parce qu'elles sont effectivement aussi banales que justes. — Il a par exemple solidement établi que « bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée », — et que l'amour ne refait point la virginité des courtisanes. — Il a également démontré que les gens dits d'affaires manquaient assez souvent de scrupules [Cf. les JËffrontés] ; — et que les intrigants finissent quelquefois mal [Cf. la Contagion]; — et tout cela, si ce n'était pas du contre-romantisme, — c'était cependant autre chose que le romantisme. — En second lieu, pour en faire du réalisme, — il a imaginé des intrigues « actuelles » ou contemporaines; — dont les personnages étaient imités de ceux de Balzac [Cf. les Effrontés, le Fils de Gihoyer, Maître Guérin], — ou
Mais il faut avouer que nos classiques ne s'étaient pas avisés d'unir, de solidariser, ou de confondre ainsi la science et l'art, si même on ne doit dire qu'il les avait constamment opposés l'un a l'autre; et la remarque a son intérêt, en soi, et puis comme nous mettant sur la voie d'une autre différence, plus profonde, — et non moins caractéristique du « naturalisme ».
C'est en effet un troisième caractère du naturalisme contemporain que celui qu'il a lui-même nommé du nom d' « impassibilité », et qu'il faut définir, non pas du tout par le manque de sensibilité, mais par le désintéressement le plus complet de tout ce qui n'est pas l'art ou la science. Le savant, dans son laboratoire, s'indigne-t-il
de ceux d'Eugène Sue [Cf. Lions et Renards] ; — et parmi lesquels il y en a deux ou trois d'assez cnergiquement caractérisés. — Il a donné, comme Balzac encore et sur ses traces, — une importance nouvelle à la question d'argent, — en en faisant le fond de la pièce, — au lieu d'un simple moyen de théâtre, qu'elle était dans le théâtre de Scribe. — Pour achever la ressemblance, il a généralement emprunté son décor à la vie ambiante; — affaires industrielles [Cf. les Effrontés], découvertes ou inventions scientifiques [Cf. Un beau mariage, Maître Guérin], événements politiques [Cf. le Fils de Giboyer]. — Enfin, et en troisième lieu, ce qui n'est plus du Balzac, — mais ce qui n'a pas été le moindre élément de son succès, — il s'est posé en « bourgeois de 1789 » ; — ennemi des vaines distinctions; — ne respectant en tout que « le mérite personnel » ; — et anticlérical à la manière de Béranger {Cf. le Fils de Giboyer, Lions et Renards"]. — Et, sans doute, c'est €e que l'on prétend louer en lui quand on le met a de la famille de Molière ».
Mais son mérite proprement dramatique n'est pas beaucoup audessus de celui d'Eugène Scribe; — et on a trop vanté son mérite •d'écrivain; — sa « robuste franchise » et sa « mâle correction ». — Son vers est étrangement prosaïque, excepté peut-être en quelques endroits de Philiberte ou de V Aventurière] — et sa prose manque •en général d'accent; — si d'ailleurs elle est assez naturelle. — Ses moyens sont souvent très artificiels; — et ses intrigues bien romanesques [Cf. le Gendre de M, Poirier, le Mariage d'Olympe,
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contre les poisons qu'il manipule; et que lui importe la valeur économique on morale des animaux qu'il dissèque? Un fait n'est à ses yeux qu'un fait : il le constate et n'en juge point. Pareillement l'artiste. C'est pourquoi, si Dumas fils, en qui revit et se continue quelque chose de son romantique de père, a une opinion sur Suzanne d'Ange [Cf. le Demi-Monde], Flaubert n'en a pas sur son Emma Bovary, ni sur Salammbô, ni sur son Frédéric Moreau [Cf. P Education sentimentale], n'en veut pas avoir, et se fâche quand on lui en demande une. « Quant à laisser voir mon opinion sur les gens que je mets en scène, écrivait-il à George Sand, non, non, mille fois non! Je ne m'en reconnais pas le droit. Si le lecteur ne
Un beau mariage, Maître Guérin, les Fourchambault]. — On ne voit pas non plus qu'il ait soupçonné l'existence des grandes questions ; — et la pensée fait défaut dans son œuvre. — Elle n'en demeure pas moins celle d'un fort honnête homme ; — qui a bien aimé son métier d'auteur dramatique; — dont les ambitions littéraires n'ont pas dépassé la capacité; — et qu'on ne saurait enfin mieux caractériser qu'eu le comparant, — pour ses défauts comme pour ses qualités, — à l'auteur de Turcaret et de Gil Blas.
3* Les œuvres. — En dehors de son Théâtre, les Œuvres d'Emile Augier se réduisent à deux recueils de Poésies : Poésies complètes d'Emile Augier, Paris, 1852, Lévy; — et les Pariétaires, Paris, 1855, Lévy; — et à quelques brochures de peu d'intérêt.
Son Théâtre se compose en tout de 29 pièces, dont, on ne sait pourquoi, il en a éliminé deux de l'édition de son Théâtre complet : la Chasse au roman, 1851 ; — et les Méprises de l'amour, 1852. Pour plusieurs autres de ses pièces il a eu des collaborateurs : Musset pour l'Habit vert, 1849 ; — Jules Sandeau pour la Pierre de touche, 1853, et pour le Gendre de M. Poirier, 1854; — Edouard Poussier pour les Lionnes pauvres, 1858, et pour Un beau mariage, 1859; — enfin Eugène Labiche pour le Prix Martin, 1876.
Celles qui lui appartiennent en propre sont donc : en vers, la Ciguë, 1844; Un homme de bien, 1845; l'Aventurière, 1848; Gabrielle, 1849; Sapho (opéra, musique de Gounod, 1851]; le Joueur de flûte, 1851; Diane, 1852, Philiberte, 1855; /a Jeunesse,
tire pas d'un livre la moralité qui doit s'y trouver, c'est que le lecteur est un imbécile, ou que le livre est faux au point de vue de l'exactitude » [Cf. Correspondance^ t. III]. C'est ce que pensait aussi l'auteur des Poèmes Antiques. « Le poète, a son avis, devait voir les choses humaines comme on verrait un Dieu du haut de son Olympe, les réfléchir sans intérêt dans ses vagues prunelles, et leur donner, ai^ec un détachement parfait^ la vie supérieure de la forme » [Cf. Th. Gautier, Rap~ port, etc.]. Et, de savoir si Lecontc de Lisle y a toujours pleinement réussi, ce serait une autre^ question ; mais il y a tendu; et le développement de cette tendance n'est autre chose que la doctrine de « l'art pour l'art ».
1858; et Paul Forestier, 1868; et en prose : le Mariage d'Olympe, 1855; Ceinture dorée y 1855; les Effrontés y 1861; le Fils de Gihoyery 1863; Maître Guérin, 1864; la Conlagionj 1866; le Post-Scriptum, 1869; Lions et Renards, 1870; Jean de Thommeray [d'après une nouvelle de Jules Sandeau], 1874; Madame Caverlet, 1876; et les Fourchambault, 1878.
La dernière édition de son Théâtre complet [revue et corrigée, selon l'antique usage] est celle de 1889, en sept volumes, Paris, Calmann Lévy.