MOULIN
ouvert en forme de grille, pour donner passage à la matière lorsqu'elle se trouve suffisamment réduite; ou bien on peut percer un trou dans une pierre pour former le fond de la trémie; ou bien encore, on peut rendre la meule supérieure dormante , et faire tourner celle de dessous, en la fixant à l'arbre de la vis; dans ce cas la meule supérieure formera le fond de la trémie. On peut Encore disposer les meules verticalement; dans ce dernier cas la vis est placée horizontalement au fond d'une trémie fermée en bas, la vis traversant une des meules, et étant attachée à l'autre qu'elle fait tourner ; le mouvement de la vis fait avancer la matière , au fur et à mesure qu'elle la broie, à travers l'ouverture de la meule stationnaire, d'où elle passe entre les meules pour être pulvérisée. De cette manière, j'ai construit un moulin avec lequel j'ai fait moudre plusieurs milliers de boisseaux de pierre à plâtre, à bras d'homme ; la meule tournante est con^
A BROYER LA PIERRE A PLATRE. a?.5 sidérablement plus grande que l'autre, et sert de volant. J'ai vendu ce moulin à une personne qui l'emploie à broyer le charbon pour un four à acier, et qui s'en trouve. bien. La meule est attachée à l'extrémité A, fig. 20, la manivelle est appliquée en B , et on la tourne de telle sorte que le mouvement de translation de la matière ait lieu vers les meules. Ce moulin à vis peut être varié de bien des manières sans changer de principe, et sans cesser de constituer toujours une bonne machine; mais la forme que l'on voit fig. 20 est peut-être la plus convenable pour le broiement du plâtre, du charbon, du maïs en épis pour la nourriture des bestiaux, des couleurs de plusieurs espèces , des minerais , des decrees, etc. Il est très peu coûteux, et sa simplicité le rend encore plus précieux, puisqu'il n'a aucune espèce d'engrenage, et qu'il se compose d'un très petit nombre de pièces toutes très faciles à construire.
aab MASTIC ANGLAIS:
Composition d'un mastic anglais pour les chaudière? et Ivs tuyaux des machines à vapeur.
16 parties de limaille de fonte, i — de soufre.
2 — de sel ammoniac.
Broyés ensemble à sec, et conservés de même. Quand on veut s'en servir on humecte le mélange, à la consistance d'une pâte, et on l'applique dans la jointure qui fuit. Ce mastic, une fois bien séché, adhère très fortement aux métaux ; mais il doit être appliqué de dedans, en dehors, autant que possible.
Comme il est possible que le sieur Bresson veuille, en vertu d'un brevet qu'il a obtenu de Sa Majesté , empêcher que d'autres de ses compatriotes puissent construire la machine à vapeur d'après les principes énoncés dans cet ouvrage, il sera peut-être à propos d'ajouter ici copie d'une communication que j'ai eu l'honneur de faire à la Société d'Encouragement dans sa séance du i3 décembre 1820, imprimée dans le tome 19 du Bulletin de cette Société, page 338.
Messieurs ,
J'ai eu occasion plusieurs fois d'entretenir la Société de feu Oliver Evans, mon concitoyen , et des machines à vapeur de son invention; elle m'a toujours écouté avec bienveillance.
aaS APPENDICE.
Aujourd'hui j'ai la satisfaction de lui annoncer que M. Bresson, mécanicien, rue de la Vieille-Draperie, n° i3 , a confectionné, d'après les notions que je lui en ai fournies, une petite machine sur les mêmes principes , et il m'a chargé de prier la Société d'Encouragement de vouloir bien la faire examiner par son comité des arts mécaniques.
M. Bresson me paraît avoir parfaite-^ ment conçu et exécuté, cette machine 5 mais, si je suis très satisfait de lui comme mécanicien , je suis fàclié de dire que j'ai lieu d'être moins content de lui sous un autre rapport, et cela moins pour moi personnellement que dans l'intérêt de ses propres compatriotes. En sollicitant du gouvernement , et à mon insu , un brevet d'importation pour cet objet, qui ne lui a coûté ni recherches ni tâtonnemens, il s'est montré, à mon avis, trop partisan du monopole pour l'âge où nous vivons.
En apprenant cette démarche de la part de M. Bresson , j'ai adressé à Son
Excellence le Ministre de l'Intérieur, le 20 novembre dernier, une lettre dont la teneur suit :
« Monseigneur ,
» Ami des arts utiles , j'aime aussi à en répandre la connaissance autant que cela peut dépendre de moi,
« C'est à ce titre que j'ai donné à M. Bresson, mécanicien, rue de la Vieille-Draperie , des notions assez exactes et assez étendues sur la machine à vapeur de feu Oliver Evans, de Philadelphie, mon compatriote, pour qu'il ait pu la construire.
V Gomme je considère cette machine comme la meilleure de toutes celles que je connais , je désirais en voir jouir la France, et j'aurais donné à tout autre artiste français, qui eût voulu en entreprendre la construction , les mêmes éclaircissemens que j'ai donnés à M. Bresson.
» La preuve en est que je les avais
2 3o APPENDICE,
déjà donnés à M. Daret mécanicien , rue du Four Saint -Germain, plusieurs mois avant que de connaître M. Bresson } mais les autres occupations de M. Daret ne lui permirent pas de s'en occuper de suite. Plus tard, je les communiquai à M. Bresson qui, jusqu'alors, n'en avait jamais entendu parler.
» Cet habile mécanicien , prêt à terminer sa première machine , qui est déjà assez avancée pour lui assurer un plein succès, vient, à ce que j'ai appris indirectement, mais d'une source certaine, de solliciter un brevet d'importation pour cette machine.
» J'ai cru devoir éclairer la religion de Votre Excellence en lui communiquant ces faits, afin qu'elle pût se demander, avant de faire droit à la demande de M. Bresson , s'il est juste que celui-ci soit autorisé par brevet de Sa Majesté de m'interdire la faculté de donner à d'autres de ses concitoyens les mêmes notions que je lui ai communiquées gratuitement, et
d'empêcher à ces mêmes concitoyens d'en profiter à leur tour.
» J'ai l'honneur d'être, etc. )> Son Excellence m'a répondu sous la date du 27 du même mois par une lettre qui prouve que l'objet de la demande de M. Bresson est un brevet d'invention et non d'importation , et ajoute que : « Les » brevets se délivrent sur simple requête » et sans examen préalable , et que tou- » tes les difficultés que peuvent faire » naître les titres de cette nature doivent » être résolues par les tribunaux. »
Comme je n'ai ni le loisir, ni la disposition de provoquer une décision judiciaire de la question dont il s'agit, je me contente de rapporter les faits, et de prier la Société de vouloir bien garder la présente communication dans ses archives, atin que tous ceux qui peuvent y avoir intérêt puissent y recourir au besoin, et de m'en faire délivrer une copie authentique.
Je termine en répétant à la Société la
prière quelle voudra Lien se faire rendre compte de la machine à vapeur construite par M. Bresson, et qui, j'ose l'espérer, sera trouvée digne de son attention , tant sous le rapport de l'exécution que sous celui de sa composition.
Signé 1. Doolittle.
Paris, Je i3 décembre 1820.
P. S. Cette machine a été décrite et gravée dans Y Emporium of arts , publié à Philadelphie il y a plusieurs années.
Pour copie conforme ,
Signé Jomard»
V\VVVWWX\'VVV\\\.\\V\\V\\V\'\V\\\\\\.\VVV\V\\*\\^\V\\V\\t.\AV\\\.\VV\\ ^\W\%T*
TABLE
Pag ,.
Avertissement du traducteur 5
Kotice historique sur Oliver Evans i i
Préface de l'auteur 23
Rapport des mesures 3o
Article I. De la vapeur 3i
II. Comparaison de la puissance de l'ancien système et du nouveau .35