VI. — Louis Bourdaloue [Bourges, 1632; f 1704, Paris
1® Les Sources. — M'"® de Pringy, Éloge du P. Bourdaloue, dans le Mercure galant de juin 1704; — abbé Lambert, Histoire
208 MANUEL DE l'hISTOIRE DE LA LITTÉRATUHE FRANÇAISE
lui-même ne sont pas tant à ce point de vue même des effets que des causes? Peut-on dire que les idées de Pascal ou celles de Bossuet, par exemple, fussent « dans le sens du mouvement général de l'Europe ))?Ne le diraiton pas mieux des idées de Locke ou de Grotius? Et, en France même, d'où donc aurait procédé la résistance, l'opposition qu'ont rencontrée les Molière, les Boileau, les Racine et dont je répète que, sans l'intervention per»
littéraire du règne de Louis JCIV, 1751, t. I; — Maury, Essai sur Véloquence de la chaire, 1777.
Vinet, Bourdaloue, dans le Semeur, 1843, et dans ses Mélanges;
— Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IX; — J.-J. Weiss, Bourdaloue, dans la Bévue des cours littéraires, septembre 1866;
— abbé Hurel, les Prédicateurs sacrés à la cour de Louis XIV, Paris, 1872; — A. Feugère, Bourdaloue, sa prédication et son temps, Paris, 1874; — le P. Lauras, S. J., Bourdaloue, sa vie et ses œuvres, Paris, 1881 ; — abbé Blampignon, Étude sur Bourdaloue, en tête de son Choix de sermons du P. Bourdaloue, Paris, 1886; — Sommervogel, article Bourdaloue, dans la Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, Paris, 1891.
Louis Vcuillot, Molière et Bourdaloue.
2" L'Orateur. — Absence de renseignements sur sa jeunesse; — et manque de toute espèce d'événements dans sa vie; — sincérité de sa vocation; — simplicité de son existence; — et unité de son œuvre. — Ses débuts dans les chaires de Paris, 1669; — et du mot de Voltaire : c que Bossuet ne passa plus pour le premier prédicateur dès que Bourdaloue eut paru ». — Bourdaloue à la cour :
— Avents de 1670, 84, 86, 89, 91, 93, 97, et Carâmes de 1672, 74, 76, 80, 82, 95. — Succès prodigieux de Bourdaloue [Cf. les Lettres de jH/mo ^Q Sévigné, passim, et le Journal de Dangeau], — Si ce succès doit être attribué au caractère exclusivement moral et rarement dogmatique de sa prédication? — Exagération de Nisard à ce sujet.
— Si la cause du succès de Bourdaloue est dans les c portraits > ou c allusions » que contiendraient ses Sermons ? — Difficulté de répondre à cette question. — Nous n'avons pas les vrais Sermons de Bourdaloue ; — mais ses Sermons retouchés, refondus et réduits plusieurs en un seul. — Les c portraits > de Pascal, dans le Sermon sur la médisance; — et d'Arnauld, dans le Sermon sur la sévérité chrétienne; — et si ce sont vraiment des « portraits »?
DE LÀ LITTEOATtlBB
Boniiclle (le Louis XIV, ils n'aurnient pas triomphé? Mais, ce qu'il importe stirloiit d'observer c'est que le « siècle-| f de Louis XIV » n'a guère duré plus de vingt-cinq ji
qui est peu pour un siècle, si l'on ne regarde qu'aiil □ombre des annces, et ce qui est beiiiicnup si l'on faitl attention qu'il n'y n pas une de ces vingt-cinq année»! qui ne soit illustrée de quelque chef-d'œuvie. Nous| n'avons pas plus tôt gravi l'un des versants de lu coIIÏe
1 hardiesse > de Bourdnlotic ; — et qu'il nr I qu'elle ail passé l'ardiaaire de la chaire chrdtieDnc er [ Il faut chercher ailleurs l'eiplicutian du succès de I n In trouve aisément :
. Dans la richesse de son invenlion oialairc. ~ plans dans les Sermons de Bourdalone, et, à ce prop ■j pour la Toiisaaint, — ou des (rois Sermons I de la mort, — sur la Préparation à la mort, — su la mort. — Beauté particulière de ce dernier aermi de la méLhode: — et, A celle occasion, du parado dans ses Dialogues sur l'éloquence. — Qu'il est « reprocher ù un sermon d'être divisé d'ordiai
B triigédie de l'èlre d'ailleurs pas pensé qu'il <
chrélie appuyer quand on i
daloue; — et, plus
■t quo
mble point'l
Diversité des-l s, des Quatre I sarla CrainloM la Pensée da^ n. — Sévéril e de Fêneloal isai puéril den
- que Bourdnlouo n'a le bel esprit dai
)ns duns ré1oqu( e l'imporlnnce des
tr. distinguer e lui. d'-
idées
elles
ictère pratiql
a établir la gradation j
isines. — Dl- la clarté
!B qualités donnent n
B. Dans le de Bourdaloi
conduite. — [Cf. les Sermoi £0171 des domestiques, — su, la destitution'
faire
s il dit ce qu'il faut falr
'e sa prédication. — Les sci abondent les règles précises itfi
1 sur les Devoirs des pères, — .
les Divertissements du monde, -
- Cummen
Bourdaloae
Ite MANUEL DB L HISTOIRE DE LA tlTTËRATUnS FRANÇAUfl
(ju'il en faut redescendre l'antre; et pouiquoî nous t plîiindriuns-nons si la vii; ne Cdiisiste que dans le moi^ veinent même?
En fait, le traité de Nimpgue, pu 1678, mii semble mai quer l'apogée de lii puissance de Louis XIV, commenM précisément d'en marquer le déclin. La galanterie i débuts du règne avait dégénéré en scandale public, c'est en valu que les prédicateurs avaient tonné du hauQ
B'inspire ilf Vaclualilé [Cf. le sermon sur iimpureté]. pok'miquc couteiapordiie dans les Sermons de Bourdaloue (Q les SiTmoDs sur la Séférilé eki-étienne. contre le jai ' ' sur VObéissance due à l'Église, cuiilrc le gollic l'Hypocrisie, contre Molière cl son Tarluffe]. — raison du succès de Bourdalouc so trouvi? :
C. Dans la nature âe son éloifuenee et de son style. — BourJà? Itiup est le plus coulinùmeut bloquent de nos prtldicateurs, — Par où l'on vt'Ut dire : — qu'il répand une lumière égale sur toutes les parties de son sujet; — que le mouvemenl ordiunire de son éloquence a moins de variété que d'ampleur; — et qu'il n'a presque point de traits ni de morceaux, — Simplicité du style de Bourdafoue. — Son dédain de toute rhétorique, — et si peut-être il ne l'a pas poussé au delJl des justes bornea? — Que la manière de l'homme que l'on a justemeul appelé t la vivante ri!futation des Provinciales > est la plus janséniste qu'il y ait; — après celle de Nicole; — El que cette manière même l'a servi en son temps. — Et qu'elle est trop exacte; — ou trop » rnisounable • pour notre goût contemporain; — mais qu'il ne faut pas qu'elle nous cache la finesse, — la profondeur, — et l'étendue de sa psychologie. — Comparaison à ce propos des Essais de Nicole, et des Sermons de Bourdaloue; — admiration égale do M"" de Sévignc. — Que toutes ce» raisons, qui expliquent le suçoirs de Bourdaloue dans le sermaBij — expliquent son infériorité dans VOraisan funèbre, le PanégJ Tique et la prédication des Mystères.
Eu revanche, et pour les mêmes raisons, — que fiourdalo^ demeure en français le vrai maître du développement o '*
si nul mieuK que lui n'a su poster, diviser el ordonner un sujet; ■■ le traiter selon sa constitution; — et n'y rieu ujoi ou de BupcrHu. — Celte entière sincérité ne fait pas moins d'hoflil neur à sou caiarlùrc qu'ù ton talent — ou pluliil son talent e:
de la chaire ! Aux leçons de Bourdaloue Louis XIV avait continué de préférer celles de Molière :
Un partage avec Jupiter
N'a rien du tout qui déshonore...
Maintenant c'est Texccs ou Tenivrement de la puissance qui l'engage dans des entreprises au-dessus de ses forces. Son air de hauteur et d' « estime de soi », qu'aucune
caractère ne font qu'un. — Témoignages que lui ont rendus ses contemporains [Cf. Lauras, S. J., Bourdaloue, sa vie et ses œuvres"] ;
— et tous ceux qui en ont parlé; — catholiques ou protestants.
S'* Les Œuvres. — Les Œuvres de Bourdaloue ne se composent que de ses Sermons \ — de fragments de ses Sermons, réunis par ses éditeurs sous le titre de Pensées-, — et d'un très petit nombre de lettres.
L'édition originale des Sermons ou des Œuvres de Bourdaloue, préparée certainement en partie par lui, mais donnée par le Père Bretonneau, son confrère, a paru de 1707 à 1734, chez Rigaud, directeur de l'imprimerie royale, et comprend : — un volume pour VAvent, 1707; — trois volumes pour le Carême, 1707; — deux volumes de Mystères, 1709; — deux volumes de Sermons de vêture. Panégyriques, Oraisons funèbres, 1711 ; — trois volumes de Domi» nicales, 1716; — et enfin cinq volumes d'Instructions chrétiennes, Exhortations de retraite, ou Pensées diverses, 1721-1734.
Les meilleures éditions modernes sont : — l'édition de 1822-1826, Paris; — et l'édition Guérin, 1864, Bar-le-Duc.
YII. — Nicolas Boileau-Despréauz [Paris, 1636; f 1711,
Paris].
1* Les Sources*. — Dcsmaizeaux, La vie de M, Despréaux, Amsterdam, 1712 ; — Louis Racine, Mémoires sur la vie de son père, 1747; et en tête ou à la fin de plusieurs éditions de Racine;
— Cizeron Rival, Lettres familières de MM, Boileau-Despréaux et Brossette, Lyon, 1770; — d'Alembert, Éloge de Despréaux, dans la collection de ses Éloges académiques, Paris, 1779; — Berriat Saint-Prix, Essai sur Boileau, Paris, 1830.
1. Consultez, dans l'édition Berriat Saint-Prix, Paris, 1830, Langlois et Delaunay, let Notices bibliographiques qui figurent en tCte du premier volume.
DE LA LITTÈRATUnE FHATfÇAISi
tempère cL qui rimmobilisf
' ! pOUV(
419 HAKUBI. DE t
familiiirité clésoïc
dans une attitude do solenDÎté; ses aljus de
chambres de ri^union, sa grande querelle avec la cour di
Rome, la révocation de l'Edit de Nantes; son intervention
dans 1rs choses d'Angleterre, la politique hrutale et dei
potique de Lonvois indisposent, iiiquiMenl, irritent l'i
niou, soulèvent contre lui les armes de l'Europe entii
Et, dans rinfatualion où il est de sa personne, quand
n'a plus de Colbert pour diriger ses finances, de Turi
ion I
Siiiule-Beuve, Portraits littéraires, t. I; Port-Royal, Liv. VI, :h. vu; et Causeries du lundi, 1. VI; — Philoréti; Chusles, les Victimes de Soileau, dans la Revue des Deux Mondes, juiu et
août 1839 ; — F. Bruiietière, article elopêdle, 1887; Nalice ea tète des OEin 18S9; et l'Êfolulion des genres, t. t. ' teau, dans la coUeolioD des Classïqi LansoD, BoHeau, daoB la collectioD de
la Grande Encyes poétiques de BoHeau.
(90; —P. MoHllol, Boi- ^£ populaires , 1891 ; — Grands Écrivains fran-
Delaporte. S. J.. l'Art poétique de Boileau commenté par ses contemporains, Lille, 1888.
2° L'Homme kt l'Écrivais. — Origine el jeunease de Botleou; — le Palais en IG'iO; — grande i^be, moyenne robe, pelile robe. — Les « éludes IhéologiijueH > de Boileau; — ses études de droit;
— Bcs pr(<mièreË pièces; — lu composition des premières Satires, 1660, 1661; — les Stances pour l'École des femmes. 1662. — Liaison de Boïleau avec Molière, La Fontaine et Racine. — Encore le Caliaret du Mouton blanc'. — La Dissertation sur Joconde. — Lecture dea Satires dans les compagnies. — Le recueil de Hollande, 1C65. — Boileau se résout de se faii'e imprimer, 1G6«;.
— Emotion produite par les premières Satires [I, VI, Vil, 11, IV, m, V] — et particulièrement dans la n Société précieuse >. — Répliques de Colin : la Satyre des satyres, 1666, — et de Boursault, 1669. — Leur violence injurieuse. — Courage et persévérauce de Boileau. ^ Le Discours sur la Satire, 1668. — Coalition des ennemis de Boileau. — Chapelain et les Perrault l'empSchcul d'être inscrit o sur la liste des Lienfails du Roi u ; de l'empêcher d'obtenir le priviiége nécessaire pour de SCS CEUvres ; — pendant que M. de Montausier U voies de fait. — h'Épitre au Roi; — Boileau la fait pr<-scnler k
de Condé, de Luxembourg pour diriger ses armées, de Lionne, enfin, ni de Pomponne pour diriger sa diplomatie, c'est le moment qu'il choisit pour se précipiter dans la guerre qui doit aboutir au funeste traité d'Utrecht.
Cependant, au dedans, tout s'assombrit aussi. La scandaleuse et tragique affaire des poisons entr'ouvre brusquement aux yeux comme un abîme d'ignominie [Cf. Ravaison, Archives de la Bastille, t. IV, V, VI, Vil, Paris, 1870-1875]. Si la France en masse est malheu-
roi par M™^ de Montespan ; — et à ce propos des services rendus aux gens de lettres par M"® de Montespan, — qui expliquent, sans les excuser, les flatteries qu'ils lui ont tous ou presque tous adressées. — Pouvaient-ils être plus prudes que Vivonne, le frère de la dame? — et vivant eux-mêmes comme ils faisaient [Cf. Lettres de M"^^ de Sévigné, 1671]; — les accuserons-nous de < bassesse »? — Publication des premières Épitres ; — de VArt Poétique', et des premiers chants du Lutrin, 1674. — Le « sieur Desprcaux » figure pour la première fois sur la « liste des bienfaits du Roi » en 1676; — il est nommé pour « écrire l'histoire du Roi », 1677; — et renonce au « métier de poésie ».
A. La Critique de Boileau, — Du mérite éminent de la critique de Boileau, qui est : — d'avoir enlevé leurs lecteurs aux Chapelain et aux Scarron ; — d'avoir presque révélé Molière [Cf. les Stances sur VÉcole des femmes] ; — La Fontaine [Cf. la Dissertation sur Joconde]; — Racine [Cf. le Dialogue sur les héros de roman], à eux-mêmes autant qu'au public ; — et d'en avoir de haute lutte comme imposé l'admiration. — Haines que cette manière d'entendre la satire a naturellement soulevées ; — et comment Boileau y a fait tête; — sans avoir contre elles d'autre protection que sa probité [Cf. Discours sur la satire et Satire IX]. — Supériorité morale de Boileau [Cf. Satires I, V, VIII, et Épitres III, V, VI] sur la plupart de ses adversaires; — et sur deux au moins de ses illustres amis. — Son indépendance entière de situation, d'humeur, et de goût; — sa liberté de jugement [Cf. Satire V, sur la Noblesse, et Epitres VIII et IX]; — et qu'elle va beaucoup plus loin qu'on ne croirait d'abord. — Fécondité de sa critique, — et, à ce propos, si la « critique des défauts » ne suggère pas l'intelligence des qualités qui en sont le contraire. — De l'influence personnelle que Boileau a pu exercer sur Molière; — sur La Fontaine; — sur Racine; —
au HAHDBL DS L'hIITOIBB HE LA
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LITTâRATnRB PttAHÇAll
révocation de l'h
Nantes, ce n'est pas seulement le
B et ri
trie qu'on tarit dans leurs sources, en expulsant les protestants, mais c'est la moralité publique qui en est comme atteinte jusque dans ses fondements. -La cour elle-même change de caractère. La Vallière expie ses amours dans les austérités du cloître; Fontanges est morte, « blessée au service du roi n ; M°" de Montespan a dû quitter cour; et à leur place à toutes, dans une condition di
e opiaioD de Sainie^Beuve à ce sujet- ■ commenl il continue Tceavre n criliqi
kani ni], — Les « règlts o de lépopéi foie l'éloge littéraire de Virgile etla satire de la PiiceH les « règles » de la tragédie y sont ensemble l'apologie de gddie de Racine et la critique de celle de Corneille. — C'est ainsi que !e Lutrin est la critiqiie en action du Virgile travt Comment une doctrine s'est naturellemeat dégagée de cel tiqne : — et quelle e.st celte doctrine?
B. La Doctrine de Boileau. — Que le point de départ l'imitation de la nature :
'., « blessée ^^^J
quitter i^H
lition do^^^H
■tri poéliqaij^^M Boileau [(^H ^e y sont â 1» ^^
Is de la tialure il n
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et de là, comme dans la comédie de Molière, l'égale condamnation du burlesque { — et de la prccioaitc. — Nouveauté du conseil ii sa date si presque personne depuis tant d'années ne l'avait douné ; — sxceplion du seul Pascal. — Comment d'ailleurs le principe
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considérable est
de réduire l'imitation de la nature
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teuse, qui tient ensemble de celle de la maîtresse, et de la femme de charge, ou de la gouvernante, c'est M™° de Maintenon qui règne. « Voilà Tétat où les choses s'en trouvaient en 1690, — nous dit un témoin, l'envoyé de Brandebourg, Ezéchiel Spanheim — et en sont encore autant qu'on sait, et qui, après tout, d'une simple demoiselle, vieille, pauvre, la veuve d'un auteur burlesque, la suivante de la maîtresse du Roi, d'une cour dCailleurs la plus galante de r Europe, en ont fait la confidente.
l'a bien senti, a essayé d'éviter ce danger; — en donnant à la forme l'importance qu'il lui a donnée :
Dans cet art dangereux de rimer et d'écrire 11 n*est pas de degrés du médiocre au pire,
et en prêchant l'imitation des anciens; — dont les œuvres ne sont pas seulement des modèles à ses yeux; — mais encore constituent le trésor de l'expérience accumulée des hommes; — et sont comme autant de témoins de l'identité de la nature humaine sous les variations extérieures qui raffectent. — Comment la doctrine deBoileau se couronne d'une morale ; — et combien sa morale est plus haute que celle des gens de lettres ses contemporains.
C. La Polémique de Boileau contre les Modernes. — De l'utilité des polémiques pour nous obliger à voir clair dans nos propres idées. — La traduction du Traité du suhlimey 1674; — et les Réflexions critiques sur Longin, 1694. — S'il n'entre pas un peu de superstition dans l'admiration de Boileau pour les anciens? — et que croyait-il avoir mis de t pindarique » dans son Ode sur la prise deNamur^ 1693? [Cf. son Discours sur lOde]. — Qu'en tout cas la querelle a obligé Boileau de reviser ses principes; — et qu'il ne les a pas abandonnés ; — mais qu'il en a prolongé les conséquences ; — et mieux défini les applications. — La septième Réflexion sur Longin, 1694. — De la distinction que Boileau convient qu'il y a lieu de faire entre Lycophron et Homère ; — et de l'importance de cette distinction; — si de Ronsard à Corneille on avait justement « confondu » tous les anciens ensemble. — Qu'il a fait encore un pas déplus; — en déterminant les « conditions historiques » de la perfection des œuvres; — qu'il a placées le premier dans la rencontre ou coïncidence du point de perfection des genres avec le
9IA HANUBL BK ifÉISTOnS BB LA LITT^RATOnB ^RANCATBPV
la iiiailrease et comme on croît l'épouse même d'iial grand monarque » [CT. EséchJel Spanheîm, Relation item la Cour de France en 1690. Paris, 1882]. Épouse (>ifl maîtresse, la vieille deniuisellt.' n'imagine [u'un moyelfl d'assurer h \\\ fois et de se l'aire pardonn-r sa fortune^ qui est d'afl'eoter la dévotion et la prudei s. Allri temptfM alfre eure ! Sa grand» aDTaîre est de diriger le roi daan les voies du salut. Elle le dirige ; et Nanon sa seF^ vante, la gouverne. Les beaux jours sont passés I C'eHa
point de maljrité de In Inngoc, — Lee dernières œuvres de Bal^l leau : les [rois dernières Ép'Ures, 1695; — la pn^faee de l'ëditio^l de 1701, conienant I.i Lettre & M. Perrault; ~ et les trois dellV nières Salti-es, 1694, 1698 el 1705. ^ M
De Boilenu nomme poète. — ou plulât comme i^crivaio: — se^l aveux L eel ognrd [Cf. Satires II. à M. de Molière, et XII, s. l'Équivoque, et les Épilres VI et X]. — Si l'on ae douLorait, ^ lire, de In parenté de In Satire et du Lyrismet — Combien son a est plus étroit que sa critique; — cl surtout moius liai-<[i. — Les qu liléB qui lui manquent sont aussi celles qui manquent trop souve à Molière ; — élëvatiou, dislinclion cl grâce ; — et ce ne sont p si^ilIemenE quelques-unes des qualiléa essenliellca du po6te; ' mois ce sont aussi les qunlités a aristocratiques v du style: — à celle occasion que, tout en nomballant les précieuses, — il eiA, pu recevoir d'elles plus d'une utile leçon, — En revanche, et commer uiiBsi Molière, il a les qunliti^s n bourgeoises o, — et première*, muni, dans les limites de sa vision, le sens de lu riÎHÏilé pi(to->' resque — [Cf. le Bepas ridicule. In Satire des Femmes, les quatre premiers cbanls du Liilrin] ; — il a encore Jn plaisanlerie vulgaire, mais souvent mordante; — et il a cnGn, h un haut dcgri', le dou d'enfermer sa pensée dans le raccourci du proverbe; " qui est le don tout Bimplemenl de mettre l'expérience commune sous une forme portative, — Les mêmes qualités et les mêmes défauts sd retrouvent dnna sn prose [Cf. sa Correspondance, sou Discoure sur la Satire, ses Préfaces] — avec moins de contraire; — «| quelque chose de primc-sautîer ou de brusque; — qui est la viT& peinture de hod caractère; — et qui lui fait hoonear. ~
Z" Les Œuvres. — Les Œuvres poétiques de Boileau se compo- Henl — de ses Satires, au nombre de dou^e;— de ses Épitres, annombre de dou/c également; — de son Art poétique, en quatre
à peine^ — après Ryswick et le mariage de Savoie, — si la vivacité de la duchesse de Bourgogne ranimera quelque étincelle des splendeurs éteintes. Si le roi vit toujours, et quand il vivrait dix ans, quinze ans, vingt ans encore, le règne est terminé! Plus de ris ni de jeux désormais; une tristesse morne; et voici qu'insensiblement, sur les restes de ce qui fut « la cour la pins galante de l'Europe », se tisse et s'étend le voile terne, opaque, et lugubre de l'ennui.
chants; — de son Lutrin, en six chants; — et enCn de quelques Poésies diverses, dont VOde sur la prise de Namur^ et un certain nombre d'Épigrammes.
Ses OEuvres en prose comprennent: — la Dissertation sur Joconde et le Dialogue sur les héros de roman, qu'il n'a point publiés luimême; — sa traduction du Traité du sublime, — ses Réflexions critiques sur Longin; — les Préfaces des différentes éditions de ses Œuvres, 1666, 1674, 1675, 1683, 1685, 1694, 1701; — et un volume entier de Lettres dont les plus intéressantes sont les Lettres à Racine et les Lettres à Brossette.
Les premières éditions des Satires, et notamment celle de 1666, contiennent d'assez nombreux passages qui ont été supprimés, transposés ou modiOés dans les éditions suivantes. Et il est sans doute intéressant de savoir que, d'un autre côté, la première édition de la Satire des femmes, qui est de 1693, ne contenait pas le célèbre portrait du lieutenant criminel Tardieu :
Mais pour mieux mettre ici leur crasse en tout son lustre...
Boileau l'avait retranché, sur le conseil de Racine. Mais d'une manière générale les éditions qui font foi pour le texte de Boileau n'en demeurent pas moins l'édition de 1701; — et dans une certaine mesure, l'édition de 1713, qu'il semble bien qu'il ait préparée luimême pour l'impression.
Les meilleures éditions posthumes sont : l'édition Saint-Marc, Paris, 1747, en cinq volumes; — l'édition Berriat Saint-Prix, Paris, 1830; — et l'édition Gidel, Paris, 1880.
Mais à la ville, aussitôt, les coteries se reforment. Molière est mort et Racine converti; Boileau, chargé d'écrire l'histoire des campagnes du prince, ne se sent pas de joie a d'être engagé dans le glorieux emploi qui Ta tiré, dit-il, du métier de poésie »; il se tait; et voici qu'aussitôt les victimes qu'ils croyaient les uns et les autres avoir tuées ressuscitent; elles font de nouveau les agréables; et la préciosité renaît. M™* Deshoulières en tient école, et, soutenus par elle.
Avec impunité les Pradons font des vers!
Sixième Epoque
De la cabale de « Phèdre » à la publication des « Lettres persanes ».