‹ Manuel de l'instituteur catholique de la province de Québec [microforme]Chapitre 46 sur 87 · LITTERATURE · texte numérisé non relu

LITTERATURE

L'enseignement de la littérature doit ètre renfermé dans les limites qu’il ne saurait dépasser, sans empiéter sur un domaine qui n'est pas celui des écoles primaires

Ces limites sont fixées par le but à atteindre:

Faire distinguer, mais très clairement—<ce qui comporte beaucoup plus d’attention et de réflexion qu’on ne le pense généralement—faire distinguer la prose et les vers, le langage simple et la poésie, le style courant, simple, précis, naturel, correct, élégant, qui doit être le style des élèves, et le haut style qu'ils pourront admirer, Mais qui n’est point à leur usage ;

aire distinguer encore, par leurs traits essentiels et caractéristiques, les différents genres littéraires, avec leurs divisions et leurs subdivisions ;

Donner expérimentalement des notions exactes sur la structure de certains genres principaux ou d'un caractère plus usuel;

En vue des exercices de composition française, entrer dans des développements suffisants, mais élémentaires toujours et. débarrassés de tout détail oiseux ou trop subtile, sur les préceptes littéraires relatifs à l'invention des idées, à la disposition et à l’élocution: ;

Appuyer particulièrement sur les préceptes relatifs au genre épistolaire, aux &enres narratif et descriptif, les seuls à peu près que les élèves auront à mettre en pratique.

out le reste relève de l'enseignement sr-ndaire.

Deux procédés peuvent être employés pour cette étude élémentaire des préceptes et des genres littéraires: aller de la règle expliquée au modèle qui en présente l'application; passer de ce modèle, préalablement examiné, à la règle dont il est une sorte d'illustration. Que l'on choisisse l’une ou l’autre manière, la méthode suivie, ainsi que l'indique nettemen doit toujours être expéri-

i it j les règles des modèles.

Le manuel n'est ici et les énumérati

lité du style Mme de dé grec de Ra

rigueur de l'argumentation, telle eignement restera ce qu'il doit êtr en particulier, de consacrer trop d l'élève n'a que faire de toute cett les manuels élémentaires. A ]’ res de mots et les figures de pensée, distinction f on substituera avec avantage la division en figu raisonnement — classification, il est vrai, plus juste. Et l’on s’en tiendra là, sans particulière à chaque figure qui entre dans n peu d’histoire littéraire ne céder de la manière suivante.

pris, à l’occasion des morceaux er d’une courte notice lèves consigneront dans le emple, Joinville, Villehardouin, Frossard, de la manière d'écrire de ces auteurs et des origines de

Langue française

LITTERATURE—(Suite)

On fera copier dans les cahiers de mémoire, à la suite de rapides commentaires, quelques vers de Charles d'Orléans, de Villon, une fable de Clément Marot, un sonnet de Ronsard, un extrait de Montaigne, une ode de Malherbe, etc. Et les élèves assisteront aux transformations graduelles de la langue.

Arrivé au grand siècle de Louis XIV, la halte serait plus longue. On verrait quelque chose de Descartes, de Pascal, de Bossuet, de Bourdaloue, de la Bruyère, etc.; un peu plus de Corneille, de Racine, de Fénelon, de Boileau, de Molière, de Mme de Sévigné, de La Fontaine, etc. C'est l'apogée de la littérature française, il convient d'y appuyer.

On passera plus rapidement sur le XVIIIe et le XIXe siècle, Pourtant Voltaire, Montesquieu, Buffon, Bernardin de St-Pierre: puis Chateaubriand, Lamartine, Victor Hugo, etc.: plus d'un historien, plus d’un orateur, plus d'un romancier des temps modernes, occuperont une certaine place dans les cahiers et dans la mémoire.

Pour ce qui est de l'analyse littéraire, son but, dans les classes primaires surtout, c’est de chercher à does le jugement, le goût du beau, le sens de l’admiration, Pour cela, elle met en re!i:f la pensée et les mérites de l’auteur: elle ne s'arrête pas avec complaisance aux petits côtés de l’œuvre, s'il en existe: elle montre la manière originale selon laquelle les maîtres ont respecté les grandes lois de l’art d'écrire avec logique, en une langue précise, naturelle, harmonieuse; elle ne s’attarde pas à des remarques minutieuses et trop multipliées qui voileraient le texte sous le commentaire, Loin de suggérer aux élèves, de leur imposer des jugements tout faits, qu'on les excite à parler, qu'on les amène à dire simp'ement les impressions et les réflexions que l'examen du texte leur inspire.

Enfin, à l'occasion des poésies récitées et expliquées, le maître donnera le plus tôt possible — sauf à y revenir plus tard—quelques notions très simples de prosodie. Ces premières notions peuvent se réduire essentiellement à quatr= ou cinq principes.

s élèves plus jeunes seraient ainsi mis en garde contre les mutilations inconscientes, dont ils se rendent quelquefois coupables.

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CO. #S ELEMENTAIRE

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