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ARTICLE XVI

Description d'une machine à vapeur d'après le nouveau principe.

La figure 3 représente une section verticale des différentes parties d'une machine à vapeur , construite d'après les principes développés dans cet ouvrage; toutes les parties sont placées de manière à en faciliter l'intelligence pour ceux qui ne sont pas familiers avec le jeu de la machine à vapeur : dans la construction elles sont arrangées différemment.

A. Coupe de la chaudière, perpendiculaire à son axe ; elle consiste en deux cy~ lindres , l'un dans l'autre ( la forme cylin~ drique étant la plus convenable pour résister à une grande force expansive). Le feu est allumé dans le cylindre intérieur qui sert de fourneau, et l'eau est contenue entre les deux cylindres. La fumée , après avoir traversé le cylindre intérieur dans toute sa longueur, en sort par l'autre extrémité et est conduite de là sous la chaudière alimentaire, 2?, oii elle va chauffer l'eau destinée à remplacer dans la chaudière celle qui en est retirée en état de vapeur, pour opérer le mouve-^ nient de la machine; C pompe alimentaire qui , à chaque coup de piston de la machine, élève une quantité d'eau et la force à entrer dans la chaudière alimentaire,

La vapeur monte par le tuyau, et, si la soupape d'injection Z), est ouverte pour laisser entrer la vapeur dans la machi ne, et que l'on ouvre les soupapes E

CONSTR. DE MACHINES A VAPEUR. i53 et F, la vapeur pousse le piston G à l'extrémité inférieure du cylindre, comme on le voit dans la figure : la vapeur qui remplissait le cylindre, étant chassée devant le piston, s'est échappée par la soupape F. Aussitôt que le piston arrive en bas, les soupapes E et F se ferment, et celles H et I s'ouvrent ; la vapeur entre en H pour faire remonter le piston , tandis que celle qui est contenue dans la partie supérieure du cylindre est forcée de sortir par la soupape /. Ces quatre soupapes sont mues par deux roues K et L , portant des cames sur leurs surfaces, qui frappent contre quatre leviers auxquels les tiges des soupapes sont attachées, et qui les ouvrent et les ferment au moment convenable. (Ces leviers ne sont pas représentés dans la figure, ) Le mouvement du piston G fait mouvoir le levier MN \ et la bielle MO fait tourner la manivelle , tandis que le volant QR conserve la régularité du mouvement; les roues dentées ST, de dia-

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mètre égal, font mouvoir les roues à cames LK ; le levier MN fait marcher la pompe alimentaire C. Le mouvement est ainsi continué, et la roue V de 66 dents menant la roue £7 de 23 dents, fait faire à la meule TV cent révolutions par minute-, lorsque le piston fait 35 coups dans le même temps. La roue dentée V, peut être appliquée à tout autre ouvrage. Au lieu de la roue on peut encore faire usage d'une manivelle pour faire marcher une pompe, ou une scie, puisque la machine peut donner depuis io jusqu'à ioo coups de piston par minute , selon l'usage pour lequel elle est construite j et si le cylindre de la machine a 8 pouces de diamètre, elle fera marcher une meule de cinq pieds de diamètre , ou un autre ouvrage quelconque qui exige une pareille force.

La vapeur en quittant la machine, s'échappe par le tuyau XX, et se dissipe dans Fair au-dessus du toit de la maison, ou bien elle passe dans le condenseur , si

CONSTR. DE MACHINES A VAPEUR. i55 l'on se sert d'un condenseur, ou elle passe à travers la chaudière alimentaire pour chauffer l'eau .

Fest la soupape de sûreté , maintenue à sa place par un levier gradué comme la romaine, pour peser l'effort de la vapeur. Cette soupape s'élève pour laisser échapper l'excédant de la vapeur , lorsque sa force élastique devient trop considérable.

Si l'on recourbe le tuyau de la soupape de sûreté dans le fourneau , on peut , en ouvrant la soupape , chasser en dehors les cendres qui pourraient obstruer le tuyau de chaleur.

Cette machine est très simple dans sa construction , et facile à exécuter par des mécaniciens ordinaires; les ouvertures pour le passage de la vapeur sont de simples plaques métalliques percées chacune d'un trou, sur lequel vient s'appliquer la soupape destinée à le fermer; ces plaques sont aisées à fondre.

Eu nous servant de cette machine pour

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faire marcher dix scies, nous trouvons que, si nous la mettons en mouvement aussitôt que la vapeur a acquis la force nécessaire pour faire marcher une seule scie , et qu'elle marche un peu vite , elle tire la vapeur de la chaudière au fur et à mesure que cette vapeur s'y forme.

Nous pouvons ainsi brûler beaucoup de combustible, et passer beaucoup de temps pour faire peu de chose 5 mais si, au contraire, nous retenons la vapeur jusqu'à ce qu'elle lève la soupape de sûreté , portant une charge assez forte pour faire marcher les dix scies, alors, la machine se mettra en mouvement avec cette charge, continuera à marcher toute la journée, et ne brûlera qu'une très petite quantité de combustible de plus,

La machine n'occupe que peu d'espace; la figure en est faite sur une échelle de | de pouce pour pied, excepté la meule et les deux roues qui la font mouvoir.

Celles-ci sont sur une échelle d'un quart de pouce pour pied.

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Extrait dun mémoire d Evans , publié dans l' Emporium of Arts; vol. i , pag. 2o3.

Après avoir ainsi établi les bases de la théorie de sa machine, Oliver Evans s'occupa de la simplification de son mécanisme ; et, quoiqu'il ne considérât cette partie que comme un objet secondaire, il est néanmoins arrivé à un tel degré de perfection , que l'on doit peut-être désespérer de pouvoir rendre la construction de la machine à vapeur plus simple; à moins que l'on ne parvienne à lui donner directement un mouvement de rotation.

La fig. 5 représente une vue en perspective de sa nouvelle machine, telle qu'il la construisit après y avoir apporté les simplifications dont il vient d'être question, et qu'il publia en 1812 (1).

(1) J'ai cru devoir substituer à la planche d'Oliver Èvans, qui représente la machine en perspective, le plan et les élévations d'une machine de ce genre , de la

A. Chaudière;

B. Cylindre;

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