ARISTOTE
av. J.-C. Fils de Nicoraaque, médecin de la famille des Asclépiades, il se destina aussi à la médecine dans sa jeunesse, et c'est sans doute à ce genre d'études, qu'il dut ce goût pour l'histoire naturelle qui se développa dans la suite. A l'âge de dix-sept ans , il se rendit à Athènes, et fut pendant vingt ans le disciple de Platon. Après la mort de ce philosophe, il passa quelque temps auprès d'Hermias, prince d'Atarné en Mysie, d'où il alla à Mytilène. C'est de là que Philippe , roi de Macédoine, l'appela à sa cour, pour soigner l'éducation de son fils Alexandre, âgé alors de treize ans. Ce prince étant monté sur le trône , Aristote se retira à Athènes, ou, d'après une version plus vraisemblable, il accompagna son ancien élève jusqu'en Egypte, et ne revint à Athènes que l'an 331 avant J.-C, avec les matériaux qu'il avait recueillis pour son histoire des animaux. Il y fonda Yécole des Péripatéticiens, ainsi appelée , soit parce qu'il enseignait en se promenant ( Kspmaxûv ) , soit parce que son auditoire se trouvait dans les salles ( iv -nepmârotq ) du Lycée ( bâtiment qui tirait son nom du temple d'Apollon Lycius ). Après la mort d'Alexandre-le-Grand, il éprouva à Athènes quelques persécutions qui l'engagèrent à se rendre à Chalcis en Eubée où il mourut à l'âge de soixantetrois ans.
Aristote était doué du génie , le plus éminemment philosophique que la nature ait jamais donné en partage à aucun homme. Il avait embrassé toutes les branches des connaissances humaines cultivées de son temps : il les classa et leur donna une forme scientifique. Platon et lui sont les chefs des deux grands partis qui ont divisé la philosophie jusqu'à nos jours : l'un attribue aux idées générales une existence indé-
pendante, et prétend conclure de la définition des choses à leur nature; l'autre affirme, au contraire, que nos idées générales ne naissent que par abstraction et ont leurs premières racines dans l'observation et dans l'expérience. Aristote est l'auteur de la plupart des définitions et des termes philosophiques dont on s'est servi jusqu'à nos jours; il a donné le premier système de logique , et est l'inventeur de la théorie des syllogismes. La psychologie , la rhétorique et la poétique lui doivent leur forme scientifique. Il a créé plusieurs sciences, telles que la zoologie, la physiologie , etc. En général ce sont surtout les sciences d'observation qui lui ont les plus grandes obligations. Aristote a composé un grand nombre d'ouvrages, et, quoiqu'il en ait péri beaucoup , ceux qui restent sont encore nombreux. On ne sait pas encore bien quel sens il convient d'attacher à leur division en ésotériquesoxiacroatiques, et en exotériques :il paraîtrait que le mot exotérique désignait tantôt des écrits publiés, tantôt ceux qui étaient étrangers à la philosophie. A sa mort, ses manuscrits passèrent entre les mains de Théophraste, son disciple, et, après celui-ci, entre celles de Nélée , de Scepsis. Les héritiers de ce dernier craignant d'être inquiétés par les rois de Pergame pour le trésor qui leur était échu, les cachèrent dans une cave, où ils restèrent cent quatre-vingt-dix ans , exposés à l'humidité. Dans la suite, ils furent achetés par un certain Apellicon et transportés à Athènes, d'où Sylla les envoya à Rome, et là, permit à tout le monde d'en prendre des copies. Une de ces copies faite par Tyrannion, affranchi de Mécène, étant tombée entre les mains <X Andronicus , de Rhodes , celui-ci les mit en ordre, y ajouta des sommaires, et les revit avec beaucoup de soin.
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Telle est la tradition sur le sort singulier des écrits du Stagyrile, le fond peut en être vrai, mais bien certainement elle ne nous est parvenue que défigurée. Quoi qu'il en soit de ce récit, il est positif que ses ouvrages ont été altérés par maints changemens et par maintes interpolations, et que de bonne heure déjà, soit par erreur ou par fraude, on lui en a attribué dont il n'était pas l'auteur. Sera-t-on jamais assez heureux pour reconnaître ceux qui lui appartiennent réellement , et en rétablir l'ordre primitif ' ?
1 Outre les ouvrages généraux sur l'histoire de la philosophie , on peut consulter touchant la vie , les écrits et la doctrine d'Aristote : Ad. Stahr, Aristotelia : Vie, disciples et écrits d'Aristote. Halle. 1830-32. 2 vol. 8. (en allem.). Le même , Aristote chez les Romains. Lcips. 1834. 8. (en ail.). J. G. Buhle, de distributione libror. Aristot. iivexot. et acroam. Go'tting. 1786. 8. Idem, de libris Aristot. qui vulgo in deperditis numerantur. (Comment. Soc. Scient. Go'tt. vol. XV. p. 57. sqq.) F. N. Titze, de Aristotel. operum série et distinctionc. Lips. 1826. 8. C. A. Brandis, Diatribe de perditis Arist. libris de idseis et debono, etc. Bonn. 1823. 8. Le même Sur le sort des écrits d'Aristote, et sur quelques marques véritables de leur authenticité. (Musée du Rhin. T. I. Cah. 3 et 4.) Additions par Kopp, ibid. T. 111. cah. 1. p. 93. sqq. (en allem.). C. Pansch, de Etbicis Nicomachœis, genuino Aristotelis libro. Bonn. 1834. 8. J. S. Vater, Theolog. Aristotel. vindicia;. Lips. 1795. 8. //. Kruhl de via et ratione quà Aristotel. in summi boni notione inven. et describendà usus est. Vratisl. 1833. 4. Ton Droste- ffiilshoff', de Aristotelisjustitià univcrsali et particulari, etc. Bonn. 1826. 4. Gottlinri, de notione servitutis ap. Aristotel. Jcn. 1821. 4. Pinzger, de iis quae Arist. in Plat, politià reprehendit. Lips. 1823. 8. //. G. Broecler. Politicorurn qua3 docuerant Plat, et Arist. disquisitio et comparatio. Lips. 1824. 8. C. L. Gloger, disquisitt. de civibus ab Aristotel. comm. Spec* I. Vratislav. 1830. 8. F. J. C. Franhe, de Sensu proprio, quo Aristot. usus est in argum. modis qui receduntab ejus perf. syllog. forma. Rostock. 1824. 4. C. Weinholiz, de finibus atquc pretio logic. Aristot. Rostock. 1825. 4. F. A. Trendelenburg.
Parmi les écrits d'Aristotc , les uns traitent de la logique, de la métaphysique et de la psychologie; d'autres de la rhétorique , de la poétique, de la morale , de la politique ; quelques-uns ont pour oîrjet les mathématiques, la physique, l'histoire naturelle, l'économie; on a aussi de lui des traités historiques, des poésies et des lettres \ Nous nous contenterons d'indiquer ici les principaux de ces écrits.
tic Aristotelis catcgoriis. Berol. 1833. 8. /. Millier. Sur l'imitation dans les arts, d'après Aristote. Ratisbonne. 1834. (Progr.) 4. (on ail.). B. L. Koqnigsmann, de ArîstoteKs geographià. Slevic. 1806. 4. A. G T. E. Henschel. Comment, de Aristotcle botanico. Vratisl. 1824. 4.//. J. Kohler, Aristot. demollusciscepbalopodibus comment. Rig. 1821. 8. A. F. A. Jf iegmann, obss. Zoologie, critirce in Aristot. historiani animal. Lips. 1826. 4. F. G. Starhe . Aristot. de intclligcntiàsive de mente sententia. Neo-Piuppini. 1834. 4. C. Zell. Aristote sur le sens du goût, (dans ses Ferien schrii'tcn. III. p. 110. Fribourg. 1833.) (en allem.). C. L. Michelet, Examen critique de l'ouvrage d'Aristotc. intitulé métaphysique; ouvrage couronne par l'Institut de France. Paris. 1836. 8.
1 Éditions. OEuvres complètes d'Aristotc : cdpr. A. Boiidinrus.an. Aid u m. 1495-98. 5 vol fol. (manquent OEconom. Rlictor. Ars poet. ; ces deux derniers traités avaient été imprimés dans la çollèct. des rhéteurs ", vol. \.)I)es. Erasrnus, Roter, et Sim. Gryuœus. Bas. 1531. Parti. II. 1 vol. fol. après plusieurs autres édifions : fs. Casàuhonus, grœcc et latine. Lugd. 1590. 2\ol. fol. réimprimé plusieurs fois./. G. Buhle. Bipont. 1791-1800. 5 vol. 8. inachevé. Tram. Bélier. Berol. 1831-35. 4 vol. 4. vol. 1. II. renferment le texte vol. III. la traduction latine. — Séparément : Organnm : apud .luntani. Flor. 1521. 4. G. Morellus. Paris. 1562. 4. J. Vin lus. Morgiis. 1584. 4. souvent réimprime, E. Ant. Lewàîd, Arislot. catégorise. Hcidelb. 1824. 8. — Metaphvsica : II. Stepbanus. Paris. 1515. fol. 1542. 4. C. A. Brandis, vol. I. Bcrol. 1|23. 8. — de anima: J. Pacius. Francof. 1596. 8. et 1621. /mm. Belles Berol. 1829. 8. F. A. Trendelenburg. Jeu. 1833. 8. — PhySognomica : ./. G. F. Franzius , Scriptores physiognrirmœ vetercs. Altenb. 1780. 8. — Rhetorica : F. Trincavellus. Vcnet 1536.8. /•'. Ko-