III. — Alexandre Hardy [Paris, 1570; f 1631, Paris
10 Les Sources. — Les frères Parfaict, Histoire du théâtre français] — Ad. Ebert, Entwickelungsgeschichte, etc., déjà cité plus haut, pages 71 et 73; — Édelestand du Méril, Evolution de la tragédie française, etc. ; — E. Lombard, Étude sur Alexandre Hardy, dans la Zeitschrift fur neufranzôsische Literatur, t. I et II, 1880- 1881; — Eugène Rigal, Alexandre Hardy et le théâtre français, Paris, 1889.
2° La. Seconde Époque du théâtre Français. — Qu'Alexandre Hardy peut être considéré comme un de ces a irréguliers » ou de CCS « attardés » qui continuent les mœurs littéraires de l'âge précédent. — Le « comédien de campagne » au commencement du xvii<^ siècle [Cf. Scarron, dans son Roman coinique\ S. Chappuzeau, le Théâtre français] et H. Chardon, la Troupe du Roman comique, Le Mans, 1876]. — De l'état du théâtre aux environs de 1610. — Organisation matérielle, acteurs et spectateurs [Cf. surtout Eugène Rigal, loc. cit. et sa brochure : Esquisse d'une histoire des Théâtres de Paris de 15^8 à 1653, Paris, 1887]. — L'invraisemblable fécondité d'Alexandre Hardy.
De la concurrence des formes dramatiques dans le théâtre d'Alexandre Hardy. — Le mot d'Aristote : TpaYwSta, TtoXXàç (/.srago- Xàç {j.eTaoaXouaa, kizû autriç ttjv çuaiv ^(T^e, eitauaaTO- — Pastorales, tragédies et tragi-comédies. — Qu'en histoire littéraire comme dans la nature, la concurrence est d'autant plus âpre que les espèces sont plus voisines. — Confusion croissante du dramatique avec le
LA NATIONALISATION DE LA LITtÉrATUME 117
obligé l'écrivain à secouer la poussière de sa bibliothèque ou de sa a librairie » ; elles lui ont imposé quelquesunes des exigences de leur sexe; et, par là même, une littérature jusqu'alors presque purement érudite est devenue déjà mondaine.
Elle l'est également devenue, et presque en même temps, grâce à elles, par un air de décence et de politesse qui lui manquait encore. Ce que les libertins et les irréguliers de la régence ne revendiquaient pas moins hautement que la liberté de suivre en tout leur fantaisie, c'était celle aussi de s'attarder dans les habitudes et dans la tradition du pire esprit gaulois. On voulait être grosromanesque ; — et que le « père du théâtre français » n'a rien débrouillé du tout; — si à tous égards, et sauf en un seul point, ses tragédies sont en retard sur celles de Robert Garnier. — Leur manque absolu de valeur littéraire. — Elles sont à peu près à la tragédie classique ce que les mélodrames de Guilbert de Pixérécourt seront un jour au drame romantique de 1830. — Que, pour s'y intéresser, il faut les considérer comme des « expériences » à la recherche des lois ou des conditions du théâtre futur; — et aussi comme un témoignage de la recrudescence de l'influence espagnole ou italienne.
Qu'en se plaçant à ce point de vue il faut reconnaître à Alexandre Hardy le mérite, et c'en est bien un, d'avoir transformé un divertissement de collège en une action publique. — Il a également essayé de difl'ércncicr la tragi-comédie de la tragédie. — Digression à ce sujet, et de quoi dépend la différence des deux genres? — Il semble que ce soit de la condition des personnes; — de la nature du dénouement; — et de la réalité des personnages dans l'histoire. — Hardy a-t-il eu le sentiment de l'importance de l'histoire dans la tragédie?
3° Les Œuvres. — Nous avons de Hardy quarante et une pièces, qui sont : une interminable tragi-comédie de Théagène et Chariclée, tirée du roman d'Héliodore, en huit journées; — onze tragédies empruntées de l'antiquité, dontune Di don , une Mariamnc et un Alexandre \ — douze tragi-comédies, de sujet antique ou moderne, imitées de l'italien ou de l'espagnol, Gésippe, Phraarte, Cornélie, la Force du sang, Fé lis mène, La Belle Eg^-p tienne; —
eiep, cynique et impudent à loisir. Point de concession( aux femmes : on ne les estimait faites, comme M"' Montaigne, que pour tenir le ménage de monsieur lea mari, lui donner des enfants, perpétuer sa race, ou ■> comme les Cassaudre, les Marie de Ronsard, la Francîde de BaîT, l'Ilippolyte de Desportes — pour leur être un instrument de plaisir et un moyen de réputation littéraire. Les précieuses ont exigé des hommes qu'ils leur rendis sent les respects auxquels toute femme n droit, com femme, dans une société civilisée; et elles l'ont obteniK Sans doute, on trouverait encore aisément, dans Balzanfl et dans Voiture, des plaisanteries dont l'indécence, la cru-j
enfin cinq Pastorales; — et cinq Pièces mythologiques, dont i Alceste et uoe Ariane.
La meilleure, et aussi bien la sevAc cdillon moderne du Tliéûtt^ d'Alexandre Hardy est celle de M. SteuRel, 5 vol. in-18, Marbuqj 1883, 1884. Elwert.