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CHAPITRE PREMIER. — QUESTIONS PRELIMINAIRES

Ainsi, dans les villes, remplacement des ponts est commandé en général par celui des voies principales qui aboutissent au fleuve.

En rase campagne, il n en est point de même, et s'il s'agit d'une route ordinaire, on possède presque toujours une certaine latitude pour le choix de l'emplacement. Cependant, il arrive pour les grands chemins de fer dont la voie est moins flexible que celle d'aune route ordinaire, il arrive que le tracé est imposé par la topographie des rives et qu'il faut traverser les rivières en des endroitsbien déterminés.

inconTénients des ponts biais* — Le premier principe à observer est de placer l'axe du pont normalement au cours d*eau ; on ne doit déroger à ce principe qu'en cas d'absolue nécessité.

Avec une route ordinaire, il est bien rare qu'on ne puisse infléchir le tracé de manière à le placer normalement; avec les chemins de fer, qui n'admettent que des courbes de grand rayon, la chose est moins facile, et l'on se voit forcé quelquefois d'adopter un pont biais.

Un pont biais présente des difficultés de construction, et coûte toujours plus cher qu'un pont droit ; d'abord il est toujours plus long ; ensuite, comme les piles doivent se trouver placées parallèllement au courant afin de ne point créer trop d'obstacles au mouvement des eaux, il en résulte que dans les ponts biais les piles sont obliques sur les tètes, ce qui n'est point favorable à la stabilité et ce qui entraîne, comme nous le verrons plus loin, des sujétions assez délicates.

Ainsi le pont biais est à éviter toutes les fois qu'on le peut; l'ingénieur doit bien se garder de rechercher les difficultés pour avoir le plaisir de les vaincre, au contraire il faut qu'il s'efforce de les tourner et de trouver dans tous les cas la solution la plus simple et la moins dispendieuse.

Quoi qu'il en soit, les ponts biais de petite dimension se rencontrent assez fréquemment sur les lignes de chemins de fer, car les nécessités du tracé ne permettent pas de traverser normalement les cours d'eau secondaires. Dans certains cas, il est possible de modifier non pas la voie, mais le cours d'eau lui-même ; ce procédé, qu'il importait de signaler, n'est admissible que pour des rivières de faible importance, et dans tous les cas il ne faut y recourir qu'avec prudence car on ne réussit pas toujours à vouloir contrarier les eaux dans leur cours naturel.

Une autre considération à introduire dans le choix de l'emplacement, c'est celle du terrain sur lequel on doit asseoir les fondations. En général, dans les grandes vallées et sur les cours d'eau d'une certaine importance, les couches géologiques successives sont sensiblement parallèles dans l'étendue sur laquelle on peut faire le choix de l'emplacement, et les variations dans la profondeur à laquelle on trouve le rocher, ne sont sensibles qu'à grande distance. Cependant, on peut rencontrer des variations brusques et rapprochées et il convient de se rendre compte par des sondages de la profondeur à laquelle on devra descendre les fondations, suivant qu'on se placera à un endroit ou à l'autre; on calculera aussi les quantités comparatives de déblais et de dragages que l'on aura à faire. Lorsque le cours d'eau présente des largeurs inégales, suivant qu'il est encaissé ou qu'il coule dans une vallée largement ouverte, sa vitesse est plus ou moins rapide et les dépôts de vase et de gravier y sont plus ou moins considérables , dans les parties resserrées, le rocher peut quelquefois se trouver à nii, ou, tout au moins, il est recouvert d'une couche bien moins épaisse que celle que l'on rencontre dans les parties de large section. A ce point de vue, il y a donc avan

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tage à placer les ponts dans les parties resserrées, car on aura moins de dépense à faire, et on réduira la longueur de l'ouvrage ; mais les courants sont toujours plus rapides dans les parties encaissées et les fondations demandent à être mises à Tabri du choc des eaux au moyen de précautions particulières. Engénéral, il y aura avantage à construire les ponts sur les parties. les plus étroites.

Lorsque la direction d'un cours d'eau est sensiblement reclîligne, sa section transversale a la forme d'une cuvette dont la profondeur, maxiraa au inilieu, va en décroissant à mesure qu'on se rapproche des bords.

On doit dans ce cas placer le pont bien exactement à cheval sur la rivière, et mettre ses culées dans l'alignement des rives. 'Mailles rivières forment souvent des courbes plus ou moins accusées. Si sur le cours d*eau représenté par la figure 1 de la planche 1, on relève un profil on trouvera pour ce profil la forme ab^ c'est-à-dire que le maximum de profondeur se rapproche d'autant plus- de la rive concave que la courbure est plus accusée; cela se coiçoit, car les eaux d'amont viennent battre la rive concave, qui par sa résistance les force à se dévier, irrais du choc continu résulte une désagrégation lente du fond et des berges; au contraire, les eaux s*éloignent de la rive 'convexe qu'elles n'attaqueiit pas, elles y restent plus calmes ôt y déposent les matières qu'elles peuvent tenir en suspension.

Si donc on vient à établir un ponr en [aoj, on pourra avancer la ciilée de rive gauche en rivière, mais il faudra bien se garder de le faire pour la culée dérive droite, car c'est vers elle que se porte surtout le cours des eaux, et cette culée devra être solidement .enracinée dans la rive afin de ne point se laissa entamer par le courant.

En principe, il convient d'étudier la marche des eaux à leurs différentes hauteurs et de faire en sorte que le pont embrasse toujours le courant tout entier et ne vienne point à en barrer telle ou telle partie.

Inconvénients des levées d'accès. — Ainsi, lorsque la rivière est sujette à des débordements et qu'il se forme des courants latéraux en dehors des rives, certaines précautions sont à prendre si l'on ne veut voir périr le?!s levées ou rem; biais qui accèdent au pont, ou même les culées et les piles elles-mêmes. Soit par exemple un pont (ab), figure (2), planche (1), qui embrasse bien le courant de la rivière ; tant que celle-ci ne déborde pas, c'est-à-dire ne s*épanche pas audessus des arêtes am, bn de ses rives, il n'y a rien à craindre pour la solidité de l'ouvrage et Técoulement se fait avec facilité; mais que les eaux sortent de leur lit et s'élèvent au-dessus des berges, il va se former des courants latéraux en (p) 6t {q) comme le montrent les flèches. Considérons le courant^, il vient battre la levée (ac) et tend à la détruire pour s'ouvrir un passage au travers; admettons .qu'elle résistée, les eaux arrêtées dans leur cours ne trouveront moyen de détruire leur force vive qu'en s'élévant le long de la digue qui les arrête ; mais le courant central n'est pas arrêté, lui, de sorte qu'il s'établit une dénivellation de l'eau de c en a, et par suite un courant plus ou moins rapide dans le sens (ca) comme l'indique la flèche. Ce courant vient battre en travers la première pile, il détermine des alTouillements qui peuvent être assez considérables pour saper les fondations et entraîner la ruine de l'édifice.

Qu*y-a-t-il à faire pour s'opposer à de pareils ravages? Deux moyens se présentent : retenir les eaux dans leur lit ou leur ouvrir un passage supplémentaire.

11 faut donc, soit, élever à l'amont du pont des digues insubmersibles am^bn, bien enracinées dans la rive et non susceptibles d'être tournées par les eaux ; ces

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