‹ Manuel de l'histoire de la littérature françaiseChapitre 49 sur 90 · XII. — Jean-Baptiste Rousseau [Paris, 1671; f 1741, La · texte numérisé non relu

XII. — Jean-Baptiste Rousseau [Paris, 1671; f 1741, La

Genelte, près Bruxelles].

10 Les Sources. — Seguy, Noâce, en tête de l'édition de 1743;

— Voltaire, Vie de Jean-Baptiste Rousseau^ 1748; — Cizeron Rival, Remarque sur les œuvres de Jean-Baptiste Rousseau, 1760;

— La Harpe, Cours de littérature, partie II, ch. 9; — Amar, Notice en tote de l'édition de 1820; — Sainte-Beuve, Portraits littéraires, 1829, t. I.

clinquant que d'esprit. « Il me semble avec vous, cher Sacy, écrit M™® de Lambert à un de ses amis, quen citant du latin je franchis les bornes de la pudeur^ et que je vous fais part de mes débauches secrètes, » Encore au moins la comprend-on ! Mais que croyez-vous que veuille dire Massillon, quand il reproche aux grands de ce monde « de transporter dans le champ du Seigneur ce qui occupe inutilement de la place dans le leur »? Il veut leur faire honte de donner à l'Église les fils ou les filles qu'ils ne peuvent doter. M"® de Launay, plus savante, et plus claire, écrit dans ses Mémoires : « Il me donnait la main pour me conduire jusque chez moi. Il y* avait une grande place à passer, et dans les commencements de

2o Le Poète; — et d*abord de l'inutilité de parler de l'homme, — qui fut un triste personnage; — mais dont les œuvres et la vie n*ont presque pas de rapport ensemble; — et cette observation suffît par contre-coup à juger le lyrique. — Le « lyrisme » de Rousseau est le lyrisme impersonnel ; — qui est le contraire même du lyrisme; — et rien n'est plus difficile à expliquer que sa réputation. — Ses débuts malheureux au théâtre. — Ses paraphrases des Psaumes; — ses Odes et ses Cantates; — ses Allégories. — Comment il essaie de suppléer au sentiment personnel absent, — par les mouvements désordonnés ou les contorsions dont l'auteur de VArt poétique avait semblé faire le caractère essentiel de l'ode; — par l'emphase ou la déclamation du langage; -r— et par l'entassement des allusions mythologiques [Cf. VOde au comte du Luc :

Tel que le vieux pasteur du troupeau de Neptune,

et la Cantate de Circé :

Sa voix redoutable Trouble les enfers, Un bruit formidable Gronde dans les airs].

Rapports étroits de cette fausse conception du lyrisme avec la f)rlune du genre de l'opéra; — et comment s'explique par là le

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notre connaissance, il prenait son chemin par les côtés de celte place. Je vis alors qu'il la traversait par le milieu : d'oh je jugeai que son amour était diminué de la diffé^ rence de la diagonale aux deux côtés du carré. » Si diverses qu'elles soient, toutes ces manières de parler se ressemblent, au fond ; et ne sont-ce pas celles dont s'était tant moqué Molière? Mais elles trahissent le désir de plaire, et c'est un dernier caractère de la transformation de la langue : plus logique et plus simple en sa construction, plus facile à suivre en son tour et plus spirituelle, elle devient en même temps plus « sociale », ou si l'on veut plus mondaine.

Je me suis demandé quelquefois s'il ne conviendrait

vague et la généralité des abstractions de Rousseau. — En quoi et comment cette forme du lyrisme n'en est que la caricature inconsciente ; — si le principe en est de feindre des mouvements que l'on n'éprouve pas ; — et de revêtir ceux qu'on éprouve d'une prétendue noblesse; — qui ne consiste que dans les termes; — et n'a rien de commun avec celle des idées ou du sentiment.

30 Les Œuvres. — Les Œuvres de Rousseau se composent : — 1° de son Théâtre^ comprenant une petite pièce en prose, le Café, représentée en 1694 ; — deux opéras, Jason, 1696, et Vénus et Adonis, 1697; — et cinq comédies en vers, dont on n'en a d'ailleurs joué que deux : le Flatteur, 1696, et le Capricieux, 1700; — 2** de ses Poésies lyriques, comprenant quatre livres d'Odes, dont le premier contient ses paraphrases des Psaumes; deux livres d'Allégories, et une vingtaine de Cantates; — 3° de ses autres Poésies, formant deux livres d'Epitres, quatre livres d'Epigrammes, dont le dernier n'est rempli que d'obcénités grossières; et un livre de Poésies diverses; — 4° de ses Lettres, parmi lesquelles on trouve à glaner quelques renseignements littéraires.

Il convient d'ajouter que, de 1710 à 1820, peu d'auteurs ont été plus réimprimés que Jean-Baptiste Rousseau.

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