‹ Manuel de l'ordinandChapitre 12 sur 18 · LE QUATRIÈME JOUR · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME JOUR

1™ Mèd. Paroles du PontiGcal. -I" Partie. 316 Lect. Quelques cérémonies de l'Ordi-

natiun du Prêtre. 503

2>"e Mèd. Paroles du Pontifical. 21U° Partie. 322

1" Mèd. Paroles du Pontifical. 3me Partie. 328 Lcct. De la Chasuble et des significations mystiques des habits du Prêtre à l'autel. 512

2"ie Mèd. Le triple caractère imprimé dans

mon âme. 545

1re Mèd. Excellence du Sacerdoce de Jésus- Christ, auquel participe le Prêtre.

Lect. Fonctions du Prêtre.

2t"e Mèd. Jésus remettant les péchés à Magdeleine, instruit le Prêtre administrant le sacrement de Pénitence.

irc Mèd. Le monde et le Prêtre.

Lect. Sainteté progressive exigée par le

Pontifical.

2me flfécL L'ambition et le Prêtre.

!4« Mèd. La cupidité et le Prêtre.

Lect. Jésus ma vie.

2rae Mèd. Ma première Messe.

De la Prêtrise en général.

4° Sa définition. « Presbyteratus est Ordoquo confertur specialis potestas Corpus et Sanguinera Christ i in Missœ celebratione consecrandi, à peccatis absolvendi , subditosque opère ac doctrinâ pascendi. » (Gury.)

Cet Ordre étant conféré pour des fonctions toutes divines, et les autres Ordres, avec les pouvoirs qu'ils donnent, les grâces qu'ils produisent, les vertus qu'ils exigent, n'étant par rapport à celui-ci que des préludes, des préparatifs et des degrés, le Catéchisme du Concile de Trente a pu dire : « Omnium sacrorum Ordinum summus gradus est Sacerdotium. »

2° Son institution. Jésus - Christ donna à ses Apôtres la puissance d'ordre qui consiste principalement à offrir le saint Sacrifice, lorsqu'il leur dit : « Hoc facile in meam commemorationem ; » et il leur donna la puissance de juridiction qui consiste principalement à remettre les péchés, quand, après sa résurrection, il leur dit : « Accipilc Spiritum sanctum : quorum remiseritis peccata, remiltuntur eis ; et quorum retinueritis, retenta sunt. » ,

Cette double puissance spirituelle, le caractère imprimé clans l'âme, et la grâce, sont les trois effets du sacrement de l'Ordre. La Théologie distingue deux sortes de grâces communiquées dans l'Ordination : 1° la grâce actuelle sacramentelle, qui rend le sujet digne de remplir saintement ses fonctions; 2° la grâce habituelle seconde, qui augmente en lui la justice et la charité. Entre la grâce et le caractère, effets du sacrement, il y a cette différence, que la grâce dépend en quelque sorte des dispositions du sujet, mais noa le caractère.

La Théologie observe encore 4° que les Prêtres reçoivent dans leur Ordination le pouvoir de consacrer le Corps et le Sang de Jésus-Christ, et que ce pouvoir leur est tellement propre qu'il ne convient aux Evoques qu'en tant qu'ils sont Prêtres ; 2° qu'encore que les Prêtres, reçoivent dans leur Ordination le pouvoir de remettre les péchés , la Prêtrise ne donne proprement pas la puissance de juridiction ; 3° que les Evêques possèdent une puissance d'ordre et une puissance de juridiction très-éminentes, si bien que plusieurs fonctions leur sont exclusivement propres, et que les Prêtres doivent tenir d'eux leur juridiction.

3° Sa matière et sa forme. Il est de foi , d'après le Concile de Trente, que le Sacerdoce est un sacrement. « Ipsius materia apud Grsecos sita est in solâ manuum impositione ; apud Latinos verô duplex est, saltem ex praecepto, scilicet impositio manuum Episcopi, et traditio calicis cum vino, et patena? eu m hostià superpositâ. Controvertitur autem inter Theologos qusenam sit materia essentialis. Forma etiam pro materiœ diversitate varia est; quare de eà pari ter controvertitur. 1 «Forma quœtraditioni instrum-entorum respondet, ha?c est : Accipe potestatem ojferendi Sacrificiv.m Deo Missasque celcbrandi tam pro vivis quàm pro defunctis, in nomine Domini. 2° Forma autem impositioni manuum propria, est ipsa oratio quam récitât Episcopus dùm manus Ordinandis imponit. » (Gury.)

Dans cette Ordination, comme dans toutes les autres, on ajoute d'autres signes sensibles, non comme matière ou forme nécessaire, mais pour rendre l'Ordination plus solennelle et désigner plus clairement les fonctions du Sacerdoce.

4° Sa dénomination. Pre&byler, Saccrdos, ces deux noms dont rien n'exprime la nuance dans notre langue , désignent l'un le gouvernement et la prudence, l'autre le caractère sacré et les fonctions qui en dé-

coulent. « Presbytef grœcè Seniorem significal , non solùm propter aetatis maturitatem, quae buic Ordini minime necessaria est, sed multô magis propter mcrum gravitatem, doctrinam et prudenliam. Nomen Presbyteri, quod in Scripturâ veteris Testamenti et in Evangeliis passim occurrit, pro magistratu plebis accipitur, quôd ea prœfectura plerùmque deferri solerei viris œtate provectis. »

« Sacerdotis vocabuîum , quo offerendi Sacrificii potestas seu functio propriè significatur, in Scripturâ novi Testamenti nusquam legitur Sacerdotibus nova? legis atlributum, sed soli Christo. Cujus rei rationem banc assignant Tbeologi, quôd totum Testamentum eo tempore scriptum est quo adbuc in usu aut certè in recenti memoriâ erant sacrificia veteris Legis , et in suâ functione versabantur ejusdem instituti Sacerdotes, cumquibus nomine communicare noluerunt Apostoli, ne adbuc vigere, et non abrogatum vêtus iilud Sacerdotium videretur. At paulô post., Hierosolymâ cum Templo eversà, et proindè veteris Legis Sacerdolio cessante, mox Episcopi et Presbyteri, Pontifices et Sacerdoles appellari cœperunt. » (Catal.)

L'Evêque, dans les premiers siècles, est appelé Sacerdos, parce que, possédant la plénitude du Sacerdoce, il est le Prêtre par excellence. Le Prêtre aussi est quelquefois appelé Episcopus , non que l'Evêque ne l'emporte sur lui en dignité et en pouvoir, mais parce que l'Evêque et le Prêtre « 4° quidem sunt tequales in potestate consecrandi Corpus Christi et absolvendi à peccatis, licèt impares in potestate Ordinandi seu consecrandi Ecclesiae Ministros, et Confirmât ionis sacramenti administrandi ; 2° quia tune temporis, antequam orirentur sebismata, non tara auetoritate,et jurisdictione dictinctâ ac divisa, quàm communi et cum Episcopo concordi Presbyterorum consi'îo, labore et zelo regcbanlur Ecclesiaî : unde Presbyteri dicebantur

Episcopî, id est inspectorcs et moruin populi correctores, non quôd Episcopi propriè dicti poteslatem et jtrrisdictionem babcrent, sed quôd cura Episcopo et de illius eonsensu regerent Eeelesiam sua vîgilantiâ, consilio et labore ; imô et in Conciliis cum Episcopis sederent , et sententiam suam rogali diccrent. » (CaUil.)

5° Ses Figures. C'est d'abord sans nul doute le Sacerdoce aaronique, dont les fonctions, du moins poulies simples Prêtres, se bornaient à celles-ci, dit Cornélius à Lapide : « 1° immolatio sacriliciorum, 2° incensio thymiamatis in altari, 3° propositio panum proposilionis , 4° accensio lucernarum in candelabro. » Et toutefois quelle sainteté et quelles qualités n'étaient pas exigées d'eux ! Tous les pécbés du Grand-Prêtre étaient censés volontaires et équivalents à ceux du peuple entier, ainsi qu'on le conclut des sacrifices prescrits pour leur expiation. L'ignorance n'était pas admise dans celui qui pouvait et devait savoir la loi pour l'expliquer aux autres. « Peccata Pontificis, utpote personae communis, et principis totius populi, a?quantur peccatis totius populi, et tota populi castra contaminant 5 ideôque tam victima pro peccato Pontificis, quàm victimapropeccato populi cremanda erat extra castra. » (Cornel. à Lap. in cap. iv Levit.)

Le Pontifical, fondé sur le sentiment des plus anciens Docteurs , indique encore , dans l'ancien Testament, les soixante et dix Anciens adjoints à Moïse pour le gouvernement, et, dans le nouveau, les soixante et douze Disciples.

Ces Anciens aidaient Moïse dans les trois grandes fonctions qui lui étaient dévolues : prononcer sur les causes majeures, juger en dernier ressort celles où l'on interjetait appel, régler ce qui touchait au culte de Dieu. N'est-ce pas ce que fait !e Prêtre, juge des consciences et administrateur d'une paroisse, sous

la haute direction et avec l'approbation de son Evéque ? Or voici les qualités exigées de ces juges : « 1° Prudentia tum humana , tumdivina; 2°justitia et recta conversatio ; 3° gravitas et reverentia personne. » (Tostat. Abulens.). Cornélius à Lapide ajoute : « 4° fortitudo et zelus boni communis, ut nec potentes revereantur, aut iis adulentur, nec sua, sed reipublicae commoda quserant. » (/n cap. xi Num.)

Sur cet autre texte : « Post haec autem designavit Dominus et alios septuaginta duos, et misit illos binos ante faciem suam... » (Luc. x), Cornélius à Lapide s'adresse cette question : « Cur binos misit Cbristus ? » Il répond avec les Pères et les Commentateurs : « 1° Ut alter alteri auxilio esset, solatio, stimulo, excilamento; 2° ut alter alterum haberet perpetuum vitae testem, œquè ac tutorem; 3° ut majorem auctoritatem et fidem prsedicationi suse eonciliarent; 4° quia minus quàm inter duos charitas haberi. non potest; et qui charitatem erga alterum non habet, prœdicationis officium suscipere nullatenùs débet. » Que de leçons pour le Prêtre ressortent de ce texte aussi bien que du précédent !

Saint Denis l'Aréopagite , après avoir dit que la hiérarchie qui est à la fois ordre, science et action, a pour but d'assimiler et d'unir à Dieu par le triple ministère de purifier d'abord , d'illuminer ensuite et enfin de perfectionner; après avoir montré les pures -Intelligences distribuées en trois hiérarchies dont la seconde reçoit la pureté, la lumière, la perfection de la première qui les tient excellemment et immédiatement de Dieu, pour les transmettre, mais à un degré inférieur, à la troisième qui à son tour les communique aux hommes, déclare que, d'après l'institution divine, la hiérarchie ecclésiastique a pour type la hiérarchie céleste ; qu'au premier rang est l'Ordre des Pontifes, plein de force pour communiquer la perfection ; au se-

eond l'Ordre sacerdotal, qui donne l'illumination ; et au troisième l'Ordre des Diacres, qui a pour mission de purifier. Ainsi tous les membres de la hiérarchie ont ceci de semblable qu'ils participent à la même grâce •, et ceci de différent , qu'ils n'y participent pas à un égal litre, ni dans la même mesure.

6° Conditions. « 4° iEtas viginti quinque annorum saltem inceptorum. 2° Anni interstitium. 3° Scientia sufficiens ad populum necessaria ad salutem docendum, et Sacramenta ministranda. 4° Tempus à jure pro Ordinationibus prœscriptum. »

Quelques cérémonies de l'Ordination du Prêtre.

Ordinandus amictu, ulbâ, cinrjulo , manipuh , etsiolà IransversàintluUis, Litaniis dictis, post traction Missœ, super brachiumsinist rum planetamalbi coloris complicatam tenais, et candelam ac mappulam albam in dexterà gérais, ab Archidiacono vocatus, se sistit coram Episcopo qui, postulatione factà ab Archidiacono, et Clero et populo nihil opponentibus, desacerdotalimunere illum admonet, dein super caput ipsius manus imponit, nihil dicens :post eum stalim alii Saccrdotes idem agunt.Mox Episcopus cumaliis Sacerdotibus dexteram extensam super illum tenait, intérim Episcopo precesfundente. Dein Episcopus sub certis formulis ei stolamin formant crucis antepectus aptat,planetamque imponit rein) super humeros complicatam. Post hœc caniiur hymnus Veni Creator ; intereà Episcopus oleo catechumenorum ejus ambas manus unrjit, dicens : Consecrare... etc. quasMinister linteolo ligat. Tune Episcopus ei porrigit patentant cum hostià, et calicem cum vino et aquàdigilis tangendum, dicens : Accipe... Dein novus Presbijter , post lotas manus, et candelœ oblationem, in locum suum r'eversus, unà cum Episcopo Missam concélébrât. Ante Comraunio, vscXcm, coram Episcopo Symbolum Apostolorum ; quo expletG, Episcopus super caput ejus manus imponit, dicens : Accipe Spiritum... Planelam explicat dùm dicit .* Stolà innocentiœ... et accepta reveraxtiœ atque oèeiHentiœ promissione, dat ei osculum pacis, Gîque oenedicit. Danùm perficiunt Missam.

1° L'Archidiacre, comme a l'ordination du Diacre , dit : -i Reverendissime Pater , postulat sancta Mater Ecclesia... » Et l'Evèque répond encore :« Scis

iilum dignum esse ? » Moment solennel ? On vient de formuler une demande au nom de l'Eglise ; eette Mère, s'entendant nommer dans une circonstance aussi grave, est accourue, elle s'est jelée entre le Pontife et les Ordinands, inquiète, agitée de sentiments divers, et, les regardant avec des yeux où se peignent tour à tour la crainte et l'espérance : « Vient-on pour me servir ou pour me trahir, pour m'afiliger ou me consoler, pour guérir mes blessures ou pour m'en faire de nouvelles? »

2° L'EvÊQUE EN SILENCE IMPOSE LES MAINS A CHA- QUE Ordinand. Sur cette cérémonie il faut entendre •1° saint Denis : « Pontificiœ autem manûs impositio, simulquidem manifestât sacramentalcm protectionem, quàtanquam sanctipueri paternà dilectione foventur : quœ quidem sacerdotalem eis det liabitum, et virtutem ; contrarias autem potes ta tes expellat. Docct etiam omnes functiones sacri Ordinis obire eos qui consecrati sunt, utsubDeo agenlcs, eumque omnium suarum actionum ducem habentes, in omni operis institutione. » (Hier. eccl. c. 5). — 2° Saint Thomas : « Impositio manuum in sacramentis Ecclesiœ fit ad significandum aliquem copiosum gratiae effectum, quo illi quibus manus imponuntur quodammodo per quamdam similitudinem constituantur Ministri , in quibus copia gratiie esse débet. Et ideô manûs impositio fit in sacramento Confirmationis, in quo confertur plcnitudo Spiritûs sancti, et in sacramento Ordinis, in quo confertur quœdam cxcellentia potestalis in divinis Mystcriis. Undc et II. ad Tim. c. 1, dicitur : « Resuscites graliam Dei, quse est in te per impositionem manuum mearum. » (3à Parte , q. 48 , art. 4), — 3° Tertullien : « Caro manûs impositione adumbratur, ut et anima Spiritu illuminetur... Manus imponitur, per benedictionem advocans et invitans Spiriturc sanctum, » (De Bapt. c. vin), — 4° Saint Au-

gustin qui, dans son Traité du Baptême, chap. xvi* , « diserlè dicit manûs impositionem non aliud esse quàm orationem super hominem, quia videlicet externum illud signuni oratio quœdam cseremonialis est, signifîcans orationem internara ejus qui manuin imponit, vel totius Ecclesiœ, cujus ille minister est, pro eo cui manus iraponitur. » (Catal. de Confîrm. § 14.)

L'imposition des mains, déjà faite au Diacre , est réitérée au Prêtre, « quia per consecrationem transit Presbyter de opère ad opus, id est, de ministerio ad Dei immolationem ; quoniam sicut nec illud, ità nec illud, nisi gratiâ Dei adjuti, agere non valemus. » (Durand.)

3° Tous les Prêtres présents imposent les mains de la même manière : non pour la validité, mais pour la solennité de l'Ordination ; non comme signe de protection, de bénédiction , de consécration , mais comme signe de communion et de fraternité. Chaque Prêtre semble vouloir, sinon communiquer à ses nouveaux frères l'esprit sacerdotal qu'il reçut autrefois lui-même et qu'il a dû conserver avec soin, du moins déclarer qu'il partage désormais avec eux sa dignité.

La cérémonie de l'imposition des mains s'accomplit au milieu du plus profond silence : c'est le silence du mystère, du respect, du saisissement ; le ciel s'ouvre, les anges s'inclinent, l'Esprit-Saint prend possession de l'Ordinand, Jésus-Christ le marque du sceau de son sacerdoce éternel, la transformation s'opère, l'Eglise compte un Prêtre de plus.

4° L'Evéque croise l'étole sur la poitrine de l'Ordinand. Par là, dit le Catéchisme du Concile de Trente, « declaratur Sacerdotem virtute indui ex alto, quà possitcrucem Christi Domini et jugum suave divinae. legis perferre, eamque non verbis solùm, sed vit» sanclissimè et honestissimè aclœ exemplo tradere. » (De Ord. Sacrum.). Siméonde Thessalonique avait dit :

« Posteà orarium à sinislro humero in dexterum transfert, quod posîcrius est anlerius agcns ; et hoc modo velut su'ojugum mittit Ordinandum. Conspicere enim débet, et considerare per symbola, quam acceperit gratiam ; et primùm quod secundùm unum et solum Diaconatùs opus contraxerit debitum 5 nunc verô ad Mysteria et Sacerdotium universum, unde majus illi impendet jugum, ità ut totius operis debcat esse minister et curator : ideo secundo cingitur, velut vocatus ad majus opus. » (De Sacr. Ord. c. v.)

b° Il le revêt de la chasuble. La charité dont la chasuble est le symbole, sera désormais la vertu propre et éminente, l'élément, l'àme, la vie du Prêtre à l'autel, en ebaire, au saint tribunal, dans l'administration de la paroisse et partout. « Sacerdos sacris vestibus indutus Christi vices gerit, ut Deum pro se et pro omni populo supplici,ter et humiliter rogct. » (Imit. L. iv.)

6° Il fait sur ses mains une onction en forme de

CROIX AVEC L'HUILE DES CATÉCHUMÈNES. L'huile a la

propriété de nourrir, de guérir, d'éclairer, d'assouplir, de fortilier ; elle surnage, elle se répand avec facilité et pénètre les corps solides ; elle entre dans la composition des parfums; et, dans l'Ecriture, elle désigne la fertilité et l'abondance. L'Eglise la regarde donc avec raison comme un symbole de la grâce suréminente qui, s'insinuant doucement dans l'àme de l'Ordinand , la réjouit, la console, la guérit, la fortifie , l'éclairé, l'enrichit de dons célestes, et lui donne la vertu de produire les mêmes effets dans les autres. L'onction se fait sur les mains, « ut Saccrdotum manus mundoo sint ad offerendam hostiam Deo , et largae ad ccetera officia pietatis » (Amal. Fort, de Eccl. Offïc.) ; en forme de croix, «quia crux omnium f'ons benedictionum, omnium est causa gratiarum » (S. Léo, S. 8, de Passione Dom.); pendant le chant

du Vient Creator , « fortasse quia Spiritus sanctus fons est benedictionum omnium , quas passione et morte suà in eruce Christus nobis promeruit. » (Catal. de Ord. Presb.). L'onetion sur la tète, depuis le temps de saint Grégoire, est réservée aux Evêques.

Dans la consécration d'Aaron et de ses fds, on touchait avec le sang d'un agneau immolé 1° extremum auriculœ dextrœ, « ut Sacerdotes teneras habeant aures promptissimamque obedientiam acl lcgern et doctriïiara audiendam et implendam ; » 2° pollkem manùs dexlrœ, «ad firmara obedienfire legis execulionem; » 3° similiter et pedis, « ad celcrem niotum exequendi eam. n (Cornel. à Lap. in eop. vni Levit.). IN"'était-ce pas la représentation vive de ce que TEsprit- Saint, par la vertu du Sang de Jésus-Christ, produit bien plus efficacement dans le Prêtre delà loi nouvelle?

L'huile des catéchumènes n'admet aucun mélange de baume 5 l'Evèque seul est consacré avec le saint chrême.

7° Il lui fait toucher le calice et la patène. Laissons parler saint Thomas : « Per manùs impositionem datur plenitudo per quam ad magna officia sunt idonei : et ità solis Diaconis et Sacerdolibus fit manùs impositio, quia eis competit dispensatio Sacramentorum,quam\isuniutprincipali,alterisicutministro:sed unctione ad aliquod Sacramentum tractandum consecrantur: et ideô unctio solis Sacerdotibus fit, qui propriis manibus Corpus Christi tangunt. Sed potestatis collatio fit per hoc quôd datur eis aliquid quod adproprium actum pertinet; et quia principalis actus Sacerdotis est consecrare Corpus et Sanguincm Christi , ideô in ipsà datione calicis sub forma verborum determinatà ebaracter sacerdotalis imprimitur. » (In 4 Dist. 24.)

8° Le nouveau Prêtre prent> part, en qualité de

COCÉLÉBRANT, A LA MESSE QUE CONTINUE l'EYÉQUE. La

Messe ainsi célébrée rappelle ce qui se faisait dans les premiers siècles. Alors, il n'y avait qu'un office dans choque église; l'Evèque était à. l'autel, et tous lu; Prêtres officiaient avec lui. (Espr. des Çérém.)

L'Eglise, comme une bonne et tendre mère, après avoir ouvert à son Prêtre ses trésors , veut qu'il se hâte d'y puiser. Il n'y a qu'un instant qu'il est consacré, et déjà il fait usage de ses sublimes pouvoirs. On lui a dit que désormais le Fils de Dieu s'incarnerait entre ses mains, comme autrefois dans le sein de Marie ; aussitôt il s'approche de l'autel, et, à sa voix non moins puissante que celle du Pontife, la divme Victime s'immole pour le combler de nouvelles grâces. Oh ! avec quelle religion et quel amour doit-il prononcer pour la première fois les mystérieuses paroles !

9° L'Evèque lui fait réciter le Syjibole, pour s'assurer de l'orthodoxie des enseignements qu'il donnera au peuple en son nom. Voilà le corps de doctrine uniforme , invariable , immortel comme Dieu , que le Prêtre est chargé d'expliquer, sans rien retrancher, sans rien ajouter. Ce qu'on croit ici, on le croit partout ; ce qu'on croit aujourd'hui, on l'a cru dès le commencement, on ie croira toujours. Toutes les nations répètent ce Symbole, tous les siècles se le transmettent, des millions de voix le disent sans fin. Les douze articles dont il se compose, l'Eglise catholique les regarde comme douze perles brillantes qui forment sa couronne. 0 Prêtre, admettez-vous d'une foi ferme tous ces articles? êtes-vous prêt à défendre toutes ces perles contre ceux qui voudraient les ravir, au prix, s'il le faut, de votre sang ?

40° Il lui donne le pouvoir de remettre les péchés et déploie sa chasuble jusque-la repliée, pour l'avertir que, doué de cette seconde prérogative, il a, non pas la plénitude, mais le complément du Sa-

eerdoce, et que, clans les limites de ses attributions, rien ne lui manque désormais pour l'édification du Corps mystique de Jésus-Christ. L'Eglise, pendant les interstices, s'est assuré des dispositions du candidat. La pureté de son motif, la force de son attrait, sa capacité, ses progrès dans la science et la piété, son aptitude pour les cérémonies et les fonctions ecclésiastiques, son amour pour la discipline, son zèle et sa discrétion, son humilité et sa douceur, son désintéressement et sa patience, les garanties de persévérance qu'offrent son caractère et sa vertu : tout lui est connu. Elle a mis le casque du salut sur sa tèlc; la ceinture, symbole de la continence, autour de ses reins j le manipule du travail à son bras j l'étole de gloire à son cou \ la chasuble, emblème de la charité, sur ses épaules ; elle lui dit maintenant : Partez, l'heure du combat a sonné pour vous, allez à la conquête des âmes.

14° Il lui fait promettre respect et obéissance a lui et a ses successeurs : car sans respect , point d'obéissance •, sans obéissance, point d'unité ; sans unité, point de paix en soi-même, et point de fruits dans les âmes. Le nouveau Prêtre répond : Promitto. Oh ! que cette parole dit de choses ! Dans la famille diocésaine au sein de laquelle vous me confiez aujourd'hui une part d'administration , vous êtes le père commun, ô Pontife, chargé de pourvoir à tous les besoins, de juger les différends, d'assigner à chacun son emploi : voici de tous vos enfants le plus respectueux et le plus soumis ; je me garderai bien, en contrariant vos vues, de troubler la paix et de scandaliser mes frères : Promitto. Dans la bergerie où vous m'instailez aujourd'hui comme pasteur, je resterai toujours brebis à l'égard du premier Pasteur ; c'est vous qui indiquerez les pâturages, qui détournerez des précipices et ferez contre les loups une garde vigilante : je me

place sous volrc houlette, appelez-moi, renvoyez-moi, augmentez ou diminuez le nombre de mes brebis, menacez-moi, au besoin frappez-moi ; vous n'avez à craindre de ma part ni résistance ni murmure : Promitto. Dans la milice sainte où je prends aujourd'hui le rang d'officier, vous êtes, après le Pontife suprême, le généralissime $ à vous de commander les évolutions, d'intimer les ordres qu'il faut transmettre, de donner le signal du combat ; ce n'est pas moi qui compromettrai le sort de l'armée en violant la discipline, en soulevant les autres officiers ou les simples soldats contre vous ; comptez sur ma subordination la plus entière, sur mon respect le plus profond : Promitto.

42° Il l'embrasse et le bénit, comme s'il disait : Vous trouverez en moi un ami et un père ; je vous rendrai en bienveillance et en bénédictions le prix de votre subordination et de votre piété filiale. Joies, peines, sacrifices, désormais tout sera commun entre nous.

« Le baiser qui termine la cérémonie de l'Ordina- « tion, dit saint Denis, renferme un sens très-pieux. « Tous les assistants revêtus de quelque Ordre sacré , « et le Consécrateur lui-même, saluent l'initié par « un baiser. C'est que, quand l'àme religieuse, pré- « parce par l'habitude des vertus sacerdotales, par la « vocation divine et par la sainteté, se présente à la « grâce de l'Ordination, elle est prise en affection par « tous les rangs de la hiérarchie ; élevée à une beauté « déiforme, elle aime les âmes qui lui ressemblent, et « dont elle est réciproquement aimée. De là ce sacré « et mutuel embrassement, mystérieuse image de la « communion fraternelle des pieux esprits et de leur « douce et unanime allégresse , par où se maintient « dans son intégrité la beauté de notre hiérarchie. » (Hier, ceci.)

43° Il lui fait cette recommandation : « Quia reg quam tractaturus es satis periculosa est, Fili dilectissimc, moneo te ut diligentcr totius Missa; ofdincm atque Hostiee consecrationem, ac fractionem, ab aliis jam doctis Sacerdotibus discas, priusquaui ad celebrandam Missam accédas. »

Le respect dû à Notre-Seigneur , l'édification des fidèles, la piété personnelle du Célébrant, trois motifs de cette grave et importante recommandation.

44° Il impose a tous les Ordinands une pénitence. « Singuli ad primara Tonsurani, vel ad quatuor Minores Ordines promoli, dicite semel septem Psalmos pœnitentiales, cumLitaniis , versiculis et orationibus ; ad Subdiaconatum, vel Diaconatum, Nocturnum talis diei ; ad Presbyteratum verô ordinati, postprimam vestram Missam, très aliafr Miss as, videlicet, unam de Spiritu sancto, aliam de Beatâ Maria semper virgine, tertiam pro Fidelibus defunclis, et omnipotentem Deum etiam pro me orate. »

Le Pontife respecte les intentions particulières du nouveau Prêtre, dans la célébration de sa première Messe ; il sait que cette première Messe se célèbre ordinairement au sein de la famille ou pour la famille.

On voit ce que le Pontife se propose en demandant 4° une Messe de Spiritu sancto : son secours sera si nécessaire ! 2° une autre de Beatâ Maria : après Dieu, n'est-ce pas à Marie que le nouveau Prêtre doit son entrée dans le Sacerdoce? 3° une troisième pro Fidelibus defunctis : avec quelle impatience l'Eglise souffrante attend cette Messe célébrée avec tant de ferveur !

Enfin le Pontife serecommandelui-memeaux prières des Ordinands. Qui pourrait dire toutes celles qu'il a faites déjà, et qu'il fera encore pour eux?

K5c la Chasuble et dos significations mystiques des habits du S*rctre a l'autel.

•1° De la Chasuble. Cet habit est le principal ornement du Prêtre qui offre le saint Sacrifice. Sa forme ancienne donne la raison de son étymologie. Les anciens désignaient sous le nom de casula un vêtement ample qui couvrait tout le corps et le cachait comme sous une maison ou case portative. Casula, petite case, n'est, comme on le voit, que le diminutif de casa, maison. On lui donne aussi le nom de planeta, planète, qui signifie errant, parce que la chasuble étant d'abord un long manteau tout rond, ouvert seulement par le haut pour y passer la tête, sans manches et sans attache qui le fixât , pouvait tourner autour du cou et errer en tout sens sur les épaules.

Durant les sept premiers siècles, la chasuble était le vêtement ordinaire des hommes qui portaient l'habit long. Il est très-probable que les Prêtres, dans la célébration des saints Mystères, se bornèrent à prendre une chasuble propre et décente, à laquelle , plus tard, après les persécutions, ils attachèrent des broderies d'or et d'argent et même des pierres précieuses.

Quand le peuple quitta cet habit, le clergé le retint. Un Capitulaire de l'an 742 porte : « Decrevimus quoque ut Presbyteri vel Diaconi non sagis, laicorum more , sed casulis utantur , ri tu servorum Dei. » (Capit. tom. i, pag. 148). Depuis neuf cents ans au moins, l'Eglise a donné la chasuble aux Prêtres à leur ordination, comme un ornement qui leur est propre et spécial pour la célébration du saint Sacrifice. On lit dans le Sacramentaire de Senlis, écrit l'an 880 : « Presbytero quando vestilur casula : Benedictio Pains, etFilii, etSpiritûs sancli descendat super te, et

sis bcnedictus ïn Ordine sacerdotali, et offeras placabiles hostias pro peccatis , etc. »

Les Orientaux ont conservé la coupe primitive de la chasuble, comme ils ont conservé assez généralement celle des autres ornements sacrés. Chez les Latins, la chasuble retint la forme qui en justifiait Fétymologie, jusqu'à la fin du quinzième siècle et même jusqu'au seizième. A cette époque on enéchancrales deux extrémités latérales, pour laisser plus de liberté aux bras du Prêtre élevant la sainte Hostie ou agitant l'encensoir. Peu à peu l'échancrure sur les bras s'est tellement agrandie, que la chasuble moderne n'est plus qu'un composé de deux pièces l'une devant et l'autre derrière. Si les ministres qui servent à l'autel soulèvent encore aujourd'hui la chasuble du Prêtre à l'élévation, c'est uniquement pour rappeler l'antique usage de la retrousser et même de la rouler en forme de bandoulière et de baudrier.

Les couleurs, splendide parure de la création, qui donnèrent aux habits d'Aaron leur éclat symbolique, et auxquelles le ciel même emprunte une partie de sa beauté, ont été adaptées par l'Eglise aux diverses solennités qu'elle célèbre. Le blanc d'abord, puis le rouge, et enfin le bleu céleste, furent dans les premiers siècles les couleurs de la robe sacerdotale. A la fin du douzième siècle, le pape Innocent III nous apprend qu'il y avait dans l'Eglise de Rome quatre couleurs principales, selon les jours : le blanc, le rouge, le noir et le vert. Le violet, peu usité alors, eut bientôt, grâce aux concessions que lui fit le noir, une place distinguée parmi les couleurs liturgiques.

La chasuble est le symbole de la charité, selon le r^ns de la prière que faitl'Evêque en en revêtant le Prêtre, et le symbole du joug de Jésus-Christ, selon le sens de la prière que fait le Prêtre en s'en revêtant lui-même. Yves de Chartres dit sur le premier sens : « Omnibus

indumentis supcrponitur casula, quœ alio nomine planeta vocatur; quœ quia communis est vestis , charitatem significat, quie universis virtutibus superponitur, quia cseterœ virtutes nibil sine eâ utile operantur. » (De signif. indum. sacerd.). Le second sens ne saurait être plus expressément désigné que par la croix gravée sur la chasuble, ou devant, comme en Italie , ou derrière, comme en France, ou devant et derrière, comme autrefois en Allemagne.

Au chapitre xxviii6 de l'Exode , il est ordonné au Grand-Prêtre revêtu de l'éphod et du rational de porter gravés sur ses épaules et sur sa poitrine les noms des douze tribus d'Israël. Pourquoi sur les épaules et sur la poitrine? demande Cornélius à Lapide : « Ut salulis animarum sibi commissarum admoneatur, casque non tantùm bumeris geslct , sed intimo cordis sinu cura et oratione suâ foveat. In pectore portantur , cùm amantur ; in bumeris, cùm illorum onera portantur. » De là ce langage des Pcres : « Sacerdotium omis onerum, omnium onus, gigantinis et ipsis angelicis humeris onus formidabile. »

2° Des significations mystiques des habits du Prêtre a l'autel. Outre les significations liturgiques des habits bacrés, rien n'empêche de leur en attribuer d'autres non moins propres à entretenir la piété, en tant surtout qu'ils revêtent le Célébrant pendant l'action du Sacrifice. Par eux , dit le cardinal Bona , « et Passio Christi ante Sacnficium recolenria reprsesentatur, et cjusdem virtutes exprimunlur , quibus ornari Celebrantem par est, ut Sacerdotio fungatur in justitià etsanclitate veritatis. »

]o Passio Christi. « Porro Amietus veiamen illud signifie at quo faciès Cbris'i velata est, cùm percutiebant eiun illudcntes,etiliccntes : Prophetiza nobis,quis est qui te percussit?

« Alba vestem albam dénotât quâ ab Hcvode tanquam stultus induius fuit.

« Cingulum, tunes quinus in horto vinxerunt cum; sive flagella quibus eum crudelissiraè eeciderunt.

« Manipulas, vincula quibus adstrictae sunt manu* ejus, tanquara hominis nefarii et seelerati.

« Stola } fîmes collo ejus injectos, sive crucis patibulum humeris ejus impositum.

« Casula , vestern purpuream, quam ei milites in domoPilati, tanquam ludicroregi, imposuerunt. »

2° Virtutes Christù « Amictus itaque significat oportere mentem in œternse duntaxat salutis , rerumque cœlestium consideratione fixam habere , ab omnibus curis rerum caducarum amotam ; et contra quoscumque hostium incursus spe etfiducià in Deum, tanquam galeà salutari communitam.

« Alba, totum corpus tegens, innocentiam, simplicitatem, puritatem animiquecandorem, et pulchritudinem indicat, quse totum Sacerdotem complecti et exornare inlùs et extra débet, atque in omnibus operibus ejus splendere, ut sit sanctus et immaculatus in conspeclu Dei, seque semper talem exbibeat divinis Mysteriis celebrandis.

« Cingulum indicium est eastitatis, quae in Sacerdote ita splendere débet, ut nullam prorsùs tam in corpore quàm in corde admittat labem^ In cujus rei typum jussitolimDeus, ut comedcnies Agnumaccingerent renés suosj et ipse Christus ait : Sint lumbi vestri prœcincti.

« Manipulas, prœmisso crucis osculo, sinistro bracbio insertus, ostendit lacrvmas, dolorem, et pœnitentiam, quibus lugere peccata ac perpetuo dolorc Sacerdos débet.

« Stola collo superposita, et in modum crucis per médium pectoris ducta,demonstrat Sacerdotem teneri se Deo unire, et quodammodo colligare, suamque erucem Dei causa patienter ferre.

« Casula, quœ cœteris vestibus splendidior et pre-

316 « tiosior illis superinduitur, signum est charitatis, quec, rcliquis virtutibus excelsior, omnibus supereminet, tanquam illarum regina, et vinculum perfectionis. »

Le pieux et savant Cardinal recommande au Prêtre qui revêt ces ornements, d'entrer dans les dispositions de Notre-Scigneur subissant sa passion , et de produire intérieurement les actes des vertus dont ils sont le symbole ; car, selon l'énergique expression de Pierre de Blois, « Presbyter in consecratione Sacrilicium commemorans, et imitans cum lacrymis passionem Christi, fit Christus et crucifixus, et sacrificans, et sacrificatur. » (De sacros. Euch. myst.)

Paroles du Pontifical.

1" Pabtie.

AVIS. ? Comme à la page 23.

Archidiaconus postquam dixerit : Reverendissime Pater, postulat... et Pontifex interrog averti : Scis illos... et Archidiaconus : Quantum humana... et Pontifex : Deo gralias , annuntiat Clero et populo Pontifex, dicens :

Quoniam , Fra- Nos très-chers Frères , puisque très ebarissimi , les raisons de craindre ou d'espérectori navis et rer sont communes au pilote et aux navigio deféren- passagers , les sentiments de ceux dis eadem est vel qui ont les mêmes intérêts doivent securitatis ratio , être les mêmes , et il faut les revcl communis ti~ cueillir et les comparer. Prêtres et moris; pareorum fidèles naviguent dans le même débet esse senten- vaisseau; la mer est semée d'écueils, lia quorum causa les tempêtes sont terribles, les flot-

communis existit. tes ennemies harcellent sans inter- Neque enim fuit ruption : qu'arrivera-t-il si l'équifrustrà à Patribus page est divisé , ou si le pilote institutum , ut de manque d'habileté et de courage ? electione illorum Ce n'est pas en vain, mais par l'efqui ad regimen fet d'une profonde sagesse , que les altaris adhibendi Pères , nos prédécesseurs dans le sunt consulatur gouvernement de l'Eglise , ont étaetiam populus -, bli que lorsqu'il s'agirait d'élire quiadevitàetcon- ceux qui doivent être préposés au versatione prse- service de l'autel , le peuple même sentandi , quod serait consulté et admis à donner nonnunquam ig- son suffrage ; car ce qui, dans leur noratur à pluri- vie et leur conduite , est quelquebus, scitur àpau- fois ignoré de la multitude, peut cis ; et necesse est être connu de plusieurs qui ont eu ut faciliùs ei quis avec eux des rapports plus intiobedientiam ex- mes-, et sans contredit il est plus hibeat Ordinato , facile d'obéir à celui qui a été orcuiassensumprœ- donné, quand, par un témoignage bueritOrdinando. favorable, on a consenti à son Or- Horum siquidem dination. La vie de ces Diacres quiT Diaconorum in par la grâce de Dieu, vont être or- Presbyteros, auxi- donnés Prêtres , a été exemplaire , liante Domino, Or- autant que je puis en juger, agréadinandorum con- ble à Dieu , et digne, ce semble, versatio, quantum d'un plus haut rang dans l'Eglise, mihividetur, pro- Mais dans la crainte qu'un seul ou bâta et Deo pla- un petit nombre ne soient égarés cita existit *et dig- par l'affection ou la prévention , et na , ut arbitrer, que le rejet ou l'admission ne soit ecclesiastici hono- injuste , il faut demander l'avis ris augmento. Sed d'un grand nombre. Dites donc line unum fortasse brement ce que vous savez sur leur vel paucos aut de- vie et leurs mœurs , ce que , dans, eipiat assensio vel votre conviction et votre conscien-

fallat aflectio, scn- ce, vous pensez de leur mérite ; en tentia est expc- leur donnant votre suffrage pour tenda multorum. le Sacerdoce , regardez plutôt ce Itaque quid de eo- dont ils sont dignes que ce que vous rum aclibus aut ferait désirer pour eux quelque afmoribusnoveritis, fection particulière. Si donc quelquid de merito qu'un a contre eux une révélation sentiatis , libéra importante à faire , au nom de Dieu voce pandatis ; et et pour la gloire de Dieu , qu'il se bis testimonium présente avec confiance, et qu'il Sacerdotii magis parle ; cependant qu'il n'oublie pas pro merito quàm sa condition , ce qui l'attend au triaffectione aliquà , bunal de Dieu et des hommes , si , tribuatis. Si quis poussé par la passion, il calomnie un igitur habet ali- Clerc respectable , ou si , emporté quid contra illos, par un zèle indiscret , il parle sur pro Deo et prop- des bruits sans fondement et fait ter Deum , cum planer sur un Ministre de l'Eglise fiduciâ exeat, et des soupçons injurieux qu'on ne dicat 5 verumta- peut eclaircir.

men memor sit conditionis suœ.

Pontifex , aliquâ interjectâ morulâ , convertens sermonem ad Ordinandos , admonet eos >, dicens :

Consecrandi,Fi- Très-chers Fils , au moment solii dilectissimi, in lennel et décisif d'être consacrés Presbyteratûs of- Prêtres, appliquez-vou* , en épuficium, illuddignè rant vos dispositions, à recevoir disuscipere, ac sus- gnement cette charge, et ensuite à ceptum laudabili- vous en acquitter sous l'œil de Dieu ter exequi stu- et de l'Eglise d'une manière digne dealis. Sacerdo- d'éloges, La fonction d'un Prêtre tem enim oportet est d'offrir l'auguste Sacrifice , de

offerre, benedice- bénir le peuple et ce qui est à son re, prœesse, prœ- usage , de présider et de gouverner dicare , et bapti- l'assemblée des fidèles , de prêcher zare. Cum magno et de baptiser. C'est donc avec une quippe limore ad profonde crainte qu'il faut envisatantum gradum ger cette dignité sublime et monascendendum est, ter à cet éminent degré, et lorsac providendum qu'on s'est préparé et rendu reconiut cœlestis sapien- mandable par une sagesse non tia, probi mores terrestre mais céleste, par des et diuturna justi- mœurs pures et exemplaires , par tiaeobservatioadid une constante pratique de la juselectos commen- tice, c'est-à-dire de toutes les verdent. Unde Domi- tus. Aussi le Seigneur , ordonnant nus prœcipiens à Moïse de choisir dans tout Israël, Moysi ut septua- pour le seconder dans le gouverneginta viros de uni- ment, soixante-dix hommes entre verso Israël in ad- lesquels il voulait partager les dons jutorium suum du Saint-Esprit, lui suggéra cette eligeret, quibus idée lumineuse et lui donna cet Spiritûs sancti do- ordre : Choisissez parmi ceux que na divideret, sug- vous savez être les anciens du peugessit : Quos tu pie , vénérables par leur âge et jiosti, quôd senes leur expérience. Vous étiez figuré.; jiopuli sunt. Vos par ces soixante-dix anciens , si , siquidem in sep- par les sept dons du Saint-Esprit tuaginta viris et déposés en votre àme, et par l'obsenibus signati es- servation de la loi, vous montrez tis, si per Spiri- la probité et la maturité dans votre tum septifonnem, science et votre conduite. Dans le Decalogum legis nouveau Testament, le Seigneur, custodientes, pro- en vue du même mystère et de la bi et maturi in même figure, choisit aussi soixantescientià simili^r douze disciples, et les envoya deux et opère eritis. à deux prêcher devant lui, afin Sub eodem quo- d'apprendre, par la parole et par les

que mysterio et exemples, que les Ministres de son eàdem figura , in Eglise doivent être parfaits dans la novo Tcstainento foi et dans les œuvres, c'est-à-dire Dominus septua- affermis et exercés dans la double ginta duos elegrt, dilection, de Dieu et du prochain. ac binos ante se Appliquez-vous donc à être tels, par in prœdicationem la grâce de Dieu, qu'on puisse dijnisit; ut doceret gnementvous choisir pour coadjuverbo simul et teurs de Moïse et des douze Apofacto Ministros Ec- très, c'est-à-dire des Evoques caclesise suîb fide tholiques figurés par Moïse et les et opère debere Apôtres, et qu'après avoir été choiesse perfectos, seu sis , vous soyez pour eux un aide, gemince dilectio- non un embarras. Certes , cette nis , Dei scilicet et admirable variété d'Ordres entoure, proximi , virtute orne et gouverne la sainte Eglise : fundatos. Taies c'est son rempart, son vêtement de itaque esse stu- gloire , son sénat et sa milice ; on y deatis, ut in adju- consacre des Pontifes, et au-dessous torium Moysi et d'eux des Prêtres, des Diacres, des duodecim Aposto- Sous-Diacres et des Ministres de lorum , Episcopo- divers Ordres , et de la réunion de rum videlicet ca- ces membres distincts et de ces ditbolicorum , qui gnités différentes se forme le corps per Moysen et de Jésus-Christ un et indivisible. Apostolos figuran- C'est pourquoi , très-chers Fils , tur, digne per vous que le suffrage de nos frères a gratiam Dei eligi choisis pour être consacrés comme valeatis. Hâc certè notre aide , conservez dans vos mira varietateEc- mœurs l'intégrité d'une vie sainte clesia sancta cir- et pure. Appréciez et comprenez cumdatur, orna- ce que vous faites à l'autel ; imitez tur et regilur; ce que vous opérez sur la divine cùm alii in eâ Victime ; en célébrant le Mystère Pontifices, aliimi- delà mort du Seigneur, efforceznoris Ordinis Sa- vous de mortifier en vous tout vice

cerdotes, Diaconi et toute cqncupiscence. Que votre

et Subdiaconi, di- doctrine soit un remède spirituel ,

versorum Ordi- non une viande creuse, pour le

num viri conse- peuple de Dieu. Que l'odeur de vo-

crantur; et ex tre vie délecte l'Eglise, au lieu de

multis et alternœ l'empoisonner. Par vos prédications

dignitatis mem- et vos exemples , édifiez la maison

bris unum corpus et la famille de Dieu , afin que nous

Christi efficitur. ne soyons pas condamnés , mais

Iiaque, Filii dilec- récompensés , nous pour vous avoir

tissimi , quos ad admis à ce ministère , vous pour y

nostrum adjuto- avoir été élevés. Qu'il daigne nous

rium fratrum nos- l'accorder par sa grâce. #. Ainsi

trorum arbitrium soit-il.

consecrandos ele-

git, servate in mo-

ribus vestris cas-

lœ et sanctse vitae

integritatem. Ag-

noscite quod a-

gitis. Imitamini

quod tractatis j

quatenùs , mortis

Dominicœ Myste-

rium célébrantes,

mortificare mem-

bra vestra à vitiis

et concupiscentiis

omnibus procure-

tis. Sit doctrina

vestra spiritualis

medicina populo

Dei. Sit odor vi-

tce vestrse delecta-

mentum Ecclesiae

Cbristi ; ut praedi-

catione atque exemple» œdificetis domum, id est familiam Dei ; quatenùs nec nos de vestrà provectione , nec vos tanti offîcii susceptione, damnari à Domino, sed remunerari potiùs mereamur. Quod ipse nobis concédât per gratiamsuam.

#. Amen.

Paroles da Pontifical

2me PabTIB.

AVIS. | Comme à la page 2b.

Ordinandis coram Pontifice binis et binis successive genuflectentibus , Pontifex imponit simul utramque mamim super caput cujuslibet ; idemque faciunt post eum omnes Sacerdotes. Quo facto, tam Pontifes quàm Sacerdotes tenent manus dexteras extensas saper illos. Et Pontifex stans cum mitrâ dicit :

Oremus, Fra- Nos tres-chers Frères, prions très charissimi, Dieu le Père tout-puissant de mul- Deum Patrem om- tiplier les dons célestes sur ses serïiipotentem ut su- viteurs qu'il a choisis pour les per hos famulos fonctions du Sacerdoce , afin que , suos,quosadPres- comblés de ces dons, devenus des

byteriimunusele- hommes tout célestes, ils remgit, cœlcstia do- plissent fidèlement par le secours na muUiplicet, et de sa grâce le ministère qu'ils requod ejus digna- çoivent de sa miséricorde. Par Jétione suscipiunt, sus-Christ Xotre-Seigneur. ipsius consequan- g. Ainsi soit-il.

tur auxilio. Per Christum Dominum nostrum.

#. Amen.

Pontifex, deposità mitrâ, conversus ad altare , dicit : Oremus. El Ministri : Flectamus genua. #. Levate. Et mox conversus ad Ordinandos, dicit :

Exaudi nos , Nous vous prions d'exaucer nos quœsumus, Domi- ardentes prières , Seigneur notre ne Deus noster, Dieu, et de répandre largement et super hos fa- sur vos serviteurs la bénédiction mulos tuos be- vivifiante de l'Esprit-Saint et la ne f dictionem vertu féconde de la grâce sacerdosancti Spiritùs et taie : nous les offrons avec larmes gratiœ sacerdota- et avec joie aux regards si bienlis infunde virtu- veillants de votre clémence , pour tem : ut quos tuœ être légitimement consacrés et dépietatisaspectibus voués à votre culte; assistez-les et offerimus conse- comblez-les pour toujours de vos crandos, perpétua dons les plus abondants. Par Jésusmuneris tuilargi- Christ Notre-Seigueur , votre Fils, tate prosequaris. qui...

PerDominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate ejusdem

Spiritûs sancti Deus.

Tune extensis manibus cmte pecttis, dicit : Per omnfa sœcula sœculorum. b?. Amen. t. Dominus vobiscum , b'. Et cum spiritu tuo. t. Sursùm corda. B?. Habemus ad Dominum. $. Gratias agamus Domino Deo nostro. b?. Dignum et justum est.

Et maintenant que le doigt de Dieu les a touchés, et qu'il a fait tomber sur leur front un reflet de ses éternelles splendeurs , et qu'il les rend participants de sa toutepuissance, et qu'il en fait des dieux sur terre, dans l'émotion qui a saisi notre âme , oubliant les choses du temps et nous associant aux chœurs des Séraphins , entonnons l'hymne solennelle de l'action do grâces et de la louange.

Verc dignum et Oui, il est juste et raisonnable, justum est , œqu- équitable et salutaire , c'est un dcum et salutare , voir aussi doux que strict, de vous nos tibi semper et rendre grâces en tout temps et en ubique gratias a- tout lieu , à la vue des merveilles gere,Dominesanc- opérées en notre faveur, Père toutte , Pater omnipo- puissant, Dieu éternel, de qui vientens, a; terne Deus, nent tous les honneurs, de qui prohonorum auctor cèdent toutes les dignités, qui donet distributor om- nez à toute chose son développenium dignitatum; ment et son progrès , par qui tout per quem profi- s'affermit et se consolide , faisant ciunt universa ; monter la nature raisonnable d'un per quem cuncta degré moins parfait à un degré plus (irmantur , ampli- parfait par des accroissements con-

ficatis semper in tinus, selon la disposition et le plan melius naturse ra- d'une sagesse souveraine. Ainsi , tionalis incremen- dans l'ancienne loi , les divers detis per ordinem grés du Sacerdoce et les différents congruà ralione offices des Lévites, établis pour dispositum. Unde l'exercice des Sacrements mystiet Sacerdotales ques qu'elle contenait , ont reçu un gradus atque of- nouvel éclat et un nouveau deveiiciaLevitarumSa- loppement, lorsque, aux souverainscramentis mysti- Pontifes mis au premier rang pour cis instituta crevé- gouverner les peuples , vous avez runt; utcùmPon- associé des Ministres d'un ordre tifices summosre- moins élevé et d?une dignité infégendis populis rieure, pour partager leur sollicipraefecisses, adeo- tude et leurs travaux. Ce que vous rum societalis et aviez fait au désert, pour le soulaoperis adjumen- gement de Moïse, lorsque vous tum,sequentisor- communiquâtes une partie de l'esdinis viros et se- prit déposé en lui à soixante-dix cundae dignitatis hommes prudents , afin qu'il goueligeres. Sic in vernàt plus facilement, avec leur eremo per septua- assistance , un peuple innombragintavirorumpru- ble, vous le fîtes bientôt après, dentium mentes pour le soulagement d'Aaron, lors- Moysi spiritum que vous répandîtes avec abonpropagasti,quibus dance sur Eléazar et sur Ithamar, ille adjutoribus ses fils , les pouvoirs et l'esprit dont usus in populos , avait été comblé leur père , afin innumeras multi- qu'il y eût assez de Prêtres pour la tudines facile gu- répétition salutaire des sacrifices et bernavit. Sic et in des cérémonies. Or , c'est par une Eleazarum etltha- providence semblable que , dans la marum filios Aa- loi nouvelle, vous avez associé, Seiron paternee pie- gneur, aux Apôtres de votre Fils nitudinis abun- des Docteurs qui , ayant la même dantiam transfu- foi , le même zèle , ont sous leur

disli, ut ad hos- direction et à leur suite prêche tias salutares et dans tout l'univers. Nous vous fréquentions offi- prions donc , Seigneur , nous succiiSacramentami- cesseurs des Apôtres, d'accorder à nisterium suflïcc- notre faiblesse de pareils secours : ret Sacerdotum. nous en avons d'autant plus besoin Ilâc providentià , que nous sommes plus fragiles. Domine, Aposto- Père tout-puissant, nous vous en lis Filii tui Docto- prions, donnez à vos serviteurs la res fidei comités dignité, le caractère et les pouvoirs addidisti, quibus du Sacerdoce; renouvelez au fond illi orbem totum de leur cœur l'esprit de sainteté secundis prœdica- déjà reçu au Baptême, à la Confirtionibus impleve- mation , au Diaconat et dans tant runt. Quaprop- d'autres sacrements , afin qu'ils terinfirmitatiquo- exercent saintement les fonctions que nostrae , Do- du second rang où vous les aurez mine, quœsumus, établis , ô mon Dieu , et que toute hœc adjumenta leur conduite soit une censure deslargire:quiquantô mœurs dépravées du siècle. Qu'ils fragiliores sumus, soient pour nous de prudents coopétantô hispluribus rateurs, s'acquittant de leur charge, indigemus. Da , et n'empiétant pas stfr la nôtre ; quajsumus , om- qu'on retrouve en eux la personninipotens Pater, in fication achevée et resplendissante hos famulos tuos, de toute justice, afin qu'un jour, au Presbyterii digni- terme de leur carrière , rendant tatem, innova in compte de leur administration , et visceribus eorum reconnus bons et fidèles serviteurs, spiritum sanctita- ils obtiennent les récompenses de tis; ut acceptum à la béatitude éternelle. Par le même te, Deus, secundi Notre-Seigneur Jésus-Christ , etc. merili munus obtincant , censuramque morum excœplo suae con-

versationis insinuent. Sint providi cooperatores Ordinis nostri j eluccat in eis totius forma justitise, ut, bonam rationem dispensationis sibi crédit»

reddituri , «ternes beatitudinis praemia consequantur. Per eumdem Doniinum nostrum Jesum Cbristum Filium tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate ejusdem Spiritûs sancti Deus, per omnia sœcula sseculorum.

#. Amen.

Pontifex sedet , accepta mitrà, et reflectit stolam ab humero sinistro cujuslibet , capiens partem quœ rétro pendet , et imponens super dexterum humerum , aptat eam ante pectus, in modum crucis , singulis di-

ceiis :

Accipe jugum Recevez le joug du Seigneur, Domini ; jugum tous qu'il appelle à labourer son enim ejus suave champ; ne craignez pas d'en être est, et onus ejus écrasé, car ce qu'il y a dans ce joug levé. de pénible à la nature et dans ce

fardeau de lourd à la volonté , est

adouci et allégé par l'onction de sa grâce et la contemplation de la croix qu'il a portée pour nous.

Posteà imponit cuilibet casulam usque ad scapulas , remanentem tamen saper humeros complicatain , et à parte anteriori deorsùm dependentem , dicens :

Accipe vestem Recevez l'habit sacerdotal qui sacerdotalem, per représente la charité dont vous dequam charitas In- vez être investi dans toutes vos telligitur; potens fonctions, à l'autel, en chaire, au est enim Deus, ut saint tribunal, auprès des malades, augeat tibi chari- des affligés et des pauvres ; ayez tatem et opus per- confiance, Dieu est assez puissant fectum. #. Deo pour augmenter en vous cette chagratias. rite indispensable et la perfec-

tion dont elle sera le principe, en vous poussant à toule bonne œuvre. #. Rendons grâces à Dieu.

Paroles du PontiOcal. s

5me PiBTlE.

AVIS. ! Comme à la page 25.

Surgit Pontifex sine mitrâ , et omnibus genaa flectentibus dicit :

Deus, sanctifi- 0 Dieu, source et principe de cationum omnium toute sanctification, vous de qui auctor, cujus vera procède la vraie consécration qui consccratio pie- sépare du monde et des usages naque benedictio communs, pour attacher au culte

est, tu, Domine, divin, et la parfaite bénédiction super hos famulos qui comble les âmes de dons cétuos, quosad Près- lestes, répandez, Seigneur, la grâce byterii honorem et la bénédiction sur vos serviteurs dedicamus , mu- que nous élevons à l'honneur du nus tuse benefdic- Sacerdoce ; qu'ils montrent la matioriis infunde; ut turité de l'âge parla gravité de leurs gravitate actuum mœurs et la régularité de leur vie, et censura vivendi formés par les leçons si complètes probent se senio- et si sages de saint Paul à ïite et à res, bis instituti Timothée; que, méditant jour et disciplinis quas nuit votre loi dans l'étude et la Tito et Timotheo prière , ils croient fermement ce Paulus exposuit-, qu'ils auront lu , ils enseignent inut in lege tuâ die fatigablement ce qu'ils auront cru, ac nocte meditan- ils pratiquent fidèlement ce qu'ils tes, quod legerint auront enseigné ; que la justice à credant, quod cre- l'égard de leurs frères, la condiderint doceant, stance dans les épreuves, la miséquod docuerint ricorde envers leurs ennemis et les imitentur : justi- pécheurs , et toutes les autres vertiam , constan- tus, brillent en eux ; qu'ils confirtiam , misericor- ment par des avis publics et partidiam , fortitudi- culiers les exemples qu'ils donnenem cœterasque ront, saints eux-mêmes et zélés virtutes in se os- pour la sainteté des autres ; qu'ils tendant, exemplo conservent pur et sans tache le caprœbeant,admoni- ractère de leur Ordination gravé tione confirment, dans leur âme; que, par une béac purum et im- nédiction immaculée, donnée avec maculatum minis- toutes les dispositions requises , terii sui donum leurs lèvres transforment au Corps custodiant; et per et au Sang de votre Fils le pain et obsequium plebis le vin offerts au nom de votre peutuse, panem et vi- pie ; que, par l'exercice envers Dieu num in Corpus et et le prochain d'une charité invio-

Sanguinem Filii lable et à toute épreuve, étant par-

tuiimraaculatâbe- venus à l'état d'homme parfait,

nedictione trans- .à la mesure de l'âge delà plénitude

forment; et invio- de Jésus-Christ vivant en eux de

labili charitate in toute sa vie et avec toutes ses ver-

virum perfectum, tus, ils méritent de ressusciter au

in mensuram teta- jour du juste et éternel jugement

tis plenitudinis de Dieu, avec une conscience pure,

Christi,indiejusti exempte de toute faute, une foi vé-

et seterni judicii ritable, dégagée de l'ombre même

Dei , conscientià d'un doute , un cœur rempli du

purâ , fide verà , Saint-Esprit et complètement vide

Spiritusanctople- del'espritdumonde. Parle même... ni resurgant. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, quitecum vivit et régnât in uni ta te ejusdemSpiritùs sanctiDeus, per omnia sœcula sœculorum. #. Amen.

Dùm Pontifex cum oïeo caterhumenorum inungit unicuique ambas manus simul junctas , dicit :

Consecrare et Daignez, Seigneur, consacrer et

sanctificare dig- sanctifier ces mains par cette onc-

neris , Domine , tion et notre bénédiction , qui les

manus istas per tire des usages profanes et leur

istam unctionem donne une pureté et une puissance

et nostram be- spéciales. #. Ainsi soit-il. Afin que

ne f dictionem. tout ce qu'elles auront béni soit

33 î B'. Amen. Ut quœ- béni , recouvert de grâce , et que curaque benedi- tout ce qu'elles auront consacré xerint benedican- soit consacré et sanctifié , dévoué tur, et quœcuni- exclusivement à votre culte , au que conseerave- nom de Notre-Seigneur Jésusrint consecrentur Clirist.

et sanctificen'ur , in nomineDomini nostri Jesu Christi.

Et quilibet Ordinandus respondet Amen.

Dùm Ponlifex cuilibet successive tradit calicem cum vino et âquâ, et patenam superpositam cum hostid, dicit :

Accipe potesta- Recevez le pouvoir , refusé aux tem offerre Sacri- Anges , d'offrir à Dieu le Sacrifice ficium Deo , Mis- où Jésus-Christ est prêtre et vicsasque celebrare, time , et de célébrer la Messe aussi tain pro vivis souvent que vous le désirerez, tant quàm pro defunc- pour les vivants que pour les détis. In nomine Do- funts ; car le sang du Sauveur est mini. # Amen. assez abondant pour rafraîchir l'Eglise souffrante et sanctifier l'Eglise militante. Au nom du Seigneur. #. Ainsi soit-il.

Sécréta pro Ordinatis , quœ dicitur cum Secretà Missœ diei sub uno Per Dominum...

Tuis , quœsu- Nous vous en prions, Seigneur,

mus, Domine, o- faites par vos Mystères, dont la vertu

perare Mysteriis , nous sera appliquée, que nous por-

ut hase tibi mu- tions ces dons sur votre autel avec

nera dignis men- des cœurs dignes de Celui que nous tibus offeramus. offrons el de Celui à qui nous l'of- PerDominumnos- frons. Par Notre-Seigneur Jésustrum Jesum Chri- Christ...

stum Filiura tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritùs sancti Deus , per omnia saecula sseculoruni.^.Amen.

Communione factâ, lotis manibus , mitrâ depositâ, stans in cornu Epistolœ , Pontifex inchoat Responsorium in cantu , Scholâ prosequente : p;. l. Jam non dicam vos servos, sed amicos meos, quia omnia cognovistis quœ operatus sum in medio vestrî. (Temp. Pasch., Alléluia). * Accipite Spiritum sanctum in vobis Paraclitum : * Ille est quem Pater mittet vobis (Temp. Pasch. Alléluia), t. Vos amiei mei estis, si feceritis quae ego prœcipio vobis. * Accipite. t. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto. * Ille est quem...

Symbolo Apostolorum dicto , Pontifex imponens ambas manus super capita singulorum coram eo gemiflectentium , cuilibet dicit :

Accipe Spiritum Recevez le Saint-Esprit, le même sanctum : que- que Jésus donna à ses Apôtres en rumremiserispec- soufflant sur eux : ceux dont vous rata, remittuntur remettrez les péchés, les péchés eis; et quorum re- leur seront remis; et ceux dont tinueris, retenta vous retiendrez les péchés, les pésunt. chés leur seront retenus. Vous êtes

établi juge des consciences, ministre de la miséricorde , portier du ciel.

Deinde explicans casulam, quant unusquisque habet super numéros complicatam, induit Ma queiulibet, singulis dicens :

Stolâ innocen- Que le Seigneur vous revête de tise induat te Do- la robe d'innocence représentée minus. par cette chasuble; que tout en

vous désormais soit pur et saint par

la cbarité.

Et mox unusquisque genuflexus ponit manus suas junctas inter manus Pontificis dicentis cuilibet : Promittis mihi et successoribus meis reverentiam et obedientiam? Et ille respondet :

Promitto. Dieu et l'Eglise sont témoins : je

promets ce respect et cette obéissance dus au Représentant de Jésus-Christ, et nécessaires au boa gouvernement d'un diocèse.

Tum Poniifex oscillons unumquemque :

Pax Domini sit Que la paix du Seigneur, assurée semper tecum. aux enfants d'obéissance , soit tou- #. Amen. jours avec vous; recevez pour gage

ce baiser de ma tendresse.

Pontifex surgens :

Benedictio Dei omnipotentis, Palris, etFilii, etSpiritûs sancti descendat super vos , ut sitis benedicti in Ordine sacerdotali , et olTeratis placabiles hostias pro peccatis populi omnipotenti Deo, cui est honor et gloria per omnia ssecula sccculorum. #. Amen.

Postcommumo. Elevez , Seigneur , dans votre Quos tuis , Domi- bonté , par de continuels secours, ne, reficis Sacra- ceux que vos Sacrements viennent mentis, continuis de restaurer et de rassasier , afin atlolle benignus que nous fassions passer dans noauxiliis, ut tuse re- tre vie le fruit de votre rédemption demptionis effec- que nous avons reçu dans notre tum, et mysteriis bouebe. Par...

capiamus, et moribus. Per Dominum nostrum Jesum Cbristum Filium tuum , qui tecum vivit...

Fonctions dn Prêtre.

L'Evêque, dans son admonition, énumère les cinq principales.

« Sacerdotem enim oportet 1° Offerue. Est ergô primum ac prœcipuum Presbyteri munus offerre , id est, sacrificium Corporis et Sanguinis Domini. Quod munus adèoest ipsius Presbyteri proprium, ut ne Diaconis quidem, nec jure, nec ullà commissione seu dispensatione potestatis ecclesiasticœ, commune sit aut fieri possit, ac multô minus cœteris quibuscumque, vel laicis Cbristi fidelibus. » Les Pères du Concile d'Arles, en 314, dans un Canon confirmé par le premier Concile œcuménique de Nicce, ont défini ce point de doctrine contre certains Diacres qui s'avisaient d'offrir le saint Sacrifice, et ceux de Trente contre Wiclcf et Luther qui attribuaient aux simples fidèles tous les pouvoirs du Sacerdoce. (Catal. de Ord. Presb.)

Cette première fonction s'exerçant sur le Corps naturel de Jésus-Christ, l'emporte sur toutes les autres,

et c'est dans cette première fonction que toutes les autres ont leur principe et leur fondement.

2° Be>edicere. « Cùm Sacerdotcs conseerentur ut sint praecipui Christi minislri et dispensatores Mysteriorum Dei ; ac prsetereà, cùm per benedictiones dispensentur gratise et dona Dei ; meritô Ecclesia adncxuit Ordini Presbyteratûsniunusbenedicendi, ità ut soli Sacerdotes sint ministri benedictionum : quarè. cùm ordinatur Sacerdosejusque manus consecrantur, sic ei dicitur ab Episcopo consecrante : Ut quœcumque benedixerint, benedicantur. Hinc etiam iis qui ob crimina presbyterali gradu moverentur, seu dignitatis suae diminutione pleeterentur, benedicendi facultatem ademptam legimus. » (Ibid.)

Sainte Marie Egyptienne disait à Zozime : « Abbas Zozime, tibi competit benedicere et orare 5 tu enhn Presbyteri honore fultus es, et plurimis jam annis assistis Altari. » (Sophr. Hierosol. in ejus Vità). Nous voyons, en effet, qu'avant chaque bénédiction dans le sacrifice de la Messe, le Prêtre baise l'autel qui représente Jésus-Christ, comme pour signifier qu'il puise on Jésus-Christ immolé par lui toutes les grâces, et que, plein de son esprit et de ses mérites, il peut en son nom bénir le peuple et ce qui est à son usage, les personnes et les choses, en public et en particulier, au saint Sacrifice , dans les prières solennelles, dans l'administration des sacrements , et dans toutes les circonstances de la vie.

On retrouve éminemment, dans la bénédiction du Prêtre de la loi nouvelle, tous les fruits indiqués dans la bénédiction du Prêtre aaronique : « Benedicat tibi Dominus et custodiat te ; ostendat Dominus faciem suam tibi, et misereatur tuî; convertat Dominus vultum suum ad te, et det tibi pacem. » (Num. vi). Oh ! combien doivent être saintes et pures ces mains destinées à être le canal de tant de grâces, la source de tant de bénédictions !

3° Presse. La mission du Prêtre étant de rendre à Dieu le culte public au nom des fidèles , de lui offrir leurs prières et leurs vœux, de les conduire dans la voie du salut par ses discours et ses exemples, il est évident que la présidence lui est acquise.

« Cuique cœtui prrcsident Saccidoles, allari,sacrificio, sacramentis, exhortationibus, correctionibus, concioni, catechesi, divinis prseconiis, et quibusque aliis ecclesiasticis officiis ac sacris exercitationibus, ut omnia, sicut ait Apostolus. in Ecclesiâ cum ordine fiant. Ergô prœesse in Ecclesiâ, absente Episcopo, sacris quibusque officiis, proprium Presbyteri munus est, adeô ut qui sine Episcopo vel Presbytero congregat Clerum vel populum, dignus sit, ut babet Canon 6um Concil. Gangrensis, qui Antislitis judicio anatbemate feriatur, etiamsi sit Diaconus, cujus sanè congregai'e populum, et multô minus Clerum, et divinis prœesse officiis, per se jus nullum est. Oportet autem ut qui prœsunt fidelibus in Domino , curent bonis operibus prœesse, ut verbis utar Apostoli ad Titum, cap. m, id est, non modo bona opéra facere, sed magisterium omnis virtutis insuper profiteri. » (Ibich). 11 ne possède la présidence, pour ainsi dire, qu'à titre onéreux: il sera le premier partout par son caractère et sa mission, mais qu'il soit aussi partout le premier par la gravité de ses discours et la sainteté de ses démarches.

4° Pr^edicare. Pour rendre les peuples dignes de participer au Sacrifice , il est nécessaire de les instruire. « Ut enim sacrificandi , ilà et prœdicandi, munus est Presbyteratui ipsi illigatum, quanquam nonnisi ex Episcopi facultale exercendum, cui principaliter hoc onus incumbit, quippe qui propriè, sccundùm Apostolum ad Eph. cap. iv, in Ecclesiâ pastor et doctor constitutus est. Perlincre autem ad officium Presbyteri concionandi munus , perspicuè liquel exCanone vulgô Aposlolorum S7, qui non tan-

fùm Episcopo, sed etiam Presb\ tero prsedicationem négligent! segregalioncm et degradationem comminatur: « Episcopusaut Presbyter qui Clcrum vel popu- « ium pietatem non docet, segregctur ; et si in socordià perseverct, deponatur. » (Ibid.). Le ministère de la parole fut longtemps le privilège presque exclusif des Evèques, et au ive siècle on voit encore Valère, évèque d'IIippone, faire une exception glorieuse à cet usage, en confiant à Augustin, quoique simple prêtre, l'honneur de le remplacer dans la chaire.

Le pape Léon Ier écrivait à Maxime d'Antioche : « Illud quoque dilectionem tuam convenit prœcavere, ut. praîter eos qui sunt Domini Sacerdotes, nullus sihi jus docendi et praedicandi audeat vindicare, sive sit ille monachus, sive sit laicus, qui alicujus scientise nomine glorietur. Quia, etsi optandum est ut omnes Ecclesiœ filii quse recta et sana sunt sapiant, non tamen permiltendum est ut quisquam extra sacerdota- Jem Ordincm constitutus gradum sibi prcedicatoris assumât, cùm in Ecclesiâ Dei omnia ordinata esse conveniat, ut in uno Christi corpore, et cxcellentiora mcmbra suum officium impleant, et inferiora superioribus non insultent. »

Saint Augustin affirme que la parole de Dieu n'est pas moindre que le Corps de Jésus-Christ : « Non minus est verbum Dei quàm Corpus Christi » (App, t. v.)j et saint Grégoire va jusqu'à dire que la prédication donne à Jésus-Christ une nouvelle naissance dans les âmes : « Sed sciendum nobis est, quia qui Christi soror cl frater est credendo , mater efiicitur praedicandb. Quasi enim parit Dominum, qucm cordi audienlis infudcrit, et mater ejus preedicando efficilur, si per ejus vocem amor Domini in proximi mente gencratur. » (Hom. 3, in Evang.). D'où le Prêtre doit conclure qu'il remplit en chaire un ministère, en un sens, aussi saint et aussi auguste qu'à l'autel; un

ministère qui l'associe et l'égale en quelque façon à la Mère du Sauveur.

5° Baptizaue. « Quod S. Thomas (III5 Parte , q. 67) indè probat, quia Sacerdotes ad Eucharistiam consecrandam instituti sunt, quae sacramentum est eeelesiasticaï pacis et onitatis, secundùm illud Apostoli ad Cor. c. x , Ep. i : « Unus panis et unurn cor- « pus multi sumus oranes qui de uno pane parlicipa- « mus. » Per Baptismum autem homo fit particeps crclesiastica? unitatis, et jus accipit ad mensam Domini accedendi : quamobrem, sicut ad Sacerdotem pertinet Eucharisties consecratio , ità etiam et Baptisrni administratio. » (Ibid.). Le droit d'unir à Jésus-Christ par l'Eucharistie emporte celui d'unir d'abord à Jésus-Christ par le Baptême.

Parle mot baptizare, disent les Conférences d'Angers , le Pontifical a voulu marquer l'administration des sacrements , et particulièrement de ceux par lesquels on obtient la rémission des péchés. C'est le même raisonnement. Comment le Prêtre unira-t-il à Jésus-Christ et pendant la vie et à l'heure de la mort les fidèles souillés par le péché , s'il n'a le pouvoir , en les purifiant, de leur donner la sainteté requise ? Outre les fonctions énumérées par l'Evèque , il en est donc encore d'autres propres au Prêtre : telle est celle d'absoudre les péchés, d'administrer l'Extrême-Onction, de bénir les mariages.

Que si l'on veut connaître l'essence du Sacerdoce , le Concile de Trente semble la faire consister dans la puissance d'offrir le saint Sacrifice et dans celle de remettre les péchés : « Si quis dixerit non esse in novo Testamento Saccrdolium visibile et externum, vel non esse potestatem aliquam consecrandi et offerendi Verum Corpus et Sanguinem Do mini, et peccata remittendi etretinendi, sed officium tin lùm et nudum ministerium prxdicandi Evangelium, vel eos qui non

prredieant prorsùs non esse Sacerdotes, anatheraa si t. »

Sainteté progressive exigée par le Puniiiical.

4° Du Tonsuré. On redoute pour lui 1° les séductions du siècle , 2° l'inconstance, 3° une vie toute séculière sous l'habit de la religion; il a vécu jusque-là parmi les mondains, qui sait si le dégoût ne s'emparera pas de lui, ou s'il ne retiendra pas quelque chose de ses anciennes habitudes et de ses premières allures ? On demande donc pour lui : 1° le dépouillement de l'esprit du monde : « A mundi impedimento ac seculari desiderio cor ejus defendat (Spiritus sanctus), et ab omni csecitate spirituali et humanâ oculos ejus aperiat. Ab omni servitute secularis habitûs huncfamulum tuum emunda (Deus); » — 2° la persévérance dans le dessejn de servir Dieu : « Habitum religionis in eo in perpetuum conservet (Spiritus sanctus) ; in tuâ (Deus) dilectione perpétué maneat ; et eu m sine macula in sempiternùm custodias. Devotus in Ecclesiâ luà persistere, et vitam percipere mereatur aetcrnam ; » — 3° la régularité : « Habitu honesto, bonisque moribus atque opcribus, Deo placere studeas. » C'est ainsi qu'il commence à se revêtir de Jésus-Christ.

Où eh suis-je pour ce dégagement de l'esprit du siècle, pour l'estime de ma vocation, pour la pratique des vertus?

2° Du Portier. Le voilà désormais au service de l'Eglise, qu'il se distingue donc 1° par sa fidélité : «Provide igitur, ne per negligentiam tuam, illarum rerum, quae intra ccclesiam sunt, aliquid depereat, certisque horis domumDei aperias fidelibus, et semper claudas infidelibus. Ut sit ei (Deus) fidelissima cura in domo Dei ; » — 2° par l'édification de sa conduite : « Stude

eîiam ut, sicut materialibus clavibus ecclesiam visibilem aperiset claudis, sic et invisibilem Dei domum, corda scilicet fidelium, dictis et exemplis tuis, claudas diabolo, et aperias Dco. » C'est peu en apparence, en réalité c'est beaucoup.

A la vue des profanations, mon zèle s'est-il enflammé? Ai-je ouvert beaucoup de cœurs à la grâce, lorsque je n'étais encore que minoré ?

3° Du Lecteur. Son emploi va l'exposer aux yeux du public, qu'il se fasse donc remarquer encore 1° par la fidélité la plus entière : « Stude igitur verba Dei, videlicet lectiones sacras , distincte et apertè, ad intelligentiam et aedificationem fidelium, absqueomni mendacio falsitatis proferre ; » — 2° par l'édificalio;; d'une conduite exemplaire : « Quodautemlegis, corde credas, atque opère compleas : quatenùs auditores tuos, verbo pariter, etexemplo tuo, docere possis. » B ien faire tout ce qu'on fait, ne fût-ce qu'une lecture ; pratiquer le premier tout ce qu'on enseigne aux autres : quelle perfection !

Ai-je étudié avec soin la sainte Ecriture ? Ai-je pratiqué les vertus, à mesure que Dieu m'en donnait la connaissance ?

4° De l'Exorciste. C'est aux esprits immondes qu'il livre combat, l'Eglise veut donc que la pureté de cœilr et de corps de l'Exorciste soit reconnue non-seulement des hommes, mais du démon ; car, s'il échappe aux regards de ceux-là, il n'échappera pas aux regards de celui-ci : « Stude igitur ut, sicut à corporibus aliorum dsemones expellis, ità à mente et corporc tuo omnem immunditiam et nequitiam ejicias ; ne illis suecumbas, quos ab aliis tuo ministerio effugas. » Rien n'est plus juste.

Ah ! si le démon recevait le pouvoir de dire sur mon compte ce qu'il sait, me flalterais-je d'être spiri- " tualis imperator ?

5° De l'Acolyte. Puisqu'il tient dans ses mains le flambeau, symbole de Jésus-Christ, lumière du monde, qu'il soit lui-même, par l'éclat de sa sainteté, un flambeau vivant pour les fidèles : « Quatenùs lumen visibilemanibus prajferens, lumen quoque spirituale moribus prsebeas — per castam vitam et bona opéra , — in omni justitià, bonitate et veritate. » On n'excepte rien : tout ce qui est bon, juste, vrai, chaste, doit se trouver en lui, doit briller en lui.

Voilà ce que l'on exigeait de moi sur les degrés du sanctuaire ; toutes ces vertus forment-elles en moi un faisceau de lumière ?

6° Du Sous- Diacre. C'est ici le pas décisif, on veut donc 4° une rupture complète avec le passé : « Si usque nunc fuisti tardus ad ecclesiam , amodù debes esse assiduus. Si usque nunc somnolentus, amodù vigil. Si usque nunc ebriosus, amodù sobrius. Si usque nunc inhonestus, amodô castus ; » — 2° un commencement de zèle actif : « Si itaque humanâ fragilitate contingatin aliquo fidèles maculari, prœbenda est à te aqua cœlestis doctrinse, quà purificati, ad ornamentum altaris,etcultum divini Sacrificii redeant ;» — 3° un attachement invincible à l'Eglise et à la foi catholique : « Esto ergô talis, qui Sacrificiis divinis et Ecclesioe Dei, hoc est, Corpori Christi digne servira valeas, in verâ et catholicâ fide fundatus; » — 4° l'exactitude et la ferveur dans son emploi : « Stude itaque ut ista visibilia ministeria, quae diximus, nitidè et diligentissimè complens, invisibilia horum exemplo perficias. — Benedicere dignare (Domine)... ut eum in Sacrario tuo sanctum, sollicitumque cœlestis militiœ instituas excubitorem , sanctisque Àltaribus tuis iideliter subministret. » En conférant le premier des Ordres sacrés, l'Eglise exige du Clerc tout ce qu'elle avait exigé de lui jusqu'ici, mais dans un degré de perfection proportionné à l'excellence de son nouveau ministère.

(Test toujours la sainteté et le zèle : on semble craindre que la ferveur des premières années ne se ralentisse, au lieu de se ranimer.

7° Du Diacre. Encore 1° la sainteté, mais quelle sainteté ! « Esto assumptus à carnaîibus desideriis, à terrenis concupiscentes, quue militant adversùs animam : esto nitidus, mundus, purus, castus, sicut decet ministrum Christi, et dispensatorem Mysteriorum Dei. Esto ab omni illecebrà carnis alienus ; » — 2° le zèle, mais quel zèle ! « Ecclesiam Dei, veluti Tabernaculum portare, et munire debes ornât u sancto , praedicatu divino, exemplo perfecto, — bene vivendi aiiis exemplum praîbere, — spirituali conversatione praefulgens. » — Et de plus 3° la force 1° pour résister au démon : « Accipe Spiritum sanctum, ad robur, ad resistèndum diabolo et tentationibusej us; » 2° pour demeurer ferme dans sa vocation : « In Cbristo firmus et stabilis perseveret, dignisque successibus de inferiori gradu per gratiam tuam capere potiora mereatur ;» 3° pour tendre avec énergie aux plus bautes vertus : « Abundet ineo totius forma virtutis, auctoritas modesta, pudor constans, innocentia? puritas, et spiritualis observantia disciplinée. » L'Eglise semble se complaire dans cette énumération de vertus etdans cet emploi redoublé des termes les plus propres à marquer la pureté et la perfection de la pureté du Diacre.

Que le Diacre soit un ange, qu'il soit un héros ; il ne sera plus temps de le former quand il se présentera pour le Sacerdoce.

8° Du Prêtre. L'édifice est achevé, il n'y manque que les derniers décors. Le portrait peut être exposé aux regards , il n'y faut plus qu'un coup de pinceau. Le beau idéal que l'Eglise s'était formé du Prêtre va être réalisé ! J'aperçois dans le même homme la vigilance du Portier, l'amour pour les saintes Lettres du Lecteur, la pureté de l'Exorciste, la dévotion de l'Acolyte, la

ferveur du Sous-Diacre, la force du Diacre. A toi encore, ù Prêtre, 4° la sagesse que le Ciel seul peut donner : « Cœlestis sapientia ; » — 2° la probité et la science qui rendent l'homme recommandable aux bons et aux méchants : « Probus et maturus in scientià similiter et opère eris ; » — 3° la perfection de la double charité : « Fide et opère perfectus, seu geniinae dilectionis, Dei scilicct et proximi virtute fundatus ; » — 4° l'intégrité de la chasteté : « Serva, in moribus tuis, castae et sanctse vitee integritatem ; » — ■ 5° la mortification : «Mortificare membra tua à vitiis et concupiscentiis omnibus procures ; » — 6° la maturité du vieillard : « Ut gravitate actuum et censura vivendi probet se seniorem ; » — 7° l'obéissance et le respect envers l'Evèque : « Promittis mihi et successoribus meis reverentiam et obedientiam ?» — 8° l'assemblage de toutes les vertus : « Justitiam, constantiam, misericordiam, fortitudinem, cœterasque vir tûtes in se ostendat. » C'est alors, et seulement alors , que cette dernière recommandation recevra son accomplissement : « Sit doctrina tua spiritualis medicina populo Dei ; sit odor vitae tuse delectamentum Ecclesise Christi. »

Combien ce coup-d'œil rétrospectif sur les vertus exigées de moi serait propre à me décourager, si je ne comptais sur votre grâce et votre miséricorde, ô mon Dieu !

JLe triple caractère imprimé dans mon âme.

Premier Prélude. « Si quis dixerit, in tribus sacramentis, Baptismo scilicet, Confirmatione et Ordine, non imprimi characterem in anima, hoc est signum quoddam spiritale et indélébile , unde ea iterari non possunt, analhema sit. » (Tricl. sess. vu, can. 9). Or, par une insigne faveur, j'ai reçu ces trois sacrements.

Deuxième Prélude. Je me reporte successivement h la cérémonie de mon Baptême, de ma Confirmation , de mon Ordination.

Troisième Prélude. Mon Dieu, faites-moi la grâce de comprendre ce qu'est et ce que peut devenir pour moi ce triple caractère.

1° Sur la terre , ce triple caractère est un

ENGAGEMENT A UN TRIPLE ORDRE DE SAINTETÉ , ET PAR CONSÉQUENT UN TITRE A UN TRIPLE ORDRE DE

grâces. Baptisé, enfant de Dieu, membre de Jésus- Christ, héritier du ciel, je fais profession de glorifier un tel Père, de vivre de la vie d'un tel chef, de me rendre digne d'un tel royaume ; je renonce aux œuvres des infidèles qui ont le démon pour père, d'impures idoles pour modèles, l'enfer pour héritage ; je m'applique à suivre les maximes laissées par Jésus- Christ à ses disciples, à copier les exemples qu'il leur a donnés ; je crois tout ce qu'il a révélé, j'espère tout ce qu'il a promis, j'aime ce qu'il aime , je déteste ce qu'il déteste ; je cultive les vertus qu'il a recommandées , je fuis les vices qu'il a anathématisés, j'obéis à l'Eglise qu'il a établie, comme à ma mère.

Confirmé, parvenu à la plénitude de l'âge, vigoureux athlète de la foi, temple magnifiquement orné de l'Esprit-Saint et son organe intime et dévoué, j'ai cessé de parler en enfant, d'agir en enfant, de combattre en enfant ; il me faut des vertus plus solides, une sagesse plus consommée, des victoires plus signalées 5 à moi un dédain plus marqué des choses du monde, un plus sublime élan vers les choses célestes ; je veux que l'Esprit-Saint soit à l'aise dans mon cœur, qu'il y commande en maître, qu'il agrandisse et décore de jour en jour son vivant sanctuaire.

Ordonné, admis dans la légion des sauveurs d'âmes, et dans la tribu des sacrificateurs, je me tiens uni de cœur et d'âme au souverain Prêtre et au divin Gêné-

ralissime, Jésus-Christ -, j'aspire, comme lui et avec lui, à rendre à Dieu la plus grande gloire, à remporter sur l'enfer les plus splendides trophées ; à l'autel, en chaire, dans mes exercices de piété , dans les œuvres du ministère, je sens vivre en moi Jésus-Christ, tressaillir et palpiter en moi Jésus-Christ.

Or je trouve dans le caractère du Baptême un titre pour recevoir les grâces nécessaires au chrétien, dans celui de la Confirmation un titre pour les grâces nécessaires au paifait chrétien , dans celui de l'Ordre un titre pour les grâces nécessaires au Prêtre des chrétiens. Si je sentais jamais ma foi chanceler, ma vigueur s'éteindre, mon zèle se ralentir : 0 mon Dieu, m'écrierais-je, augmentez en moi la foi, l'espérance, la charité , fruits précieux de mon Baptême; renouvelez en moi les sept dons de votre Esprit, devenu l'hôte de mon cœur dans la Confirmation ; ressuscitez en moi les grâces de pureté, de charité, de zèle, communiquées dans l'Ordination. Mes titres seraient-ils périmés? ne sont-ils pas signés de votre main? Lisez, lisez ce qui est écrit sur mon âme, vous verrez qui je suis et à quoi je puis prétendre.

2° Dans le ciel, ce triple caractère est le principe d'un triple degré de mérites , et par conséquent la source d'un triple degré de gloire. Autre le prix de l'argent, autre le prix de l'or, autre le prix du diamant. Le vol de la colombe n'est pas celui de l'hirondelle, et le vol de l'hirondelle n'est pas celui de l'aigle. La couronne décernée au laboureur qui a bien défriché son champ est inférieure à celle décernée au magistrat qui a bien administré la justice, et celle-ci est inférieure à la couronne décernée au général qui a sauvé la patrie.

En supposant une égale correspondance à la grâce, le prix de mes actes, déjà grand lorsque je n'étais que simple chrétien, est plus grand depuis que je suis

parfait chrétien, plus grand encore depuis que je suis Prêtre. Sous l'impulsion de plus en plus véhémente de l'Esprit-Saint, mon vol s'élève plus haut dans les régions de la sainteté ; un ressort plus puissant, qui n'est autre que la grâce augmentée , me pousse plus vite et plus loin. Les couronnes acquises sont donc d'un ordre supérieur.

Et comme, dans la décomposition des substances, les éléments homogènes se cherchent et s'unissent ; comme les enfants, au retour de l'exil, reconnaissent leur mère qui les attend sur le rivage et se jettent dans ses bras; comme les guerriers, confondus dans la mêlée, retournent, après la victoire, dans leur légion et sous leur drapeau respectif : ainsi, dans le ciel, il me semble voir tous les mérites que j'ai acquis d'abord comme chrétien , puis comme parfait chrétien, ensuite comme Prêtre, se rassembler les uns sous le caractère du Baptême, les autres sous celui de la Confirmation, les plus excellents et les plus nombreux sous celui de l'Ordre.

Anges et Saints, admirez dans mon enfance les vertus déjà considérables que je pratiquais au sein de la famille ; admirez dans ma jeunesse, pendant le cours de mes études, les vertus plus solides et plus éclatantes que formait en moi l'Esprit-Saint par l'abondance de ses dons ; mais surtout admirez les vertus mille fois plus multipliées et plus héroïques que la grâce de l'imposition des mains m'a fait produire. Tel, sur ma tète, un triple diadème dont les perles en se superposant prennent un éclat toujours plus vif et un volume toujours plus grand. Tel un triple arc-enciel où l'œil aperçoit des couleurs plus brillantes, des nuances plus variées, à mesure qu'il s'élève avec lui dans les airs. Tel un triple soleil escorte d'innombrables satellites, dont la splendeur varie selon le centre autour duquel ils gravitent et qui se renvoient mutuellement leur lumière.

3° En enfer , ce triple caractère est le monument D'UNE TRIPLE ESPÈCE DE PROFANATION , ET PAR CONSÉQUENT LE SIGNAL D'UNE TRIPLE ESPÈCE DE DÉ- GRADATION. Sur le caractère du Baptême , éternellement on pourra lire : J'étais enfant de Dieu et de l'Eglise ; comme tel, pour me sanctifier , j'avais reçu par infusion les trois vertus théologales , et je suis damné ! Sur le caractère de la Confirmation : J'étais le temple de l'Esprit-Saint, son organe : comme tel, pour me perfectionner , j'avais reçu les dons de sagesse et d'intelligence, de conseil et de force, de science, de piété et de crainte de Dieu, et je suis damné ! Sur le caractère de l'Ordre : J'étais chargé d'immoler la divine Victime et de gagner des âmes à Jésus-Christ; comme tel , pour remplir ma mission, j'avais reçu les plus sublimes pouvoirs et des grâces incomparables , et je suis damné !

Venez, diront les infidèles, dégradons cet enfant de Dieu qui n'a connu son Père que pour l'outrager. Venez , diront ceux à qui le sacrement de Confirmation n'avait pu être conféré , dégradons cet athlète , qui n'a reçu l'Esprit de force que pour lui insulter et trahir lâchement sa cause. Venez, diront tous les laïques, dégradons ce sauveur d'âmes qui a perdu, la sienne, ce sacrificateur qui n'a pas réservé pour lui-même une seule goutte du sang de sa victime. Le triple diadème qu'il portait sur sa tète , n'est donc plus qu'un triple bandeau d'ignominie ! Ce triple flambeau est donc éteint, et ne jette plus qu'une fumée noire et infecte ! Tous ses titres à la gloire ne sont donc plus , par sa faute, que des titres à la honte !

Colloques : 1° Avec l'Ange gardien. Demander pardon de notre indocilité , et renouveler devant lui les vœux du Baptême.

2° Avec /' Esprit-Saint. Demander pardon de nos Outrages, et le prier de ressusciter en nous ses dons.

3° Avec Jésus-Christ. Demander pardon de notre lâcheté à son service, et promettre pour l'avenir fidélité et dévouement.

Le monde et le Prêtre.

Premier Prélude. « Mundus eos odio habuit, quia non sunt de mundo, sicutet ego non sum de mundo. Non rogo ut tollas eos de mundo , sed ut serves eos à malo. » (Joan. xvri.)

Deuxième Prélude. Se représenter Jésus après la dernière Cène, adressant cette prière à son Père, debout, les mains et les yeux élevés vers le ciel.

Troisième Prélude. Faites-moi la grâce, ô Jésus, de comprendre ce que doivent être l'un à l'autre le monde et le Prêtre.

\° Nature de leurs rapports. Ce sont les rapports llD'imwort àV égard d 'un mor t. «Mihi mundus crucifixus est,etego mundo,» a diténergiquementsaintPaul. C'est peu à l'Apôtre d'avoir déclaré que le monde était pour lui comme un mort, il faut qu'il ajoute que lui-même est pour le monde comme un mort. Certes, saint Paul considérait que non-seulement les vivants ont quelque sentiment les uns pour les autres, mais qu'il leur reste encore quelque affection pour les morts, qu'ils en conservent le souvenir, et rendent du moins à leur corps les honneurs de la sépulture. Or l'Apôtre, pour montrer combien profondément il diffère du monde : Ce n'est pas assez, dit-il, que le commerce soit rompu entre moi et le monde comme il l'est entre les vivants et les morts, parce qu'il y reste encore quelque faible alliance-, mais tel qu'est un mort à l'égard d'un mort, tel je suis à l'égard du monde. Deux morts étendus à côté l'un de l'autre ! quelle sympathie, quelle communication peut s'établir entre eux?

— 2° D\tn ennemi à V égard de son ennemi. Jéï Christ l'a prédit, et l'histoire l'atteste : le monde hait la personne du Prêtre et repousse sa doctrine : « Si mundus vos odit, scitote quia me priorem vobis odio habuit. Si de mundo fuissetis, mundus quod suum erat diligeret : quia verô de mundo non estis, sed ego elegi vos de mundo, proptereà odit vos mundus. Mementote sermonis mei, quem ego dixi vobis : Non est servus major domino suo. Si me persecuti sunt, et vos persequentur ; si sermonem meum servaverunt, et vestrum servabunt. » (Jotin. xv.)

De son coté, le Prêtre déteste tout ce qui tient au monde, et anathématise ses scandales. Tel est son esprit propre, on pourrait dire sa vocation. « Nolite diligere mundum, neque ea quaj in mundo sunt. Si quis diligit mundum, non est charitas Patris in eo : quoniam omne quod est in mundo, concupiscentia carnis est, et concupiscentia oculorum, et superbia vitse, quai non est ex Pâtre, sed ex mundo est.» (1. Ep. Joua, n.) « Voe mundo à scandalis ! » ÇMatth. xvin.)

2° Raison de ces rapports. Si le Prêtre traite le monde connue un mort, c'est qu'ayant pour partage Jésus-Christ, il n'a plus rien à envier au monde : « Mirum valde est, » s'écrie saint Cyprien, « quod te solo sit Deus tuus contentus, neque velit aliam prœter te hœreditatcm habere; tu verô eo non contentus, adterrenas inhics divitias et haereditates : sufficiat tibi, quaeso, Deus tuus, sicut tu sufficis Deo tuo. » Et saint Bernard : « Quid qureris extra illum? Quid desideras praeter illum? Quid tibi placet sine ipso? Ipse fecit omnia, ipse habet omnia. Quodcumque bonum cupis, quodeumque pulchrum quseris, quodcumque dulce et delectabile quœris, totum in ipso invenies , et in ipso perfrueris. Si gaudere vis, ipse gaudium est. Si te pugnare delectat, ipse palma est. Si charitatem vis, Deus charitas est. Si plenitudinem quœris omnis boni, ipse

plénitude» est. Quidquidboni quœris, summum bonum, et omne bonum ipse est. » (S. de Miser ià humanà.)

S'il le traite comme un ennemi, c'est qu'il est dans l'ordre que la vérité attaque l'erreur et soit attaquée par elle, et que la vertu poursuive le vice et soit poursuivie par lui 5 dans l'ordre que la vie ne puisse se réconcilier avec la mort, le ciel avec l'enfer, Jésus- Christ avec Satan. « Nolite jugum ducere cum infidelibus. Quœ enim participatio justitiae cum iniquitate, aut quse societas luci ad tenebras ? Quœ autem conventio Cbristi ad Bclial? aut quœ pars fideli cum infideli? Qui autem consensus templo Dei cum idolis? Vos enim estis templum Dei vivi. » (II. Cor. vi). Ce serait peu des meurtrissures faites au corps, mais c'est l'âme que le monde s'efforce de souiller et de perdre par ses maximes, ses promesses, ses menaces, ses censures, ses scandales.

3° Conséquences de ces rapports. La première est le mépris des biens terrestres. C'était la grande maxime des Saints : Tout et Rien. Dieu tout, le reste rien; Dieu seul, et rien autre. « Gustato Spiritu, necesse est desipere carnem ; affectanti cœlestia , lerrena non sapiunt; œternis inhianti , fastidio sunt temporalia. » (S. Bern. Ep. m). « Quid cum terra illi qui possidet cœlum? Quid illi cum bumanis, qui adeptus est jarn divina? » (S. Joan. Cbrysol. S. 25). « Eligant sibi alii partes quibus fruantur, terrenas et temporales : portio sanctorum Dominus œternus est. Bibant alii mortifieras voluptates, portio caiieis mei Dominus est. » (S. Aug. in Psal. 45). Celui qui veut posséder en même temps Dieu et l'argent, et réduire Dieu à n'être plus qu'une portion de son trésor, comment peutil dire : « Dominus pars hœrcditatis mère? »

La seconde est le désir des humiliations. Considérez, ô Prêtre, combien il vous importe, pour conserver et accroître l'esprit ecclésiastique, qui n'est autre

que l'esprit de Notre-Seigneur, de professer un souverain mépris pour tout ce que le monde aime et embrasse, d'accepter, de souhaiter même avec ardeur tout ce que Jésus-Christ a aimé et embrassé. Le séculier , formé à l'école du monde , estime et recherche les distinctions et l'éclat; vous donc formé à l'école de Jésus-Christ, estimez et recevez sans murmure les affronts, les faux témoignages, les contradictions et les injures ; trop heureux de porter les livrées de votre divin Maître !

La troisième est le saint oubli des parents. Une fois Prêtre, attaché à une paroisse, regardez comme vous étant spécialement adressées ces paroles : « Si quis venit ad me, et non odit patrem suum, et matrem, et uxorem, etfilios, etfratres, et sorores, adhuc autemet animam suam, non potest meus esse discipulus.» (Luc. xiv). Cette affection que la chair et le sang donnent pour les parents, changez-la en affection spirituelle, si vous ne voulez perdre avec votre indépendance l'énergie et le zèle. Le Grand-Prêtre, dans l'ancienne loi, devait se montrer tellement supérieur à la nature, qu'il lui était interdit de prendre le deuil et de manifester extérieurement aucun signe de douleur sur la mort même de son père et de sa mère (Levit. xxi). Ah ! c'est que le Prêtre, séparé du monde et de sa famille, ne vit plus désormais que pour Jésus-Christ et pour l'Eglise ; sa paroisse lui tient lieu de père , de mère, de frères, de sœurs et de toutes choses.

Colloque avec Jésus-Christ. Demander la grâce de goûter et de pratiquer cette doctrine fondée sur le pur Evangile, qui a fait tous les Prêtres vraiment saints et apôtres.

1/amMtlon et le Prêtre.

Premier Prélude. « Facta estautcra et contentiointer eos, quis eorum videretur esse major. Dixit autem eis : Reges gentium dominantur eorum ; et qui potestatem liabent super eos, benefici vocantur. Vos autem non sic : sed qui major est in vobis, fiât sicut minor j et qui praecessor est, sicut ministrator. Nam quis major est, qui recumbit, an qui ministrat? Nonne qui recumbit ? Ego autem in medio vestrûm sum, sicut qui ministrat. » (Luc. xxii.)

Deuxième Prélude. Se représenter Jésus plein de majesté et d'autorité, et autour de lui ses Apôtres confus et humiliés.

Troisième Prélude. Demander la grâce de bien comprendre le sens de cette parole : Prêtre ambitieux !

C'est 1° un adulateur qui fait mille bassesses pour parvenir. Dès qu'un poste élevé vient à vaquer , on le voit assiéger les bureaux de Févêché , solliciter l'appui de ses amis, mendier la faveur des notables et des fonctionnaires, flattçr et caresser,- emprunter la voix des journaux, provoquer même quelquefois une pétition collective pour emporter comme d'assaut >a nomination.

« llumilitatem simulât, honestatem mentitur, affar bilitatem exbibet, benignitatem ostendil, subsequitur et obsequitur. Cunctos honorât, universis inclinât, fréquentât curias, visitât optimales, assurgit et amplexatur, applaudit et adulatur. Promptus est et fervidite ubi placere cognovit ; remissus et tepidus , ubi putaverit displicerc. Improbatmala, delcstatur iniqua, alia cum aliis probat et improbat, ut judicclur idoneus, ut reputetur acceptus, ut laudetur ab omnibus, ut à singulis approbelur. » (ïnn. III, de Contcmptu mundi, 26.)

Combien Sénèque a eu raison de dire : « Ambitio ad dignitates nonnisi per indigna nos ducit! »

2° C'est un orgueilleux que tourmente la soif de la domination. « Statim ut promotus est ad honorem , in superbiam extollitur, et in jactantiam eflTenatur. Nec curât prodesse, sed gloriatur praeesse : praesumit se meliorem, quia crevit in superiorem : at bonum facit, non gradus, sed virtus ; non dignitas, sed honestas. Priores dedignatur amicos, notos ignorât hesternos, comités contemnit antiquos. Vultum avertit, visum extollit, cervicem erigit, fastum ostendit,grandia loquitur, sublimia meditatur. Subesse non patitur , praeesse molitur : Preelatis infestus, subditis onerosus. Molesta non suffert, concepta non diflert ; praeceps et audax, gloriosus et arrogans, gravis et importunus. » (Inn. III, ibid. c. 30.)

Saint Paul se glorifiait en ces termes : « Ministri Christi sunt? plus ego : in laboribus plurimis, in carceribus abundantiùs, in plagis supra modum, in mortibus fréquenter. » Le Prêtre ambitieux aspire à l'emporter sur ses confrères « in veste pretiosâ, in supellectili multà, in congregatione pecunise, in rodificiis, in dilatandis possessionibus, in ornatu pompatili. » (Petr. Blés, de Instit. Episcop.)

Et les âmes? Il s'agit Jrien des âmes >pour lui dans le Sacerdoce ! tout au plus viennent-elles en seconde ligne.

3° C'est un insensé qui compromet son bonbeur présent et futur. Quel homme ne se défend par tous les moyens possibles d'une tutelle , laquelle pourtant 6e réduit à la conduite de la personne et à l'administration des biens d'un mineur pendant quelques années? N'a-t-on pas déjà assez de peine à se gouverner soi-même et à gérer ses propres affaires? Or voilà une paroisse composée de plusieurs milliers d'âmes dont chacune doit être arrachée à l'enfer, protégée contre

le démon, formée à la vertu, menée nu ciel ; et nonseulement on ne redoute pas cette tutelle, mais on la brigue, on meut tous les ressorts pour l'obtenir ; on ne regrette qu'une seule chose, c'est qu'elle ne s'étende pas sur un plus grand nombre d'individus. Ignore-t-on ce que coûte de soins et de travaux le salut d'une âme? ou se moque-t-on de Dieu et de ses formidables jugements ?

« Que vaut une telle cure que vous m'offrez? — « Le paradis à qui y fera son devoir , et elle pourrait « bien vous valoir l'enfer, à vous qui faites celte ques- « lion. Vous avez sollicité ce poste ; qu'y trouverez- « vous? des dangers. Dieu vous secourra-t-il ? Qu'y « trouverez-vous encore ? des ennuis. Opitulenlur « vobis qui vos protegant. » (Bourdoise.)

« Age, miser, sequere duccra tuum, Satanam. Oculi tui sublimé videant, multiplica pra'bendas ; bine ad Archidiaconum evola, ad Episcopatum aspira. Paulatim ascendis , sed non paulalim descendes ; imô, tanquam l'ulgur , impetu vebementi. » (iïug. à S. Vict. super Gènes. 1 .)

4° C'est un téméraire qui s'ingère dans les affaires de l'Eglise. La Prélature est si noble et si délicate qu'elle n'entend point qu'on ait la hardiesse de s'approcber d'elle quand et comme on veut , ni que le premier venu , sans son aveu , se permette de la rechercher. Elle se réserve de choisir elle-même ceux à qui elle désire se donner de plein gré, et c'est lui faire outrage que de l'attirer à nous, sans qu'elle ait elle-même fait les premières avances pour nous attirer à elle. La Prélature fuit ceux qui ont le front de la convoiter et de la poursuivre ; et si elle est assez malheureuse pour ne pouvoir éviter de tomber entre leurs mains, elle ne s'abandonne à eux que pour leur ruine éternelle. Pour ceux, au contraire, qui la fuient, elle va à leur rencontre, et s'efforce de leur alléger son joug. Cette pensée est de saint Augustin.

Sauver des âmes , beaucoup souffrir pour Jésus- Clirist : telle est la fin de l'Apôtre. Se proposer la gloire ou l'argent, c'est un brigandage, dit saint Anselme : o Qui honores ecclesiaslicos accipere cupit, non sumit, sed rapinam facit. » C'est une simonie, dit saine Jean-Chrysostôme : « Quid refert, si non das pecuniam, sed pecuniae loco adularis? »

5° C'est un indigne qui se ferme à lui-même la porte déshonneurs. Saint Thomas a défini l'ambition : « Pec- . catum quo quis inordinatè honorem desiderat, vel quem non meretur, vel quem non in Deum, sed ad suî ipsius tantùm utilitatem refert » (Secùnd. secund. q. 131) : donc, trop ardent, incapable, ou égoïste, le Prêtre ambitieux n'a droit qu'à l'exclusion.

« Sicut is, qui invitatus renuit, qusesitus refugit, est admovendus : sic qui Ullrô ambit, vel qui importuné se ingerit , est procul dubio repellendus. » (S. Greg. Magn. lib. 7, Ind. 2.)

Un même sort est dû à l'intercesseur : « Sanè huîc negotio non se ingérât rogans. Consilio, non prece agendum est. Alius pro alio, alius forte et pro se rogat. Pro quo rogaris, sit suspectus : qui ipse rogat pro se, jam judicatus est. Nec interest per se, an per alium quis roget. Clericum curiam frequentantem , qui non sit de curià , ad idem noris pertinere ambientium gémis. Adulantem, et ad placitum cujusque loquentem, unum de rogantibus puta, etiamsi nihil rogaverit. Scorpioni non est in facie quod formides ; sed pungit à caudà. » (S. Bern. de Consid. lib. 4, c. 4.)

Colloque avec Jésus-Christ. Qu'il nous fasse chercher en tout sa gloire et notre propre abnégation. Tout est là : Oporlet illum crescere , me autem minui. Plus le Prêtre s'humilie, plus Dieu est glorifié par sou ministère.

SSG

La cupidité et le Prêtre.

Premier Prélude. « Amen, amen dico vobis : Quacritis me, non quia vidistis signa, sed quia manducasiis ex panibus, etsaturaliestis. » (Joan. vi). « Acsi dicat : Vos utique non me, sed mea diligitis ; non quod ego sum, sed quod est sub me, quœritis \ non meî, sed mensœ meae vos estis amici. Manducatis ex panibus meis, et sufficit vobis, saturati estis. Non enim justitiam esuritis, sed solo ventre ducimini. Ethrec est beatitudo vestra, totaque saturitas : ingredi pompaticè domum Doinini, comedere agnum de grege, et vitulos de niedio arnienti. » (Rup. abb. in Joan. c.vi.)

Deuxième Prélude. Se représenter Jésus -Christ adressant d'un ton sévère ces paroles aux Prêtres cupides.

Troisième Prélude. Demander la grâce de bien comprendre les prétextes, les manœuvres et les désordres de la cupidité.

î ° Ses prétextes. Tantôt c'est V amour déréglé des parents. On se propose d'élever le niveau de leur condition, d'éteindre d'anciennes dettes, de venir en aide à un frère, de doter une sœur , de donner une éducation brillante à une nièce dont on fera plus tard sa gouvernante. Au lieu d'être l'homme de Dieu, on est l'homme de sa famille. On ne vit, on ne respire que pour elle, on se condamne pour elle aux plus rudes privations, on sacrifie pour elle santé, honneur, conscience.

Quelquefois c'est le désir du bien-être. Avec des revenus plus amples, on aurait une nourriture, une chambre, un vestiaire plus confortables ; on voyagerait, on se déchargerait sur un Prêtre gagé, on se passerait mille fantaisies. « Quàm multi non quœrunt Jesum ,

nisiutillis facial benè! Vix quaerîtur Jésus propter Jesum. » (S. Aug. in Joan. c. xxv.)

Le plus souvent c'est une prévoyance exagérée. Je puis mourir jeune, dit-on, mais je puis aussi mouri/ âgé. Le Diocèse et l'Etat me viendront en aide, il est vrai; mais est-il défendu de songer et de pourvoir soimême à ses propres besoins? Convient-il au Prêtre de tendre la main?... Déguisée sous ces beaux raisonnements , l'avarice suit de près l'économie, la défiance se substitue insensiblement à la prévoyance, etle remède qu'on prend est pire cent fois que le mal qu'on veut écarter.

2° Ses manoeuvres. Plus soucieux de ses livres de compte que de ses registres, et plus exact à faire son inventaire que son examen, le Prêtre cupide n'hésite pas à envoyer, à porter lui-même la facture à ses débiteurs, et, en cas de refus ou de retard, à les menacer de l'assignation. Jamais de remise sur le total, ou, s'il fait grâce des centimes, c'est uniquement dans le but de dégager la somme, et en faisant sonner bien haut* sa générosité ! « Redilus Ecclesiarum sibi commissarum opportune et importuné requirunt, oblationes toto cordis biatu concupiscunt, ore nonnunquam impudenter exigunt, advenientes utràque manu recipiunt. » (Hug. à S. Vict. in Malth. 1. n). Peu d'aumônes aux pauvres mendiants, il leur rappelle que la mendicité est interdite*, point aux pauvres honteux , il les adresse au bureau de bienfaisance ; rien ou presque rien aux différentes œuvres de charité et de zèle que soutiennent des loteries, il répond qu'il ne saurait favoriser l'emploi de tels moyens.

Il ne paie ses dettes et n'expédie à l'évèché certaines redevances qu'à la dernière extrémité et après des sommations réitérées. Au mépris des statuts, il entasse des honoraires de messe, de peur d'en manquer, et ce n'est pas témérairement qu'on le soupçonne d'en

3u8 disposer par anticipation. Il ne rougit point de descendre au rôle d'industriel et de capitaliste, prêtant à intérêt, achetant des rentes, des actions, des terres même qu'il cultive avec plus de sollicitude et de succès que sa paroisse.

S'il est coulant à l'époque de la première communion, s'il s'attache de préférence à la direction et à la confession des dames , s'il est obséquieux envers les familles opulentes , s'il donne des prix aux enfants, s'il fait, la cour à cet ecclésiastique ou à ce laïque qui n'ont qu'un mot à dire pour l'élever à un poste plus lucratif, est-il affranchi de toute arrière-pensée? Il invite à une dévotion locale, à un pèlerinage, à la vénération des reliques, c'est qu'il a en vue l'offrande qui accompagne. Il s illicite des secours en faveur des âmes du purgatoire, c'est qu'il veut vivre à leurs frais. Il soutient que la fécondité des mariages est la bénédiction des familles, c'est qu'elle est aussi la sienne. « Ecce discutiamus mentem, perquiramus veritatem. ?>umquid' missam cantare, numquid bapiizare, nurnquid mortuum sepelire, sine pretio vel promissionc dignamini? Numquid non citiùs mortem divitum , quàm corporis salutem desideratis videre? Ecce quomodô lupi estis ! » (S. Aug. ad Prcsbyt. suos.)

3° Ses désordres. Quel outrage ne fait pas à Dieu le Prêtre qui, après l'avoir choisi solennellement pour son roi et pour son héritage, s'attache à thésauriser, comme si le Seigneur manquait de pourvoir aux besoins des siens, ou qu'avec ses infinies perfections il fût incapable de combler les désirs de leur cœur ; qui, au lieu de se mettre au service de Jésus-Christ, par une infâme trahison met Jésus-Christ à son service, faisant de la Religion métier, et du Sacerdoce marchandise ; qui, bien différent de David dont la piété offrait à Dieu la moelle des victimes , holocausta medullata, réserve pour lui la moelle, dit saint Pierre Damien,

et ne laisse à Dieu que la peau, épuisant ses forces et son esprit dans d'ignobles calculs , et accordant à regret quelques heures rapides au salut des âmes • qui spécule sur le sang de Jésus-Christ, la prière ' les sacrements, la prédication, rendant ainsi l'Esprit- Saint esclave ou complice de sa cupidité, et prétendant réunir en lui par un monstrueux assemblage et l'avarice d'un Judas et le zèle d'un Apùtre : qui, établissantune sacrilège distinction entre le Christ pauvre et le Christ riche, se dégoûte d'une paroisse où le casuel est médiocre et convoite secrètement une paroisse où le casuel est considérable ; qui, aux approches d'une révolution , est plus soucieux de son capital que du sort des âmes et peut-être du saint Ciboire, tandis que les Prêtres dont il est parlé au deuxième livre des Machabees, en partant pour la Perse, songèrent à cacher, non leur or et leur argent, dit saint Ambroise, pour le conserver à leurs" descendants, mais le feu sacré qui, dans le désastre, aurait pu' s'éteindre ou être profané! (L. m, c. 14, de Off.)

« Va?, vae, va?, Domine Deus , quanti hodiè infeliees ad sacros Ordines accedunt et divina Mvsteria aceipmnt, non cœlestem panem, sed terrenumqua?rentes; non Spiritum, sed Iucrum ; non Dei honorem, sed suam ambitionem ; non salutem animarum, sed qua?stum pecur.iarum : non Christo servire mundo corde eteorpore in saeris Mysteriis, sed deliciari, ditari, superbire, etluxuriari de patrimonioChristi,'non vocati à Deo, sed impulsi à diabolo, tanquam Datban et Abiron ! » (S. Bonav. de Prcepar. ad Miss.). « Quod sine miserabili gemitu dicendum non est ! Christi op. probria, sputa, flagella, clavos, lanceam, crucem et mortem, ha?c omnia in fornace avaritia? confiant, et profligant in acquisitionem turpis quœstûs,et pretium universitatis suis marsupiis includere festinant : hoc solo sanè à Judà Iscariotà différentes, quôd ille horum

omne cruolumentum paucorum dcnariorum numéro eorupensavit, isti voraciori ingluvie lucrorum inlinilas exigunt pecunias. » (S. Bern. in Cant. S. 10.)

Colloque avec Jésus-Christ. Dominus pars hœreditatis meœ... Lui seul, lui seul, au ciel et sur la terre.

Excellence du Sacerdoce de Jésus-Christ, auquel

participe ïe Prêtre.

Premier Prélude. « Taleni habemus Pontificem , qui consedit in dexterâ sedis magnitudinis in cœlis , Sanctorum minister, et Tabernaculi veri, quod fixit Dominus, et non homo. Omnis enim Pontifex ad offerendum muneraet hostias constituitur: unde necessc est et hune habere aliquid quod offerat. » (Hebr. vm.)

Deuxième Prélude. Se représenter la cène, Jésus disant aux Prêtres de tous les siècles : « Hoc facite in meam commemorationem. »

Troisième Prélude. Demander la grâce de comprendre l'excellence du Sacerdoce de Jésus-Christ, qui est le nôtre.

Pour faire ressortir la sublimité et la grandeur du Sacerdoce de Jésus-Christ, comparons-le :

1° Avec sa royauté. Comme Roi, il distribue les biens fragiles de la fortune , le vêtement et la nourriture nécessaires à ce corps caduc ; comme Prêtre , il donne les biens impérissables de la grâce, tout ce qui éclaire, embellit, vivifie les âmes immortelles.

Roi, il dispose à son gré des sceptres et des couronnes, il lire le pauvre de la poussière pour le faire asseoir entre les princes de son peuple, il fait des hommes puissants sur d'autres hommes ; Prêtre, il assigne aux élus selon leurs mérites des palais et des trônes dans le royaume de son Père, il se choisit des amis et des héritiers parmi les esclaves du péché et de Satan, il permet à d'autres Prêtres ses ministres

d'exercer sur son propre Corps un admirable pouvoir.

En sa qualité de Roi, il reçoit les hommages des rois et des peuples qu'il gouverne ; en sa qualité de Prêtre, il acquitte excellemment envers la justice et la sainteté de Dieu, par ses adorations et ses satisfactions infinies, les dettes des peuples et des rois qu'il a sauvés.

S'il n'eût été que Roi, il n'y aurait eu ni rédemption, ni Eglise, ni ciel ouvert ; c'est comme Prêtre qu'il a détruit le péché, engendré et fécondé son épouse la sainte Eglise, et renversé les infranchissables barrières qui nous fermaient le ciel.

Son titre de Roi ne lui a rien coûté ; un avec son Père, créateur et souverain avec lui et comme lui, il le possède en tant que Fils de Dieu. Son titre de Prêtre est le prix de tous les travaux de sa vie, de toutes les ignominies et de toutes les douleurs de sa mort, et il y tient d'autant plus qu'il l'a payé plus cher.

Jésus-Christ doit même à son Sacerdoce une seconde royauté non moins glorieuse , universelle et absolue que la première. L'empire qu'il revendiquait sur le monde comme Dieu, il le revendique désormais comme Homme-Dieu ; car Homme-Dieu il est Prêtre, Prêtre il est Sauveur, Sauveur il est Conquérait. C'est le sens du Psalmiste : « Dixit Dominus Domino meo : Sede à dextris meis » (Ps. 109) , et de l'Apôtre : « Propter quod et Deus exaltavit illum, et donavit illi nomen quod est super omne nomen ; ut in nomine Jesu omne genu fiectaturcœlestium,terrestrium, etinfernorum.» (Philip, ii.)

2° Avec le sacerdoce d'Aaron. Les enfants de Lévi étaient prêtres par le droit de la naissance charnelle ; Jésus-Christ l'est par le choix et le serment de Dieu : « Hic autem cum jurejurando per eum qui dixit ad illum : Juravit Dominus, et non pœnitebit

eum :Tues Sacerdos in aeternùm. » (Jkbr. vu). Quoi de plus propre à montrer la dignité et l'immutabilité du Sacerdoce nouveau, que la solennité de ce serment? Ceux-ci, pour offrir les pains de proposition, devaient être purs, mais qu'il s'en fallait qu'ils le fussent ! Notre Pontife est « sanctus, innocens, impollutus, segregatus à peccatoribus. » (Ibid.). Il n'est souillé ni dans sa naissance, ni dans sa vie propre, ni par soi-même, ni par les autres, ni peu ni beaucoup. Les premiers étaient obligés d'offrir des sacrifices pour leurs péchés, aussi bien que pour ceux du peuple j et parce que ces sacrifices étaient insuffisants, ils les réitéraient sans cesse. Le second n'a offert le sien que pour les péchés du monde, et une seule oblation a consommé surabondamment l'œuvre delà sanctification : « Qui non habet necessitatem quotidiè, quemadmodùm Sacerdotes, priùs pro suis delictis hostias offerre, deindc pro populi : hoc enim fecit semel, seipsum offerendo. » (Ibid. vu). « Unâ enim oblatione , consummavit in sempiternùm sanctificatos. » (Ibid. x.)

Le sang des boucs et des taureaux n'ôtait que les impuretés légales, « ad cmundationem carnis » (ibid. ix); celui de notre Victime purifie l'âme même : « Sanctificati sumus per oblationem Corporis Jesu Christi semel. » (Ibid. x.)

La Grand-Prêtre entrait une fois l'an dans le Saint des Saints, pour un moment, lui seul, en soulevant le voile mystérieux. Jésus-Christ, par la rupture de sa chair, ce voile de sa divinité, a pénétré dans les tabernacles éternels, et il nous y introduit à jamais : « Per amplius et perfectius tabernaculum , non manufactura... per proprium sanguinem , introivit semel in Sancta, seternà redemptione inventa. » (Ibid. ix.)

Aaron et ses fils offraient debout ; « hic autem unam pro peccatis offerens hostiam, in sempiternùm sedet in dexterà Dei. » (Ibid. x). Son ministère est ac-

compli, il jouit désormais du fruit de sa passion et de sa mort.

Ce n'est point sur un autel de pierre que Jésus sacrifie ; prêtre et victime, il est à lui-même son autel sur lequel et par lequel toute oblation doit être conl sacrée à Dieu : « Altareenim nostrum estChristus, cui quidquid Patri gratum futurum est, imponimus etper eum offenmus. » (Cornel. àLap, m Levit.)

3° Avec le Sacerdoce de Melchisédech. Quoique ne et mort comme le reste des hommes, ce Patriarche prêtre « sine pâtre, sine matre, sine généalogie, neque initium dierum , neque finem habens, assimilatus autem Filio Dci, manet Sacerdos in sternum. » (Hebr. vu). Jésus-Christ seul, sans mère dans le ciel et sans père sur la terre, sans prédécesseur ni successeur, est vraiment Prêtre aux siècles des siècles.

« Hic enim Melchisédech , rex Salem , Sacerdos Dei summi. » (Ibid.). Jésus-Christ lui aussi est roi • « Thronus tuus, Deus, in saeculum sœculi » (ibid.i)toi de Salem, c'est-à-dire de justice et de paix : « Ipse est pax nostra, qui fecit utraque unum » (Eph. n) • « factus estnobisjustitia» (I. Cor. i); Prêtre du Très- Haut, Fils du Très-Haut , le Très-Haut lui-même : « Et Filius Altissimi vocabitur. » (Luc. i.)

« Qui obviavit Abrahse regresso à caede regum, et benedixit ei : cui et décimas omnium divisi't Abraham. » (Hebr. vu). C'est Jésus-Christ lui-même qui, conquérant et prêtre, a vaincu Satan, aboli le péché, desarme la mort ; c'est en Jésus-Christ que toutes les nations ont été bénies, car il est lui-même la bénédiction du Père ; c'est à Jésus-Christ que tout a été remis pour le passé, le présent et le futur : « Quem constituithaeredemuniversorum. » (Ibid, i.)

Enfin, Melchisédech a offert du pain et du vin ; et Jésus-Christ, après avoir offert son Corps et son Sang

sur la croix, ne cessera jusqu'à la fin des siècles d'offrir ce même Corps, ce même Sang, par le ministère de:, Prêtres, sous les espèces du pain et du vin.

Colloque avec Jésus-Christ. Quelle grandeur dans votre Sacerdoce ! et quelle grandeur dans le mien ! Puisque , selon la pensée de saint Augustin , Christus et Ecelesia non duo sunt Christi, sed unus Christus (Op. imp.) -, donc le Prêtre éternel et moi, nous ne sommes pas deux Prêtres, mais un seul Prêtre ; je fais son office, j'entre en une admirable unité avec lui pour cette oblation une avec celle de la croix et avec celle du ciel. Et comme votre gloire, ô Jésus, est d'être un avec votre Père , et la gloire des chrétiens d'être un avec vous, quelle n'est pas la gloire de celui qui, déjà un avec vous comme chrétien, n'est encore qu'un avec vous comme Prêtre !

Jésus remettant les péchés à Magdeleine, instruit le Prêtre administrant le saercnient de Pénitence.

Premier Prélude. Magdeleine répand ses larmes avec ses parfums sur les pieds de Jésus ; Simon le Pharisien se scandalisant, Jésus lui répond par une parabole ; puis, s'adressant à Magdeleine, il loue sa foi et la renvoie en paix.

Deuxième Prélude. Se représenter la salle, les convives et les spectateurs , Jésus sur un des lits dressés pour le festin, Magdeleine à ses pieds.

Troisième Prélude. Demander la grâce de comprendre et de pratiquer les enseignements que donne ici Jésus aux Confesseurs.

1° JÉSUS ACCEPTE L'INVITATION DE SlMON. « Roga-

bat autem illum quidam de Pharisœis ut manducaret cum illo. Et ingressus domum Pharisœi, discubuit. <> (Luc. vu). Jésus, dont la miséricorde avait des des-

3Go seins sur le pharisien et sur la pécheresse, sans s'arrêter au molif de curiosité ou de malignité qui a pu présider à l'invitation, l'accepte. « Accubuit Christus, non pocula saporata nielle, floribus odorata sumptuvus, sed pœnitentis lacrymas ex ipsis oculorura fontibus potaturus,» dit excellemment saint Jean-Chrysostôme. « Deus delinquentium lacrymas esurit, sitit lacrymas peccatorum. » (Serm. 93). « Lacrymœ pœnitentium vinum sunt Angelorum, » dit à son tour saint Bernard.

En répondant à une invitation, proposons-nous toujours la gloire de Dieu et le salut des âmes, inculquons quelques maximes chrétiennes, faisons tomber les préjugés, ménageons une conversion avec un zèle saintement adroit.

2° Il a préparé par ses discours la conversion de Magdeleine. « Et ecce mulier, quœ erat in civitate peccatrix, ut cognovit quôd accubuisset in domo Pharisaei, attulit alabastrum unguenti. » On peut croire qu'il s'agit ici de la ville de\Naïm, où Jésus venait de faire un discours mêlé des plus terribles menaces et des plus tendres invitations : « Vœ tibi, Corozain ; vte tibi, Bethsaida : quia, si inTyro et Sidone factse essent virtutes quœ factœ sunt in vobis, ohm in cilicio et cinere pœnitentiam egisseat... Venite ad me, omnes qui laboratiset onerati estis \ et egoreficiam vos. Tol- Utc jugum meum super vos, et discite à me, quia mitis sum et humilis corde : et invenietis requiem anhna^bus vestris. » (Matth. xi), A ces paroles Magdeleine s'était sentie profondément émue, irrésistiblement attirée.

Tels sont les traits qui, lancés du haut de la chaire, terrassent les pécheurs et les amènent au saint tribunal.

3° Magdeleine choisit le lieu et prend la position que demandaient les convenances. C'est chez un

étranger, en présence de nombreux convives, « non ad caput Doniini, sed ad pedes, » dit saint Augustin. (Jlom. 23). « Non decebat Magdalenam luxurià infamem in domo suâ, vcl Christi, vel alicujus incogniti heec agcre, sed in doino Pharisœi sibi noti, ut omnis inali suspicio ab horainibus,qui in materià luxuriae suspicacissimi sunt, tolleretur, utque honestati et decoro per omnia consuleretur. » (Cornel. à Lap.)

Pour mettre à. couvert votre réputation et votre vertu, ô Prêtres, ne recevez vos pénilenles qu'au saint tribunal ; évitez même de vous trouver seuls avec elles à la sacristie ; veillez sur vos yeux.

4° Elle donne toutes les marques d'une vraie contrition. « Et stans retrô sccùs pedes ejus, lacrymis cœpit rigare pedes ejus, et capillis capitis sui tergebat, et osculabatur pedes ejus, et unguento ungebat. » Pas un mot, son cœur est trop serré; mais à ce qu'elle faiton comprend ce qu'elle sent et ce qu'elle veut dire. Elle expie son orgueil par sa posture humiliée, ses regards lascifs par ses larmes, ses embrassenicnts criminels par de chastes baisers, le fasle de ses cheveux par l'usage qu'elle en fait, le voluptueux abus de ses parfums par l'effusion pieuse de ce qui lui en reste.

Quand un pénitent se punit ainsi par où il a péché, à quelle indulgence n'a-t-il pas droit ? Cependant Jésus, comme s'il se défiait de tout eclact qu'il exigeât une plus longue épreuve, ne la regarde point, ne lui parle point encore.

î)° Jésls fait l'apologie de la pécheresse pénitente. « Videns autem Pharisaeus, qui vocaverateum, ait intra se dicens : Hic si esset propheta, sciret utique quae et qualis est mulier quai tangit cum : quia peccatrix est. Et respondens Jésus, dixit ad illum : Simon, habeo tibi aliquid dicerc. At ille ait : Magisgisler, die. Duo debitores crant cuidam fœneratori :

unus debcbat denarios quingentos, et aiius quinquaginta. Non habentibus illis unde redderent, donavit utrisque. Quis ergô eum plus diligit ? Respondens Simon , dixit : iEstimo , quia is cui plus donavit. Àt ille dixit ei : Rectè judicasti. Et conversus ad mulierem, dixit Siraoni : Vides hanc niulierem? Intravi in domum tuam, aquam pedibus meis non dedisti : hœc autem lacrymis rigavit pedes meos, et capillis suis tersit. Osculum mibi non dedisti : ba?c autem exquo intravit, non cessavit osculari pedes meos., Oleo caput meum non unxisti : hœc autem unguento unxit pedes meos. Propter quod dico tibi : Remittuntur ei peccata multa, quoniam dilexit multùm. Cui* autem minus dimittitur , minus diligit. »

Cest surtout l'administration du sacrement de Pénitence qui expose le Prêtre à la critique. Qu'il s'entoure donc de toutes les précautions prescrites par les. Canons. Dans le cas où l'honneurde son ministère exigerait qu'il se justifiât, qu'il le fasse sans aigreur, avec charité, comme Jésus-Christ, en tirant autant que possible de la bouche même des censeurs leur condamnation. Que s'il doit jamais réfuter la calomnie et dissiper les préventions, c'est lorsque sa commisération pour les pécheurs est blâmée ou révoquée en doute.

6° Il lui donne l'absolution et la, paix. « Dixit autem ad illam : Remittuntur tibi peccata. » C'est ici seulement que Jésus s'adresse à Magdeleine. Il n'a eu garde d'arrêter trop tôt l'effusion si légitime et si édifiante de ses larmes, ni de lui laisser croire qu'il faisait grand fond sur ces signes extérieurs. Un confesseur prudent ne doit prononcer le mot consolant qu'au moment opportun ; quand la source des larmes est ouverte, laissons-les couler. « Et cœperunt qui simul accumbebant dicere intra se : Quis est hic, qui etiam peccata dimitlit? Dixit autem ad mulierem: Fides tua te salvam fecit : vade in pace. » Aujour-

3C8 d'hui comme autrefois l'impiété refuse ce pouvoir à l'Eglise, et l'esprit pharisaïque lui reproche l'usage trop facile qu'elle en fait; courons aux âmes, et, sans souci des clameurs , donnons-leur le salut et la paix. Veillons à ce que la foi seule, non la coutume, la vanité , ou quelque affection moins droite, amène et retienne le pénitent à nos pieds; veillons aussi à ce qu'un commencement d'amour se mêle à sa contrition, car rien n'est fort comme l'amour, tout cède à l'amour ; et lorsque nous avons rétabli la paixdans son âme , disons comme Jésus-Christ : Vadè. C'est une grande sagesse de dire à propos : Vadc; bien des conversions ont échoué, parce qu'on n'a pas su dire : Vade.

Colloques : 1° Avec Magdeleine. Qu'elle nous dise ce qu'éprouvait son cœur aux pieds de Jésus-, la joie des Anges, quand ils chantèrent : Amissa drachma regio recondita est œrario ; et gemma, deterso luto , nitorevincit sidéra. (Offic. S. M. Magdal.)

2° Avec Jésus. Qu'il nous donne la charité et la prudence si nécessaires dans l'administration du sacrement de Pénitence. Qu'il nous donne aussi la contrition et le pardon de nos propres péchés : Jesu , medela vulnerum, spes una pœnitentium, per Magdaîenœ lacrymas, peccata nostra diluas. (Ibid.)

Jésus ma vie.

Le moment est venu pour moi de dire avec l'Apôtre : « Vivoautem, jam non ego, vivitverô in mcChristus.» (Gai. ir). Or, cette vie divine qui doit être la mienne, trois choses la constituent :

1° Suivre les maximes de Jésus-Christ : « Ilocenim sentite in vobis.quod et in Christo Jesu. » (Philipp. h.)

— 1° Voici les plus opposées à celles du monde :

3G9 Crucifiez la chair avec ses convoitises, pratiquez l'humilité et l'obéissance, soyez détachés des richesses périssables, rendez à vos frères le bien pour le mal.

Le monde dit au contraire : Procurez à vos sens mille délices, poussez-vous aux postes éminents, recherchez la fortune, ne vous laissez pas impunément offenser.

Soit respect humain , reste d'estime , force de l'habitude , des âmes même consacrées à Jésus-Christ parlent, agissent, pensent sur tous ces points comme le monde.

— 2° Comment je les suivrai. En supportant sans me plaindre les souffrances, les humiliations , la pauvreté, les injures. — En les regardant comme des bienfaits de la bonté de Dieu, dont je suis indigne. — En les désirant et les recherchant. — En ne donnant jamais aucun signe d'approbation aux maximes du monde. — En exaltant en toute occasion les maximes de Jésus-Christ. — En dirigeant les âmes d'après les règles du pur Evangile, non d'après les règles trop flexibles de la philosophie naturelle.

C'est à moi plus encore qu'aux simples fidèles qu'il a été dit : « Si quis vult post me venire, abneget semetipsum, et tollat crucem suarn, et sequatur me. » (Matth. xvi). Comme autrefois Jésus-Christ, je suis une victime publique ; chacun a, pour ainsi dire, le droit de frapper sur moi, et ma vie doit être une mortification continuelle.

— 3° Telle est mon obligation : 1° Comme caution de Jésus-Christ. A moi de justifier, d'autoriser, d'accréditer ses maximes. C'est ma mission : « Prsedica verbum. » Il m'a tiré du siècle pour cela : « Vocatus Apostolus. » Lui-même a répondu devant son Père pour moi, hésiterais-je à répondre devant les hommes pour lui ? — 2° Comme disciple de Jésus-Christ. C'est au disciple à prendre parti pour son maître, à soutenir sa doctrine, à prouver qu'elle n'est point contraire à la

raison, ni, avec le secours de la grâce, au-dessus des forces humaines. Et puisqu'il s'agit ici d'une doctrine éminemment pratique, c'est plus encore par les œuvres que par les discours que je dois me déclarer pour Jésus. — 3° Comme dernier refuge de Jésus-Christ. Partout sa doctrine est rejetée, méprisée, combattue. « Xumquidetvos vultis abire? » me dit-il maintenant, comme autrefois à ses Apôtres. Si vous ne soutenez mes maximes , je les ai données en vain 5 nul ne les peut souffrir, je ne sais à qui avoir recours.

Ah ! Maître, c'est me faire trop d'honneur que de me choisir pour vous rendre témoignage. Il ne sera pas dit que j'aie laissé périr vos maximes. Le monde ne laisse pas périr les siennes, et un ebrétien, un Clerc, un Prêtre laisserait périr les vôtres ! « Domine, ad quem ibimus ? Verba vitse seternae habes. » (Joan. vi.)

2° Se revêtir des divines opérations de Jésus- Christ : « Et induite novumhominem. » (Ephes. iv).

— 1° En quoi consiste cette pratique ? A prendre , à s'appliquer, à s'approprier les opérations intérieures de Jésus, tous ses actes d'adoration, d'amour, d'action de grâces , d'humilité, de patience, de pénitence, de zèle, etc., pour les offrir à son Père par un double regard, l'un sur ces opérations saintes que nous tenons entre nos mains comme un présent d'un prix infini, l'autre sur Dieu à qui nous les offrons.

Pour entendre cette doctrine, il faut se rappeler que tout ce qu'a fait Jésus, il l'a fait pour nous, pour suppléer à notre impuissance et à notre misère ; c'est notre héritage, notre bien propre, le fruit d'un arbre qui nous appartient, l'écoulement d'une source mise à notre disposition. Dès-lors, non-seulement nouspouvons, mais nous devons nous appliquer et nous approprier ses opérations. C'est le vêtement divin dont notre âme doit nécessairement se couvrir, le tombeau splendide dans lequel il faut qu'elle s'ensevelisse tout

entière , selon celte parole : « Vita vestra est abscondita cum Christo in Deo. » (Coloss. ni.)

— 2° En quel temps il convient d'en user. C'est 1° dans' ces moments heureux où Jésus semble nous revêtir lui-même de ses opérations , comme une mère revêt son enfant , et où l'âme s'en trouve tout-à-coup enveloppée, sans retour sur elle-même, dans un regard simple sur Jésus , et n'ayant qu'à recevoir librement ce qui s'opère en elle. — C'est 2° dans nos exercices de piété , lorsque nous nous sentons arides , impuissants , désolés , ne sachant de quel côté nous tourner. Courons au remède, appelons Jésus , il n'attend qu'un signe de notre part, il s'offre à nous donner son bien qui est le nôtre. — C'est 3° en général dans toutes nos actions , chaque fois que nous nous mettons en la présence de Dieu , et ce doit être notre façon d'agir la plus familière. Nos propres opérations ou les opérations de Jésus, lequel de ces deux vêtements est le plus riche ? laquelle de ces deux monnaies est la plus précieuse? Et n'esl-il pas convenable de se présenter devant Dieu avec ce que l'on a de meilleur?

— 3° Son excellence. C'est 1° l'acte d'humilité le plus profond. Pleins de mépris pour ce qui vient de notre fonds , le jugeant indigne de Dieu , nous le rejetons , nous nous en dépouillons , autant qu'il est en nous , absolument , universellement. — 2° C'est l'exaltation la plus haute des mérites de Jésus-Christ. Nous proclamons que lui seul peut dignement adorer et aimer son Père, le prier, le remercier, satisfaire à sa justice, et qu'il nous est impossible , sans recourir à lui , de nous acquitter de ces devoirs. — 3° C'est le culte le plus sublime et le plus agréable rendu à Dieu le Père ; puisque l'âme, revêtue des opérations de Jésus et les offrant à Dieu le Père, présente un don d'un prix infini, et rend à la Majesté divine les honneurs que lui rendit

autrefois Jésus. — 4° C'esl le plaisir le plus vif que nous puissions procurer à Jésus ; car on médite assez ses actions extérieures, mais peu ses dispositions intérieures. Ces dispositions si saintes , sans notre imitation, seraient comme perdues, nous les faisons re- \ivre. — 5° C'est l'acte le plus parfait que notre âme puisse produire. Elle s'associe aux Esprits bienheureux dont l'Eglise dit qu'ils offrent tous leurs hommages par Jésus-Christ : « Per quern Majestatem tuam laudant Angeli , adorant Dominationes , tremunt Potestates. » Elle imite l'humanité du Sauveur , laquelle , unie au Verbe divin, et incessamment tenue par lui dans un état de victime, était rendue par son union avec lui infiniment agréable à Dieu le Père. Elle prend et imprime sur elle ce caractère de Jésus , sans lequel nul ne peut s'approcher du Père, mais avec lequel on est sûr d'être bien accueilli , puisque Jésus est l'objet de ses éternelles complaisances.

Allons , mon âme , laisse là les fruits corrompus de ton fonds , renonce à ton action propre , à ta vie qui n'est qu'une mort •, demeure anéantie devant Dieu avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ ; prends la tunique d'Esaii, couvre -toi des vêtements de ton Frère aîné; toujours, en tout temps, en tout lieu , dans toutes tes actions , réalise l'énergique parole de saint Paul : « Induimini Dominum Jesum Christum. » (Rom. xm). Tu ne peux prétexter ni ta misère, ni ton incapacité, ni tes fautes , puisque c'est précisément pour venir au secours de ta misère , pour suppléer à ton incapacité , pour couvrir tes fautes , que Jésus s'offre à te revêtir de ses opérations.

3° Agir dans l'esprit de Jésus-Christ : « Dico autem : Spiritu ambulate. » (Gai. v.)

— 4° Ce que c'est. C'est se tenir intérieurement toujours uni à l'Esprit de Jésus-Christ , sous son regard , sous son action , en paix et en simplicité, sans mulli-

plicité de pensées quoique bonnes, pour que cet Esprit entrant dans toutes nos actions les dirige, les vivifie, les divinise. Ce que Pâme est pour le corps, l'Esprit de Jésus-Christ doit l'être pour nous. L'àme anime le corps entier jusqu'en ses moindres parties et dans ses moindres mouvements ; ainsi l'Esprit de Jésus-Christ doit animer en nous universellement et sans exception l'extérieur et l'intérieur, pour régler et sanctifier l'un et l'autre. L'âme anime incessamment le corps, elle ne peut s'en séparer un instant, sans quoi il mourrait ; ainsi n'est-il aucun instant où nous ne devions être animés de l'Esprit de Jésus-Christ, si nous voulons vivre de la vie surnaturelle. L'àme , au milieu des actions les plus absorbantes du corps, n'est ni étouffée ni bannie; et c'est ainsi que, dans les plus grandes préoccupations, sans perdre jamais de vue l'Esprit de Jésus-Christ , il faut se tenir près de lui , avec lui , intimement uni à lui.

— 2° Motifs de cette pratique. 1° Du côté de Jésus-Christ. Il est 1° notre Sauveur. Comme tel il a un droit absolu sur toutes les actions de ceux qu'il a rachetés; or ce droit il l'exerce en donnant lui-même la vie à ces actions, et cette vie il la donne par son Esprit. — 2° Il est notre chef : dès-lors il a un droit d'influence sur toutes les actions des membres ; il en est le principe, le directeur, la vie ; c'est-à-dire qu'il les fait naître, écarte ce qui pourrait les souiller, et leur communique le mérite. — 3° Il est notre aliment dans l'Eucharistie. En pénétrant ainsi notre être, notre corps, notre cœur , notre esprit, il acquiert un droit incontestable d'animation, et en le recevant nous nous obligeons à n'avoir plus d'autre vie que la sienne. — 4° Il est notre roi. Or la conquête qui lui a coûté son sang, c'est notre âme, et il ne peut posséder notre âme qu'autant que son Esprit y réside. Dans ce domaine spirituel, il veut entrer seul, régner seul, tout

diriger, tout animer. — 5° 11 est notre modèle. Comme en Jésus-Christ l'humanité n'a rien fait que sous la dépendance du Verhe et pour la gloire du Père, ainsi ne devons-nous rien faire que sous l'inspiration de l'Esprit de Jésus-Christ et pour la gloire de Jésus- Christ.

2° De notre côté. \° Nous sommes chrétiens. Or la fin, la perfection du chrétien, c'est d'être animé de l'Esprit de Jésus-Christ; c'est pour nous animer de son Esprit, que Jésus-Christ a accompli l'œuvre de notre rédemption, et qu'il travaille à l'œuvre de notre sanctification ; nous ne sommes chrétiens qu'autant que nous sommes animés de l'Esprit de Jésus-Christ. Ce n'est pas une pratique pieuse des âmes dévotes et spirituelles , c'est la pratique obligée de toute âme marquée au baptême du sceau de l'Esprit de Jésus-Christ ; ce n'est pas un conseil, c'est un précepte strict et rigoureux. Avec cet Esprit, nous vivons; sans lui, nous sommes morts ; avec lui, nous tirons la sève de la tige divine ; sans lui, nous sommes des branches desséchées ; avec lui, nous sommes enfants de Dieu; sans lui, nous redevenons enfants de Satan : « Quicumque enim Spiritu Dei aguntur , ii sunt filii Dei. » (Rom. vin). — 2° Nous sommes impuissants à rien faire par nous-mêmes. Dans l'ordre surnaturel , nos actions, si l'Esprit de Jésus- Christ ne les anime, sont vides et stériles, imparfaites et impures. De là vient que lorsque l'Esprit de Jésus- Christ s'empare d'une âme par une visite intérieure, à l'instant cette âme, se sentant comme liée, parle moins, agit moins; parce que l'Esprit de Jésus-Christ, connaissant l'imperfection des opérations de cette âme , les suspend et y substitue ses opérations infiniment saintes. Quelquefois même l'Esprit de Jésus-Christ, par une présence sensible et comme palpable, opère tout dans cette âme qui ne fait que recevoir, et l'on ne voit plus désormais en elle que l'action et la vie de Jésus;

tant il découvre d'impureté dans nos actes, et tend à nous animer en tout et partout.

Or, ce double principe posé, qu'il nous faut nécessairement agir sous l'impulsion de quelque esprit, et que notre esprit propre incline comme naturellement au mal, n'est-il pas juste de conclure que c'est dans l'Esprit de Jésus-Christ et non dans le nôtre que nous devons agir? car ces deux esprits ne peuvent animer ensemble nos actions, la présence de l'un entraine l'exclusion de l'autre.

0 Jésus, quelle heureuse nécessité pour moi de suivre vos maximes, de me revêtir de vos opérations, d'agir dans votre Esprit! Suivre les maximes d'un Dieu, se revêtir des opérations d'un Dieu, agir dans l'Esprit d'un Dieu, quelle noblesse , quelle félicité , quelle vie ! Sans doute il faut ajouter : quelle captivité, quelle abnégation, quelle mort ! mais captivité qui conduit à la vraie liberté, abnégation qui aboutit à une royauté éternelle, mort qui fait entrer en possession de la vie divine ! « Mihi enim vivere Christus est, et mori lucrum. » (Philipp. i.)

Ma première Messe.

Premier Prélude. Me voilà donc au comble de mes vœux/du bonheur ! Beau fut le jour de mon baptême où Jésus m'adopta pour son membre et devint mon chef; beau fut le jour de ma première communion où Jésus se fit mon aliment et descendit dans mon cœur ; mais incomparablement plus beau est le jour où Jésus prêtre et victime, m'acceptant pour son ministre, va s'immoler entre mes mains, et, dans un seul sacrifice, résumer toutes les grâces du passé et préparer toutes celles de l'avenir. Anges saints, félicitez-moi, bénissez-moi, portez-moi ineffablement envie.

Deuxième Prélude. Je me représente la consécration d'Aaron et de ses fils décrite dans le Lévitique. La cérémonie, avec les mêmes expiations, les mêmes oblations et les mêmes onctions, se réitéra pendant sept jours, et les oints du Seigneur ne sortirent point du Tabernacle. Chaque fois qu'on immola la victime pour le péché, ils étendirent leurs mains sur sa tête, pour se reconnaître publiquement pécheurs. Le huitième jour, il offrirent des sacrifices et des victimes de toute espèce, afin de faire solennellement usage de leurs pouvoirs. «Apparuitque gloriaDominiomni multitudini ; et ecce egressus ignis à Domino devoravit holocaustum, et adipes qui erant super altare. Quod cùm vidissent turbœ, laudaverunt Dominum, ruentes in faciès suas. » (C^ ix). C'est ce feu miraculeux qui senit depuis dans tous les sacrifices, et que les Prêtres auront la charge d'entretenir à jamais.

Troisième Prélude. Et moi aussi, ô mon Dieu, j'ai passé plusieurs jours en retraite -, chaque jour on a immolé devant moi la divine Victime, et je l'ai chargée de toutes mes iniquités. Aujourd'hui je vais immoler moimême la Victime, pour faire usage de mes sublimes pouvoirs. Faites descendre dans mon cœur le feu sacré ; que tous les assistants en soient consumés avec moi, et que ce feu non-seulement ne s'éteigne jamais, mais qu'il ne fasse que s'attiser toujours davantage jusqu'à ma mort.

Que si l'on demande pourquoi la première Messe est solennelle et mémorable entre toutes les messes :

C'est 1° parce qu'elle suppose, du côté de celui

QUI LA CÉLÈBRE, PLUS DE FERVEUR. — 1° Son désir est

plus ardent. Tel le cerf altéré se plongeant tout entier dans une fontaine limpide, tel un mendiant faisant la découverte d'un immense trésor, tel un prince exilé remontant glorieusement sur le trône de ses pères. Que si la nature ramasse toutes ses forces et déploie

toute son énergie, lorsqu'elle se saisit d'un objet longtemps convoité qui satisfait à un de ses besoins les plus impérieux ou répond à un de ses penchants les plus violents ; si le sentiment alors est plus délicieux et plus exquis ; si la prise de possession est plus vive et plus intense, avec quelles ardeurs d'une soif brûlante , ô mon âme, avec quels élans d'un amour impatient te porteras-tu à l'action la plus divine que l'homme puisse accomplir ici-bas, à l'action qui va te livrer la source de tous les biens, à l'action dont la seule pensée te ravit, t'attendrit jusqu'aux larmes !

Je me représente le peuple hébreu entrant enfin dans la Terre promise, après un voyage de quarante ans dans le désert; je me représente Salomon faisant la dédicace du temple qui lui avait coûté tant d'or, de sollicitudes et de travaux ; je me représente surtout Marie au moment où le Fils de Dieu, son Messie et son Sauveur, dont elle sollicitait la venue par des vœux si enflammés, s'incarna dans son sein. Et moi aussi je vais entrer dans la terre promise où coulent le lait et le miel ; et moi aussi je vais faire au Très-Haut la dédicace de mes lèvres et de mes mains ; et moi aussi je vais recevoir et porter dans mon cœur le Fils de Dieu et le Fils de Marie.

— 2° Sa préparation est plus parfaite'. J'arrive sur les marches de l'autel, après bien des infidélités sans doute, après des chutes énormes et multipliées. Oubliez-les, Seigneur, dans votre miséricorde ; je m'en repens, je les déteste ; n'ayez égard qu'à ma bonne volonté et à mes efforts. C'est pour devenir prêtre que je me suis éloigné dès mon enfance d'une famille chérie, que je me suis dévoué pendant dix ans à des études sérieuses, que j'ai renoncé à mes amis et aux plaisirs du monde. Quand je luttais contre mes passions furieuses , quand je m'exerçais péniblement à la pratique des vertus, quand je faisais le vœu de chasteté.

perpétuelle, c'est le Sacerdoce que j'avais en vue. Que suis-je venu faire au séminaire, sous la direction des maîtres de la science et des modèles de la perfection ecclésiastique, sinon me préparer aux fonctions de la Prêtrise, surtout à la plus redoutable et à la plus sublime?

Souvenez-vous, Seigneur, de mes sacrifices, de mes longs travaux, des tentations et des dégoûts que j'ai dû surmonter. Souvenez-vous de ma retraite de plusieurs années dans ce cénacle , de la crainte que j'ai eue de vous déplaire , des prières que je vous ai adressées avec tant de ferveur. J'unis tout cela aux douleurs et aux humiliations de Jésus. Loin de regretter ce que j'ai entrepris pour votre gloire, je suis prêt à l'entreprendre encore, et je ne regrette que ma lâcheté à votre service, et j'achèterais au prix de mille fois plus encore la faveur d'une seule Messe.

2° Parce qu'elle suppose, du côté de Dieu, plus de grâces. — 1° II veut récompenser les efforts de son Prêtre. Larmes, sueurs, soupirs, Jésus a tout vu, tout pesé, tout compté, tout recueilli. Et de même que le maître récompense à la fin du jour son serviteur dévoué, et que le prince couronne après l'expédition le général victorieux, et que la mère redouble ses caresses envers l'enfant docile qui a prévenu un de ses désirs; ainsi, au moment de la première Messe, avant même la grande et éternelle rémunération, Jésus solde son Prêtre pour tous ses combats, il lui rend au centuple le prix de ses privations, il lui donne comme un avant-goût des délices réservées à ceux qui ont tout quitté pour le suivre.

Ah ! je prends mon cœur entre mes mains , je l'ouvre, je le dilate, je le présente à vos infinies largesses, à mon Dieu ! Augmentez ma capacité de vous aimer, de vous posséder, et donnez ce que vous m'avez destiné. Et si jamais, ce qu'à Dieu ne plaise ! je devais

me ralentir dans ma course, me laisser gagner par la routine, monter avec indifférence et froideur à l'autel, reportez-moi par la pensée à la fête de ce jour, et que le souvenir des grâces immenses qui vont ru'ètre accordées me ranime, m'aiguillonne, me couvre d'une salutaire confusion, me rétablisse dans ma ferveur première.

— 2° // veut remplir et surpasser l'attente de son Prêtre. Non, l'avare dans son or entassé, le voluptueux dans l'objet de sa passion, l'ami dans la société de son ami, ne trouvent point le bonbeur attendu et souhaité. Pour Jésus, non content de donner ce qu'on demande et ce qu'il avait promis, il va au-delà des engagements qu'il avait pris, au-delà des désirs que le cœur le plus ambitieux avait formés.

A la vue du nouveau Prêtre s'apprètant pour le Sacrifice, il descend du ciel à pas de géant; et, dès qu'il se voit entre ses mains, niuliiplianUes faveurs les plus singulières, prodiguant ses consolations les plus ineffables,il semble avoir à cœur de se rattacher irrévocablement, d'en prendre à jamais possession, de mettre le sceau à sa consécration par une indissoluble alliance ; et il épanche en lui un ruisseau, un torrent, un fleuve de grâces, et il fait circuler avec son divin Esprit la vie dans toutes ses veines , et Jésus-Christ et le Prêtre n'ont plus qu'une parole , qu'un sentiment. « Inveni quem diligit anima mca, tenui eum , nec dimittam. — Dilectus meus mihi , et ego illi. — Et mea omnia tua sunt, et tua mea sunt. »

Colloque. C'est donc tout-à-1'heure que je vais remplir pour la première fois la plus auguste fonction du Sacerdoce! Jusqu'à ce jour je servais la Messe, je vais la dire ! Tout ce que j'ai lu, tout ce que j'ai entendu d'admirable sur le Sacrifice, va s'accomplir par moi et pour moi ! Je n'ai rien à envier ni aux sacrificateurs de la loi de nature, ni aux Prêtres lévitiques, ni aux

Prêtres de la loi nouvelle. A la dernière cène j'étais présent au cœur de Jésus, il me voyait, il m'appelait par mon nom, il me présentait le pain et le calice, il me disait : « Faites ceci en mémoire de moi. » 0 mes yeux , vous allez contempler la divine Hostie ! 0 mes mains, vous allez la toucher, la porter, la distribuer ! 0 mes lèvres, vous allez vous teindre de son sang ! Marie, Joseph, mon bon Ange, mon saint Patron, je vous invite tous, dirigez vous-mêmes l'intention du Sacrifice. Je veux, en votre nom et au mien, adorer, prier, remercier l'adorable Trinité ; je veux satisfaire à sa justice pour toutes mes dettes. Venez, mon père et ma mère, dont les vœux sont accomplis ; venez, mes frères et mes sœurs. Que ne puis-je ressusciter mes chers défunts qui avaient tant désiré de voir ce jour ! mais ils ne seront pas oubliés ; ils seront là eux aussi. Le Pontife qui m'a consacré , mes Directeura et mes Maîtres, mes amis et les autres Ordinands , je veux offrir la divine Victime pour tous , je veux les offrir tous avec la divine Victime, et je veux m'ofîrir avec elle. Amen, amen.

A SACERDOTIBUS RECENS ORDINATIS PONTIFICI CELEBRANTIBUS RECITANT.

SABBATO QUATTOR TE31P0RUM ADVENTUS.

Dùm Pontifex offert panem cum aliis particulis pro communione Ordinatorum.

Suscipe, sancte Pater omnipotens, œterne Deus , liane imniaculatam Hostiam, quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis, et offensionibus, et negligentiis meis, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus Fidelibus Cbristianis vivis atque defunctis ; ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam seternam. Amen.

Dùm mittit aquam in calicem,

Deus, qui bumanoe substantiee dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabiliùs reformasti : da nobis, per hujus aquse et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrœ fiefri dignatus est particeps, Jésus Christus Filius tuus Dominus noster, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritûs sancti Deus : Per omnia sœcula seeculorum. Amen.

Dùm offert calicem.

Offerimus tibi, Domine, calicem salutaris,tuam deprecantes clementiam, ut, in conspectu divinse Majestatis tuse, pro nostrà et totius mundi salute cum odore suavitatis ascendat. Amen.

Post oblationem Calicis :

In spiritu humilitatis et in animo contrilo suscipiamur à te, Domine, et sic fiât Sacrificium noslrum in conspectu tuo hodiè, ut placeat tibi, Domine Deus.

Veni, Sanctifïcator omnipotens, œterneDeus. etbenedic hoc Sacrificium tuo sancto nomini prœparatum.

Benediclio incensi, in Missà solenmi (1).

Per incercessioncm beati Micbaëlis archangeli stantis à dextris altaris incensi, et omnium electoi'um suorum , incensum istud dignetur Dominus benedicere, et in odorem suavitatis accipere. Pcr Christum Dominum nostrum. Amen.

Dàm incensat oblata :

Incensum istud à te benedictum ascendal ad te, Domine, et descendat super nos misericordia tua.

Dàm incensat altare :

Dirigatur, Domine , oratio mea, sicut incensum in conspectu tuo; elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum. Pone, Domine, cuslodiam ori meo, et. ostium circumstantia3 labiis meis, ut non declinet cor meum in verba malitiaî, ad excusandas excusationes in peccatis.

Dàm redilit thuribulum Diacono, dicil :

Accendat in nobis Dominus ignem sui amoris , et Hammam yeternse charitatis. Amen.

Dùm lavât manus :

Lavabo inter innocentes manus meas, et circumdabo altare tuum, Domine ;

(I) Les OnUnanils ne disent pas ceci à cette Messe, mais ils doivent l'apprendre de mémoire, pour l'avenir.

Ut audiam vocem laudis, et enarrem universa mirabilia tua.

Domine, dilexi decorem domûs tuœ, et locum babitationis gloriœ tuae.

Ne perdas cum impiis , Deus , animam meam , et cura viris sanguinum vitam mcam ;

In quorum manibus iniquitales sunt : dextera eorum repleta est rauneribus.

Ego autem in innocentià mcà ingressus sum : redime me, et miserere meî.

Pes meus stetit in directo : in ecclesiis benedicam te, Domine.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto : sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in srccula seeculorum. Amen.

Post ablutionem mamium :

Suscipe , sancta Trinitas , hanc oblationem , quam tibi offerimus ob memoriam Passionis, Resurrectionis et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri, et in bonorem beatae Marise semper virginis, et beati Joannis Baptista?, et sanctorum apostolorum Pétri etPauli, et istorum et omnium Sanctorum ; ut illis proficiat ad bonorem, nobis autem ad salutem, et illi pro nobis intercedere dignentur in cœlis, quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Dàm Pontifex vertit se ad populum :

Orate , Fratres, ut meum ac vestrum Sacrificium acceptabile liât apud Deum Patrem omnipotentem.

Circumstantes respondent : Suscipiat Dominus Sacrificium, etc.

Ordinati dicunt : Amen.

Sécréta.

Sacrificiis pra?sentibus, qua>sumus, Domine, plaça-

tus intende, ut et devotioni nostrae proficiant, et ss~ luti.

Pro Ordinatis.

Tuis, quœsumus, Domine, operare Mysteriis , ut hsec tibi raunera dignis mentibus oITcramus : Per Dominum nostrum JesumChristum Filium tuum, quitccuin vivitet régnât in unitate' Spiritûs sancti Deus.

Tàm dicit alias Sécrétas, si quœ dicendœ sint.

De Sanctâ 3Iarià. — Sécréta.

In mentibus nostris, quœsumus, Domine, verse fidei Sacramenta confirma : ut qui conceptum de Virgine Deum verum et hominem confitemur, per ejus sàlui:ferse Resurrectionis potcntiam , ad œternam mcreamur pervenire lœtitiam.

Pro Papa. — Sécréta.

Oblatis, quœsumus, Domine, placare muneribus : et famulum tuum N. quem pastorem Ecclesiœ tuœ prœesse voluisti, assiduâ protectione guberna. Per Dominum.

Vel contra persecutores Ecclesiœ. — Sécréta.

Protège nos, Domine, tuis Mysteriis servientes : ut divinis rébus inhcerentes, et corpore tibi famulemur, et mente. Per Dominum...

Prœfatio.

Per omnia sœcula saeculorum. ^'. Amen. t. Dominus vobiscum , #. Et cum spiritu tuo. t. Sursùin corda : #. Habemus ad Dominum. t. Gratias agamus Domino Deo nostro : #. Dignum et justum est. Verè. dignum et justum est, aequum et salutarc, nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus, per Christum Dominuiu nostrum: per quem Majestatem tuarn laudant Angcli, adorant Domiuationes, tremunt Potcstates ; Cœli Cœlo-

ruinque Virtutcs, ac beata Seraphim, sociâ exultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces, ut admittijubeas deprecamur , supplici confessionc dicentes :

Sanctus, Sanctns, Sanctus Dorainus Deus Sabaoth. PJeni sunt cœli et terra glorià tua : Hosanna in excelsis. Benedictus qui venit in nomine Domini : Hosanna in excelsis.

Canon.

Te igitur, cleraentissime Pater, per Jesum Christum Hlium tuum Dominum noslrura , supplices rogamus aepetimus, uti accepta habeas et benedicas bœc dona haec munera, haec sancta Sacrificia iilibata, mprimis quee tibi offerimus pro Ecclesiâ tuâ sanctâ catholicâ quam pacificarc, custodire, adunare et regere digneris toto orbe terrarum : unà cum famulo tuo Papa nostro N. et Antistite nostro N. et Imperatore nostro N. et omnibus orthodoxis, atque catholicœ et aposto- Jicae fidei cultoribus.

Mémento, Domine, famulorum famularumque tuarum Que fit commemoratio pro vivis; deindè prosequuntur cumPontifice), et omnium circumstantium quorum tibi fides cognita est et nota devotio : pro quibus tib. offerimus, vel qui tibi offerunt boc Saerinemm laudis, pro se suisque omnibus, pro redemplione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suœ, tibique reddunt vota sua rcterno Deo, vivo et vero.

Communicantes et memoriam vénérantes, in primis glonosœ semper virginis Mariae, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi ; sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum, Pétri et Pauli, Andreœ, Jacobi i Joannis, Thom», Jacobi, Philippi, Bartbolomœi, MatOn, Simonis et Thadd*i, Uni, Cleti, démentis, Aysii, Cornebi, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni, Joan-

38G nis et Pauli, Cosmœ et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum, quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tuœ muniamur auxilio : Per cuuidcm Christum Dominum nostrum. Amen.

Hanc igitur oblationem servitutis nostrne, sed et cunctœ familiœ tuée, quœsumus, Domine , ut placatus accipias, diesque nostros in tua pacc disponas, atque ab seternâ damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, quœsumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilem acccptabilemque facere digneris, ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Cliristi.

Qui pridiè quàm patcrctur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas ; et elevalis oculis in ccelum ad te Deum Patrem suum omnipotentcm, tibi gratias agens , benedixit , fregit , dcditque Discipulis suis, dicens : Accipitc et manducate ex hoc omnes ;

Verba Consecrationis distincte , attenté et depotè yrof'crenda surit simul cam Pontiflce, ità ut ante Pon~ îificem nec incipiantur me absolvantur : Hoc est enim Corpus meura.

Post adorationein Hostiœ :

Simili modo, postquam cœnatum est, accipiens et

me prœclarum Caliccm in sanclas ac venerabiles manus suas 5 item tibi gratias agens, benedixit, dcditque Discipulis suis, dicens : Accipile et bibite ex eo omnes ;

Verba Consecrationis Calicis :

Hic est enim Calix Sanguinis mei , novi et œterni testamenli, mysterium fidei, qui pro vobis et pro multis effundelur in remissionem peccatorum.

Hœc quotiescumque feceritis, in meî memoriam i'acietis.

Post adorationem Calicis :

Unde et memores, Domine, nos servi lui , sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri, tam beatœ Passionis, necnon et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosœ Ascensionis, offerimus praeclarae Majestati tuoe de tuis donis ac datis, Eostiani puram, Hostiam sanctam, Hostiam immacu- Iatam, Panem sanctum vitae aeternae, et Calieem salutis perpetuœ.

Supra quos propitio ae sereno vultu respicere digneris, et accepta babere, sicuti accepta babere dignatus esmunera pueri tui justi Abel, etsacrifîcium patriarche? nostri Abrahœ, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedecb , sanctum Sacrificium , immaculatam Hostiam.

Supplices te rogamus, omnipotens Deus : jubé hœc perfem per manus sancti Angeli tui in sublime altare taum, in conspectu divin» Majestatis tua? , ut quotquot ex hâc altaris participatione sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus , omni benedictione cœlesti et gratiâ repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Cotranemoratio pro Defunctis.

Mémento etiam , Domine, famulorum famularumque tuarum, qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. (Orant aiiquantulùm pro (kfunctis ; deindè prosequimtw.) Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus , locum rcfrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas deprecamur : Per eumdem Cnristum Dominum nostrum. Amen.

Ad prima sequentia verba, perculilur pectus.

Nobis quoque peccatoribus famulis lais, de multi-

tudine miserationum tuarum spcrantibus, partem aliquam et societatcm donare digneris, cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Joanne, Stephano, Mattbiâ, Barnabâ, Ignalio, Alexandre-, Marcellino, Pelro , Felicitate, Perpétua, Agatbâ, Lucià, Agnete , Cœciliâ, Anastasiâ, et omnibus Sanctis tuis, intra quorum nos consortium, non cestimator meriti, sed veniœ, queesumus, largitor admitte : Per Christum Dominum nostrum ;

Per quem ba?c omnia, Domine, semper bona créas, sanctificas, vivificas, benedicis et preestas nobis :

Dùm Pontifex, factâ genuflexione, signât cum Hostià super Calicem :

Per ipsum, et cum ipso, et in ipso, est tibiDeo Patri omnipotenti, in unitate Spiritûs sancti , omnis honor et gloria.

Per omnia ssecula sseculorum. $'. Amen.

Oremus. Prœceptis salutaribus moniti, et divinâ institutione formati, audemus diccre :

Pater noster, qui es in cœlis , sanctificetur nomen tuum ; adveniat regnum tuum; fiât voluntas tua, sicut in cœlo et in terra. Panem nostrum quotidiaoum da nobis bodiè ; et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris ; et ne nos inducas in tentationem.

Circumstantes respondent : Sed libéra nos à malo. Ordinati dicunt : Amen.

Libéra nos, quaesumus, Domine, ab omnibus malis, praeteritis, prœsentibus et futuris, et intercedente beatâ et gloriosâ semper virginc Dei Génitrice Maria, cum beatis apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa et omnibus Sanctis, da propitius pacem in diebus nostris ; ut ope misericordirc tuse arljuti, et à peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione securi :

Dàm Pontifex frangit Hostiam :

Per cumdem Doniinum nostrum Jesura Christum Filium tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritùs sancti Deus, per omnia saecula sœculorum. #. Amen.

Pax Domini sit semper vobiscum, #. Et cum spiritu tuo.

Dùm immittit particulam Hostiœ in Calicem ;

Hœc commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi, fiât accipientibus nobis in vitam œternam. Amen.

Dicendo Agnus Dei, sese inclinant mediocritcr ; et percutiunt pectus ad verbum nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi , dona nobis -pacem.

Ad sequentes Orationes, in inclinatione humerorum etiam persévérant.

Domine Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem rclinquo yobis, pacem meam do vobis ; ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuae, eamque secundùm volunlatem tuam pacificare et coadunare digneris : Qui vivis et régnas , Deus, per omnia sœcula sseculorum. Amen.

Hic, Pontifex dat pacem primo ex singulis Ordinatis cujuslibet Ordinis sacri ad cum successive acccdenli, dicens : Pax tecum.

Me respondet Fontifici : Et cum spiritu tuo.

Et quilibet illorum dut sequenti sui Ordinis secum Ordinato, et Me alteri, dicens : Pax lecuni ; et sic usque ad uttimum continuutur.

Recipitur antem pax admovcndo genam sinistram sinistrée Pontifias, etcum complectendo ; el simili modo datur sequenti.

Domine Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu sancto, per mortem tuam mundum vivifîcasti, libéra me per hoc sacrosanctum Corpus et Sanguinem tuum ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis , et fac me tuis scmper inhœrere mandatis, et à te nunquam separari me permittas : Qui cum codem Deo Pâtre et Spirilu sancto vivis et régnas, Deus, in ssecula socculorum. Amen.

Perceptio Corporis tui, Domine Jesu Christe , quod ego indignus sumere proesumo, non mihi proveniatin judicium et condemnationem ; sed pro tuà pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis , et ad medelam percipiendam : Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre in uniiatc Spiritûs sancti, Deus, per omnia srecula sœculorum. Amen.

Antequam Pontifex accipiat ambcis partes Hosliœ :

Paneni cœlestem accipiam , et nomen Domini invoeabo.

Tiim adhuc inclinati, corde humili percutiendo pectut. ter dicunt :

Domine, non sum dignus ut intres sub tectuin meum, sed tantum die verbo et sanabitur anima mea.

Dùm Pontifex se signât cum Hostià, dicunt :

Corpus Domini nostriJesu Christi custodiatanimam meam in vitam œternam. Amen.

î)ùm, Pontifex communicat se, dévote cumipso quiescunt aliquahtulùm in méditations sanctissimi Sacramenti', deindè dicunt :

Quid retribuam Domino pro omnibus quœ retribuit mibi? Calicem salutaris accipiam , et nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.

Dàm Pontifex signât se cum Calice :

Sanguis Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam eeternam. Amen.

Dùm Pontifex pretiosum Sanguinem sumit, piam ad Christum excitant mentem.

Post sumptionem Calicis, fit Communio Sacerdotum, ad quant non dicunt Confessionem, quia concélébrant Pontifici.

Singulos communicat, cuilibet dicens :

Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat te in vitam eeternam.

Quilîbet respondet : Amen.

Et priusquàm Communionem sumat, manum Pontifiais Hostiam tenentem osculatur.

Singuli ex Diaconis et Subdiaconis tantitm dicunt : Confiteor, etc.

Dùm Pontifex sumit purifie ationem , finitâ Commir nione :

Quod ore sumpsimus, Domine , purâ mente capiamus, et de munere temporali fiât nobis remedium sempiternum.

Dùm abluit digitos :

Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis quem potavi, adhœreat visceribus meis; et prEestaut

in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta rcfecerunt Sacramenta : Qui vivis et régnas in ssecula sseculorum. Amen.

Lecto à PontifiCe Responsorio Jamnon dicam, etc., nori Presbyteri ante altare stantes coram ipso profiten-

tur fidem quant prœdicaturi sunt, voce mediocri et

distincte diceutes :

Credo in Deum, Patrem omnipotentem, Creatorcm cceli et terrée 5 et in Jesum Christum Filium ejus unicum Dominum nostrum, qui conceptus est de Spiritu sancto, natus ex Maria virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus et sepultus ; descendit ad inferos, tertiù die resurrexit à mortuis , ascendit ad cœlos,' sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis; indè venturus est judicare vivos et mortuos. Credo in Spiritum sanctum , sanctam Eeclesiam catholicam , Sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam setemam. Amen.

Voir les pages 332 et 333.

Si VEvèque qui confère les Ordres n'est pas le propre Evêque de celui qu'il ordonne , il emploie la formule suivante, en tenant ses mains :

Promittis Pontifici (vel Prœlato) ordinario tuo, pro lenipore existenti, reverentiam etobedicntiam? VOrdinand répond : Promit to.

Il dit à chaque Prêtre séculier :

Promittis Pontifici ordinario tuo, etc.

Et à chaque Prêtre régulier :

^romittis Prcelato ordinario tuo, etc.

Alors V Evêque , tenant toujours les mains deVOrdii.and entre les siennes, lui baise la joue droite (S. C. 1831), en disant :

Pax Domini sit semper tecuiu»

LOrdinand répond Âmen,

Toutes ces cérémonies terminées , et les Qrdinands à genoux à leurs places respectives , VEvèque, couvert de la mitre et la crosse à la main, leur adresse cet avertissement :

Quia res quara tractaturi estis satis periculosa est, fUii dilectissimi, raoneo vos ut diligenter totius Missee ordinem, atque Hosiiee consecrationem, acfractionem, etcommunionem, abaliisjam doctis Sacerdotibusdiscatis, priusquàm ad celebrandam Missam accedatis.

Alors VEvèque se lève, et, sans quitter ni la crosse nila mitre, il bénit les Prêtres qui sont à genoux , en disant d'une voix assez élevée :

Benedictio Dei orunipotentis, Pa-tris, et Fiflii , et Spiritûs 7 sancti, descendat super vos , ut sitis bcnedicti in Ordine sacerdolali, et olferatis piacabiles bosiias pro peccatis atque offensionibus populi omnipotent! Deo, cui est honor et gloria per omnia saecula saequlorum. #. Amen.

Après cette bénédiction, FÈvêque quitte la crosse et la mitre ; on ôtc le fauteuil; il se retourne vers l'autel et, debout au coin de l'Epitre , il dit , avec les nouveaux Prêtres toujours à genoux, la Communion et la Postcommunion de la Messe du jour, à laquelle il ajoute celle pour les Ordinands avec une seule conclusion.

Communion pour le samedi Jes Quatre-Temps de l'Avenl.

Communio.

Exultavit ut gigas ad currendam vir.m : à sumrao cœlo egressio ejus, et occursus ejus usque ad summum ejus.

Dominus vobiscum, #. Et cum spiritu tuo.

Oremus. Postcommunio.

Quaesumus, Domine Deus noster , ut sacrosancta

Mysteria, quœ pro reparationis nostrœ munimîne contulisti, et preescns nobis remcdium esse facias, et futurum.

Pro Ordinatis.

Quos tuis, Domine, reficis Sacramentis , contimiis a ttolle benignusauxiliis; ut Redemptionis enectum et Mysteriis capiamus, et moi'ibus : Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritûs sancti Deus , per omnia soecula sseCulorum. #. Amen.

Deinde alice Postcommuniones, si quœ sint dicendce.

De S. Maria. Postcommunio.

Gratiam tuam, quaesumus, Domine , mentibus nosiris infunde : ut qui , Angclo nuntiante, Cbristi Fiîii lui incarnationem cognovimus, per passionem ejus et crucem, ad resurrectionis gloriam perducamur.

Pro Papa. Postcommunio.

Hrec nos, quœsumus, Domine, divini sacramenti perceptio protegat ; et faraulum tuum N. quem pastorem Ecclesice tuie prœesse voluisti, unà cum commisso sibi grege salvet semper , et muniat. Per Dominum nostrum...

Vel contra persecutores Ecclesiœ. — Postcommunio.

Quœsumus, Domine Deus noster , ut quos divinâ tribuis participatione gaudere , humanis non sinas subjacere periculis. Per Dominum...

Dominus vobiscum, #, Et cum spiritu tuo.

Benedicamus Domino, #. Deo gratias.

Placeat tibi, sancta Trinitas , obsequium servitutis mes ; et prœsta ut Sacrificium, quodoculis tuée Majesiatis indignus obtuli, tibi sit acceptabile , mihique et

omnibus, pro quibas illud obtuli , sit, te miserante, propitiabile : Per Christum Dominum nostrura. Amen.

Ici VEvêque donne seul sa bénédiction solennelle accoutumée, en disant : Sit nomen Domini benediclum, tic.} ensuite, s' étant assis , ayant reçu la mitre, il adresse à tous les Ordinands à genoux à leurs place» respectives, les paroles suivantes :

Filii dilectissimi, diligenter considerate Ordinem per vos susceptum, ac onus humeris veslris impositum : siudcte sanclè et religiosè vivere, atque omnipotenti Deo placerc, ut gratiam suam possitis acquirere, quam îpse vobis per suam misericordiam concedere dignetur.

Singuli ad primam tonsuram vel ad quatuor minores Ordincs promoti, dicite semel septein Psalmos pœnitentiales, cumLitaniis, Versiculis et Orationibus. Ad Subdiaconatum vel Diaconatum, Nocturnum talis diei (1). Ad Presbyteratum verô ordinati, post primam vestram Missam , très alias Missas , videlicet , vinam de Spiritu sancto, aliam de bealà Maria semper virgine, tertiam pro Fidelibus defunctis dicite, et omnipotentem Deum etiam pro me orate.

Les Ordinands acceptent cela dévotement, et promet^ tent qu'ils le feront.

Dominus vobiscum, #. Et cum spiritu tuo. Initium sancti Evangelii secundùm Joannem. #. Gloria tibi, Domine.

(I) Il s'agit d'an Noclurne férial, ou du premier Nocturne d'un dimanche, composé de douze psaumes. C'est le Nocturne du jour présent } si lo Prélat n'es désigne pas ua aulrc. (S. l\, C.)

ïn principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum : omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso fti et uni est nihil, quod factum est. In ipso vita erat, et vita erat lux bominum : et lux intenebris lucet, et tenebrœ eam non comprehenderunt. Fuit homo missus à Deo, cui nomen erat Joannes. Hic venit in testimonium , ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perbiberet de lumine. Erat lux vera quœ illuminât omnem bominem venientem in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum faclus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, etsui cura non receperunt. Quolquot autem receperunt eum, dédit eis potestatem fdios Dei fieri, his qui credunt in nomine ejus ; qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri , sed ex Deo nati sunt. Et Verbum caro factum est , et habitavit in nobis, et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti à Paire , plénum gratiœ et veritatis.

îjf. Deo gratias.

SABBATO QUATUOR TEMPORUM Ql'AÎ)RAGESIM£.

Ut in Sabbato Quatuor Temporum Adventûs , exceptis quœ sequuntur.

Sécréta.

Prœsentibus Sacrificiis, quœsumus, Domine, jejunia nostra sanctifica, ut quod observantia nostra profiletur exteriùs, intrinsecùs operetur.

Pro Ordinatis.

Tuis, quœsumus, Domine, operare Mystcriis, ulhscc

tibi munera dignis mentibus offeramus : Per Domi» num nostrum Jesum Christum Filium tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritùs sanctiDeus.

Aliœ Secretœ.

Exaudi nos, Deus salutaris noster : ut, per hujus Sacramenti virtutem , à cunctis nos mentis et corporis bostibus tuearis 5 gratiam tribuens in prœsenti, et gloriam in future

Deus, cui soli cognitus est numerus electorum in supernâ félicita te locandus : tribuc, quœsumus, utintercedenlibus omnibus Sanctis tuis, universorum, quos in oratione eommendatos suscepimus , et omnium fidelium nomina , beat* prredestinationis liber adscripta retineat. Per Dominum...

Prœfatio.

Per omnia sœcula sseculorum. #. Amen. t. Dominus vobiscum, #. Etcum spiritu tuo. t. Sursùm'corda : r\ Habemus ad Dominum. t. Gratias agamus Domino Deo nostro : j$. Dignum et justum est. Yen' dignum et justum est, yequum et salutare , nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus, qui corporali jejunio vitia comprimis, mentem élevas, virtutem làrgiris et prsemia , per Cbristum Dominum nostrum : per quem Majeslatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes, tremunt Potestates; Cœli Cœlorumque Virtutes, ac beata Seraphim, socià exultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces, ut admitti jubeas deprecamur, supplici confessione dicentes :

Communio.

Domine Deus meus, in te speravi ; libéra me ab omnibus persequentibus me, et eripe me.

Domiuus vobiscum, #. Et cum spiritu tuo.

Oremus. Postcommunio.

Sanctificationibus tuis, omnipotens Deus , et vitîa nostra curentur, et remédia nobis œterna proveniant.

Pro Orcîinatis.

Quos tuis, Domine, rcficis Sacramentis, continuis attolle benignus auxiliis -, ut tuœ Rcdemptionis effeetum et Mysteriis capiamus , et moribus : Per Dominum nostrum Jcsum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritûs sancti Deus , per omnia sœcula sœculorum. #. Amen.

Alice Postcommuniones.

Mundet et muniat nos, quœsumuSj -Domine, divint Sacramenti munus obîatum : et intercedcnte beatà Virgine Dei génitrice Maria, cum beatis Àpostolis tuis Petro et Paulo, atque bcatoN. et omnibus Sanctis, à cunctis nos rccîdat et perversitatibus expiatos , et adversitatibus expeditos.

Purificentnos, quaesumus, omnipotens et misericors Deus, Sacramenla quœ sumpsimus : et intercedentibus omnibus Sanctis tuis, pnesta, ut hoc tuum Sacramentum non sit nobis reatus ad pœnam, scd intercessio salutaris ad veniam; sitablutio scelerum, sitfortitudo fragilium, sit contra omnia mundi pericula firmamentum ; sit vivorum atque mortuorum fidelium , remissio omnium delictorum. Per Dominura nostrum...

SABBATO ANTE DOMLMCAM PASSIONS.

Ut in Sabbato Quatuor Temporum Adventûs, exccpiis quœ sequuntur.

Sécréta.

Oblationibus nostris , queesumus , Domine , placnre

susceptis ', et ad le nostras etiam rebelles compelîe propitius voluntates.

Pro Ordinalis.

Tuis, quoesumus, Domine, operare Mysteriis, utheee tibi munera dignis mentibus offeraïuus : Per Dominumnostrum Jesum Christum Filium tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate Spiriiùs sancti Deus...

Alice Secretœ et Prœfatio, ut in Sabbato prœcedenli.

Communio.

Dominus régit me , et nihil mihi décrit ; in ïoeo pascuœ, ibi me collocavit : super aquam refectionis edueavit me.

Dominus vobiscum, ^. Et cum spiritu tuo.

Oremus. Postcommunio.

Tua nos, quaesumus, Domine, sancta purificent , et operatione sua tibi placitos esse perficiant.

Pro Ordinatis.

Quos tuis, Domine, reficis Sacramentis, continuis attolle benignus auxiliis -, ut tues Redemptionis effectum et Mysteriis capiamus , et moribus : Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tccum vivit et régnât in unitate Spiritûs sancti Deus, per omnia scecula sœculorum. ç?. Amen.

Alite Postcommuniones ut in Sabbato prœcedenti.

SABBATO SANCTO.

Ut in Sabbato Quatuor Temporum Adventûs, exceptis quœ. sequuntur.

Sécréta.

Suscipe, qutesumus , Domine , preces populi tui, cum oblationibus hostiarum, ut, Paschalibus initialu

Mystcriis, ad œternitatis nobis medelam, te opérante, proficiant.

Pro Ordinatis.

Tais, quœsumus, Domine, opcrare Mysteriis, ut hœc tibi munera dignis mentibus offcramus : Per Dominiimnostruin Jesum Christum Filium tuum, qui lecum \ivit et régnât in unitate Spiritûs sancti Deus.

Prœfatio.

Per omnia sœcula seeculorum. #. Amen. Hr. Dominus vobiscum , #. Et cum spirita tuo. t. Sursùm corda : »v. Habemus ad Dominum. t. Gratias agamus Domino Deo nostro : #. Dignum et justum est. Verè dignum et justum est, œquum et salutare, te quidem, Domine, omni tempore, sed in hâc potissimùm nocle gloriosiùs prsedicare , cùm Pascha nostrum immolatus est Christus : ipse enim verus est Agnus qui abstulit peccata mundi, qui mortem nostram moriendo destruxit, et vitam resurgendo reparavit. Et ideô cum Angelis et Archangelis, cum Thi'onis et Dominationibus, cumque omni militiâ cœlestis exercilûs, hymnum glorise tuœ canimus, sine fine dicentcs :

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt cœli et terra glorià tuâ : Ilosanna in excelsis. Benedictus qui venit in nomine Domini : Hosanna in excelsis.

Canon.

Te igitur, clemenlissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum , supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas et benedicas hœc dona, heec munera , hrec sancta Sacrificia illibata, in primis qurc tibi ofîerimus pro Ecclcsià tuâ sanclâ calholicâ, quam pacificare, custodire, adunare et regere digneris toto orbe terrarum : unà cum famulo luo Papa

nostro N. et Antistite nostro N. et Imperatore nostro N. et omnibus orthodoxis, atque catholicae et apostolicae fidei cultoribus.

Mémento, Domine, famulorum famularumque tuarum Que fit commemoratio pro vivis ; deindè prosequuntur cum Pontifice), et omnium circumstantium , quorum tibi fides cognita est et nota devotio ; pro quibus tibi offerimus , vel qui tibi offerunt hoc Sacrificium laudis, pro se suisque omnibus , pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suse, tibique reddunt vota sua eeterno Deo, vivo et vero.

Communicantes et noctem sacratissimam célébrantes Resurrectionis Domini nostri Jesu Cbristi secundùm carnem \ sed et memoriam vénérantes , in primis gloriosœ semper virginis Mariae, Genitricis ejusdem Dei et Domini nostri Jesu Cbristi ; sed et beatorum Apostolorumac Martyrum tuorum, Pétri etPauli, Andréa?, Jacobi, Joannis , Tho'mœ, Jacobi , Pbilippi, Bartholomœi, Matthœi, Simonis etThadda?i, Lini, Cleti, Clementis, Xysti, Cornelii, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni , Joannis et Pauli. Cosmœ et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum , quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tuae muniamur auxilio : Per eunidem Christum Dominum nostrum. Amen.

liane igitur oblationem servitutis nostra?, sed et cunctsé familiœ tuœ, quam tibi offerimus pro his quoque quos regenerare dignatus es ex aquâ et Spiritu sancto, tribuens eis remissionem omnium peccatorum : qusesumus, Domine, ut placatus accipias, diesque nostros in tuâ pace disponas , atque ab seternà damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari : Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Quam oblationem. etc.; ut suprà, pag. 386.

Omisso Agnus Dei, dimntur Onttiones : Domine Jesu Christe, etc.; sed non datur paris osculam.

Non dicitur Communia, sed ejus loco dicuntur Vesperœ ut sequilur :

Alléluia.

Psalmus 416.

Laudate Dominum , omnes génies : laudate eum, oranes populi ; |p

Quoniaui confirmata est super nos misericordio. ejus : et veritas Domini manet in eeternum.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto :

Sicut crat in prineipio, et nunc, et semper, et in soecula sœculorum. Amen.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Ad Magnif. Antiphona. Vespcre autem sabbati.

Canticum beatœ Mariœ.

Magnificat anima mea Dominum ;

Et exultavit spirilus meus in Deo salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancillœ suse : ecce enim ex lioc beatam medicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est ; et sanctum nomen ejus.

Et misericordia ejus à progenie in progenies timentibus eum.

Fecit potentiam in bracbio suo : dispersit superbos mente cordis sui.

Deposuit potentesde sede, et exaltavit bumiles.

Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.

Suscepit Israël puerum.suum, recordalus misericordia; suce ;

Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham et scmini ejus in sœcula.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto :

Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et insœcula srcculorum. Amen.

Antiphona. Vespere autem sabbati, quaî lucescit in prima sabbati , venit Maria Magdalene, et altéra Maria, videre sepulcrum. Alleîuia.

t. Dominas vobiscum, #. Et cum spiritu tuo.

Orcmus. Postcommunio.

Spiritum nobis, Domine, tuse charitatis infunde-, ut quos Sacramentis Paschalibus satiasti , tuâ facias pietate concordes.

Pro Ordinatis.

Quos tuis , Domine, rcficis Sacramentis , continuis attolle benignus auxiliis; ut tuse Redemptionis efiectum et Mysteriis capiamus, et moribus : Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritùs sancti Deus, per omnia seecula sseculorum. #. Amën.

Dominus vobiscum, r?. Et cum spiritu tuo.

t. Ite, Missa est. Alléluia, alléluia. b>. Deo gratias. Alléluia, alléluia.

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