‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 37 sur 129 · SECTION XX · texte numérisé non relu

SECTION XX

La constitution démocratique de la plupart des états

'Editions : éd. pr. Sig. Galenius. Bas. 1533. 4. Abr. Berlcelius. L. B. 1674. 12. Manzi. Rom. 1819. 4. F. G. Khige. Berol. 1829. 8. il se trouve aussi dans le vol. I de Hudson, Geographiœ Vet. Script, gr. minores. Oxon. 1698-1712. 4 vol. 8. et dans le vol. I. de J. F. Gail, Geogr. gr. minores. Paris. 1826. 8.

2 Sur Scylax et son ouvrage, Bourgainville. (Mém. de l'acad. des Insc. t. XXVll.) JYïebuhr. (Mém. de l'acad. de Berlin. 1804-11.) J. F. Gail, sur le Périple de Scylax. Paris. 1825. 8. Letronne , obs. sur le Périple.Paris 1826. 4. — Editions : 1s. I ossius. Amst. 1639. 4. H. H. Claitsen. Berol. 1831. 8. On trouve également le perip. de Scvlax dans les collect. précitées <ï Hudson et de Gail.

3 Bourgainville. Eclaircissemens sur la vie et les écrits de Pvthéas de Marseille. (Mém. de l'Acad. des Insc. t. XIX. ) A. A. Awcdson , Pytbeae Mnssil. fragm. etc. Upsalae. 1824. 4. M. Fuhr, Dissert, de lNthcâ MassU. Darmstadt. 1835. 8.

* On peut consulter sur les Orateurs grecs et leurs écrits parmi les Anciens : Denys-D'llalic. Plutarque (Vies des X or. att. ). Cicéron, Quintilicn, etc., parmi les Modernes : Dé». Ruhnken,

de la Grèce favorisa puissamment les progrès de l'éloquence. C'est en Sicile qu'on fit les premiers essais de l'art de la rhétorique. UnSyracusain nommé Coraxcn donna les premières leçons , à peu près 500 ans avant J.-C. ; mais ce fut à Athènes que l'éloquence parvint à sa perfection du temps de Périclès. Elle était devenue alors un des objets qui devaient nécessairement entrer dans l'éducation de tout homme aspirant à jouer un rôle dans la république. On distingua deux espèces d'orateurs, ceux qui consacraient leur éloquence à éclairer le peuple dans ses assemblées ou à défendre les intérêts des particuliers, et ceux qui, cultivant la rhétorique par un sordide intérêt ou par une vaine ostentation, déclamaient en public sur la nature du gouvernement ou des lois, sur les mœurs, les sciences et les arts, des discours superbes dans lesquels les pensées étaient offusquées par le langage. Corax consigna les principes d'un art qu'il avait inventé, dans un ouvrage regardé généralement comme perdu , mais

Historia crit. orator. gr. , dans son éd. de Rutilius Lupus. L. B. 1768. 8. réimprimé à Leipsic. 1831. 8. Belin de Ballu, histoire critique de l'éloquence chez les Grecs. Paris. 1813. 2 vol. 8. llurtlion , Dissertations sur l'origine et les progrès de la rhétorique en Grèce. (Mém. de l'acad. deslnsc). J. C. F. Manso, sur la formation de la rhétorique chez les Grecs, (dans ses dissertations mél. etc. Breslau. 1821. 8.) (en allem.). J. Geel, Historia crit. sophistarum. qui Socratis œtate Athenis florucrunt. In : Nov. actis lit. societ. Rheno-Traject. 1823. vol. H. L. Spengel , Artium scriptorcs ab initiis usque ad editos Aristotclis de rhetorica libros. Stutgard. 1828. 8. A. Westermann . Histoire de l'éloquence en Grèce et à Rome. 1. 1. Lcips. 1833. 8. (ail.) — Principales collections des Orat. Grecs: ll.Stcj)hanus, Orator. vet. oratt. 1575. fol. Ap. Jfechcl* (</. Grutenu.) Orator. gracor. prsestantiss. oratt. Hannov. 1019. 8. J. J. Reùhe, Oratores grœci. Lips. 1770-75. 12 vol. 8. Jm. Bekker, Orator. atlio. Oxon. 1822. 7 vol. 8. Bcrol. 1823-24. 5 vol. 8.

qui peut être existe parmi les œuvres d'Aristote ' . Il eut deux disciples , Tisias et Empédocle de Tarente ; le dernier instruisit Gorgias.

Gorgias de Leontiumen Sicile, ayant été député par sa ville natale pour implorer l'assistance des Athéniens , ceux-ci furent tellement éblouis par son éloquence qu'ils le forcèrent à s'établir parmi eux et s'empressèrent de prendre chez lui des leçons de rhétorique. Malgré l'enthousiasme que Gorgias excita en Grèce, si nous devions en juger d'après les deux discours qui nous en restent, il ne fut qu'un écrivain froid chez lequel la magnificence des expressions cachait souvent la stérilité des idées. Mais ces deux discours qui sont un Eloge d! Hélène et une Apologie de Palamède, paraissent porter faussement son nom 2. On dit qu'il vécut au delà de cent ans. Le seul disciple de Gorgias à Athènes, qui acquit une certaine réputation, fut Alcidamas d'Elée, sous le nom duquel il nous reste deux discours. Avec Alcidamas finit Yécole sicilienne.

Lorsque dans la période suivante les grammairiens d'Alexandrie rédigèrent le canon des auteurs classiques , ils y comprirent dix orateurs attiques 3 . Pour

1 Garnie^ Mém. sur l'art oratoire de Corax. (Mém. de l'Institut de France, classe d'histoire, vol. II. p. 44.)

2 C. Schonbom , de authentià deelamationum , quœ Gorjjia; Lcont. nomine exstant. Vratisl. 1826. 4. //. E. Foss , de Gorgià Leont. inest Aristotclis de Gorg. liber. Hala?. 1828. 8. Les discours de Gorgias se trouvent au vol. Y de la collcct. de Bekker. p. 679-684. ceux d'Alcidamas. ihid. p. 667-673.

3 II n'est pas suffisamment démontré que ce canon des dix orateurs ait été fixé par Aristophane et Aristarque. Yoy. A. Westermavn, Histoire de l'éloquence en Grèce et a Rome t. I. § 40. Not. 1. mais on ne doit pas inférer de la que les grammairiens d'Alexandrie n'aient rien statué à cet égard.

U4 rÉRIODE III. — SECTION XX.

nous conformer à l'usage, nous en parlerons dans l'ordre accoutume.

Antiphon , de Rhamnus ' en Attique, né dans l'année 479 avant J.-C, fut le premier qui composa des discours à prix d'argent pour les démagogues et les accusés devant les tribunaux. Si les anciens le nomment l'inventeur de la rhétorique, il faut l'entendre dans ce sens , que le premier il en appliqua les principes à l'éloquence judiciaire et politique. Cet orateur compta Thucydide parmi ses nombreux disciples. Dans la guerre du Péloponèse , il se distingua à la têle des armées de la république. Il eut la principale part à la révolution qui établil à Athènes le gouvernement des quatre cents , dont il fut membre. Après la chute de ce gouvernement , il fut accusé de trahison et condamné à mort. Les données varient sur le nombre de ses discours; déjà dans l'antiquité on contestait l'authenticité de plusieurs , qui portaient son nom. Il nous en reste quinze, dont trois sont véritablement de lui; leur principal mérite consiste dans l'invention qui prouve un prand talent de persuader et de toucher. On cite aussi de lui une Rhétorique ( zéyy-/) pY}ropiy.rl ).

Andocide d'Athènes (468 av. J.-C), contemporain de Socrate commanda la flotte athénienne dans la guerre entre les Corinthiens et les Corcyréens. Sa turbulence le fit condamner plusieurs fois à l'exil , où enfin il mourut. Il paraît n'avoir employé son talent oratoire que pour ses propres affaires. Les quatre discours qui nous sont parvenus sous son nom , et qui se recom-

1 P. Spaan. Disscrtatio de Antiphonte. (priesid. Ruhnken. ) L.B. 1765.4. — Editions: avec Andocide et Isée. Hannov.ap.'W eclu-l. 1619. H. danslacollcct.de Reisle, vol. VII. dans celle de Bchkcr, vol. I. p. 1-69.

mandent par la simplicité du langage , sont de la plus haute importance pour l'histoire de la Grèce \

Lysias, d'Athènes, né l'an 459 av. J.-G. , fut, à l'âge de quinze ans, un des fondateurs de la colonie de Thurium, et eut part au gouvernement de cette ville jusqu'à l'âge de plus de quarante ans. Exilé alors comme partisan d'Athènes , il revint dans sa ville natale, d'où il fut encore obligé de se sauver lors de la tyrannie des Trente ; il se retira alors à Mégare. Enfin il s'associa à Thrasybule pour la délivrance de sa patrie et termina ses jours à Athènes. Photius parle de deux cent trente-trois harangues de Lysias et les reconnaît comme authentiques. Il n'en reste que trente-quatre, qui sont toutes du genre judiciaire. On révoque en doute l'authenticité de son éloge funèbre des guerriers morts en secourant les Corinthiens. Lysias aurait été un orateur accompli , s'il avait eu la force de Démosthène. Son style est clair, pur et élégant, sans être surchargé d'ornemens 2.

Isocrate d'Athènes, disciple de Gorgias, naquit l'an 436 av. J.-C. La nature ne lui ayant donné ni

1 /. G. Hauptmann . de Andocidc orator. attico. dans le vol. VIII «les Oratt. de Reiske. J. O. Sluiter, Leett. Àndocidese L. B. 1804. 8. iterumcumannotationib.edidit. C.Schiller.lÀps. 1834.8. — Editions : Dans les collect. de Reiske, vol. IV: de Rekker. vol. I. p. 85-146. C. Schiller, Andocidis orationes quatuor, acced. analecta ad Ljsia; Oratt. Lips. 1835. 8.^4. G. Becker, Andocide traduit et expliqué. Leips. 1832. 8. (en allem.). On y trouve p. 3-56. une dissert, sur la vie, les écrits, etc., de l'orateur.

2 Éditions : Aldus, Vcnet. 1513. f. Jo. Taylor. Lond. 1739.4. A. Auger.Varis. 1783. 2vol. 8. F. Alter,\icnn. 1785.8. C. Foertsch. Lips. 1829. 8. Dans les collect. de Reiske, vol. V. VI. de Bekker, vol. I. p. 161-410. J. H. Bremi, Lysiœ et Aeschinis Oratt. selectae. (iotli. 1826. 8. E. Haenisch, Lysia? amatorius. Lips. 1827. 8.

assez de hardiesse ni l'organe nécessaire pour paraître devant les assemblée populaires , il fonda une école de rhétorique et enseigna son art avec un brillant succès ; ce fut là que se formèrent les plus grands orateurs de la Grèce, Isée, Lycurgue, Hypéride, Démosthène. Après la bataille de Chéronée, ne voulant pas survivre à l'indépendance de son pays , il se laissa mourir d'inanition , dans la 98e année de son âge. Si ses ouvrages ne sont pas toujours écrits avec force et chaleur, ils se distinguent au moins par l'importance des sujets qui y sont traités, par des périodes arrondies et par une diction simple, toujours harmonieuse et éminemment attique. On a reproché à cet écrivain d'avoir mis un soin trop minutieux à châtier ses productions. Parmi les discours d'Isocrate, on assigne généralement le premier rang à celui qui est intitulé Panégyrique ou éloge d'Athènes. On prétend qu'il a poli ou retouché ce discours pendant dix ou quinze ans. Outre que c'est un chef-d'œuvre de composition , il présente encore l'avantage de pouvoir servir d'introduction à tous les autres écrits d'Isocrate. Nous avons de lui vingt autres discours entre lesquels le Panathénaïque ne le cède guère au précédent pour le mérite littéraire. Les Anciens citent aussi de lui une Rhétorique \

1 Une biographie d'Isocrate a été publiée pour la première fois par A. Mustoxides (Sylloge anecdot. Venct. 1817. 8). G. B. Schirach . de vità et génère scribendi Isocratis. Ilahc. 1765. 4. P. J. Leloup , Comment, de Isocrate. Aquisgrani. 1823. 8. Comment. II. Mogmit. 1825. J. G.Strang, Remarques crit. sur les discours d'Isocrate. Cologne. 1831. 8. (en allem.). A. Pauhj , Comment. Isocratca\ Heilbr. 1828. 4. L'abbé J'atnj. Recherches sur les ouvrages d'Isocrate, que nous n'avons plus. (Mém. de l'Acad. des Insc. t. X11I). — Éditions: éd. pr. D. Chalcondylas. Mediol. 1493. (M. U olfius. Basil. 1551. 8. G. lleattie. Lond. 179(J. 2 vol. 8. A. Aiujcr, Paris, 1782.

Iséc , natif de Chalcis, à ce qu'il paraît, mais habilant d'Athènes, fut disciple de Lysias et d'Isocrate et un des maîtres de Démosthène. Les onze discours qui nous restent des cinquante qu'Isée avait composes sont tous des actions judiciaires et ont rapport à des affaires de succession. Son style a la finesse , l'élégance et la force de celui de Lysias, sans en avoir la simplicité'.

Eschine , d'Athènes, né en 393 av. J.-C. , est surnommé le Rhéteur pour le distinguer du philosophe du même nom. Quelques-uns en font un disciple de Platon et d'Isocrate, d'autres, avec plus de raison peutêtre , le regardent comme un autodidacte , uniquement redevable de son avancement à ses heureuses dispositions naturelles. Après avoir été d'abord acteur tragique et ensuite scribe public, il devint le plus illustre des orateurs grecs après Démosthène , dont il fut l'antagoniste déclaré. Quoique né dans une condition obscure, Eschine sut se procurer par ses talens une

2 vol. 8. G. Lange, liai. 1803. 8. D. Gomy.Paris.1807.2vol. 8. Dans la collect. de Bekier, vol. II. — Séparément : S. F. I\. Monts, Panejyyricus. Lips. 1766. 8. Nouv. édît. par F. A. G. Spohn. Lips. 1817. 8. et par Baiter. Lips. 1831. 8. J. T. Bergman , Areopajjiticus. L. B. 1819. 8. F. Bernhard, orat. ad Dcmonicum. Lips. 1830. 8. A. llustoj-ides.dc Permutatione. Mediol. 1812. Ù.A. MatWb. 1813.8 J. G. OrelU. Tijrnr. 1814. 8. P. J. Lelouj), dePace Mogunt. 1826. 8 Idem, Evagoras. ibid. 1828. 8. G. F. iïlatthœi , Epistolrc. Mosqaae. 1776. 8.

1 J. A. Liebmann, de Issei vità et scriptis. Halrc. 1831. 8. — Editions : G. F. Schoemann, Isrei Oratt. XII cum fragm. Grypbisw. 1831. 8. Dans les collect. àeReùke, vol. VII. de Bekier, vol. 111. p. 3-144. — Séparément : A. Mai, de Hercditatc Clconymi, complété d'après un manuscrit de Milan. Mediol. 1815. 8. Le discours de Hercditatc Meneclis, publié pour la première fois par Th. Tyrrrhitt. Lond. 1785. 8. en dernier lieu par ./. G. Orelli, a la suite <! Esocrate de Permutatione. Turici. 1814. 8.

grande influence dans les affaires politiques. On le soupçonna de s'être laissé corrompre par Philippe. Ayant succombé dans un fameux procès qu'il avait intenté contre Démosthène, et ne pouvant payer l'amende déterminée par la loi , il se retira à Rhodes où il ouvrit une école de rhétorique; il mourut à Samos à l'âge de 75 ans. Nous n'avons de lui que trois harangues , et il ne paraît pas qu'il en ait composé davantage. La plus célèbre est le plaidoyer contre Ctésiphon, qui voulait faire décerner une couronne d'or à Démosthène. Douze lettres qu'on lui attribue sont apocryphes ".

Lycurguc , d'Athènes, disciple de Platon et d'Isocrale, naquit en 408 av. J.-C. Bon citoyen , zélé patriote, administrateur intègre, il fut l'ami de Démosthène et comme lui l'ennemi irréconciliable de Philippe et d'Alexandre. Sa diction, un peu dure, porte l'empreinte de l'austérité de son caractère, elle n'est cependant pas dépourvue de toute élégance. Nous n'avons de lui qu'une seule harangue ; c'est une accusation contre Léocrate. Il est probable que nous

i G F. Matthœi, de jEschine oratore. Lips. 1770. 4. L'allé Vatry, Recherches sur la vie et les ouvrages d'Eschine (Méin. de l'Acad. des Inscr. t. XIV). — Editions : Aldus, cum Demosth. or. Venet. 1549. 8. J. H. Bremi, jEschinis opéra. Tnrici. 1823-24. 2 vol. 8. Idem, Lys. et JEschin. Oratt. Selectœ. Goth. 1826. 8. Dans les collect. de Reisle, vol. III et IV, de Bélier, vol. III, p. 245-485. — Séparément : E. C. F. If miderlich, orat. adversus Ctcsiph.. a\eile discours de Demosth. pour la couronne. Gocft. 1811. 8. Imm. Bélier. Hal. 1815. 8. Les lettres dans : Orelli, Collée tio epist. graecar. Lips. vol. I. 1815. 8. — A. Jf estermann. Comment, de iEschin.Orat.adv. Ctesiph. Lips. 1834. 8. P. H. Tijdemutt, Dissert, in Orat. in Timarch. Lugd. Bat. 1822. —De falsà légat. A. G. Beeler. Analectes sur les orateurs att. chap. I. Quedl. 1835. 8. (en alleni.'.

possédons un fragment du compte qu'il rendit de son administration de la république peu de temps avant sa mort et que, d'après Plutarque, il fit graver sur une colonne. Celte inscription a été copiée par Fourmonl à Athènes *.

Démosthène , né à Pœanion en Altique , l'an 485 avant J.-C, était disciple de Platon et d'Isée. Lorsqu'il parla pour la première fois devant l'assemblée du peuple, sa voix faible, sa respiration entrecoupée , ses gestes peu gracieux et ses périodes mal ordonnées le firent couvrir de huées ; mais un long exercice et des efforts extraordinaires le corrigèrent de ces défauts, à tel point qu'il devint le plus grand des orateurs grecs et acquit par la force de son génie la plus grande influence dans le gouvernement de la république. L'époque de son plus grand lustre est celle qui précède immédiatement le temps où Philippe de Macédoine anéantit l'indépendance de la Grèce. Ce prince, qui le regardait comme son plus grand ennemi , échoua dans toutes les tentatives qu'il fit pour le corrompre. Le caractère public de Démosthène n'est pourtant pas sans tache. Comme militaire , il montra peu de courage, comme ambassadeur auprès de Philippe, peu de dignité et de présence d'esprit. Il fut aussi convaincu d'avoir accepté de l'or pour soutenir

' G. Arm. Blume, Narratio de Lycurgo Oratorc. Postam. 1834. 4 A. F. Nissen, Dissert, de Lycurgi oratoris vità et rébus gestis Kiliœ. 1834. — Éditions : J. Toulon Cantabr. 1743. 8. A. G. Bêcher. Magdib. 1821. 8. C. F. lleinrich. Bonn. 1821. 8. G. Pinztjer. Lips. 1824. 8. B. Coray. Paris. 1826. 8. G. A. Blume. Suiu!ia>. 1828. 8. J. G. Baiterus et //. Sauppius, Lycurgi or. att. rcliq. ïurici. 1834. 8. Ed. Maetzner, Berolin. 1835. 8. Dans les collecl. de ReÙke,vo\. IV, de BeHer, vol. III, p. 195-242. — Sur I inscription voy. A. Boechh , Economie politique d'Athènes, I. Il p. 213. (en alleni.).

ce qu'il regardait comme la bonne cause. Après la mort de Philippe, Démosthènefut persécuté par Alexandre et par Anlipater son ministre; exilé d'Athènes à plusieurs reprises, poursuivi par les satellites d'Antipater, il termina sa vie par le poison '.

Le mouvement, la force, la clarté, la dignité et l'élégance, tels sont les caractères dislinctifs du talent oratoire de Démosthènc. L'ironie et le sarcasme, dont on lui a reproché l'emploi, doivent être mis sur le compte de la nation et des circonstances au milieu desquelles il vivait; ses expressions acerbes contre Plulippe ont leur source dans son patriotisme ardent. Il existe de Démosthènc soixante et un discours, quelques lettres , qui ne paraissent pas être authentiques et soixante-cinq introductions et plans de discours, faits à l'avance ( r.fioo'uxiy. ây]tx/iyopiy.<x ). Des discours , dix-sept appartiennent au genre délibératif , quarantedeux au genre judiciaire et deux au genre démonstratif. Ceux d'entre eux, qui méritent le plus d'être médités par les amateurs de la littérature cl de l'éloquence grecques , sont dans la première classe : les quatre Philippiques et les trois Olynlhiennes ; dans la seconde classe , le discours contre Leptine ou sur les immunités [mpi t£v <x-s).siûv) , celui contre Midias, qui l'avait battu et surtout la célèbre harangue sur la

1 A. G. Beeler, Démosthène homme d'état et orateur. Halle. 1815-16. 2 vol. 8. Le même , Démosthènc, citoyen , orateur et écrivain. P. I-1I. (Notices littér. sur Dém. et ses ouvrA Lcips. 1830 34 8. (en ail.). Pistor. de Demosth. ingenio et cloquent. Darmst. 1825. J. Schaumann, Proleg. ad Demosth. Primisl. 1829. 8. A. Boulier . Vie de Démosthène, avec des notices historiques et critiques j Hc. Paris. 1834.8. J. II. Scholten* de Demosth. eloquenlia- characfeiv Traj. ad Rh. 1835. 8. A. H ex ter manu. Qmrstionum Dcmosthcmc. Part.MII. Lins. 1830-34. 8.

couronne (r.epl xoû azefoivou), le chef-d'œuvre de l'éloquence ancienne. D'autres discours concernant des petits procès ont aussi leur intérêt. L'art que possède Démosthène de donner à chaque objet la couleur qui lui convient, est cause qu'il ne cesse d'attacher. Les deux discours d'apparat (émzoiyioç Xôyoç et èpatixoç lôyoç) que nous avons rangés dans une troisième classe , ainsi que quelques autres, par exemple celui sur Xllalonose, etc., ne sont pas de lui '. Il existe des scolies grecques

1 Recherches spéciales sur l'authenticité, l'ordre chronol., etc., de quelques discours de Démosthène: C.yl. Riidiyer. de canone Pbilippicarum Demosth. Friburg. 1820.8. Becker, sur l'auteur du prétendu discours de Démosthène de Haloneso. (Archives , etc., de Secbode. Uelmst. 1822. p. 84-97. )(en ail.). B. S. JPeiske, oratio de Haloneso Demosth., cui vulgo abjudicatur, vindicata. Lubin. 1808.4. De Oratt. Olynih. ordine , etc., par R. Rauchcnslein. Lips. 1821. 8. A. V estermann. Lips. 1830. 8. F. G. T. Petrenz, Part. 1-11. Gumhiuu. 1833-34. 4. A. Boeckh, sur l'époque de la composition du discours contre Midias ( Mém. de l'Acad. de Berlin. 1818 ). (en allem.). C. F. A. Schmidt, De duabus oratt. in Aristogit. Dcmostbeni vulgo adscriptis, a la suite de son éd. de Dinarque. Lips. 182G. 8. p. 106 suiv. C. D. Réels. Disscrtatio inaug. in Demosthenis. orat. in Slepbanum. Lugd. Bat. 1825. 8.6'. G. Gersdorf. Synopsis repetitorum Demosthenis locor. Altenburg. 1833. 4. — Editions : Ed. pr. Aldus. Yenet. 1504. £ Micron. Ifolfms. Bas. 1549.f. J. Taylor.Cant. 1798. 3 vol. 4. J. J. Reishe. Orator. gr. vol. I et IL (Texte), vol. IX-X1I. (Apparatus crit. et Indices.) nouv. édit. G. H. Schœfer. Lond. 1822- 26.4 vol. 8. Idem , Reiskii et alior. appar. crit. et cxeget. alior. et suis annot. auct. Lond. 1824-27. 5 vol. 8. Indices in apparat, ad Demostb. confecit. E. E. Seiler. Lips. 1833. 8. Imm. BekLer, Orator. attici vol. IV. et V, p. 1-648. A. Augeret J. Planche, traduction française avec le texte grec en regard. Paris. 1819-20. 10 vol. 8. — J. II. Bremi, Demosth. Oratt. Select, sect. L Goth. 1829. 8. — Séparément: Orat. in Leptinem. F. A. Jf olf. liai. 1789. 8. Oratt. Lept. et Arist. : G. H. Grauert. Bonn. 1827. 8. J. II. Bremi. T urici. 18gl. 8. — In Midiam : G. L. Spaldintj. Berol. 1794. 8. Ph. L'uttmann. Berol. 1823.8. M. II. E. Meier. 1M. texte et scol.Hal. 1831. S.

sur les discours de Démosthène el un commentaire sur ses IMùlippiques, attribué à U/pien d'Antioche , contemporain de Constantin le Grand. Si ce commentaire est d'Ulpien , il a du moins été fortement interpolé plus tard '.

Ilypéride , d'Athènes , l'ami de Démosthène , devint son accusateur , lorsque celui-ci accepta l'or des émissaires du roi de Perse. On le croit l'auteur d'une harangue qui ordinairement, dans les éditions des discours de Démosthène, se trouve au n° 17 et a pour titre : nepl rôiv Ttpoq ' AlêÇtxvdpcv oyv^ïjxwv, sur les conventions avec Alexandre a.

Dinarque, de Gorinthe , vécut à Athènes , où il jouit comme orateur d'une grande considération, après la mort d'Hypéride, vers l'an 320 av. J.-C. Son éloquence se rapproche beaucoup de celle d'Eschine. Nous avons de lui trois ou quatre discours , dont un contre Démosthène est surtout remarquable 3.

Tels sont les dix orateurs d'Athènes, auxquels nous ajouterons un onzième, Démade , d'Athènes, qui se

— DeCoronâ : T. C. Séries». Altenb. 1814. 8. T. C. F. Jfunderlich. Goctt. 1811. (cur. Dissen.) 1826. 8. — Philipp. I. Olynth. Mil. dcPace:C. A. Riidiger. ctl. 2. Lips. 1829. 8. J. T. Voemel. Francof. 1829. 8. Idem. Philipp. II. ib. 1832. Hegcsippi oratio tic Haloneso. ibid. 1833. 8. — De Symmoriis. //. Amen foovdt. L. B. 1821. 8. — De Chersoneso et Philipp. III. : C. 11. Fruhclter. Lips. 1830.8. — In Androt. : C. II. Fun&kànel Lips. 1832. 8.

1 Ulpiani Comment, bd. pp. Aldus. Vcnct. 1503. f. 11 a été souvent réimprimé avec Démosthène.

G. A. Blume. de Ilyperidis génère, etc., dans son édition de Lycurguic.

3 f. Jfurm. Comment, in Dm. Oratt. Norimb. 182S. g. (*. F. A. Schmidt, Dinarchi Oratt. Ires. Lips. 1826. 8. Dans bes colleet de Ihishv. vol. IV. de lUller.MÀ. III. p. 147-186.

laissa corrompre par Philippe de Macédoine. Nous avons sous sou nom le fragment d'un discours, qui paraît toutefois être sorti plus tard d'une école de Rhéteur \

Outre ces orateurs , dont il nous reste des ouvrages , il y eut dans le beau siècle de l'éloquence attique , un nombre assez considérable decitoyelis exercés dans l'art de parler, qui, prenant part à l'administration publique , avaient l'habitude de méditer leurs discours et de les mettre par écrit ; mais leurs ouvrages étant perdus , nons croyons superflu de les citer ici.

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