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Manuel de l'histoire de la philosophie ancienne

t. Importance de la Iht'orie sur l'origine des choses. — Matérialisme. 2. Théorie de la création. 3. Chute de l'homme. Ses conséquences. 4. Venue du Sauveur. Régénération de l'humanité. 5. Théorie de l'histoire. 6. Vue générale du développement et de la marche de la philosophie. 7. Questions préliminaires. 8. Idée de l'histoire de la philosophie. 9. Différences remarquables dans le pro^frès des sciences. — Mathématiques. — Sciences naturelles.

— Causes. 10. Comparaisons des autres sciences avec la philosophie sous ce rapport. — Les progrès de celle-ci moins rapides. — Motifs. IJ. Sa marche ne peut être expliquée à priori. — Histoire externe et histoire interne de la philosophie. 12. Celte dernière a pour base l'idée qu'on s'est faite en général de la philosophie. Exposé de cette idée. — Conditions à remplir sous ce rapport par l'historien de la philosophie. 13. Cette idée nous meta même de distinguer la philosophie des autres sciences. 14. Insuffisance de la méthode chronologique. — Il faut surtout considérer la liaison intime des systèmes. 15. Et aussi la polémique qu'ils ont soutenue les uns contre les autres. 16. Enumération des causes externes à considérer par l'hislorien de la philosophie. — Résultat pour la philosophie grecque. 17. Son originalité.

— Son influence sur la civilisation et la science anciennes et modernes. 18 . Les historiens de la pliilosophie. — Platon. — Aristote. — Cicéron. — Plutarque. — Sexlus Empiricus. — Diogène Laërce.— Ouvrage de Ritler et de Preller. 19. Historiens modernes. 20. Observation importante.

1. An début des éludes historiques, il est de la plus haute importance de bien saisir les principes que les historiens sui„ vent dans leurs recherches par instinct ou par conviction*

2 iwTRonucTion.

Ces principes doivent néressairement se modifier par les idées qu 'lisse sont faites sur l'origine etia fin des choses et de l'homme, et par conséquent aussi sur l'histoire de l'humanité. Qu'est-ce que le monde? D'où vient-il? Où va-t-il? Qu'est-ce que l'homme? Qui l'a formé? Quelle est sa fin? Voilà les importantes questions que la pensée humaine s'est toujours posées et dont elle a donné des solutions bien différentes. Toutefois , en considérant le fond même de ces solutions , on arrive à deux grands systèmes, dont l'un nous représente la vérité toujours une ettoujours la même jusque dans ses manifestations les plus variées, tandis que l'autre reproduit les mille et mille faces d'une erreur aussi vieille que le premier écart de rhorame(l).

En effet , dans le monde de l'antiquité comme dans le monde moderne , on a envisagé l'origine et la fin des choses et de l'homme et par conséquent aussi l'histoire de l'humanité de deux manières opposées. Selon presque tonte l'antiquité païenne, la nuit, le chaos ou la matière est le principe de toutes choses : la terre, sortie de ce chaos , est la mère commune des dieux et des hommes , dont la nature est au fond la niêrae , et, comme celle de tous les autres êtres , soumise à l'inflexible loi du destin. Le rationalisme moderne, considéré dans ses principes fondamentaux, partage aussi celte manière de concevoir l'origine et la nature des choses; il admet une substance aveugle qui , dans ses évolutions successives , ne parvint à un état ordonné qu'après bien des tâtonnements et des essais infructueux. L'humanité , dans ses développements, dut nécessairement suivre le cercle de métamorphoses que la source, d'où elle provenait, avait parcouru. ''A'sa.yx.Yi xai'' n'/nuD/iituf! , nécessité et fatalité, voilà donc les principes qui, dans cette hypothèse, dominent la nature et l'humanité avec une inflexible rigueur (2).

11 n'est pas nécessaire d'exposer ici les conséquences funestes qui découlent de cette hypothèse , chacun les prévoit spontanément et peut les en déduire sans peine.

(1) Voyez Des Universilés e( de l 'organisme des soieiices, page «5-54. (2)V. ibid.

2. A cette théorie abjecte et mesquine s'oppose une théorie plus noble et plus digne de la haute destinée de l'homme. Cette théorie n'admet pas comme principe suprême les forces aveugles de la nature, mais un Dieu créateur de toutes choses, qu'il orouverne et dirige par les décrets de sa providence. Principe de lumière et de vérité, il les répandit partout , et avec elles l'ordre et l'harmonie. Il créa toutes choses par la force de sa parole toute puissante ; il fit l'homme à son image, parfait par conséquent et heureux.

§. Mais abusant de la liberté dont Dieu l'a doué , l'homme déchut de sa dignité, de sa pureté et de son innocence primitives. Dès cet instant commence l'histoire de l'humanité en lutte avec ses passions et la nature ; là se trouve l'explication de tous les événements dont se compose la longue suite de siècles qu'elle a parcourus. Cependant malgré sa chute, l'homme ne cessa jamais d'être dirigé par les enseignements d'en haut, soit au moyen de révélations immédiates , soit au moyen de traditions dérivées de cette source divine. De là le caractère traditionnel de presque toutes les doctrines philosophiques primitives. Mais au fur et à mesure que l'humanité avançait dans le chemin de la vie , des nations, des contrées entières s'éloignèrent à tel point des antiques traditions et des lois naturelles , que les doctrines les plus absurdes et les plus perverses en résultèrent, surtout dans la philosophie religieuse et morale. Ce fut l'époque du paganisme, où nous ne voyons que deux ou trois génies privilégiés marcher dans une meilleure route et établir des doctrines plus saines et plus conformes à la raison humaine.

Remarque. Sous ce rapport comparer entre eux les systèmes religieux des principaux peuples de l'antiquité païenne, tels que les Chinois, les Indiens, les Egyptiens, etc.

-4. Enfin, dans la suite des temps arriva cette heureuse époque oii parut le Sauveur du monde , pour régénérer l'humanité et lui montrer la vraie route du perfectionnement moral et intellectuel, le véritable but de la vie. Dès-lors la science dut aussiprendre un autre caractère; de vacillante qu'elle avait

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élé , son allure devint ferme et sûre, son coup d'œil plus juste et plus perçant ; elle put alors pénétrer plus profondément dans les mystères de la vie humaine et en reconnaître la véritable destination. En un mot , avec le Christianisme naquit une nouvelle philosophie, philosophie véritable , dont l'influence s'est étendue même sur ceux qui la méconnaissent ou la nient.

5. Telle est selon nous la marche générale de l'histoire de l'humanité; telle la théorie qui doit nous guider dans l'explication et l'appréciation des faits nombreux et compliqués qu'elle nous off're dans ses annales. Cette théorie est par conséquent aussi applicable à l'histoire delà philosophie, qui n"est qu'une partie de l'histoire de l'humanité (1).

6. La philosophie, nous venons de le voir, eut donc, comme les autres développements de la vie humaine, ses différentes phases , ses périodes de splendeur et de décadence. Elle ne vola pas vers son but comme une flèche qui ne rencontre point d'obstacle ; non , elle y marcha comme un voyageur qui a une longue route à parcourir et qui précipite d'abord ses pas, puis se fatigue et enfin se repose. Elle ne connut pas trop bien son chemin , souvent elle s'y égara 5 alors elle rentra en elle-même et réfléchit sur son état; quelquefois aussi se sentant épuisée, et avertie de son égarement, elle fut saisie par la crainte d'être plus tôt au bout de ses forces qu'au terme de sa carrière. Elle eut aussi besoin d'être redressée par une voix amie , dont elle dut cependant comprendre par sa propre force les avertissements et les admonitions pour les admettre et s'y conformer. Heureusement la force qui anime la vraie philosophie ne s'épuise pas si facilement ; elle se renouvelle constamment; et celui qui ne se laisse pas trop tôt décourager par le spectacle des luttes qui l'environnent et troublent quelquefois le calme de son Ame, ne {)erdra pas courage, malgré la longueur de la route qu'il doit parcourir, malgré le danger de s'égarer, qui renaît bien souvent sous ses pas.

(1) V. De» Universités et de i'organisjne des sciences, p. 5i5-78-121,

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7. Telles furent les destinées de la science dont nous nous proposons ici de donner une histoire abrégée dans l'antiquité classique. Mais avant d'aborder l'étude de cette histoire ellemême, il nous reste quelques questions préliminaires à examiner. Nous exposerons brièvement l'idée de l'histoire de la philosophie, et ses différences d'avec l'histoire des autres sciences; nous déterminerons son étendue et le caractère d'une histoire de la philosophie ancienne ; nous indiquerons les sources où il faut la puiser; nous la diviserons en périodes et nous terminerons en disant quelques mots sur la différence des systèmes philosophiques, et sur l'origine delà philosophie

grecque.

8. L'histoire de la philosophie, comme celle de toute autre science, doit nous faire connaître le développement successif des idées qui en constituent le fond; elle doit nous montrer les différentes manières dont ces idées ont été ramenées à l'unité et subordonnées les unes aux autres. Elle doit donc étudier soigneusement les sources, pour recueillir les faits relatifs à ce fond ; elle doit indiquer quelle est la liaison de ces faits entre eux par rapport à un système philosophique déterminé et à plusieurs systèmes comparés les uns aux autres , pour nous faire connaître les causes qui ont favorisé ou arrêté le développement de la philosophie.

9. Quoiqu'aucune science ne se soit développée d'une manière continue et sans interruption , les progrès relatifs des diverses sciences offrent cependant des différences remarquables. Ainsi les sciences mathématiques , dont la sphère est si nettement délimitée, dont les problèmes sont si bien déterminés et les méthodes si sûres et si indépendantes de toute influence extérieure , peuvent facilement écarter tout élément hétérogène, éviter les erreurs et poursuivre leur route sans rencontrer des obstacles qui les arrêtent dans leur marche. C'est ainsi encore que les sciences naturelles , guidées par les sciences mathématiques, peuvent continuellement avancer par rapport à la masse des faits , à la certitude des expériences et à l'établissement des théories générales; mais lorsqu'il s'agit de trouver et de définir l'idée suprême , qui préside à tous leurs

mouvements et qui est comme le fondement de tous leurs principes , on est exposé à commettre une foule de méprises et d'erreurs.

10. Il en doit donc être de même de la philosophie, puisque ses développements se lient intimement à celle des autres sciences et dépendent d'une foule d'autres causes, telles que l'esprit d'une époque et le caractère particulier des philosophes, d'où s'élèvent beaucoup d'obstacles qui ['écartent de son but. En outre, les problèmes que la philosophie doit résoudre sont très-difficiles • les méthodes qu'elle emploie ne sont pas toujours sûres et claires ; les facultés intellectuelles qu'elle met en œuvre, sont très-différentes. Les rapports de la philosophie avec les autres sciences sont tels, qu'elle veut constamment exercer son influence sur elles, en leur imposant une certaine forme et en s'en appru[)riant indirectement les résultats.

11. Nous voyons donc que la philosophie, plus encore que les autres sciences , dépend , dans ses mouvements , d'une foule de causes extérieures, et qu'on s'exposerait à commettre des erreurs bien graves, en voulant faire dériver les développements successifs de celte science de son propre domaine , ou de l'idée fondamentale de philosophie (à priori). Pour s'expliquer d'une manière suffisante les progrès et la stagnation de la science , il faut nécessairement tenir compte de l'action des causes extérieures : l'histoire interne de la philosophie doit être complétée par l'histoire externe. La première nous révèle les lois internes du perfectionnement de la philosophie, tandis que la seconde nous expose la connexion intime de la science avec l'histoire générale de l'humanité. Cependant cette dernière ne doit jamais être considérée que comme le complément de la |ireniière.

12. Mais puisque l'histoire interne de la philosophie doit occuper la première place dans nos recherches, il est important de connaitre quelle idée on s'est faite en général de la philosophie. Celte idée a été modifiée par les bornes qu'on a assignées à cette science, par les méthodes qu'on a employées et par le principe, auquel on a voulu donner le premier rang. Néanmoins . malgré la diversité des opinions à cet égard , on

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a toujours plus ou moins explicitement admis que la philosophie s'occupe des idées pures, des premiers principes du connaître et de l'agir , par conséquent aussi des formes générales et essentielles de la pensée , et qu'elle doit ramener ces principes et ces idées au principe de toutes choses. Les travaux dirigés vers ce but, qui, dans les différentes époques, ont plus ou moins empiété sur le domaine des autres sciences , sont donc l'objet des recherches de l'historien de la philosophie, puisqu'il doit indiquer les propriétés caractéristiques des définitions qu'on a données de la philosophie , les efforts qu'on a faits pour en résoudre les problèmes et le plus ou moins de con-^ formité des résultats de ces efforts avec les problèmes donnés. II doit aussi montrer comment les germes des autres sciences, d'abord confondus avec la philosophie , s'en sont successivement séparés, en se développant d'une manière indépendante.

13. Les traits caractéristiques que nous venons de reconnaitre dans la définition de la philosophie et qui se retrouvent dans toutes les définitions particulières avec des déterminations plus ou moins précises, doivent nous servir pour distinguer les matériaux de l'histoire de la philosophie de ce qui appartient aux autres sphères de la vie intellectuelle , telles que la religion, la poésie, la politique, etc.

14. Pour comprendre les développements de la philosophie dans leurs rapports les plus intimes , pour distinguer les progrès de la science des pas rétrogrades et en donner une appréciation juste , il ne suffit pas de les faire succéder les uns aux autres d'après l'ordre chronologique , ni de les considérer comme les commencements médiats ou immédiats d'un système quelconque de philosophie, et de les estimer d'après leur plus ou moins d'affinité avec ce système et leur plus ou moins d'utilité pour lui 5 mais nous devons tâcher de saisir comment les théories philosophiques postérieures ont été produites par les systèmes antérieurs, comment elles contiennent en elles, par leurs bons ou leurs mauvais côtés, les germes d'essais et de perfectionnements nouveaux.

15. Or nous atteindrons le plus facilement ce but en suivant la polémique que les systèmes postérieurs ont soutenue

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d'une manière directe ou indirecte contre les doctrines antérieures, ou en la faisant nous-mêmes d'une manière exacte et approfondie. C'est là le meilleur moyen de se garantir de l'influence d'idées pre'conçues et favorites, de distinguer les idées relatives les unes aux autres de celles qui ne le sontpas, les points importants de ceux qui n'ont aucune importance , les progrèsde la science de ses retards. C'est encore ainsi que nous serons à même de décider, quels phénomènes doivent être attribués à des causes étrangères à la philosophie ; jusqu'à quel point la spéculation philosophique a gagné dans l'exposition et dans la solution de certains problèmes, dans la méthode qui a pour objet de ramener à l'unité systématique les différents points de doctrine.

16. Nous avons dit plus haut, que l'historien de la philosophie doit souvent avoir recours à des causes externes pour expliquer d'une manière suffisante les phases de croissance et de décroissance de sa science, Sous ce rapport il faut surtout examiner avec soin le génie de la langue dont le philosophe s'est servi, les idées religieuses de sa nation, le mouvement des autres sciences à l'époque où il a vécu , son caractère personnel et le cours de sa vie. L'examen de ces points nous fera connaître quelles sont les qualités du génie grec qui ont donné à la philosophie grecque sa direction primitive et amené le.> beaux développements conformes à cette direction.

17. Ce qui caractérise le génie de la philosophie grecque et nous donne une haute idée de son importance , c'est son originalité, la continuité frappante de ses développements successifs,son commencement et sa fin, si nettement dessinés, etla haute place qu'elle occupe dans la civilisation grecque et dans la civilisation générale de l'Europe. Son originalité se manifeste par une certaine unité, qui est au fond de tous les travaux philosophiques des Grecs, et par cette succession de développements non interrompus, qui ne permet pas de croire que les éléments d'une civilisation étrangère aient pu exercer sur elle une influence directe et tant soit peu marquée. La place qu'elle occupe dans la culture intellectuelle générale, est de la plus crande importance, pour la connaissance de l'antiquité , mais

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surtout pour une appréciation juste de toute théorie philosophique, même des temps modernes.

1 8. De même que Platon et Arislote ont porté la philosophie grecqiie au plus haut degré de développement, de même ils ont aussi fait connaître avec le plus de fidélité et de clarté l'esprit et la direction des systèmes antérieurs. Platon nous en expose dans ses écrits le point de départ et le but ; Aristote, en outre , les méthodes et une foule de déterminations d'idées particulières. Aristote et ses condisciples Speusippe et Xénocrate composèrent même des monographies sur la vie et les doctrines des anciens philosophes. Ils furent imités par les Péripatéticiens Théophraste , Eudème de Rhodes , Phanias , Bicéarque , Aristoxène et Straton de Lampsaque. Dans la période alexandrine de la littérature grecque, Callimaque , Eratoslhcne, Hermippe , Sotion , Apollodore, Sosicrate composèrent un grand nombre d'écrits de ce genre , qui se sont perdus. Plutarque, dont les ouvrages étendus sur l'histoire de la philosophie ne nous sont pas parvenus , Diogène-Laërce, Jean Stobée , Galien , le Pseudo-Origène et les commentateurs grecs d'Aristote, surtout Simplicius , nous dédommagent un peu de la perte des ouvrages précités. En consultant le petit nombre de précieux fragments originaux des premiers philosophes grecs, en nous servant avec une critique scrupuleuse des sources de seconde main , en les complétant par les notices et les données que nous trouvons dans les écrits de Cicéron, de Plutarque, de Galien , de Sextus Einpiricus et de plusieurs Pères de l'Église, nous pourrons tracer un tableau assez exact et assez complet même de la plus ancienne philosophie grecque. Quant aux deux systèmes les plus développés et les plus parfaits , les propres ouvrages de Platon et d'Aristote nous les font connaître d'une manière qui ne laisse presque rien à désirer. Les renseignements nécessaires pour apprécier d'une manière juste les doctrines des Stoïciens, des Epicuriens, des Sceptiques, des Nouveaux académiciens et des Néoplatoniciens se trouvent en partie dans des écrits authentiques , en partie dans des auteurs dont on ne saurait révoquer la fidélité en doute. Plusieurs jeunes savants de notre

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pays, formés à l'école de feu M. Bekker, une foule déjeunes philologues allemands et hollandais ont rendu un grand service à l'histoire de la philosophie, en recueillant, commentant et coordonnant les notices qui ont rapport aux philosophes de ces dernières écoles. H. Ritter , dont le savantouvrage sur l'histoire de la philosophie est conilu de tous ceux qui s'occupent de ces études, et le docteur Preller ont publié récemment un livre c(intenant les fragments et les passages les plus importants pour l'histoire de la philosophie. Ce livre ne saurait être assez recommandé à ces jeunes gens studieux, qui désirent approfondir les systèmes philosophiques de l'antiquité. En profitant de tous les moyens que nous venons d'énumérer, en tâchant de pénétrer les rapports intimes des divers essais philosophiques , nous pourrons nous former une idée assez claire et assez étendue de la vie philosophique de l'antiquité.

19. Si, comme nous venons de le voir , les plus illustres écrivains de l'antiquité se sont occupés de l'histoire de la philosophie avec un soin tout particulier, elle a aussi trouvé ses admirateurs et ses promoteurs dans les temps modernes. Mais comme nous n'écrivons qu'un manuel, nous ne pouvons entrer dans tous les détails qu'exigerait l'exposition des travaux qui ont paru sur notre science depuis la renaissance des lettres. Nous nous contenterons de citer les noms les plus connus.

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