POÉSIE ÉLÉG1A.QUÉ EN GÉNÉRAL. SU
mique ' , et X élégie dans l'acception moderne de ce mot.
On appelait gnomes, yvàpou, des sentences détachées dans lesquelles des hommes d'une sagesse reconnue et d'une expérience consommée , exprimaient avec sensibilité et concision le résultat de leurs observations morales. La forme métrique qu'on choisit pour ces préceptes, contribuait à les imprimer plus fortement dans la mémoire. Voici les poètes , dont il nous reste des poésies de ce genre :
Solon, né à Salamine, célèbre législateur d'Athènes (594 ans av. J.-C). Il composa divers poèmes, mais il ne nous reste que ses poésies gnomiques , qui tiennent tout à la fois de la poésie gno mique et de l'élégie politique \
1 Sur la poésie gnomique consulter : C. G. Heyne dans sa préface des: Gnomicorum poët. quorumdam opéra sentcntiosaab E. G. Glandorf et F. A. Fortlage. Lips. 1776. 2 vol. 8. F. Thiersch, De gnoniicis carminihus Graecor. dans : Acta Philologorum Monaccnsium. t. III et IV. F. Passow , dans les Annales pour la philologie et la pédagog. 1826. vol. I p. 153. suiv. — Collections des poètes gnomiiiiK's. Ed. pr. J. Lascaris, Gnomœ monostichae seu sententise ex divcrsis poëtis, etc. (ap. L. de Alopa Florent, cire. 1494.) 4. J. lleitcl , Vetustissimorum poëtarum gnomica poëniata quae supersunt Basil. 1561. 8. F. Sylburg, Gnomograplii. Theogn. Phocyl. Pylh. et alior. poëmata gnomica, etc. Hcidelb. ap. Commelin. 1597. 8. R. Jf interton , Poëtrc graeci minores. Cantabr. 1652. 8. réimprimé souvent depuis. R. F. P. Brunch, Gnomici poëta; giacci. Argcntor. 1784. 8. nouvelle édition par G. H. Schœfer. Lips. 1817. 8. J, F. Boissonade, Poëtaî grreci gnom. Paris. 1823. 12. Th. Gaisford, Poëta; minores grœci. Oxon. 1814-21. 4 vol. 8. nouvelle édition augm. Lips. 1823. 5 vol. 8. J. C. Orellius, opuscula Graec. scnlentiosa, etc. Lips. 1819-21. 2 vol. 8.
2 Editions : //. Stephanus, Poët. Gr. lier. c. vol. IL p. 468. /t. F. P. Brunch, Anal. vol. 1. p. 61-75. Idem. Gnom. Poët. gr.
10 l>fclW0I)L III. — SKCTION VIII.
Théoynis, de Mégare en Aeliaïe , vivait à Thèbes comme exilé vers 550 av. J.-C. Nous avons sous son nom environ quatorze cents vers, dont une partie est peut-élrt d'une époque beaucoup plus récente. Ils ont plus de mérite sous le rapport de la morale que sous celui de la poésie, et servent à faire connaître les événemens politiques de ce temps, principalement en ce qui concerne Mégare '.
Phocylide de Milet, était contemporain du précédent. Il ne nous reste de lui que quelques fragmens dans Stobée. Le poème qu'on lui attribue est probablement l'œuvre d'un chrétien du deuxième ou du troisième siècle \
Pythagore de Samos. Ses sentences connues sous le nom de vers dorés , ypwjâsT:/) , ont été recueillies par ses disciples et principalement par Empédocle. Hiéro-
jj. 73-84. Th. Gaisford, P. gr. min. vol. III. p. 131. sqq. cd. Lips. Me. Bachius, Solonis carmina quœ supersunt, prscmissà commentât, île Solone poëtà Bonn. 1825. 8. C. A. Abbinrj. Spécimen liter. de Solonis laudibns poëtic. Traj. ad Rlien. 1825. 8. nouveau fragm. dans : A. Jlaï, Script. Vet. Nov. Coll. t. II. Rom. 1827. 4. p. 21. O. F.Klerne, Ouaestt. quidam de Solonis vitâ et fragm. Crefeld. 1832. 4.
1 Editions : //. Stephanus, Le. t. II. 438-459. Brunck , Poët. Gnom. Gr. p. 1-49. Th. Gaisford , Poët. Gr. min. vol. III. p. 1. sqq. ./. Jlertel, Theogn. sententiœ. etc. Bas. 1561. 8. Jf . Seber, Theogn. sent. Lips. 1620. 8. Im. Bélier, Theognid. clegi recensiti et auct..ctc. Lips. 1815. 8. Berolini. 1827. 8. F. Th. Welihr . Tbeognidis Reliquia?. novo ordine disposuit comment, ait. et notas adj. Francf. 1826. 8. Contre l'ordre adopté par Wclcker : G. Graefenhan, Theognis Theognideus sive Tlieogn. viudicia?. Mulhusa-. 1827.4.
- //. Stephanus, 1. c. 460-66. Brunch, Anal. vol. 1. p. 77. sqq. Idem. P. Gnom. p. 112-19. Gaisford, I. c. p. 246. sqq. J. A. Sckier. Phorxlidis carmina recens. Lips. 1751. 8. L. tfuvhler , Dissert. iuaiig. de Pscudo Phocylide. Riulelii 7188. 4.
tics, écrivain du cinquième siècle après J.-C. lésa commentées '.
Xénophane de Colophon, fondateur de l'école éléatique, et Critias , un des trente tyrans d'Athènes, sont aussi connus comme poètes élégiaques. Athénée nous a conservé du premier quelques fragmens , parmi lesquels se trouve un morceau charmant sur les plaisirs de la table. Nous n'avons de Critias qu'un seul fragment \
Passons à la seconde branche de la poésie élégiaque, au genre proprement ainsi nommé. Simonide de Géos, fils de Léoprepès, né dans l'année 558 av. J.-C, en est regardé comme l'inventeur. Ce n'est pas qu'il ait le premier employé le mètre élégiaque, pour exprimer des idées mélancoliques, puisque près de cent ans auparavant, Mimnerme en avait donné l'exemple ; mais il paraît s'en être servi avec le plus de succès et en avoir fixé définitivement l'usage ; de sorte qu'après lui , un poème lugubre , dans un autre mètre que le distique , n'aurait plus été une élégie. Ce poète vécut assez longtemps pour être contemporain de Pittacus , des Pisistratides et de Pausanias, roi de Sparte, qui l'honorèrent de leur amitié. Il fut aussi comblé d'honneurs à la cour d'Hiéron I, roi de Syracuse. Les anciens vantaient
1 Schi'er. Pythag. carmina aurca. Lips. 1750. 8, etc. (avec le commentaire dlliéroclès : J. Curterius. Lond. 1673. 8. P. ffeedham. Cantabr. 1709. 8.) Dans les collections de Brunch p. 107-109. et <le Gaisford. 1. c. p. 281. sqq. Faire d'Olivet, texte grec, traduction en vers franc, et comment. Paris. 1813. 8.
'-' Nie. Bach, De Critiac tyranni politiis clcgiacis Vralislav. 182G. 4. Idem, Critiac tyranni carmiinim, aliorumquc ingenii moniimcntornm, <|u;e snpcrsunt. Lips. 1827. 8. G. C. Weber, de Critia tvranno. Franc!'. 1821. 4.
beaucoup la sensibilité, qui régnait dans ses élégies cl l'art d'intéresser et d'attendrir qu'il possédait à un|baut degré. Il s'est conservé de lui un fragment d'une élégie et plusieurs épigrammes qu'on pourrait appeler des petites élégies. Nous avons dit plus haut, que les Grecs durent à Simonide le perfectionnement de leur alphabet. On lui attribue aussi l'invention d'une Mnémonique ou mémoire artificielle (zo fj.vYj[j.ovt.'/.6v) '.
Denys , surnommé l'homme d'airain ( ô XaXxoO; ) ou plutôt X obole, parce qu'il introduisit à Athènes une monnaie de cuivre, fut un des fondateurs de Thurium. Tout ce qui nous reste de ses poésies appartient à Y élégie symposiaque, d'où l'on pourrait conclure qu'il a cultivé ce genre sinon exclusivement , au moins avec une grande prédilection. 11 paraît s'être permis la licence de commencer ses élégies par des pentamètres. Denys se fit aussi connaître comme orateur; Callimaque possédait encore un de ses discours \
Aux poètes élégiaques de celle période appartiennent encore Antimaque de Colophon. dont il sera question à la section des poètes épiques, et Euripide, le célèbre tragique.