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REMARQUES GÉNÉRALES

Nous sommes arrivé au terme de notre travail eu ce qui a trait aux ponts en maçonnerie, et nous espérons que le lecteur trouvera dans ce qui précède tous les renseignements nécessaires.

Quant à l'exécution des maçonneries de toute nature, à la disposition des chantiers, au bardage des matériaux, nous en avons exposé les principes dans notre Traité de V exécution des travaux^ et nous ne reviendrons point sur ce sujet.

La construction des ponts en maçonnerie a fait de grands progrès dans le siècle actuel, non pas comme hardiesse, car on n'a guère dépassé les anciennes ouvertures, mais comme perfection, comme rapidité, conune élégance et solidité dans la construction.

L'introduction des chaux hydrauliques avait déjà réalisé des progrès considérables; celle des ciments permet d'aller plus loin encore.

Les mortiers de ciment prennent une dureté comparable, quelquefois supérieure à celle des pierres qu'ils lient ensemble ; les massifs deviennent monolithes, et la dimension des morceaux dont ils sont composés n'a plus d'influence.

La pierre de taille, si coûteuse, si difficile à barder et à mettre en place, doi

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donc disparaître ou loul au moins être réservée seuleifirent mix arêtes principales de la construction et aux moulures.

Le moellon piqué, le modlon tètué, le moellon bmt doivent icpnstitûer ëftt seuls presque toute la masse de la conslructiou.

Autrefois, on exécutait les voûtes entières en pierres de taille ; plus tard, on se contenta de faire les bandeaux en pierre de taille «vec le corps de douelle en moellon piqué. Mais qu'arrivait-il? Au décintrement, les têles tassaient moins que le corps de la voûte parce que les joints éliafient pTos mombreux m que là, et les têtes se séparaient quelquefois du reste de îa Toûte. Aussi, avons-nous vu les conslructairs soigneur Tèfutiir par des lirarils en fer ou par des chaînes en pierre de taille les bandeaux des têtes.

Aujourd'liui de telles précautions sont inutiles : avec du mortier déciment, le nembre des jofnls est indifférent pourvu qu'on attende la prise; ou peut donc faire sans crainte des Vaiideaux en pierre de taille encadrant une douelleea petits moellons ; mais, n'est-il pas plus économique de composer les bandeaux eux-mêmes avec deux ou trois assises de moellons équarris. Tl en résulte de grands avantages économiques : on n*a plus besoin de panneaux, et la maçonnerie des têtes s*exécute comme- avec de la brique ; les grues roulantes devîennetnt inutiles, une voie de fer avec vagonnets, établie sur toute la longueur da travail, suffit au transport des matériaux qui sont chargés et déchargés à la main.

Lorsqu'ctn voit dans les ponts de Perronet des Wocs de plusieurs mètres cubes avec des formes contournées pour produire renchevêtrement, on est effrayé du prix que de pareilles pierres atteindraient maintenant, et Ton sent tous les services que peuvent rendre les ciments de l)onne qualité que Ton trouve aujourd'hui, très-facilement à un prix modéré.

Nous pensons donc qu'il faut entrer résolument dans la \oie économique de l'emploi exclusif des petits matériaux : une preuve à Fappui, c'est l'état dans lequel on trouve des constructions fort anciennes, ponts ou vieilles tours féodales, les parements en pierre de taille ont disparu, et le massif de moellons est resté inébranlable depuis des siècles.

Un autre pi^fectionnement qu'on a apporté à la construction des ponts, c'est Texécution par zones ou anneaux consécutifs ; on économise ainsi sur les cintres que Ton transporte paraH élément à eux-mêmes et sur le cube de maçonnerie, car le vide entre les anneaux peut être recouvert soit par des dalles, soit par de petites voûtes.

Nous avons donné une application de ce ifystême pourla substitution devolites en briques à un vieux pont en charpente : on démolit le pont en charpente sur h moitié de sa largeur et on concentre la circulation sur l'autre moitié ; sur la moitié libre on construit un demi-pont en briques, sur lequel on ramène ensuite la circulation pour transporter le cintre à côté et construire la seconde moitié de pont. Les deux demi-poiïts ne sont pas jointifs, parce qu'ils peuvent subir des tassements inégaux; on laisse entre eux un espace vide que Von recouvre avec une dalle.

M. ringéniienr Cadota fait une belle application du sy^ème de construction en deux parties lorsqu'il amibstitué des voûtes en maçonnerie aux cinq travées de 57 mètres d'ouverture qui composaient le pont de Tournus : il concentra la circulation sur la moitié du pont, détruisit l'autre moitié, construisit à la place un demi-cintre, ramena la circulation sur ce demi-clntre, construisit Fautre demi-cintre et la demi-voûte superposée que Von livra à la circulation après son

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