‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 26 sur 83 · DE LA REFONTE DU FER CRU · texte numérisé non relu

DE LA REFONTE DU FER CRU

709. On suit trois méthodes pour mettre le fer cru en liquéfaction : on peut le refondre , soit dans des creusets couverts placés au milieu de charbons embrasés, sur la grille d’un fourneau à vent; soit dans de petits fourneaux appelés fourneaux à manche activés par des soufflets, et dans ce cas, le métal chargé avec

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le charbon par lits alternatifs , se rassemble lorsqu’il est liquide , dans la partie inférieure de la cuve ; soit dans un four à réverbère pourvu d’une grille sur laquelle se place le combustible , dont la flamme conduite dans un espace séparé, liquéfie la fonte, qui coule dans une cavité , un creuset pratiqué à l’autre extrémité de la sole.

Ces diverses méthodes modifient plus ou moins les qualités de la fonte.

710. Fondu dans des creusets , le fer cru subit le moins de changement, parce qu’il n’est en présence immédiate ni avec le charbon ni avec l’air atmosphérique. Cependant on ne peut empêcher entièrement le contact de ce fluide, à moins de couvrir le métal d’une couche de substances vitri fiables , ce qu’on ne fait pas ordinairement, pour raison d’économie : il faut donc qu’une partie passe à l’état d’oxide.

Dans les fourneaux à manche , le fer cru se trouve exposé à l’influence immédiate du carbone ; mais il est fondu si rapidement qu’il ne peut former avec ce dernier une nouvelle combinaison. La convei’sion de la fonte blanche en fonte grise exige d’ailleurs un degré de chaleur qu’on ne pourrait guère atteindre dans ces sortes de foyers. Il arrive quelquefois , surtout immédiatement après la mise en feu, que la fonte grise devient blanche ; mais le phénomène contraire est très-rare : il demanderait une si haute température que le fourneau en serait fortement endommagé. Les cendres et les pierres de la cuve mises en fusion , forment une scorie réfractaire qui entraîne une grande partie de fer en vitrification , et qui nécessite l’interruption du fondage, après que le fourneau s’est trouvé plusieurs heures en activité. Les modifications

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que subit la fonte dans ces foyers , par la présence du carbone , sont donc presqu’insensibles. Son grain , lorsqu’elle est grise, devient ordinairement plus fin et plus serré. Il paraît que le graphite interposé entre les particules du fer cru , est ou chassé ou dissous plus uniformément par une seconde fusion.

Dans les Jours à réverbère , le fer reste exposé en tièrement à l’action de l’air. Nous avons déjà parlé (121) des modifications que subissent la fonte grise et la blanche dans ces foyers de fusion. La première , lorsqu’elle est fondue rapidement, n’éprouve qu’un faible déchet et ne devient pas plus cassante , bien que plusieurs métallurgistes aient prétendu le contraire ; elle acquiert une plus grande ténacité, sans prendre une dureté telle qu’on ne puisse la travailler à la lime ou au foret *. Plus on la refond souvent , plus sa couleur s’éclaircit sans pouvoir atteindre cependant celle de la fonte blanche ; sa texture reste grenue et ne passe jamais au tissu lamelleux : preuve évidente qu’elle se rapproche du fer affiné. A mesure que sa couleur s’éclaircit, sa dureté et sa ténacité vont en augmentant. Ce fer cru convient particulièrement pour des cylindres de compression, pour des enclumes, etc., sur-tout lorsqu’on a soin de tremper ces objets après qu’ils sont achevés. Il serait aussi très-propre à la confection des

* La fonte grise refondue dans un creuset prend une grainure plus fine ; et si à l’e'tat liquide elle se trouve refroidie subitement , elle se change avec plus de facilité en fonte blanche. Refondue dans un fourneau à manche , elle devient d’ordinaire plus blanche et plus dure qu’elle ne l’était avant la deuxième fusion. Refondue dans un four à réverbère et refroidie avec beaucoup de lenteur, elle acquiert plus de douceur et de ténacité. Voyez le mémoire joint au premier volume, page 469 à 462. Le T.

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bouches à feu, si l’on n’y trouvait pas des cristallisations fréquentes, que cependant on ne peut pas attribuer à des métaux terreux , mais qui n’en font pas moins rebuter les pièces fabriquées avec la fonte la plus tenace.

711. Il faut donc qu’une bonne fonderie puisse disposer à la fois d’un haut fourneau, de fourneaux à vent, de fourneaux à manche et de fours à réverbère. Les creusets qui ne servent qu’à liquéfier de petites quantités de fer, pour la fabrication des objets de quincaillerie, des boutons, des boucles, des médailles, etc. , etc. , ne s’emploient que dans le cas où les besoins en fonte ne sont pas assez grands pour qu’on mette les fourneaux à manche en activité. La fonte tirée de ces derniers peut servir du reste à la fabrication de presque toutes les pièces ; ces foyers offrent d’ailleurs l’avantage de fournir presqu’à tous les instans , de la fonte liquide et d’occuper par conséquent les mouleurs , sans qu’on ait besoin de se pourvoir d’une si grande quantité de modèles et de châssis.

Les fours à réverbère sont indispensables lorsqu’on veut couler de gros objets qui exigent beaucoup de fonte, et qui doivent être durs, tenaces et compactes. Ces foyers , s’ils étaient construits de manière que la fonte liquide pût se puiser à la poche , remplaceraient au besoin les fourneaux à manche.

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