‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 27 sur 129 · POÉSIE DRAMATIQUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

POÉSIE DRAMATIQUE EN GÉNÉRAL

ou d'aucune fable , comme on s'exprime encore; car nous trouvons des poésies lyriques du genre tragique aussi bien que du genre comique , à une époque antérieure à l'invention du drame. A la première espèce appartiennent sans doute les chœurs exécutés à Sicyone , en l'honneur du roi Adraste , et à la seconde , ceux que l'on exécutait à Egine pour honorer les déesses Damia et Auxesia. Ceux au contraire, qui faisaient partie des fêtes de Bacchus à l'époque delà vendange, tenaient de ces deux genres. Plus tard , quelque directeur des solennités Dionysiaques ou quelque chef de chœur s'avisa d'interrompre de temps en temps les chants des chœurs , par la représentation grotesque d'une scène ou action qu'on appelait drame ou épisodion (t3)sà//a, énetsrô&ov), ou bien tragédie (xpaybiiïtx)1. Insensiblement il se forma trois genres distincts de drames , la tragédie , la comédie et le drame sa lyrique.

Les Athéniens n'avaient pas, comme les peuples modernes, un théâtre permanent, journellement ouvert aux plaisirs du public. Les représentations dramatiques appartenaient aux fêtes religieuses , et n'avaient lieu qu'à l'occasion de ces fêtes , notamment aux grandes et aux petites Dionysiaques ou fêtes de Jiacchus 2. Ce n'était cependant qu'aux premières que

1 Après qu'une distinction se fut établie entre les différens genres de poésie dramatique, le mot r^yaiio. s'appliqua encore quelquefois à la comédie, tandis qu'on ne l'employa plus ou que rarement pour désigner la tragédie. Voy. //. Riedel , De loco Etymologi magui. in quo sermo est de vocibus t^uS'h?. et rfay/qUit/u (Nouv. Annales pour la Philologie , etc., par Jahn et Seebode, vol. III des suppiém. cab. 2 p. 257.suiv. 1835).

2 G. L. Spalding, de Dionysiis Athen. festo(Mém. de l'Acad. de* Sc.de Berlin. 1801-11, classe de Philol.). /. Soeehh, De la difle-

l'on établissait des concours poétiques (àyûveç, [xouvty.oi) , où chaque concurrent devait produire une tétralogie , consistant en trois tragédies et un draine satyrique , ou bien simplement une trilogie ou trois tragédies i qui souvent formaient une suite d'actions '. On représentait aussi des comédies, mais cela n'avait pas toujours lieu. Le théâtre s'ouvrait au lever du soleil ; on donnait ordinairement, sans désemparer, neuf tragédies et trois poèmes satyriques. Cinq juges proclamaient le vainqueur et adjugeaient les prix \ Les pièces qui avaient concouru n'étaient pas représentées une seconde fois, à moins que des changemens n'y eussent été faits par les auteurs et qu'il ne se fût écoulé un certain espace de temps. Les pièces destinées au concours étaient préalablement examinées par le premier archonte. S'il les jugeait dignes de paraître, il assignait au poète un chœur, qui était organisé aux frais d'un des citoyens les plus riches, appelé de là yppyjyô^. Le spectacle était dirigé par le poète lui-même. Il distribuait les rôles, les faisait étudier , et exerçait (iïtfacr/Mv) aussi bien ceux qui devaient chanter et danser dans le chœur (-/opeuzat), que les acteurs proprement dits 1$r>QY.piTou') 3. S'il était empêché de s'acquitter de ce

renec des Dionysiaques appelées Lénécs, Anthestérics, et les Dionys. de la campagne. (Mém. de l'Acad. de Berlin. 1816-17). C. Barthélémy. Mém. de l'Acad. des Insc. \ol. \X\1\.

1 G.Hermann. De coinpositione tetralogiaruiu frag. Lips. 1819. 4.

• Peut-être y avait-il dix juges, désignés annuellement par le soif. an dans chaque trihu ; de t'àron que cinq jugeaient les comédies et les cinq autres les tragédies. Voy. G. Jlennann dans un l'rogr. intitulé : Rcctor commilitonihus certamina crudit. propositis prain. in an. 1835 indicit Lips. 1834. 4.

J A. BSttiger, Quid gitdocere fahulam. Vimar. 17i)3. 4.

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