‹ Manuel de l'Immaculée Conception [microforme]Chapitre 63 sur 67 · TOUCHANT L'IMMACULÉE CONCEPTION DE MARI · texte numérisé non relu

TOUCHANT L'IMMACULÉE CONCEPTION DE MARI

La fête de l’Immaculée Conception a été appelée /a fête aux Normands, parce qu’ils ont été très-zélés à ln célébrer, Cette dévotion dut chez eux son origine à la persuasion où ils étaient qu’elle avait opéré plusieurs miracles,

S lui attribuaient la délivrance d’un ambassadeur de Guillaume le Conquérant, qui, en revenant du Nord, échappa à un naufrage, en 1070. On ne se contenta pas en Normandie de célébrer la fâte dont il s'agit ; il s'y établit encore plusieurs associations particu-

iblé la Sain-mes perfecau Père, au Gloire soit

lières en l'honneur de la Conception. La plus connue, comme la pluscélèbre, fut érigée dans la paroisse de Saint-Jean à Rouen.

les, que’lle Jean de Bayeux, archevêque de cette ville, } )it-1]. la confirma. (Godescard, Vies des Saints, édit. de 1835, t. x1, p. 172, note). 1 Le même auteur parle, après les lignes que nous venons de citer, d’une académie f JES qui existait autrefois aussi à Rouen, et qui { avait pour but spécial de célèbrer les lou- À anges de Marie Immaculée dans sa Concep- | RE tion. Mais nous préférons donner l’histo- | ; rique qui a été fait récemment de cette So- ne ciété, plutôt que de rapporter le récit de Go- k descard, que tout le monde peut facilement IL consulter. l on a été Dans la séance que l’Académie de Rouen qu’ils ont a tenue le 16 août 1849, son président, M. || dévotion Homberg, a prononcé un discours plein d’a- | on où ils propos dansun moment où l’univers catho- |] niracles. lique tout entier attendait une décision de foi {F4 \ambas- sur notre pieuse croyance. En effet, il u ra- | , qui, en conté qu’i existait à Rouen, dès le x1 siènaufrage, cle, une confrérie religieuse, destinée à holorman- norer l’Immaculée Conception ; qu’en 1486, M: ; il s’y cette association commença à devenir litté- a particu- aire, sans que son but fût le moins du

monde altéré,

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de !

“ Elle avait alors, ajoute M. Homberg, POUr prince (c’était le nom quelle donnait à son directeur) maistre Pierre Darré, seigneur de Château-Raoul et lieutenant-général du bailli de Rouen. Par ses soins, et avec la permission de l'archevêque Robert de Croix- Marc, de nouveaux règlements furent dressés pour la confrérie, qui se trouva transformée en un véritable gymnase littéraire ; et, comme ses productions Consistaient prin- Cipalement dans des Stances dont le sens amenait la répétition du même vers à la fin de chaque strophe, on l’appela d’abord la Confrérie, puis plus tard, l’Académie des Palinods, des mots grecs: palin ôdé, qui signifient chant réitéré, Tous les ans, le dimanche qui suivait la fête de la Conception de la Vierge, dans l’église de Saint-Jeansur-Renelle, on dressait une sorte de tribune (un puy, comme on disait alors), etsur ce puy, le prince des Palinods, entouré de juges assesseurs, distribuait des prix aux poëtes qui lisaient les meilleurs vers. C'était là quelque chose de considérable dans la province, Les hommes les plus distingués par leur naissance ou par leurs dignités, les Bassompierre, les d’Harcourt, les de Harlay, les de arte der des lieutenants-généraux de Rouen, des conseillers et résidents dt parlement, des gouverneurs de la province, te-

Homberg, > donnait à é,seigneur rénéral du et avec la t de Croixrent dresiVa translittéraire ; vient prinit le sens TS à la fin l’abord la lémie des lé, qui sins, le dionception int-Jeanle tribune etsur ce : de juges IX poëtes C'était là la proigués par , les Basarlay, les ‘raux de dû par-

naient à honneur d’être élus prince des Palinods, et parmi les lauréats, nous trouvons des noms chers aux lettres, Jean et Clément Marot, Jacques Lelieur, Jean Déhommets, Claude Groulard, Jacqueline Pascal, Antoine et Thomas Corneille.

‘“ L’affluence des spectateurs était telle, qu’en 19515 ([re année du règne de François er), l’église de Saint-Jean étant devenue trop petite, le puy fut transféré dans la belle église des Carmes, laquelle s’étendait alors sur toute la place qui porte aujourd’hui ce nom. Cinq années plus tard, en 1520, une bulle du pape Léon X approuvait les statuts de l’association et lui accordait de grands priviléges canoniques. Que dirons-nous enfin ? Philippe de Champagne fit pour elle ce magnifique tableau de l’adoration des bergers, qui, aujourd’hui, décore l’abside de la cathédrale ; Guillaume Tasserie, Leroux de Bourgtheroulde, Marin Le Pygny, Ch. Delaroque, Alph. de Bretteville, Hallé d’Argeville, le seigneur de Bennetot, Louis de Crosne, l’enrichirent successivement de leurs bienfaits. 7”

Peu de compagnies littéraires ont obtenu un si grand éclat et de pareils honneurs. Eh bien ! cependant l’Académie des Palinods ne s’occupait pas d'autre chose que de célébrer

PTmmacuiée Conception. I] fallait Chaque année produire sur ce même sujet :

1° Un chant royal de cinq couplets, dont Chaque couplet devait avoir onze vers de dix à douze syllabes ; 29 une ballade de trois Couplets, non compris l’allusion 5 3° des stances de six quatrains, en vers de douze à treize syllabes ; 4° un sonnet en vers de la même longueur 5 5° une ode de six couplets, dont Chaque couplet de neuf Vers ; 6 © une ode latine de douze Strophes ; 7 © une épigramme latine de trente vers héroïques ;

© etenfin un discours latin d'environ un quart d’heure de lecture. Chaque année, les œuvres des poëtes couronnés sur le puy des Palinods étaient imprimées ou soigneusement écrites à Ja main par les soins de la Société. Ces recueils renferment plusieurs années, et le dernier, comme le plus considérable, a été imprimé à Paris, chez Berton, 1776, in-8o,

Il est curieux et laborieux aussi de par- Courir ces poëmes, qui ont été Jugés dignes des palmes, Mais, à part les bizarreries qu’on y rencontre, qui sont dues au goût du temps, qui étaient les mêmes dans toutes les autres compositions littéraires, et qu’on retrouverait ap les travaux de toutes les réu-

nions académ iques contemporaines, ces hommages à Marie, à Marie Immaculée dans sa

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Conception, de la part d’une Académie, existant depuis si longtemps, et rendus avec tant de persévérance, puisqu’en 1770 nous voyons encore un poëme couronné par elle, et portant pour épigraphe: Ave, maris stella, de tels hommages, disonsnous, ne sont-ils pas dignes de remarque, et n’est-ce pas une heureuse pensée, une pensée toute chrétienne de les avoir rappelés ?

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